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Archives de Catégorie: Avignon 2015

« Un Poyo Rojo ». Théâtre physique argentin. Chorégraphie Luciano Rosso, Nicolàs Poggi. Mise en scène, Lumières Hermes Gaido. Avec Alfonso Baròn, Luciano Rosso et un poste de radio émettant en direct. (Avignon, 14-07-2015, 21h30) ++++ (Paris, 16-06-2018, 19h00) ++++

Échauffement de deux sportifs de haut niveau
A qui l’on en demande toujours un peu trop.
Comment évacuer tout le stress du cerveau …
Quand il faut que l’on soit au meilleur de sa forme ?
Dès lors, la parole transcende le hors norme,
Pour n’avoir plus à se dire dans le conforme,
Et, seulement en gestuelle, se transforme.

On s’épie et l’on se jauge par le regard.
Les rivalités s’affichent, creusant l’écart
Entre des performances toujours plus fantasques,
Où l’on ose tout et prend des risques sans casque.
Dans des affrontements de grande qualité
S’exprime leur évidente dualité.
C’est un jeu de séduction devant les placards
Du vestiaire suintant la sensualité,
Quand faire chuter l’autre, même par hasard,
S’inscrit dans la maîtrise et la duplicité.

Deux coqs sportifs s’affrontent
Sans vergogne et sans honte,
Montant sur leurs ergots
Pour préserver l’égo.
Alors ils se mesurent
Sous toutes les coutures.
Tour à tour ils pavoisent
Et puis ils s’apprivoisent.
Prouesses corporelles.
Le talent se révèle
Dans des imitations
Et gestes d’exception.

Au « Théâtre du Roi René »,
On découvre leur destinée
Que le « Théâtre du Rond-Point »
Accueillera en coup de poing
Aux idées reçues faisandées.
Très chaudement recommandé !
Remarquable interprétation
Qui donne de jolis frissons.
Dans une gymnique leçon,
Leurs défis font l’admiration …

+ + + +

C’est au « Théâtre Antoine »
Qu’un coq rouge pivoine
Toise une blanche couenne.
Picorant leur avoine,
Gonflant le péritoine,
Ils grattent et se pavanent.
Leur gorge, bel organe,
S’enfle quand ils crânent.
Idées jamais en panne
Pour une vie diaphane.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

 

« La Peau d’Elisa ». De Carole Fréchette. Mise en scène et Jeu Mama Prassinos. Avec aussi Julien Lecannellier. Par « La Société du Spectacle ». (Paris, 07-02-2018, 19h00) +

« Rue de la glacière, terne et triste », débute
L’un des souvenirs d’amour allant droit au but.
Mélange de récits où les mots s’entrelacent
Dans des fragments qui s’unissent ou bien qui se cassent.
On pénètre les cerveaux en ébullition
Qui libèrent leurs instincts de conservation.

« Théâtre La Manufacture des Abbesses »,
Ces bribes de vie se déploient et nous agressent.
Un trop-plein de peau, de sensations, de « frissons »
Balancés entre tendre pudeur et passion,
Déborde par tous les pores d’un épiderme,
Sorte de parchemin écrit d’une main ferme.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« L’Oubli des Anges ». Opéra-danse contemporain. Conception, Mise en scène Géraldine Lonfat et André Pignat. Par la « Compagnie Interface ». (Avignon, 19-07-2015, 10h45) + (Paris, 09-05-2017, 21h00) +

Dans le « Théâtre du Balcon », « L’Oubli des Anges »
Distille son nectar au-dessus de la fange
Et donne naissance au mouvement qui se venge,
Libérant l’ardeur des morts-vivants qui dérangent
L’ordre établi de toute éternité d’archange.

Leurs chœurs emplissent le cercle de la danseuse
En incantations au-dessus de l’amoureuse.
La parole confuse
Éclate sur le monde
Et lentement diffuse
Sa prière à la ronde.

Le linceul blanc, avec la robe, vole au vent,
Dans la vision d’un cauchemar éblouissant
En marche vers une révélation divine,
Satanesque où le corps à l’ondulation fine
Électrise les passions qui pour lui se ruinent.

Alors … « Et si la vie pouvait se toucher du doigt »,
Ce serait à son calice que le sang se boit.
De la sombre caverne de la destinée,
Surgit un brillant opéra, fraîchement né,
Où renoue la passion dans un bain bouillonnant.
Dès lors, dans ce sacrifice tourbillonnant,
Se perdent les illusions et le souvenir
Dans l’espoir qu’ils se noient dans un autre avenir.

+++

L’émouvante voix de son bien-aimé ténor
L’hôte virtuellement à sa propre mort.
« Studio Hébertot », la danseuse échappe au sort
Par la puissance d’amour ranimant son corps
Qui nous éblouit, jetant ses paillettes d’or.

