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Archives de Catégorie: Avignon 2015

« Un Poyo Rojo ». Théâtre physique argentin. Chorégraphie Luciano Rosso, Nicolàs Poggi. Mise en scène, Lumières Hermes Gaido. Avec Alfonso Baròn, Luciano Rosso et un poste de radio émettant en direct. (Avignon, 14-07-2015, 21h30) ++++ (Paris, 16-06-2018, 19h00) ++++

Échauffement de deux sportifs de haut niveau
A qui l’on en demande toujours un peu trop.
Comment évacuer tout le stress du cerveau …
Quand il faut que l’on soit au meilleur de sa forme ?
Dès lors, la parole transcende le hors norme,
Pour n’avoir plus à se dire dans le conforme,
Et, seulement en gestuelle, se transforme.

On s’épie et l’on se jauge par le regard.
Les rivalités s’affichent, creusant l’écart
Entre des performances toujours plus fantasques,
Où l’on ose tout et prend des risques sans casque.
Dans des affrontements de grande qualité
S’exprime leur évidente dualité.
C’est un jeu de séduction devant les placards
Du vestiaire suintant la sensualité,
Quand faire chuter l’autre, même par hasard,
S’inscrit dans la maîtrise et la duplicité.

Deux coqs sportifs s’affrontent
Sans vergogne et sans honte,
Montant sur leurs ergots
Pour préserver l’égo.
Alors ils se mesurent
Sous toutes les coutures.
Tour à tour ils pavoisent
Et puis ils s’apprivoisent.
Prouesses corporelles.
Le talent se révèle
Dans des imitations
Et gestes d’exception.

Au « Théâtre du Roi René »,
On découvre leur destinée
Que le « Théâtre du Rond-Point »
Accueillera en coup de poing
Aux idées reçues faisandées.
Très chaudement recommandé !
Remarquable interprétation
Qui donne de jolis frissons.
Dans une gymnique leçon,
Leurs défis font l’admiration …

+ + + +

C’est au « Théâtre Antoine »
Qu’un coq rouge pivoine
Toise une blanche couenne.
Picorant leur avoine,
Gonflant le péritoine,
Ils grattent et se pavanent.
Leur gorge, bel organe,
S’enfle quand ils crânent.
Idées jamais en panne
Pour une vie diaphane.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
https://bclerideaurouge.wordpress.com
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Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

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« La Peau d’Elisa ». De Carole Fréchette. Mise en scène et Jeu Mama Prassinos. Avec aussi Julien Lecannellier. Par « La Société du Spectacle ». (Paris, 07-02-2018, 19h00) +

« Rue de la glacière, terne et triste », débute
L’un des souvenirs d’amour allant droit au but.
Mélange de récits où les mots s’entrelacent
Dans des fragments qui s’unissent ou bien qui se cassent.
On pénètre les cerveaux en ébullition
Qui libèrent leurs instincts de conservation.

« Théâtre La Manufacture des Abbesses »,
Ces bribes de vie se déploient et nous agressent.
Un trop-plein de peau, de sensations, de « frissons »
Balancés entre tendre pudeur et passion,
Déborde par tous les pores d’un épiderme,
Sorte de parchemin écrit d’une main ferme.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« L’Oubli des Anges ». Opéra-danse contemporain. Conception, Mise en scène Géraldine Lonfat et André Pignat. Par la « Compagnie Interface ». (Avignon, 19-07-2015, 10h45) + (Paris, 09-05-2017, 21h00) +

Dans le « Théâtre du Balcon », « L’Oubli des Anges »
Distille son nectar au-dessus de la fange
Et donne naissance au mouvement qui se venge,
Libérant l’ardeur des morts-vivants qui dérangent
L’ordre établi de toute éternité d’archange.

Leurs chœurs emplissent le cercle de la danseuse
En incantations au-dessus de l’amoureuse.
La parole confuse
Éclate sur le monde
Et lentement diffuse
Sa prière à la ronde.

Le linceul blanc, avec la robe, vole au vent,
Dans la vision d’un cauchemar éblouissant
En marche vers une révélation divine,
Satanesque où le corps à l’ondulation fine
Électrise les passions qui pour lui se ruinent.

