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Archives de Catégorie: 3 Envie de théâtre

«Qui va là ?» D’après Emmanuel Darley. Interprétation Thierry de Pina. Adapté par la «Compagnie Ah le Zèbre !» (Captation vidéo vue le 17-10-2021, 19h30)★★

Conçu comme du théâtre d’appartement,     
Ce spectacle s’inspire du confinement     
Pour que les souvenirs     
Viennent enfin remplir     
Les cases vides de son nouveau rangement.     
Du désert, émergent de riches sentiments     
Recouvrant la pauvreté, de ses errements.              

«Y’a quelqu’un ?» Quête d’identité … «Y’a personne».     
Bruits de pas qui cherchent, se rapprochent et résonnent

Pour combler l’absence et l’emplir de la lumière     
Qui réveille le passé des sombres hivers.     

Une nudité sans fard s’ancre dans le sol     
Tandis qu’il relate tout son manque de bol     
En réflexions pertinentes à peine frivoles.         
«Une chanson douce que chantait sa maman» …      
De l’évocation, que reste-t-il maintenant ?     
Au «Théo Théâtre» il atterrit sûrement.     

Il est tout feu, tout cendres,     
À vif de redescendre     
Pieds sur la terre ferme     
Afin qu’on ne l’enferme.
    
Un curieux OVNI     
Qui rien ne renie     
Et se crée un abri     
Parmi tous les débris.      

Petit côté de L’Etranger d’Albert Camus,     
Naïf et détaché quand plus rien ne va plus.        
Un être décalé, foncièrement perdu,     
A voir le bout du tunnel, enfin résolu.     
Papiers en règle, mais demeure un inconnu.     
Une ironie du sort et un humour macabre     
Quand il monte sur ses grands chevaux et se cabre.     

Une histoire qui déroule ses propres rails,     
Avance ou Recul, jusqu’à ce que ça déraille.     
Sa vie s’écoule sous nos yeux, avec ses failles,       
S’écroule dans un baquet d’eau où il défaille.        

Ce récit surprenant,     
Vraiment intéressant,     
Dévoile poliment     
Le fond du fondement,     
Dans un jeu toujours juste     
Peignant des faits injustes.     

Nuits sur les planches des «Etoiles» d’Avignon,    
Trois petits tours, s’y cacher sous le fameux pont.         
«Sans Scène Fixe», Alexandre le «SDF»,          
«Sans Domicile», se Fixe aux vraies «SSF».     
Dans ces salles     
Il s’installe     
Pour de bon.                   
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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Note : 2 sur 5.

 

«Tu es vraiment si pressé ?» Texte, Interprétation Chantal Péninon, Denis Tison. Assistante Claudine Guittet. Par la «Compagnie Vue sur Scène». (Captation vidéo vue le 29-09-2021, 19h00)★★

«Tu es vraiment si pressé ?» Un clin d’œil qui brasse
Tout ce qui à sa portée se cache et s’entasse.           
Joli titre pour exprimer le temps qui passe        
Dans un duo qui en est à boire la tasse,         
La levant de concert quand le temps les dépasse       
Et se colle sur l’affiche qui, rien, n’efface.         

«Ell’ vendait des p’tits gâteaux»           
«Qu’ell’ pliait bien comme il faut» …       
Refrain tombant sur le dos       
Du malheureux, en écho         
De quelques acerbes mots.           

Dans des chansons qui transpirent         
L’amour quand le «cœur soupire»,            
La tenancière est bien pire         
Qu’agent mué en vampire.         

Des échanges de propos entre une logeuse        
Et son pensionnaire qu’elle épie, tracasseuse.            
En désirant et redoutant sa solitude,     
Sa curiosité infiltre les habitudes         
Du nouveau voisin obligé aux confidences      
Pour qu’elle l’héberge et calme son impatience.              

Des révélations de la plus vieille importance         
Vont surgir de chacun d’eux, brisant le silence.      
Un'(e) fraternité se crée dans leurs souvenirs        
En simplicité émotionnelle à remplir         
Le vide et l’absence familiale et sociale.     
René, Geneviève, apprivoisent leur bancale       
Existence. Le comportement de la femme        
S’explique alors, devenu naturel. S’enflamment         
Les déchirures d’une enfance si meurtrie                
Que la vie, lentement, recoud, sans bruit ni cris.            

Théâtre intimiste à «La Croisée des Chemins»        
Où s’entrecroisent deux vertigineux destins.             
L’abandon développe l’imagination         
Qui essaie de combler le manque d’affection.         

En salle ou en chambre, les représentations         
Surprendront vos amis, forçant leurs intuitions.         
Ils pourront jouer à suivre toutes les traces         
D’une reconstitution à rentrer en grâce.       

Le plus «insupportable» est de «ne pas savoir»          
Le pourquoi d’une insurmontable trajectoire,          
Mise en orbite engendrant le vif désespoir          
D’une perte d’identité de «soixante ans»        
D’oubli qui revient comme une rage de dents.           

«Quand on n’a pas de souvenirs»,        
«Il faut s’en inventer». Fourbir       
Sa mémoire à en enrichir          
Sa vie n’ayant rien à fournir.               

Eux, «tous les deux, vieux, tristes, cassés de partout»,

Du puzzle, rebouchent les conflictuels trous.         
Une histoire, douce-amère, qui a du goût,         
Alimentée par un vertigineux bagout.                    
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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Note : 2 sur 5.
 