A travers la lumière, s’éparpille encore
Le cercle de poussière blanche sans remords.
Les sensations se mêlent à l’irréel décor.
La musique révèle un monde qu’on explore
Du fond des souvenirs qu’à pleines dents l’on mord.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« Quand je serai grande … Tu seras une femme, ma fille ». De et avec Catherine Hauseux. Mise en scène Stephane Daurat. Par la « Compagnie Caravane ». (24-05-2016, 19h45) +++

Au « Théâtre Essaïon »,
On prône l’instruction
Pour que filles et garçons
Comprennent la leçon,
Qu’en toute égalité
Il faut se respecter.
Puis à « L’Arrache-Cœur »
Se poursuivra l’honneur
De défendre les droits
Des filles, sans dégât.

Ne pas leur fermer les passerelles
Et ne pas leur découper les ailes,
A toutes ces jeunes demoiselles
Qui ont des capacités réelles
Et n’osent pas se montrer rebelles.

Eux, ils ont l’ambition,
Elles, la solution,
Mais souvent elles s’effacent
En leur laissant la place.
Question d’éducation
Qui va masquer leurs dons.

Apprendre à dire NON pour se sauver soi-même ;
Transmettre le respect des autres et d’elles-mêmes.
« Je porte le poids des générations futures »
Mais, sans culture, c’est elles que l’on emmure.

« La liberté commence où finit l’ignorance ».
« Liberté, elle est dans la tête » et la confiance
Que l’on a, que l’on s’octroie en toute conscience.
« Les barrières, c’est toi qui te les mets ». On pense
Qu’il faut que tout commence par la connaissance.

« La liberté, chemin à l’intérieur de soi »,
Est un long parcours accidenté par des choix
Refusés par des « femmes qui ont la dent dure »,
Devenues les « championnes de l’autocensure ».

« L’évolution de la condition féminine »,
Vue « à travers le prisme de la transmission ».
Tenter de changer les regards, on le devine,
C’est presqu’une insurmontable sacrée mission,
Brillamment jouée avec sagesse et passion,
D’après une claire et solide réflexion.

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« Les Chatouilles ou la Danse de la Colère ». De et avec Andréa Bescond. Mise en scène Eric Métayer. (21-05-2016, 16h30) +++++

Comédienne éblouissante,
Sincère et bouleversante.
C’est au « Petit Montparnasse »
Que les pas marquent les traces
D’un passé qui ne s’efface
Et auquel elle fait face.

La musique avec la danse
Dans l’écriture s’élancent.
La chair, meurtrie de blessures,
Se tord dans les déchirures
D’espace chorégraphié
Où tout vient s’intensifier.

« Les Chatouilles »,
Qui grattouillent
Le corps qui rouille
Quand il dérouille,
Forment une emprise
Sur l’être en crise.

« Cygne blanc » que l’on salit,
Enfance que l’on ternit,
Âme pure qu’on noircit,
Esprit qui se reconstruit …

Elle danse sa douleur
Et le secret de son cœur,
Les bras tordus de souffrance
Qui vers l’avenir s’élancent
Dans des soubresauts qui lancent
Un appel à la défense.

« Fantasme du souvenir »
Qu’il faut aider à sortir,
Afin de ne plus s’enfuir
Et d’un bon pas repartir.

Spectacle providentiel
Pour des crimes démentiels.
Une actrice exceptionnelle
Dans l’histoire qui révèle
Ses rêves obsessionnels
Qui lui mutilent les ailes.
On ne peut faire l’impasse
Sur ce qui, l’enfant, fracasse.

Une danse sensationnelle,
Dans un soupir éternel,
Qui nous remplit d’étincelles
Quand, aux yeux, monte le sel.

Une vision prodigieuse
Pour une action monstrueuse.
C’est la danse de l’espoir
Qui s’agite dans le noir
D’une vie qu’on a brisée.
L’enfance terrorisée
Renaît du rythme cassé,
Des entrailles triturées.

Le corps implose en pétard !
Pièce absolument à voir
Avant qu’il ne soit trop tard.
Une œuvre qui dynamite
En revisitant le mythe
De la jeune enfant poupée
Qu’on force à être palpée.

En libérant la parole,
Elle détruit l’auréole
Des prédateurs pédophiles
Qui nient l’acte et se défilent.

Texte extrêmement pudique
Qui, nos réflexions, implique.
C’est, profondément touchés,
Que l’on ne peut s’arracher
Du siège, tant l’émotion
Nous submerge de frissons.