Alors … « Et si la vie pouvait se toucher du doigt »,
Ce serait à son calice que le sang se boit.
De la sombre caverne de la destinée,
Surgit un brillant opéra, fraîchement né,
Où renoue la passion dans un bain bouillonnant.
Dès lors, dans ce sacrifice tourbillonnant,
Se perdent les illusions et le souvenir
Dans l’espoir qu’ils se noient dans un autre avenir.

+++

L’émouvante voix de son bien-aimé ténor
L’hôte virtuellement à sa propre mort.
« Studio Hébertot », la danseuse échappe au sort
Par la puissance d’amour ranimant son corps
Qui nous éblouit, jetant ses paillettes d’or.

A travers la lumière, s’éparpille encore
Le cercle de poussière blanche sans remords.
Les sensations se mêlent à l’irréel décor.
La musique révèle un monde qu’on explore
Du fond des souvenirs qu’à pleines dents l’on mord.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« Quand je serai grande … Tu seras une femme, ma fille ». De et avec Catherine Hauseux. Mise en scène Stephane Daurat. Par la « Compagnie Caravane ». (24-05-2016, 19h45) +++

Au « Théâtre Essaïon »,
On prône l’instruction
Pour que filles et garçons
Comprennent la leçon,
Qu’en toute égalité
Il faut se respecter.
Puis à « L’Arrache-Cœur »
Se poursuivra l’honneur
De défendre les droits
Des filles, sans dégât.

Ne pas leur fermer les passerelles
Et ne pas leur découper les ailes,
A toutes ces jeunes demoiselles
Qui ont des capacités réelles
Et n’osent pas se montrer rebelles.

Eux, ils ont l’ambition,
Elles, la solution,
Mais souvent elles s’effacent
En leur laissant la place.
Question d’éducation
Qui va masquer leurs dons.

Apprendre à dire NON pour se sauver soi-même ;
Transmettre le respect des autres et d’elles-mêmes.
« Je porte le poids des générations futures »
Mais, sans culture, c’est elles que l’on emmure.

« La liberté commence où finit l’ignorance ».
« Liberté, elle est dans la tête » et la confiance
Que l’on a, que l’on s’octroie en toute conscience.
« Les barrières, c’est toi qui te les mets ». On pense
Qu’il faut que tout commence par la connaissance.

« La liberté, chemin à l’intérieur de soi »,
Est un long parcours accidenté par des choix
Refusés par des « femmes qui ont la dent dure »,
Devenues les « championnes de l’autocensure ».

« L’évolution de la condition féminine »,
Vue « à travers le prisme de la transmission ».
Tenter de changer les regards, on le devine,
C’est presqu’une insurmontable sacrée mission,
Brillamment jouée avec sagesse et passion,
D’après une claire et solide réflexion.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« Les Chatouilles ou la Danse de la Colère ». De et avec Andréa Bescond. Mise en scène Eric Métayer. (21-05-2016, 16h30) +++++

Comédienne éblouissante,
Sincère et bouleversante.
C’est au « Petit Montparnasse »
Que les pas marquent les traces
D’un passé qui ne s’efface
Et auquel elle fait face.

La musique avec la danse
Dans l’écriture s’élancent.
La chair, meurtrie de blessures,
Se tord dans les déchirures
D’espace chorégraphié
Où tout vient s’intensifier.

« Les Chatouilles »,
Qui grattouillent
Le corps qui rouille
Quand il dérouille,
Forment une emprise
Sur l’être en crise.

« Cygne blanc » que l’on salit,
Enfance que l’on ternit,
Âme pure qu’on noircit,
Esprit qui se reconstruit …

Elle danse sa douleur
Et le secret de son cœur,
Les bras tordus de souffrance
Qui vers l’avenir s’élancent
Dans des soubresauts qui lancent
Un appel à la défense.

« Fantasme du souvenir »
Qu’il faut aider à sortir,
Afin de ne plus s’enfuir
Et d’un bon pas repartir.

Spectacle providentiel
Pour des crimes démentiels.
Une actrice exceptionnelle
Dans l’histoire qui révèle
Ses rêves obsessionnels
Qui lui mutilent les ailes.
On ne peut faire l’impasse
Sur ce qui, l’enfant, fracasse.

Une danse sensationnelle,
Dans un soupir éternel,
Qui nous remplit d’étincelles
Quand, aux yeux, monte le sel.