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Publié par le 29 septembre 2021 dans 3 Envie de théâtre

 

«Premier Amour». De Samuel Beckett. Interprétation Jean Michel. Mise en scène Jean-Pierre Ruiz. Musique en direct Roland Gomes. Par la compagnie «Théâtre Vol de Nuit». (Captation vidéo vue le 27-09-2021, 21h00)★★★

Guitare sur scène et escabeau solitaire,         
Voilà bien le décor planté qui se resserre          
Autour d’un vieil homme chapeauté de mystère          
Et aux pieds nus dans ses galoches de galères.          
Papiers dépliés, repliés, dans pardessus,           
Il a l’air misérable, sans rien de cossu.         

Se tordant les doigts, quand il évoque son père,        
C’est sur son mariage raté qu’il vitupère.          
Mais quel «lien» peut-il être «entre ces deux affaires» ?

Affublé de tics de grattage héréditaire,        
Se complaît en allées-venues au cimetière           
Où il monologue et, sur sa vie, déblatère.            

Visage rieur, et rajeuni par son conte,         
D’emblée il s’attaque aux souvenirs qu’il raconte ;            
Très expressif ; ses descriptions cadavériques         
Le revêtent d’un aspect sobre et véridique.            

Écrit bien travaillé dans un humus, matière          
A faire coexister la mort et la terre.            
Pris en otage dès le début de l’histoire,           
On reste captivés, même sans le vouloir.           

«Invitation au voyage intérieur», poussière              
D’existence autour du deuil, noir mis en lumière.         
Texte, tout compte fait, virulemment joyeux,          
De main de Maître sur un suaire soyeux.            

Obligé de quitter la maison et sa serre,          
Son cœur, à cette perte de chaleur, se serre.                
«Tout s’embrouille dans (sa) tête» parasitée         
Par son «imagination» à ressusciter         
Tout un passé incertain d’avoir existé         
Mais dont les vives «douleurs» l’ont persécuté.                  

Et «les instants où, sans être drogué, ni saoul»,                
«Ni en extase, on ne sent rien», mais rien du tout,         
Laissent dans un état second de flottement            
Où la parole libère son grondement.  


«Parlerai de choses qui n’ont jamais existé»,
Auxquelles la poésie permet de subsister.          
Une introspection, avec talent, régurgitée          
Par un esprit tumultueusement agité.               

Récit qui nécessite une profonde attention             
Pour suivre les méandres de ses contradictions           
Qui font tout le charme de cette âme torturée       
Plus proche des disparus que des vivants murés.          

Écriture d’une fausse naïveté            
Qui laisse toute ouverture aux ambiguïtés.          
Être avec quelqu’un et avoir la liberté         
De penser à autre chose en intimité ;       
Effacer sa présence afin de végéter          
Dans ses réflexions couvertes d’incertitude         
Où l’autre n’apparaît plus que par habitude.            

C’est une ample confession, drôle et émouvante          
Qui, à la fois, enchante autant qu’elle épouvante.         
Absurde discours de génie qui toujours tente             
De saisir au bond le raisonnement d’attente.          

«Peur de partir» et de l’abandon en froideur          
Dans un fracassement qui se teinte d’horreur.           
C’est dans le théâtre «La Croisée des Chemins»        
Que, seul, il affronte son terrible destin.          
Des pages riches d’un cri déchirant, sans frein,           
Qui brûle la peau d’une blessure sans fin.                     
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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Note : 3 sur 5.
 

«Seul(s)». Le duo en solo ! De et avec Karim Mendil. Mise en scène Caroline Bal. Par la «Compagnie Les Indiens».  (Avignon, captation du 22-07-2021, 15h00) (Vidéo vue le 27-09-2021)

Une ambiance de croisière avec «Volare»             
Et des applaudissements réquisitionnés.            
Toute la technique des écoles du rire             
Pour remplacer les chauffeurs de salle en délire.            

Un «voyage dans l’inconnu» de ses désirs              
Pour le mélange des genres dans le sourire.              
A «La Petite Caserne», il se sent souffrir                
D’un odieux abandon suivi d’un démentir.               

C’est un spectacle bien lourdement arrosé           
Où chaque vanne y est raffinée et dosée,                
Carburant en liberté et col évasé         
Dans un esprit cravaté de bleu azuré.           

Sautant du coq à l’âne de manière heureuse,            
Il nous balade dans des diversions foireuses        
Qu’il s’arroge le droit de rendre délicieuses.         
Une «Commedia Dell Raté» pour scie sauteuse              
Qui saucissonne ses saynètes rigoureuses.           

«Pari d’humour, dérision, autodérision» ;             
Déni d’amour, confusion, auto-décision …              
Paradis sociaux et maîtrise en prévisions       
D’un futur qui télé-malaxe les visions.              

«Seul en scène» qui dialogue avec le public               
Qui lui assure sa raison d’être éclectique,            
Abordant les sujets de façon sympathique,         
Guettant, chez le spectateur, le moindre déclic.

                                
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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Note : 1 sur 5.
 

«Je ne suis pas de moi». D’après «Les Carnets en marge» de Roland Dubillard. Adaptation, Mise en scène Maria Machado, Charlotte Escamez. Avec Denis Lavant, Samuel Mercer. Chorégraphie Julie Shanahan (Tanztheater Pina Bausch). Par la «Compagnie Tangente». (Paris, 19-06-2021, 21h00)★★★

«J’écris pour que mon angoisse se prolonge».          
Sur le papier, les mots s’étirent et s’allongent.           
«Je ne suis pas né, je suis là» ; et ça le ronge.          
Il se dédouble en dialoguant avec lui-même ;              
«Laissez-moi tranquille en face de moi-même»         
Afin que, dans l’introspection, il se plonge.                

Excellent duo rivalisant de talent        
Pour proposer de friands extraits de Roland         
Dubillard que l’on découvre différemment           
Par le biais de son «Journal» vu intimement.            

