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« Il faut des trous pour faire un monde ». De Alain Girodet. Mise en scène Danielle Pugnale. Par « Le Théâtre de l’Aparté ». Troisième festival du théâtre amateur. (Avignon, Festival a-oût, 02-08-2015, 16h00) +

02 Août

Sur Terre ou Lune, « il faut des trous pour faire un monde »,
C’est les seuls que l’on voit quand l’univers on sonde ;
Ces cratères béants qui enfouissent à la ronde
Les déchets mâles qui pourrissent et nous inondent.

Si la trisomie révélait une impuissance
A s’adapter à un monde qui, par avance,
Chérit ce qui gravite autour de l’éloquence
A s’étouffer de maudits mots de circonstance …

Macro : « manger pour guérir, guérir en mangeant » ;
Assumer le ventre de la terre en chargeant
Tous les maux de la bouffe sur un corps changeant
Dont la rondeur glisse sur un être graissant
Sur lequel on éructe un langage grinçant.

Si l’auteur fait appel à la mythologie
Et aux prénoms évocateurs de dieux d’orgie,
C’est pour mieux s’interroger sur la société
Que souhaiterait la nouvelle humanité.
De quels rôles, dans la brûlante actualité,
Les femmes vont-elles s’emparer, se contenter ?

Le mariage comme destruction de la femme
« Enceinte de nourriture » mal digérée …
Lorsque la Vénus
Rime avec l’anus
Du mâle « étron d’humanité »,
Peut-on s’attendre, en vérité,
A un dialogue d’équité ?
Ou, va-t-on devoir s’acquitter
De nos tâches, ou bien tout quitter ?

Texte dense et riche, base de réflexion
Où viennent se greffer toutes situations
Que six Femmes vivent de diverses façons,
Devant faire face aux codes d’évolution
Qui pourraient s’avérer signes de régression.

Fallait-il émigrer sur la face lunaire
Pour réaliser ce qu’on laissait sur la terre ?
La puissance de l’instinct de reproduction
Alimente les drames et jeux de séduction.

Avec ou sans les hommes, où est la solution
Pour se creuser un trou de bonheur et passion ?
Sur les grands sujets, le texte fait méditer,
Ouvre d’intéressantes brèches à discuter,
Offre de nombreuses pistes pour disserter.

Petit échantillon du lexique fleuri,
A déguster à la « Pleine lune » qui rit
Au-dessus de ces déesses et de leur pari
Déversé dans l’immonde gouffre tout ahuri :

« Petit intestin noirâtre de bousier sans âme ! »
« Fils d’un têtard lobotomisé »
Et d’une mante religieuse malingre ! » …
« Crapaud de Surinam virostatique ! »
« Sous-produit de cancrelat ! » …
« Vulgaire bouche flasque et monochrome ! »
« Marijuana de contrebande ! Orifice ! Cavité ! » …

Un vocabulaire à la richesse imagée
Où les travers de l’humanité sont singés.
C’est au « Théâtre de la Porte Saint-Michel »
Que, pour voir au fond du trou, il faut une échelle.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
https://bclerideaurouge.wordpress.com
http://bclerideaurouge.free.fr
Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

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