Récit subtil et fécond,
Bravo Andréa Bescond !
Son spectacle nous agrippe,
Nous remue au fond des tripes.
La critique est unanime
Sur sa prestation sublime
Qui, avec perfection, rime.

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« Le Dernier Jour d’un(e) Condamné(e) ». De Victor Hugo. Adaptation Florence Le Corre. Mise en scène Pascal Faber, Christophe Borie. Interprétation Lucilla Sebastiani. Par la compagnie « L’Embellie Turquoise ». (18-04-2016, 21h30) +++

« Les Corps Saints », le sont-ils quand on ôte leur tête ?
Ceux d’Avignon accueillirent le manifeste
D’un Hugo révulsé par la peine de mort,
Prise de position qui lui fit un grand tort.

Puis, c’est dans la cave du « Théâtre Essaïon »,
Qu’en robe écrue, elle fait son apparition.
Ce « Dernier Jour » revêt une nouvelle force
Et l’on pardonne facilement cette entorse.

Sans droit de vote elles montent sur l’échafaud.
C’est une femme qui relève le flambeau,
Éclairant le texte d’une autre intelligence.
Avec humanité, son jeu, sans complaisance,
Imprègne les murs de pierre, sans lendemain.
« Jeter une tête qui pense », au féminin,
Tranche les idées reçues en porte-à-faux.

Interprétation poignante et éblouissante,
Emprunte d’une sobriété inquiétante,
Qui submerge de sensations éclaboussantes,
Vidant le cachot d’une vie désespérante.

« Quel crime fait-on commettre à la société » …
En ôtant la vie d’une jeune condamnée ?
Combien de visions sanglantes ont contaminé
Tous ceux qui à la guillotine ont assisté ?

Tremblante de froid
Et aussi d’effroi,
Entourée de boue,
C’est, traînée debout,
Et puis à genoux,
Qu’elle échappe au monde
Des hommes immondes.

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« Mauvais rêves de bonheur ». Chorégraphie, Interprétation Julien Gros. Par la « Compagnie Havin’Fun », Danse Hiphop Contemporain. Festival « Drôle(s) D’Hip-Hop ». (Avignon, 22-10-2015, 19h30) ++

« Perdu au milieu de la foule »
Qui tout autour de lui s’enroule,
Même s’ils ne forment plus qu’un,
Il reste seul sur le terrain,
Se débattant pour exister,
Forgeant sa personnalité.

Quand la mécanique de son corps se dérègle
Et le désarticule il cherche d’autres règles.
Et c’est par la langue des signes qu’il les trouve.
Son être se libère et un chemin retrouve.

S’entrouvre alors une nouvelle dimension
Qui agrandit l’espace et son inspiration.
De ce monde il intègre la respiration
Et nous en restitue toutes les pulsations.

Le danseur ? On a l’impression de le comprendre,
Son langage pénètre et vite va s’étendre.
On réalise qu’on parle le même idiome,
Celui qui abolit tous les fâcheux syndromes.

Un spectacle sous le signe de l’expression
Lumineusement visuelle,
Si intensément corporelle
Que le chorégraphe se sent pousser des ailes,
Débarrassé de son enveloppe charnelle.
Sa peau neuve s’habille de rais de soleil
Pour que son existence ne soit plus pareille.
Il peut, dès lors, enfin occuper tout l’espace ;
C’est, « Théâtre Golovine » que ça se passe,
Dans un solo plein d’humanité et passion.

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« Nelson ». De Jean Robert-Charrier. Mise en scène Jean-Pierre Dravel, Olivier Macé. Avec sept acteurs dont Chantal Ladesou. (Avignon, 20-10-2015, 20h30) +

Immense succès de « La Porte Saint Martin »,
« Opéra Grand Avignon », ils font les malins.
L’esprit aiguisé, elle a tout d’une sorcière
Décidée à rentabiliser sa carrière,
Pensant au financement de ses honoraires.
C’est une avocate à la langue bien pendue
Qui sort de sa manche des phrases bien pondues.

Comment rendre une soirée extra-ordinaire
Quand, a priori, deux familles que tout oppose,
Ce que l’excellente Clémence Ansault suppose,
Vont se rencontrer pour échanger un bio verre
Autour d’un projet qui se veut humanitaire ?

Dans un dîner sous le signe de la verdure,
Va se dérouler une drôle d’aventure.
Soudain animés d’un délire collectif,
A leurs boniments, on devient vite attentif.
Ce sont contre-vérités que l’on va traquer,
Cherchant quand et comment le vernis va craquer.

Une soirée, pleine de rebondissements,
Où rien ne se passe comme précédemment
Prévu, et où l’on assiste aux retournements
De situations avec gros tempérament.