Une performance d’acteurs aux pirouettes,          
Cascades orales et physiques qui se répètent ;            
Quelques équilibres qui font perdre la tête          
Dans un vertige de sensations qui inquiètent.        
Texte généreux et croustillant à souhait,         
Qui étale la vie, la mort, et s’en repaît.          

Au Théâtre «Le Rond-Point des Champs-Elysées»,           
Les pensées défilent de façon aiguisée,          
Bien soutenues par une écriture avisée.           
Réflexion sur l’acte d’écrire et les brisées        
De l’existence, qui laisse paralysés           
Les états d’âme, qu’eux deux, vont concrétiser.                    
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  
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Note : 3 sur 5.
 
 

«Un Poyo Rojo». Théâtre physique argentin. Chorégraphie Luciano Rosso, Nicolàs Poggi. Mise en scène, Lumières Hermes Gaido. Avec Alfonso Baròn, Luciano Rosso et un poste de radio émettant en direct. (Avignon, 14-07-2015, 21h30)★★★★ (Paris, 16-06-2018, 19h00)★★★★ (Paris, 19-06-2021, 18h30)★★★★

(Avignon, 14-07-2015, 21h30)★★★★

Échauffement de deux sportifs de haut niveau          
A qui l’on en demande toujours un peu trop.          
Comment évacuer tout le stress du cerveau …            
Quand il faut que l’on soit au meilleur de sa forme ?          
Dès lors, la parole transcende le hors norme,           
Pour n’avoir plus à se dire dans le conforme,          
Et, seulement en gestuelle, se transforme.         

On s’épie et l’on se jauge par le regard.            
Les rivalités s’affichent, creusant l’écart           
Entre des performances toujours plus fantasques,        
Où l’on ose tout et prend des risques sans casque.            
Dans des affrontements de grande qualité      
S’exprime leur évidente dualité.           
C’est un jeu de séduction devant les placards           
Du vestiaire suintant la sensualité,              
Quand faire chuter l’autre, même par hasard,          
S’inscrit dans la maîtrise et la duplicité.            

Deux coqs sportifs s’affrontent          
Sans vergogne et sans honte,                 
Montant sur leurs ergots              
Pour préserver l’égo.               
Alors ils se mesurent             
Sous toutes les coutures.              
Tour à tour ils pavoisent               
Et puis ils s’apprivoisent.           
Prouesses corporelles.         
Le talent se révèle            
Dans des imitations             
Et gestes d’exception. 

Au « Théâtre du Roi René »,         
On découvre leur destinée          
Que le « Théâtre du Rond-Point »       
Accueillera en coup de poing          
Aux idées reçues faisandées.            
Très chaudement recommandé !           
Remarquable interprétation         
Qui donne de jolis frissons.           
Dans une gymnique leçon,           
Leurs défis font l’admiration …


(Paris, 16-06-2018, 19h00)★★★★ 

C’est au « Théâtre Antoine »           
Qu’un coq rouge pivoine          
Toise une blanche couenne.          
Picorant leur avoine,          
Gonflant le péritoine,           
Ils grattent et se pavanent.          
Leur gorge, bel organe,           
S’enfle quand ils crânent.         
Idées jamais en panne          

Pour une vie diaphane. 

(Paris, 19-06-2021, 18h30)★★★★

Au «Rond-Point des Champs-Élysées», leur show très hot,         
Nous mène au paradis des idées sans calotte.           
A voir et à re-revoir sans modération,           
Pour pénétrer leur esprit de compétition.          
Un spectacle totalement décomplexé         
Qui remet les idées en place sans vexer.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  
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Note : 4 sur 5.

 

«Trois ruptures». De Rémi De Vos. Mise en scène Clara Pelle, Amélie Hologan. Avec Julien Watre-Pelle, Cornélie Havas, Clément Héroguer, Laura Charpentier. Par la «Compagnie L’Aiglon». (Paris, 18-06-2021, 19h45)

«C’est une expérience gustative absolue»         
Que nous propose la «Comédie Saint-Michel»       
Dans une «addition plutôt salée» et cruelle,          
Au grand jeu de la vérité et du cocu.         

Ces trois ruptures       
Ont fière allure.       
Faim d’aventure              
En meurtrissures.       
Les flétrissures         
De l’amour durent.                 
 
Comment se détruire dans un art consommé           
Quand la flamme s’est finalement consumée,       
Quand la violence         
A double sens         
S’inverse en rôles        
Plus ou moins drôles.            

Séparations pleines de remontées acides          
Quand on ne comprend plus trop ce qui se décide,         
Que la vie, brutalement, devient insipide.        
Amputé de l’autre, on se retrouve invalide,            
Le cœur en compote, avec un grand mal au bide.          

Jeu manquant de conviction pour le jeune amant,          
Époux et père qui ne rentre pas dedans.           
Les autres comédiens sont beaucoup plus crédibles             
Pour faire passer leurs ressentiments au crible       
Dans le Dernier Repas, Pompier, l’Enfant Tyran ;               
Trois thèmes vus, radicalement différents.                                           
       
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Note : 1 sur 5.
 
 

«La Ménagerie de Verre». De Tennessee Williams. Traduction Isabelle Famchon. Mise en scène Patrick Alluin. Avec Sarah Cotten, Pablo Gallego, Léo Lebesgue, Agnès Valentin. Par la «Compagnie Mireno Théâtre». (Paris, 17-06-2021, 21h15)★★

Se présente «la vérité sous l’apparence»         
«Plaisante de l’illusion» qui masque les sens         
Exacerbés par la marque de la puissance.           
«Essaïon», l’appétit défie les convenances.        

«L’infirmité», en très «légère imperfection»           
Se mue. On assiste aux grandes transformations         
D’une famille réfugiée dans l’affliction.            
Le mariage peut-il être la solution ?        