Une vision prodigieuse
Pour une action monstrueuse.
C’est la danse de l’espoir
Qui s’agite dans le noir
D’une vie qu’on a brisée.
L’enfance terrorisée
Renaît du rythme cassé,
Des entrailles triturées.

Le corps implose en pétard !
Pièce absolument à voir
Avant qu’il ne soit trop tard.
Une œuvre qui dynamite
En revisitant le mythe
De la jeune enfant poupée
Qu’on force à être palpée.

En libérant la parole,
Elle détruit l’auréole
Des prédateurs pédophiles
Qui nient l’acte et se défilent.

Texte extrêmement pudique
Qui, nos réflexions, implique.
C’est, profondément touchés,
Que l’on ne peut s’arracher
Du siège, tant l’émotion
Nous submerge de frissons.

Récit subtil et fécond,
Bravo Andréa Bescond !
Son spectacle nous agrippe,
Nous remue au fond des tripes.
La critique est unanime
Sur sa prestation sublime
Qui, avec perfection, rime.

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« Le Dernier Jour d’un(e) Condamné(e) ». De Victor Hugo. Adaptation Florence Le Corre. Mise en scène Pascal Faber, Christophe Borie. Interprétation Lucilla Sebastiani. Par la compagnie « L’Embellie Turquoise ». (18-04-2016, 21h30) +++

« Les Corps Saints », le sont-ils quand on ôte leur tête ?
Ceux d’Avignon accueillirent le manifeste
D’un Hugo révulsé par la peine de mort,
Prise de position qui lui fit un grand tort.

Puis, c’est dans la cave du « Théâtre Essaïon »,
Qu’en robe écrue, elle fait son apparition.
Ce « Dernier Jour » revêt une nouvelle force
Et l’on pardonne facilement cette entorse.

Sans droit de vote elles montent sur l’échafaud.
C’est une femme qui relève le flambeau,
Éclairant le texte d’une autre intelligence.
Avec humanité, son jeu, sans complaisance,
Imprègne les murs de pierre, sans lendemain.
« Jeter une tête qui pense », au féminin,
Tranche les idées reçues en porte-à-faux.

Interprétation poignante et éblouissante,
Emprunte d’une sobriété inquiétante,
Qui submerge de sensations éclaboussantes,
Vidant le cachot d’une vie désespérante.

« Quel crime fait-on commettre à la société » …
En ôtant la vie d’une jeune condamnée ?
Combien de visions sanglantes ont contaminé
Tous ceux qui à la guillotine ont assisté ?

Tremblante de froid
Et aussi d’effroi,
Entourée de boue,
C’est, traînée debout,
Et puis à genoux,
Qu’elle échappe au monde
Des hommes immondes.

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« Mauvais rêves de bonheur ». Chorégraphie, Interprétation Julien Gros. Par la « Compagnie Havin’Fun », Danse Hiphop Contemporain. Festival « Drôle(s) D’Hip-Hop ». (Avignon, 22-10-2015, 19h30) ++

« Perdu au milieu de la foule »
Qui tout autour de lui s’enroule,
Même s’ils ne forment plus qu’un,
Il reste seul sur le terrain,
Se débattant pour exister,
Forgeant sa personnalité.

Quand la mécanique de son corps se dérègle
Et le désarticule il cherche d’autres règles.
Et c’est par la langue des signes qu’il les trouve.
Son être se libère et un chemin retrouve.

S’entrouvre alors une nouvelle dimension
Qui agrandit l’espace et son inspiration.
De ce monde il intègre la respiration
Et nous en restitue toutes les pulsations.

Le danseur ? On a l’impression de le comprendre,
Son langage pénètre et vite va s’étendre.
On réalise qu’on parle le même idiome,
Celui qui abolit tous les fâcheux syndromes.

Un spectacle sous le signe de l’expression
Lumineusement visuelle,
Si intensément corporelle
Que le chorégraphe se sent pousser des ailes,
Débarrassé de son enveloppe charnelle.
Sa peau neuve s’habille de rais de soleil
Pour que son existence ne soit plus pareille.
Il peut, dès lors, enfin occuper tout l’espace ;
C’est, « Théâtre Golovine » que ça se passe,
Dans un solo plein d’humanité et passion.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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