Avec ce spectacle qui n’a ni queue ni tête,
Où il y a à boire et faire la dînette,
Vous pourrez y déguster leur menu de fête,
Furieusement concocté à la six boulettes.

C’est du pur « Boulevard » dans toute sa splendeur,
Servi sur actualités, sauce fureur,
Dans un vrombissant jeu à la Louis de Funès,
Haut en couleurs, qui ne fait pas dans la finesse,
Mais qui nous régale par ses sautes d’humour.
On salue la performance et leur don d’amour.
Leurs mensonges et fantasmes nous amusent et grisent,
Ils explosent comme des pochettes surprises.

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« Image à la pluie ». Mochélan Zoku en concert. Festival « Drôle(s) D’Hip-Hop ». (Avignon, 15-10-2015, 20h30) +

Au « Théâtre des Doms »,
On ne fait pas faux bond
Quand il s’agit d’entendre un belge quatuor
Qui, pour nous séduire, s’évertue en efforts
Dans le choix de cocktails de bons mots assez forts,
Servis, sur table Basse et avec Batterie,
Clavier, Live Beatmaking, en sauce furie,
Kidnappant notre âme avec cette artillerie.

Mochélan a choisi de s’exprimer en rap
Pour ceux qui aiment que tous les mots soudain frappent.
Il le fait, même si « tous les autres s’en tapent ».
C’est notre pensée que, peu à peu, il retape.

« En solo, ou en collectif »,
« Lâcher prise en restant actif ».
Ni « cadeaux », ni « sacrifices », ne font le poids.
Ils restent sur le qui-vive et n’ont pas le choix.
Leur parole se libère en rythme et en voix.

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« Jetlag ». Théâtre physique sans parole. Ecriture, Mise en scène, Interprétation Sandrine Heyraud, Sicaire Durieux, Loïc Faure. Par la « Compagnie Chaliwaté ». (Avignon, 14-10-2015, 20h30) +++

Tromper sa solitude en écoutant la pub
Diffusée, dans un aéroport, à plein tube.
« Le survol du globe est devenu naturel »
Afin de « connaître des sensations nouvelles ».

Ce trio, d’un sérieux loufoque contagieux,
Vient aux « Doms » donner de quoi avoir l’air envieux
Au point d’aimer partir en voyage avec eux.
Pas une seconde d’ennui dans leur attente
Qu’ils nous font partager de façon fort brillante.

De l’embarquement,
Au débarquement,
C’est une succession de gags
Qu’ils vont vivre dans leur « Jetlag »,
Qu’ils font vibrer de sketch en blague.

Ça démarre doucement,
Ça décolle lentement,
Jusqu’à un point culminant
Où tout s’enchaîne si vite
Qu’on est pris dans leur cockpit,
Le cœur palpitant de joie
Face à tous leurs désarrois.

C’est d’un clownesque totalement hilarant.
S’y mêle un rock acrobatique délirant,
Suivi d’un beau passe-passe tourbillonnant
Autour de sièges et de jeux de mains défendant
Leur place dans un corps à corps aux contorsions
Qui soulèvent l’enthousiasme et l’approbation.

C’est une jonglerie corporelle et burlesque
Qui pousse le comique jusqu’à l’ubuesque,
Dans des situations abracadabrantesques.
On s’envole dans leur manège gigantesque.
Planons dans leur univers créatif où, presque
Tout, se décline aux couleurs de leur jolie fresque.

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« Pédagogies de l’échec ». De Pierre Notte.Mise en scène, Scénographie Alain Timàr. Avec Olivia Côte, Salim Kechiouche. (10-10-2015, 19h30) +

Il court, il court, tombe, l’esprit de suspicion,
« N’importe où », ailleurs, vers l’abîme en expansion.
Texte travaillé tout en points de suspension
Au-dessus du vide aidant à la réflexion.
Après l’effondrement, quelle reconstruction
Possible pour de laborieuses intentions ?

Dans une mise en scène pleine d’inventions,
L’expression corporelle est en révolution.
Atteindre les objectifs de résolution,
Dans une absence totale de solution,
C’est le but que se fixe cette dérision
Sur quelques rapports humains sans destination.

Peut-on encore faire face aux décisions
Prises quand basculent toutes les prévisions ?
D’instincts de survie en finale aberration,
Il faut surmonter, transformer les aversions,
Avec finesse, intelligence et intuition.

Quand le trou, principale préoccupation,
Va tout engloutir, y compris les illusions,
On s’autorise n’importe quelle allusion
Pour échapper à la mortelle inclinaison
Qui, petit à petit, obscurcit l’horizon.