«Le monde entier attendait les bombardements»          
Qui, à tous, apporteraient de grands changements.         
«Toutes les jeunes filles sont de jolis pièges»           
Afin de leur permettre de tenir un siège.          
Quand les mères choisissent l’avenir des filles,           
Elles décident jusqu’au bouquet de jonquilles.            

Fragile comme sa «Ménagerie de Verre»,         
Laura s’éloigne de la vie à fleur de nerfs,          
Se dissimulant derrière un cache de fer            
Pour la maintenir à distance de la sphère          
Publique qui la sortirait de son mystère.        
                  
        
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Note : 2 sur 5.
 
 

«Quand je serai un homme». Écriture, Mise en scène, Jeu, Catherine Hauseux, Stéphane Daurat. Second volet du diptyque autour de la transmission. Avec la complicité de Jérôme Ragon. Par la «Compagnie Caravane». (Paris, 17-06-2021, 19h15)★★★

«Ça veut dire quoi être un homme», dans la vie             
De tous les jours : savoir dominer ses envies ?          
Réfléchir, assumer le partage des tâches ?          
Assurer le gros œuvre caché par des bâches ?         

«Faut aussi que les femmes apprennent à dire NON»          
Malgré la fausse honte qui leur monte au front.            
Être un homme, est-ce être physiquement plus fort ?         
Une vraie question de volonté et d’effort.             

Être un homme, est-ce avoir le pouvoir de pouvoir ?          
Un spectacle d’une grande tendresse, à voir          
«Théâtre Essaïon» pour continuer à croire          
Que l’on se construit avec un autre regard           
Que celui qui se réfugie dans la bagarre.           

Moi, «je ne veux pas le séparer de sa mère»,
Mais juste «ne pas le séparer de son père».
Être un homme, c’est trouver ses propres réponses
Sans que, dans le crâne, on les lui dicte et enfonce.
Représentation conçue avec la finesse
Et tout l’art consommé de la délicatesse.                           
       
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Note : 3 sur 5.

 
 

«Sur un air de Tango». De Isabelle De Toledo. Mise en scène Pascal Faber, Bénédicte Bailly. Avec Michel Papineschi, Chloé Froget, Damien Boisseau. Par la «Compagnie Treize». (Paris, Phénix Festival, 16-06-2021, 21h00)★★ (Festival d’Avignon 2022, La Luna)

Y a-t-il un âge pour être «raisonnable»,        
Pour se ranger et mettre les pieds sous la table,            
Quand profiter d’une vie encore agréable           
Conduit à quelques facéties inénarrables …        

«Sur un air de Tango»,          
Au «Studio Hébertot»,          
Leurs sentiments fluctuent selon la météo,         
Quand l’existence les mène tous en bateau.           

«Julia a des yeux à renverser un cargo»             
Et à faire chavirer bien des matelots.             
Histoire de famille où le cœur vire à l’eau             
De boudin, sur fond marin quand chantent les flots.           

Un sympathique restaurant bistrot de port          
Abrite un chaleureux et fonctionnel décor.             
Une poésie sur un goût de vieux Bordeaux             
Quand les bouchons pètent et que coule le radeau.                 
        
       
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Note : 2 sur 5.
 

«Caligula». De Albert Camus. Mise en scène Bruno Dairou. Avec Pablo Chevalier, Edouard Dossetto, Josselin Girard, Céline Jorrion, Antoine Laudet, Antoine Robinet. Par la «Compagnie des Perspectives». (Paris, Phénix Festival, 16-06-2021, 19h00)★★(Festival d’Avignon 2021, 18h10)

«Il est parfait, scrupuleux et sans expérience»,       
Pensèrent les ministres aimant les manigances.           
«Caligula», le cynique, use d’arrogance         
Pour faire trépasser ses crimes et ses outrances.          

«Il voulait la lune et décrocha l’infortune».         
«Gouverner c’est voler», à autrui, leur fortune.                    
La folie du pouvoir se nourrit des rancunes,          
Tyrannise et fait tomber les têtes une à une.             

«Il transforme sa philosophie en cadavres»         
Défigurant la paix, la privant de son havre.        
«Studio Hébertot», même les morts tremblent en terre         
Tant l’empereur dégénéré et sanguinaire         
Fait le vide autour de lui jusqu’au fond des airs.           
La «Salle Tomasi» creusera le désert,         
Délogera les monstres aux confins des Enfers.                               
       
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Note : 2 sur 5.

 

«Les Maux Bleus». Écriture, Interprétation Chrystelle Canals et Milouchka. Mise en scène Hervé Lavigne. Par la «Compagnie de l’Eclair». (Paris, 15-06-2021, 20h00)★★★(Festival d’Avignon 2021, 17h40)

«Les Maux Bleus», c’est un violent coup de poing au cœur             
Qui pince quand la couleur vire à la noirceur.         
«Pas une question de genre mais de pouvoir»          
Exercé en force sur le fil du rasoir.           
«La peur devenue un membre de la famille»          
Qu’on ne quitte jamais, qui, dans le corps, fourmille.           

D’abord «L’Essaïon» puis «La Luna» d’Avignon          
Sont le théâtre d’incompréhensibles gnons            
Et témoins d’inacceptables situations.             
«J’ai pas choisi de souffrir, j’ai choisi d’aimer».        
Comment y parvenir sans être décimée ?             
Refusant de se faire tripoter l’oignon …                     

Cas où «la femme comme instrument de vengeance»,            
Sert à régler les comptes d’une sale engeance.              
«On s’habitue à l’idée de sa propre mort»,            
A n’être qu’une femme-objet dans le décor.          
«Lui, habitué à sa violence»,           
«Elle, habituée aux conséquences».               

Certes, «tout est une question de perception» …            
Ce qui est juste n’est pas forcément justice.           
Grande inégalité dans l’interprétation             
De la douleur ressentie face aux sacrifices            
Supportés sur la longue échelle des sévices.           

«L’acceptation de sa propre haine de soi»,         
Suite à la honte et aux quolibets qui font poids ;                 
Pour s’en sortir, a-t-on vraiment fait le bon choix ?         
Dans la souffrance, a-t-on la tête de l’emploi ?           

La danse de la vie       
Pour aider à l’oubli ;        
Effacer les conflits            
Du corps et de l’esprit.                    
        
           
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Note : 3 sur 5.

 

«Novecento : Pianiste». D’Alessandro Baricco. Traduction Françoise Brun. Mise en scène, Interprétation Laurent Orry. Par la «Compagnie Les Ames errantes». (Paris, 15-06-2021, 16h00)★★★(Festival d’Avignon 2021, 16h20)

«Théâtre Le Lustre de la Nouvelle Athènes»,         
Puis au «Grand Pavois», s’époumone la sirène           
Du paquebot abritant le plus grand pianiste         
Qui, toute sa vie, joua sur la même piste.          

Novecento possède l’univers d’étoiles         
Qui déchirent l’océan en lambeaux de toile,        
Entre ouragans et tempêtes. Sa vie entière,           
Il la passa exclusivement sur la mer,           
Lui, l’orphelin, qui ne mit jamais pied à terre.               

Un débit aussi rapide que le navire          
Rempli de passagers avides de loisirs.         
«Vingt-sept ans que le bateau lui volait son âme»,           
Seul avec le piano pour déclarer sa flamme.              
De grands duels à coups de morceaux de bravoure           
Où les musiciens s’affrontent en notes d’amour.             

Dans une émouvante performance d’acteur,            
Il lance un feu d’artifice qui touche au cœur.            
«La Terre est un bateau (beaucoup) trop grand pour moi»,        
Pour que j’y risque seulement le premier pas.         

«Ce navire file tel une boule»            
«Sur le billard de l’océan» où roulent        
Les vagues quand se soulève la houle        
Et c’est un flot d’harmonie qui déboule.             

Vie unique de sonorités musicales             
Dans une explosion de mots pour le festival            
D’Avignon. Les accords vibrent en l’imaginaire          
Monde sensoriel que la parole libère.                        
       
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Note : 3 sur 5.

 

«Incessants». Récital poétique. Écriture, Jeu Guy Régis Junior. Piano, Interprétation Hélène Lacroix. Par la «Compagnie Nous Théâtre». Festival «Tournée Générale». (Paris, 14-06-2021, 21h00)

Éructation politico-philosophique       
Dans une inondation musicale typique         
Où les mots, les notes, s’épousent et se répliquent,          
Très vite, dans une performance technique.         
Un flux, un flot qui débordent au «Bar Satellite»,         
Emplissant le lieu d’une jolie réussite.            

Imaginé, conçu en plein confinement,              
Ce festival d’ouverture sur l’existant          
Prend ses quartiers au douzième arrondissement          
Dans une «Tournée Générale» aboutissant           
À faire vivre terrasses et art florissant.                
       
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«Désobérire». Performance philosophico-circassienne. Conception, Jeu Guillaume Clayssen. Et avec Erwan Ferrier. Par la «Compagnie Les Attentifs». Festival «Tournée Générale». (Paris, 14-06-2021, 19h30)

Avec «Désobérire»,         
On pénètre l’empire       
Du savoir à offrir.        
La culbute du rire       
Réfléchi fait frémir         
Activant le désir         
De toujours s’accomplir.        

«Prendre la parole quand les gens parlent tout le temps»,           
«C’est prendre un risque de ne pas être écouté» à temps.       
Quand est-il légitime d’obéir, désobéir,         
Les exemples fusent grâce à l’exploitation du rire.         
L’acrobatie exécutée pendant la conférence            
Est un détournement de l’attention de circonstance.           

Si l’on fait «passer une norme culturelle»,         
«Sociétale, pour une norme naturelle»,          
On détourne complètement le sens premier          
Du monde végétal et de l’animalier,           
En forçant la pensée à aller dans un sens          
Qui obéisse à ce que l’on nomme décence.            

D’acrobaties en pirouettes langagières,           
Le duo se répond de façon familière         
En utilisant un tas de liens dans l’espace           
Pour s’affranchir des contraintes qui nous enlacent.            

«Festival Tournée Générale du douzième»,         
La philo-comptoir gravite au «Bar Satellite»         
Autour du principe du discours explicite            
Entrecoupé des contradictions aux énièmes           
Conséquences de l’obligation qui incite         
À mettre en balance           
Désobéissance            
Et âme et conscience.                                  
       
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Note : 1 sur 5.
 
 

«Climax». Écriture, Mise en scène, Jeu Ludovic Pitorin. Et avec Aline Barré, Benjamin Scampini, Xavier Pierre. Par la «Compagnie Zygomatic». (Paris, Phénix Festival, 13-06-2021, 16h00)★★★ (Festival d’Avignon, 2021, 21h10)

«Théâtre La Bruyère», puis «Espace Alya»,          
La langue de bois, rapidement, se délia.          
Rétrospective endiablée de la destruction          
Pré-programmée de la biodiversité.       

Quand le climat s’affole       
Le Nord perd sa boussole,         
La Terre devient folle,         
La chaleur caracole,          
La glace se décolle          
Et la fièvre s’envole.         

Un ouragan de gags à vitesse grand V          
Dans un vrai spectacle aux pirouettes enlevées.         
Au bébé du futur, statue à élever          
Au sommet des aberrations de la T.V.             