Superbe chorégraphie des corps à l’aplomb
Des privilèges dont on veut l’abolition,
Tour à tour par la force ou par la soumission.
« Théâtre Vingtième » ils sont en ébullition,
S’interrogeant sur le vrai sens de leurs fonctions.
(Ils étaient, « Théâtre des Halles » à Avignon,
Montrant, comment au boulot, on pète les plombs !)

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« Le Secret du Temps plié ». De Gauthier Fourcade. Mise en scène François Bourcier. (05-10-2015, 19h30) +++

Il aurait tété le temps qui coule et abonde
Se mesurant en centimètres quand l’an tombe.
Il aurait été l’étalon « mètre du monde »
Au long de sa croissance jouant à la ronde.

Il conte comment se saisir de « L’instant T »,
Il compte sur l’instant tanné du temps passé.
Il se jette dans l’instantané du « temps thé »
Rythmant l’insomnie qui le lui fait déguster.

Fusent les jeux de mots dont il saupoudre la scène,
Finement ciselés au fil du temps qui s’égraine.
Un va-et-vient lumineux, mais jamais obscène,
Où s’écoule la nuit, objet de toutes scènes.

Avec lui, « flotter dans le liquide amnésique »
Relève d’une performance poétique
Où « choisir entre un lit vide et une nuit blanche »
Comble le précipice dans lequel des maux planchent.
Tapissant le « Théâtre Essaïon », ses mots tranchent.

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« Lou Volt, Les doigts dans la prise ». Chansons Xavier Thibault, Eric Toulis. Textes, Mise en scène Yves Carlevaris.(24-09-2015, 19h30) +

Coiffure en pétard, qui tous azimuts s’égaye,
Qui fait la roue et, pour Las Vegas, appareille,
Lou Volt s’éclate dans un grand feu d’artifices
Qu’elle utilise abondamment en sacrifices,
Qui se veulent tous puissamment libératoires,
Destinés à piéger, conquérir l’auditoire.

Vu que son célèbre orchestre s’est fait la malle,
Pour improviser elle se donne du mal.
Armée d’un colossal dynamisme explosif,
Elle taille au genre humain un costard à vif.

En toute électricité, on est sous l’emprise
De ses chansons décalées, saugrenues, comprises
Au « Théâtre de l’Archipel ». Entre deux prises
D’un remontant non conventionnel et qui frise
L’incorrection passionnelle, elle dégrise.

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« Partie en Grèce ». De Willy Russel. Adaptation Catherine Marcangeli. Mise en scène Marie Pascale Osterrieth. Avec Valérie Mairesse. (16-09-2015, 19h00) +++

Dans sa vieille cuisine, Valérie Mairesse
S’affaire et figure une parfaite maîtresse
De maison qui joue avec un grand naturel.
« Théâtre La Bruyère » elle est exceptionnelle.

Avec le mur pour confident, elle repense
A tout ce qu’elle a vécu depuis son enfance.
Elle nous conte ses joies et puis les offenses
Qu’elle ne veut plus subir et tente sa chance.

Comment se libérer des tâches ménagères,
N’être plus l’esclave des enfants ? Cette mère
Va faire le grand plongeon et partir en Grèce
Pour y découvrir une seconde jeunesse.

Elle réalise enfin son rêve de mer,
Échappe à la routine de sa vie amère.
Son exaltation est si communicative
Qu’avec elle on voudrait fuir de façon hâtive.

Spectacle rafraîchissant, éveillant l’espoir,
Et qui convoque un élan de vie chaque soir.
C’est la rencontre d’elle-même en tant que Femme
Et le plaisir de naviguer entre deux lames …

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« J’appelle mes frères ». Pièce de Jonas Hassen Khemiri. Mise en scène Mélanie Charvy. Par la « Compagnie Les Entichés ». (13-09-2015, 17h00) +++

Au « Théâtre de l’Opprimé »,
On y va pour s’y exprimer,
Réfléchir, et se confronter
A la vive actualité.

Quant au « Théâtre des Barriques »,
Dans les grands sujets on s’implique.
C’est leur franc-parler qu’ils appliquent
Dans les spectacles qui critiquent
L’endormissement mécanique.

Qu’est-ce qui « va commencer » ?La Vie ou la Mort ?
Après bien des années, on s’interroge encore …
Un sujet et un jeu qui tordent l’estomac
Et nous remuent autant que du brûlant magma.

On est retourné, façon crêpe qui s’écrase,
Quand une explosion, tout sur son passage, rase.
Les faits, présentés de différentes manières,
Tournent dans notre tête, d’avant en arrière.

Mêlant le commun des mortels aux terroristes,
Les scènes se succèdent, mariant l’improviste,
Tout le banal et ce qui sort de l’ordinaire,
L’improbable et ce qui fait que tout s’accélère.