L’humour en fusion se projette dans «Climax»,           
Il atteint les consonnes fuyant la syntaxe.             
Superbe moment de patinage artistique           
Au-dessus de l’agonie du monde aquatique.           

Dans le cirque clownesque de l’homme inconscient,          
Le chant, la danse et la parole à bon escient        
Ravivent un tic-tac des pendules mises à l’heure             
Avant que la trotteuse n’explose en fureur.           
Éclatant show-froid qui nous sort de la torpeur,         
Drôle à souhait sans être moralisateur.                        
       
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Note : 3 sur 5.

 

«L’un est l’autre». D’après le roman «Mari et Femme» de Régis De Sà Moreira. Adaptation, Jeu Benjamin Boyer, Martine Montaut. Co-Adaptation, Mise en scène Eric Verdun. (Paris, Phénix Festival, 12-06-2021, 21h00) (Festival d’Avignon 2021, 18h15)

L’un dans le corps du sien, l’autre dans le corps d’elle,       
Un ressenti nouveau et un manque de zèle      
Rend un couple perplexe et soudain ahuri.       
«Voyage incognito dans le corps du mari»,         
«Tu laisses simplement passer la vie en toi».            
Subtile façon d’entrer dans le vif de soi.       

Une histoire surréaliste        
Qui déroule sa double piste.         
Quand s’inversent les rôles,          
Ce n’est pas toujours drôle         
De découvrir ce corps          
Qu’on voyait du dehors.          

Passant du «Studio Hébertot» au «Girasole»,         
Les échanges peu à peu constructifs s’envolent         
Vers des situations que le roman bricole.          
Les pensées couvertes d’une nouvelle peau         
Frissonnent du plaisir de laisser couler l’eau          
Sur le ventre distendu par de forts propos.            
        
       
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Note : 1 sur 5.
 

«Le Souffleur». Texte Emmanuel Vacca. Mise en scène, Interprétation Paollo Crocco. Collaboration artistique Fabio Marra. Par la «Compagnia dell’Edulis». (Paris, Phénix Festival, 12-06-2021, 19h00)★★★★ (Festival d’Avignon 2021, 17h15)

Au «Studio Hébertot»,      
Nul geste n’est de trop.       
Dans le style de la commedia dell’ arte,        
Mille petits mouvements bien exécutés         
Révèlent un talent comique au plus haut niveau.          
Finesse et tendresse dans cet écrit costaud.      

«Celui qui souffle et qu’on oublie» revêt l’habit       
De scènes multiples pour choisir son débit          
Afin de mieux captiver le cœur et l’esprit.         
Quand le «trou du souffleur» et le «trou de mémoire»       
S’osmosent pour garantir à l’acteur sa gloire,         
L’immortalité théâtrale sert l’espoir.        

Admirable gestuelle         
Finement spirituelle ;          
Texte extrêmement drôle         
Digne des plus grands rôles.         

«Nous sommes à la frontière entre plein et vide»        
Pour la dernière bobine qui se dévide.         
Ultime tour de piste du grand sablier          
De la vie qui, ses bagages, va replier.           

La mystérieuse malle livre ses secrets           
Boisés, dissimulés par d’anciennes ferrures          
Protégeant les failles et les manquements discrets.        
Les souvenirs surgissent à travers les serrures         
Qui filtrent quelques pages de littérature.         
Verve à la Cyrano, plume emplie de cyanure,           
«Au Coin de la Lune» il pansera ses blessures.         
        
       
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Note : 4 sur 5.
 

«Chaplin, 1939». Écriture, Mise en scène Cliff Paillé. Avec Romain Arnaud-Kneisky, Swan Starosta, Alexandre Cattez. (Paris, 11-06-2021, 19h00)★★★ (Festival d’Avignon 2021)

«Comédie Bastille», et puis «Roseau Teinturiers»,      
Charlie Chaplin     
Rejoue le spleen     
De la création qui va délier poings et pieds.     

Il veut «s’attaquer à la racine du mal»,     
Démonter «la folie du pouvoir» anormal.       
«La peur … cimente les masses» qui obéissent,      
Unies dans la haine quand elles en finissent     
Par dénoncer tous les voisins qu’elles maudissent.      
La pluie gazeuse tombe sur ceux qui subissent.         

Ils regorgent d’un réel talent, ces trois acteurs     
Retraçant la genèse du film «Le Dictateur».    
«Pieds nus dans les coulisses, tête dans les étoiles»,      
«Tu es mon pied dans l’enfance, Charlot», lèves un voile     
Pudique et fraternel qui se déchire dans l’air.      
«Je viens de heurter ma folie à celle d’Hitler».         

Plaisir de retrouver la superbe écriture     
De Cliff Paillé dans de nouvelles aventures     
Qui, en automne, au «Théâtre Le Lucernaire»     
Frapperont les esprits comme un coup de tonnerre. 
      
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«Astrid ou l’Acerbe Comédie». Écriture, Mise en scène Marc Tournebœuf. Avec C. Aussourd, R. Bacicova, D. Bellard, P. Besson, B. Carrion-Weiss, B. Alaïmalaïs, R. Company, S. Giacomoni, J. Mevel, J. Pajon, J.-P. Renaud, A. Torres. Par la «Compagnie Les Aubes de l’Ouest». (Paris, 11-06-2021, 19h00)★★

«J’ai hérité du sang qu’il avait sur les mains»,      
Dit Erell, descendant couronné un matin.     
Le jeune et nouveau roi, dans sa naïveté,     
Mène son royaume en état de pauvreté.     

Par le truchement des ministres qu’il décore,     
«Le roi a bien agi, et lui-même l’ignore».     
La Cour complote pour sauvegarder tout l’or    
Qu’elle détourne tandis qu’elle collabore.     