Un texte fort, bien écrit, toujours passionnant ;
L’intime et le public entrent en choc, puissamment,
Et personne ne peut rester indifférent
A l’ardeur de ce jeune quatuor d’artistes
Qui fait brillamment ses armes en ce jeu de piste.

Plateau dénudé et images vidéo
Où défilent visages et rames de métro …
Et quatre voix qui s’entrelacent habilement
Dans un récit de folie et d’égarement.

Véritable délire et ensorcellement,
Et puis, soudain, la boucle est bouclée, bruyamment.
Ce spectacle fait figure d’événement,
Sidère et nous plonge en parfait étonnement.

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« Le Fond de l’Air Effraie ». Écriture, Interprétation Sophia Aram. Textes, Mise en scène Benoît Cambillard. (09-09-2015, 20h00) ++

Elle est chroniqueuse sur France Inter,
Aux idées reçues elle fait la guerre.
Contre les cons elle est vraiment vénère,
Les snober, elle a l’art et la manière ;
Son fin raisonnement les flanque à terre.

Avec elle, plus besoin de mystère
Ni de procréation divine austère.
Son bon sens sur bien des chapitres éclaire
L’actualité. Analyse claire
De ce qui nous frappe et nous désespère.

Écriture simple où rien ne se perd
Et surtout pas ce qui va de travers.
La politique elle l’a au revers
De sa conscience citoyenne et serre
L’hypocrisie au creux d’un gant de fer.

Toute menue, elle envoie en enfer
Les faussetés, au risque de déplaire
Aux mauvaises langues et autres vipères.
Au « Palais des Glaces » elle vitupère
Et quand elle s’exprime on obtempère.

Au « Théâtre des Béliers » d’Avignon,
Celui qu’elle défend, c’est le mouton .
Dans les cervelles, mettre un peu de plomb
Pour combler le vide des crânes qu’on
Soupçonne d’être plein d’air et de son.

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« La jeune fille à marier. Le salon de l’automobile. La nièce-épouse ». Trois courtes pièces d’Eugène Ionesco. Par la « Compagnie Martin Kimmel ». Troisième festival du théâtre amateur. (Avignon, Festival a-oût, 03-08-2015, 18h00) +

Avec « La nièce-épouse », Ionesco s’amuse
A mettre le doigt entre les failles et les ruses
De toutes sortes de contrats, dont le mariage
Qui, augmenté d’un contrat de concubinage,
Pourrait légaliser un tout nouveau langage,
Celui de l’absurde, ridicule verbiage
Où les conventions, au « Théâtre de la Porte
Saint-Michel », font sauter les bretelles et les portes.

De l’art d’utiliser les détours de la loi
Afin que chacun accommode son bon droit
A une sauce pétante qui va de soi,
Qui vaut tout discours, avec un fumet de choix.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« Il faut des trous pour faire un monde ». De Alain Girodet. Mise en scène Danielle Pugnale. Par « Le Théâtre de l’Aparté ». Troisième festival du théâtre amateur. (Avignon, Festival a-oût, 02-08-2015, 16h00) +

Sur Terre ou Lune, « il faut des trous pour faire un monde »,
C’est les seuls que l’on voit quand l’univers on sonde ;
Ces cratères béants qui enfouissent à la ronde
Les déchets mâles qui pourrissent et nous inondent.

Si la trisomie révélait une impuissance
A s’adapter à un monde qui, par avance,
Chérit ce qui gravite autour de l’éloquence
A s’étouffer de maudits mots de circonstance …

Macro : « manger pour guérir, guérir en mangeant » ;
Assumer le ventre de la terre en chargeant
Tous les maux de la bouffe sur un corps changeant
Dont la rondeur glisse sur un être graissant
Sur lequel on éructe un langage grinçant.

Si l’auteur fait appel à la mythologie
Et aux prénoms évocateurs de dieux d’orgie,
C’est pour mieux s’interroger sur la société
Que souhaiterait la nouvelle humanité.
De quels rôles, dans la brûlante actualité,
Les femmes vont-elles s’emparer, se contenter ?

Le mariage comme destruction de la femme
« Enceinte de nourriture » mal digérée …
Lorsque la Vénus
Rime avec l’anus
Du mâle « étron d’humanité »,
Peut-on s’attendre, en vérité,
A un dialogue d’équité ?
Ou, va-t-on devoir s’acquitter
De nos tâches, ou bien tout quitter ?

Texte dense et riche, base de réflexion
Où viennent se greffer toutes situations
Que six Femmes vivent de diverses façons,
Devant faire face aux codes d’évolution
Qui pourraient s’avérer signes de régression.

Fallait-il émigrer sur la face lunaire
Pour réaliser ce qu’on laissait sur la terre ?
La puissance de l’instinct de reproduction
Alimente les drames et jeux de séduction.

Avec ou sans les hommes, où est la solution
Pour se creuser un trou de bonheur et passion ?
Sur les grands sujets, le texte fait méditer,
Ouvre d’intéressantes brèches à discuter,
Offre de nombreuses pistes pour disserter.

Petit échantillon du lexique fleuri,
A déguster à la « Pleine lune » qui rit
Au-dessus de ces déesses et de leur pari
Déversé dans l’immonde gouffre tout ahuri :

« Petit intestin noirâtre de bousier sans âme ! »
« Fils d’un têtard lobotomisé »
Et d’une mante religieuse malingre ! » …
« Crapaud de Surinam virostatique ! »
« Sous-produit de cancrelat ! » …
« Vulgaire bouche flasque et monochrome ! »
« Marijuana de contrebande ! Orifice ! Cavité ! » …

Un vocabulaire à la richesse imagée
Où les travers de l’humanité sont singés.
C’est au « Théâtre de la Porte Saint-Michel »
Que, pour voir au fond du trou, il faut une échelle.

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« Incorrigible ! » Quinze chansons, de et par Amélie Grand. Avec aussi Cécile Veyrat (piano, accordéon), Joëlle Molina, Bernard Lafont (guitare). (Avignon, Festival a-oût, 01-08-2015, 19h00) ++

Des paroles de fraîcheur à briser les lames
De fond qui s’écoulent en grains de sel, en larmes
De bonheur, petites perles originales
Qui, au « Théâtre des Vents », se font estivales.

Dans un bel ensemble de notes dissonantes
Où s’écorchent les voix de ces vies discordantes,
Leurs quatre personnalités de fantaisistes
Diffèrent tant, qu’à tout accord elles résistent.

Écriture simple, alerte et percutante,
Qui fait mouche à tous les coups, de façon cinglante.
Une interprète, d’une grande modestie,
Aux chansons attachantes où elle s’investit.

Un récital enjôleur et empli d’humour
Qui fait renaître en nous une flambée d’amour,
Qui s’épanouit en août, s’envolant alentour.

Un répertoire de Force Quatre, brûlant,
Aux paroles qui étonnent à chaque couplet.
Auteur et compositrice de grand talent,
Amélie déborde d’une énergie qui plaît.

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« Les Belles-Sœurs ». Comédie d’Éric Assous. Troisième festival du théâtre amateur. (Avignon, Festival a-oût, 01-08-2015, 17h00)+

Pièce souvent présentée par des Amateurs,
Choisie pour la diversité des caractères
Qui permet d’incarner quelques rôles flatteurs
Dans l’apprentissage de sentiments divers.

Au « Théâtre des Vents », une fidèle troupe
Désormais, chaque année, en son sein se regroupe
Pour nous proposer différents projets, encore.
Par monts et vallées, voguent leurs nouveaux décors.

Dans cette énième pièce de leur répertoire
Varié qui aime changer de thème et d’histoire,
Complices ils s’attaquent aux couples et à leurs déboires,
Mettant en scène leurs mensonges dérisoires
Et l’hypocrisie servant de faire-valoir.

Quand soupçonneuses deviennent « les belles-sœurs »,
Leurs maris vont passer plusieurs sales quarts d’heure.
Mettre à nu leur malaise et aussi leur frayeur
D’être démasqués nous fait rire avec bonheur.

Codes de bienséance sitôt bouleversés,
Ce qu’elles ont au fond du cœur vite déversé,
Elles tissent une toile où ils vont s’engluer
Et, d’être découverts, les laisse éberlués.

En nous immisçant dans ce joyeux psychodrame
Où « les hommes préfèrent mentir » à leur femme,
On assiste au détricotage en simple trame
Des relations humaines qui détruisent l’âme
Et font que les plus beaux sentiments soudain crament.

Par une écriture précise et dynamique,
L’auteur allie un brin de suspense au comique
Et, à travers quelques savoureuses répliques,
Sert au dîner un « canard » boiteux idyllique,
Rendant les réunions de famille … épiques !

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« Claire et ses drôles de types ». Trio acoustique de Claire Guyot. Par la « Compagnie Envie De Vous Dire ». (Avignon, 26-07-2015, 22h30) +++

Récital où la poésie se pare d’ailes
Pour voyager très loin « au-dessus des poubelles ».
Une jolie voix qui donne des sensations
Aux phrases qu’elle remplit de douce émotion.
Elle choisit des chansons à textes et passion
Dans le répertoire de Ferré, Aragon.
Passant par Brel, Ferrat, La Fontaine ou Prévert,
Elle défend ses idées à travers leurs vers.