Alerte comédie qui galope sans frein,     
Au rythme valeureux de ses alexandrins.     
Le chœur et leurs exploits résonnent dans la salle,     
Echo qui se répercute sous les sandales      
En intensifiant le chaos, de dalle en dalle.    

Vert tapis de champignons hallucinogènes      
Pour échapper aux imbroglios qui s’enchaînent.     
Douze acteurs apportent une bouffée d’oxygène    
A la folle course qui partout les entraîne.

«Ta face est un linceul qui t’exclut à jamais»      
«Du monde des vivants». Balafre qui déplaît.      
C’est la rançon de la gloire et de la traîtrise      
Qui, les antiques aventures, modernise.     

Le roi est «seul et pétri de sa couardise»      
Et il se cogne à tous les plans qui le détruisent.      
Un grand jeu d’intrigues et de troublantes surprises      
Règne dans le noir labyrinthe des méprises.           

«Comédie Bastille», les dessous scandalisent     
Au travers d’affaires où les ennemis pactisent.    
«J’aime l’idée de toi que j’ai créée en moi»,      
Dit-il à Astrid, sa bien-aimée d’autrefois.      
Le combat d’amour et des armes lâche prise      
Quand le terrain enchanteur masque les reprises.      
Franc succès qui, la jeune troupe, dynamise.                              
       
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«La folle et inconvenante Histoire des femmes». Ecriture Laura Léoni. Conception, Interprétation Diane Prost. Mise en scène Laetitia Gonzalbes. Par les compagnies Camélia et «Kabuki». (Paris, 10-06-2021, 20h00)★★★

Au «Funambule»,
Le torchon brûle
En liberté
Tant contestée.

L’indignation l’enflamme
Dès qu’il s’agit des femmes
Qui sans cesse turbinent,
Reléguées en cuisine.

C’est dans les magazines
Qu’elles emmagasinent
Les idées de révolte
Qui, partout, se colportent.      

Une judicieuse remontée historique,     
Du fond des siècles, de la sexualité,     
Défrichée, décryptée, avec habileté,     
Nous démontre, à quel point, tout n’est que politique.

La femme invisible,
En bête nuisible,
Se cache chez elle ;
On rogne ses ailes
Avec un grand zèle.     

Sur l’immense écran d’augustes révélations,     
Elle est «symbole de paix et monnaie d’échange»,     
Certes à condition que jamais elle ne change,     
Accepte toujours de faire des concessions.     

«Chaud et sec comme le désert majestueux»,   
Est l’homme qui «garde son sang» impétueux.     
«Froide et humide» est la femme qui perd ses règles     
Dans ce corps nié et ensemencé en règle.     
Et le «viol conjugal à but reproductif»     
Le confère dans un monde compétitif.      

Si l’on y pense, était-ce au temps du Moyen-Âge,             
Qu’accusée d’être guérisseuse ou trop sage …      
Qu’«enterrée vivante la ferait réfléchir»      
Si, sous le joug de l’homme, elle ne veut fléchir ?     
«Maintenant, c’est juste les plaintes qu’on enterre».     
C’est une mise en bière qui coûte moins cher     
Et c’est une autre façon de la faire taire.     
    
«Droits de la femme et de la citoyenne», absents     
De la déclaration. Qui ne dit mot, consent.     
Un corps rejeté «depuis des milliers d’années»,     
Celui des femmes saignantes, impures et damnées.      
«N’était l’égale de l’homme» qu’en ces deux mots :     
Subir la «punition ou payer les impôts».

Engagement féroce et mordant qui écume     
La société patriarcale qu’elle allume.     
Une brillante interprétation en costume     
Unique et original pour que les coutumes     
Passent vite d’un pli à l’autre et s’accoutument     
A s’envoler aussi haut qu’une belle plume.     
Mise en scène astucieuse éclairant les volumes     
Dans des drapés ou déshabillés qui s’assument.     

Écrit militant qui avance à découvert,     
En témoignage des femmes qui ont souffert.     
Elles sont «la mémoire»     
Qui fait garder l’espoir     
De vraie égalité     
Avant d’être alitées     
Pour toute éternité.     

Un texte fascinant, rempli de fol humour     
Sur le corps des femmes et de leurs folles amours,      
Qui part de l’Antiquité jusques à nos jours,     
Pour mettre le doigt dans les blessures qui courent,     
Les stigmatisant, tel un manque, un trou, tout court,     
Que l’on doit dompter comme dans la chasse à courre.          
       
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«Et c’est un sentiment qu’il faut que nous combattions je crois». Écriture (collective), Mise en scène, Jeu David Farjon. Et avec Samuel Cahu, Magali Chovet, Sylvain Fontimpe, Ydire Saïdi, Paule Schwoerer. Par la «Compagnie Légendes Urbaines». (Paris, 09-06-2021, 20h00)★★ (Festival d’Avignon 2021)

En bas de l’immeuble, «ils font partie du décor»,     
Tous ces jeunes qui ont la danse dans le corps.     
«A la reconquête de l’espace public»,     
Les femmes s’expriment par de justes répliques.    
«Les hommes occupent les lieux, les femmes subissent».     
Pour parler des interdits sexistes, ils sont six.     

Une sincère et documentée réflexion     
Analyse les phénomènes d’exclusion.     
Partant des médias, ils épluchent le langage,     
Expliquant aussi l’orientation des images     
Et la façon de présenter certains sondages.     

Entre montage et démâtage de séquences,     
On monte en épingle ce qui revêt le sens     
Que l’on désire montrer, de toute évidence,     
Orientant les gestes pour que monte l’audience.     