Elle montre beaucoup de personnalité
Dans une interprétation de toute beauté.
A « La Tache d’Encre », quelques taches de sang
Font revivre le supplice des Partisans.

Contrebasse et guitare accompagnent les mots
Qu’elle pose sur ses propres textes et c’est beau.
Un trio à vocation acoustique verse
Dans nos oreilles des paroles qui nous bercent
De réflexions profondes et notre âme transpercent.

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« L’Opposé du contraire ». De Martial Courcier. Mise en scène, Jeu Jean-Claude Villette. Avec aussi Jean-Marie Politello. (Avignon, 26-07-2015, 20h00) +

Le professeur Caillot Fulgence,
Puits de science et d’intelligence,
Fait une rencontre improbable,
De prime abord, désagréable.

Au « Théâtre La Tache d’Encre »,
Sur la vie, les réflexions s’ancrent.
Quand peinture et philosophie croisent l’épée,
On s’embarque pour une drôle d’épopée.

Le voyage à travers la pensée inhumaine
Prend des chemins détournés lorsqu’il se promène
Dans la bonne culture
Et les chants sur mesure.
Une pièce sympathique
Pour lutter contre les tics.

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« Asseyez-vous sur le canapé, j’aiguise mon couteau ». « Une comédie débile » d’Alexandre Delimoges. Par la compagnie « Les Cousins d’Arnolphe ». (Avignon, 26-07-2015, 18h00) –

Comment achever « en beauté » le festival ?
J’avais besoin d’un spectacle de carnaval,
Robe de mariée tachée de sang virginal.
J’ai été servie au-delà de mes attentes,
La dernière séance fut très vigilante …
Au niveau du bas-ventre, sans être élégante.

Faut le voir
Pour y croire !
Ça fait très potache
Quand ils jettent l’ancre
A la « Tache d’Encre » ;
Ça fait un peu tache.

Plus c’est gros, plus ça casse.
A défaut d’être classe,
Leur jeu est efficace.
D’habitude, quand c’est salace,
C’est au « Théâtre Le Palace »
Que ce spectacle trouve place.

On n’est pas déçu du voyage ;
C’est fou, « ce qu’on » perd son langage.
Sur l’esprit, ça fait des ravages,
Du cerveau, c’est le lessivage.

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« Le Secret de la Petite Chambre ». Danse contemporaine pour trio féminin. Chorégraphes Cathy Testa, Marc Thiriet. Création musicale Live Guillaume Feyler. Par le « Collectif Zone Libre ». (Avignon, 26-07-2015, 11h50) ++

Lové dans les secrets de la « petite chambre »,
Virevolte à l’infini le corps couleur d’ambre.
Habillées d’ombres et de lumière,
Battent d’expressives paupières.

L’infini et lent frémissement de la vie,
Sous nos yeux ébahis,
Joliment se déplie.
C’est la traversée du temps vers les origines
Qui, au « Théâtre de l’Oulle », s’étire et s’affine.

Soutenue par la musique de l’univers,
La forme se fait poumon et aspire l’air
Tandis que ses pattes se détachent de terre,
Déployant des instants de lutte téméraire.

Le corps sans aucun fard
Lève son étendard,
Tournoie et troue l’espace
Pour y trouver sa place.
Parcours de nudité auréolée de grâce
Où les mouvements et sons, tendrement s’enlacent.

Trois visions féminines,
Trois rôles qui s’animent.
Trois temps forts qui s’expriment
Par la beauté du geste
Éclairant le funeste.
Trois femmes qui impriment
La vie qui se décline
Dans les corps qui s’inclinent.

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« Concerto a Tempo d’Umore ». Mise en scène Jordi Purti. Direction musicale Carles Coll Costa. Par « L’Orchestre de chambre de l’Empordà ». (Avignon, 25-07-2015, 21h00) +++

Leur instrumentation musico-corporelle
S’accorde aux violons, contrebasse et violoncelles.
Le classique orchestre de chambre se querelle,
Se dispersant dans un joyeux bruissement d’ailes,
Et papillonne autour de chaises musicales
Dans le « Gymnase du Collège de la Salle ».

Répétition publique fort récréative,
Développant leur goutte à l’imaginative.
On en prend plein les yeux quand chaque virtuose,
Avec un imprévisible talent, propose
Une palette de comportements qui osent
Toutes sortes de jeux et de métamorphoses.

De trop d’obéissance ils font une overdose,
Leurs disparités les rapprochant dans l’osmose
D’avec les spectateurs qui, à leur tour, composent.
Mime et vidéo pour un spectacle grandiose
Qui berce nos oreilles de loufoques doses
Et nous fait voir la vie en technicolor rose.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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