«La France a peur, et c’est un sentiment qu’il faut»      
«Déjà que nous combattions je crois». Est-ce faux ?    
«Mise en abyme» du «mythe de la banlieue»     
Qu’il faut considérer avec de nouveaux yeux.          

«Peut-on parler à la place des autres» ? Est-ce     
L’aveuglement, la surdité, qui n’ont de cesse     
De stigmatiser la compréhension des maux     
Qui blessent la société prise dans l’étau …      
L’empêchant de saisir la puissance des mots.    
Or «cette langue, c’est la langue de ma peau» !    
«Théâtre Paris-Villette, Onze Gilgamesh»,     
De l’intelligence, ils vont ranimer la mèche.


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«Saint-Ex à New-York». Écriture, Mise en scène, Décor, Lumières Jean-Claude Idée. Avec Gaël Giraudeau, Adrien Melin, Alexandra Ansidei, Roxanne Bennett. (Paris, 08-06-2021, 19h00)

Un quatuor     
Qui vaut tout l’or     
De la planète     
Où il s’apprête     
A atterrir     
En larmes et rires.     

«Écrire avec son corps» chargé des expériences,     
La peau marquée du vécu et des défaillances ;     
Entrer en littérature en vrai sacerdoce,     
Sentir craquer aux jointures chaque bout d’os.     

Ses propres aquarelles     
Font découvrir un ciel     
Où les milliards d’étoiles     
Rêvées au creux des pages     
Décorent les nuages,     
Dévorent les usages.     
Détournant les passages     
Les portant aux rivages,     
Leurs secrets se dévoilent.      

L’aéropostale     
Sur l’écran s’installe,     
En toute exubérance     
Et avec insolence.      
«Je ne le trompe pas, je meuble son absence» …     
Magnifique expression en tous sens de décence.

Quand, «tombé» sur une planète en plein délire,     
Perdu dans ses pensées et son désir d’écrire,     
Il n’a qu’une envie et c’est celle de s’enfuir     
Loin des conversations stériles à trop ouïr.      

A la croisée de l’avion et du paquebot,     
Une joute spirituelle à fleur de mots     
Surexpose de contradictoires propos     
Où l’on y évoque Breton, Dali, Miró.     

En déflorant la conception du «Petit Prince»,     
C’est tout un pan de mystère qui, l’âme, pince.      
«La mort est une énigme qui les résout toutes».     
Ne soyons pas si pressés, restons dans le doute.      

«Je n’ai pas envie de connaître l’avenir»     
Mais, simplement, sur mon étoile, repartir.     
Rupture de charme quand le voile on déchire     
Pour l’originalité du monde y transcrire.     

Une plongée dans l’univers de l’aviateur     
Qui, à sa chère carlingue, donna son cœur.     
A nous faire pénétrer la vie de l’auteur,     
Le rêve perd de sa valeur et puis il meurt.     

Découvrir l’intimité, l’envers du décor,      
Fait ressortir les axes faibles et puis l’effort      
En ligne droite jusqu’au point de non-retour          
D’où s’envolent les anecdotes du parcours     
Aux passions démesurées dans l’enivrement     
De l’exaltation, siège de tous les tourments.     

Avec le jeu de l’amour et de la victoire,     
On reçoit la rançon de la posthume gloire ;     
De son vivant, elle était déjà méritoire,     
Tant son «Petit Prince» irradie et offre espoir,     
Nous prenant le cœur en otage à chaque histoire.
        
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«Main basse sur le magot». Texte Arnaud Cassand. Inspiré de l’œuvre d’Edouard Bourdet. Mise en scène Jacques Décombe. (Paris, 06-06-2021, 17h30)★★★

Au «Funambule»,
L’action circule.
Gare aux mégots,
Pièges aux gogos.

Quantité de bons mots
À tire-larigot ;
Brillants sur des chicots
Aux six bons numéros.

Tirer sur le gros lot
À coups de chalumeau,
Ce n’est pas du gâteau !
Casse plutôt costaud
Bien que très peu réglo.

Ils crachent le morceau
Et c’est très rigolo ;
Ça carbure à plein taux.
A voir le vrai du faux,
Soirée au grand brio.

Fourrure sur le paletot,
Pour protéger sa propre peau
Qui lui court  sur le haricot.
Mais «la bande à Pierrot»
En a dans l’ ciboulot ;
A faire ce boulot,
N’est pas de tout repos.      

Petit bijou que ce magot     
Où nulle scène n’est de trop.     
Ils sont tous un peu paranos     
Dans leur tenue pas comme il faut.       

Lorsqu’ils se font prendre en défaut,     
Ils volent en délire très chaud.     

Bien ficelé, ce scénario     
Batifole au trot puis galop,     
Rubis sur l’ongle, et au grelot.     
Venez découvrir leurs tuyaux     
Garantis cent pour sans bobos.


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«Charlie Poppins fait son cirque». De et avec Débora Roquebrune. Par la «Compagnie Du Cœur sur les Planches». (Paris, 06-06-2021, 15h30)

Dès que tu as trois ans,
Il est alors grand temps,
D’aller au «Funambule»,
Rêver parmi les bulles
D’histoire colorée
Qui va te rassurer.

Cerceau aérien et magie des marionnettes
Entraînent petits, moyens et grands à la fête.
Un voyage à travers lampions et balancelles
Pour que la comédienne en tire les ficelles,
Libérant les étoiles
S’imprimant sur la toile.

Des bolas lumineuses      
En jolies voyageuses      
Font le tour de la Terre,      
Vitesse de l’éclair.      
           
Distance année-lumière ?      
On oublie ce mystère      
Dans le jeu des repères.     
Moins d’une heure, c’est clair …           
Pour que nos yeux s’éclairent !
         

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  
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