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Archives de Catégorie: 3 Envie de théâtre

«Fleur de Peau». Texte, Interprétation Sandie Masson. Et avec Eric Savin. Mise en scène Patrick Azam. Par la «Compagnie des Contes Urbains». (Paris, 28-12-2019, 21h30)++

«Elle tatoue son corps», à l’endroit, à l’envers,    
«Pour lui faire faire l’école buissonnière».
Quand tout les oppose, commence l’attraction
Qui grandit aussi vite que la répulsion.

L’art du tatouage,
Parfum d’un langage ;
Maîtrise sauvage
D’art du voisinage
Et du polissage.
Zeste de dressage
Sous le vernissage.

Un brillant duo qui explose
Les conventions à l’eau de rose
Et de nouvelles règles impose
Lors de ce voyage en névrose.

L’écrit comme l’œuvre
D’un jeu en hors-d’œuvre.    
«Baiser une pieuvre»,
Terrifiante épreuve
Savourant sa preuve.

Combat en symbiose
Que l’humour arrose
Sans nulle nécrose.
«Théâtre Essaïon»,
Gravées au fronton
De la rébellion,
Les piques, essayons.      
Leur plume acérée,                 
L’âme, a lacéré.   

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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Publié par le 28 décembre 2019 dans 3 Envie de théâtre

 

«Entretiens d’embauche et autres demandes excessives». Texte, Mise en scène Anne Bourgeois. Interprétation Laurence Fabre. Par la «Compagnie Drôles de Dames». (Paris, 23-12-2019, 21h00)+++

«Faut avoir les notes qui vont avec son rêve»,
C’est ce que l’on dit à tous les enfants, sans trêve.
Afin de réussir son «entretien d’embauche»,
Doit-on se livrer à d’innocentes débauches ?

Où l’on apprend à décrypter différents codes
Vestimentaires et langagiers aux antipodes
De ce que l’on s’est imaginé dans sa quête
D’emploi. Au «Théâtre Essaïon», on fait la fête  
Aux à-priori et aux normes de requêtes.

Attaque aux entreprises de démolition
Du moral des chômeurs en mode perdition.    
«Je vis dans un monde qui accepte l’échec»,
Alors qu’un seul d’entre nous touchera son chèque.

L’«Indice du Bien-Être au Travail», c’est l’«IBET»                         
Gérant ce qui culpabilise et rend bébête.
Un spectacle clownesque et très bien ficelé
Qui démonte ce qui, toujours, a harcelé.

Drôle et intelligent, sérieux dans le léger ;
Dans le monde du travail, on vient voyager.
Un échantillonnage de situations
Qui déclenchent toutes sortes de réflexions.
Un jeu riche en simplicité et émotion.  

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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Publié par le 23 décembre 2019 dans 3 Envie de théâtre

 

«Bartleby». De Herman Melville. Mise en scène Yves Patrick Grima. Interprétation Jean-Luc Giorno. Par la «Compagnie Naphralytep». (Paris, 23-12-2019, 19h15)+

L’étude ouvre sa porte au «scribe Bartleby»     
Qui rejoint les copistes aux sinistres habits.   
«Je préférerais ne pas», étrange discours
Qu’un chef de bureau examine en son parcours.

«Incarnation de la résistance passive»,              
L’anti-héros se dévêt de ses forces vives ;      
Il devient une ombre qui hante le notaire.           
L’interprétation du résultat de se taire,           
De ne pas faire et de ne pas se laisser faire,            
Ne se monnaie pas en chantage ou en salaire.            
Pièce d’une désespérance solitaire …          
Le rire s’impose de façon salutaire.

Interrogé sur l’étonnant sens d’une vie,
Quel est le prix, la valeur d’une repartie ?      
«Théâtre Essaïon», sur le refus, méditons
En la compagnie d’un comédien de bon ton.

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Publié par le 23 décembre 2019 dans 3 Envie de théâtre

 

«Léo et Lui». D’après «Les Chants de la Fureur» de Léo Ferré. Adaptation, Jeu, Jean Pétrement. Mise en Scène Lucile Pétrement. Avec aussi Léonard Stefanica. Par la «Compagnie Bacchus». (Paris, 29-11-2019, 19h30)+++

De la pénombre, sort un roulement de caisses
Qui capte l’attention pour que nos poils se dressent.
Un père et un fils confrontent leurs opinions
Dans un échange basé sur la création.

«Le couteau, (…) entre les castagnettes figures»,
«S’immisce» encore en la profonde déchirure
Et verse un sang de poésie à l’état pur
Sur notes de violon qui, notre cœur, fissure.

L’instrument se désespère ou entre en fureur
Avec une virtuosité sans erreur.
Le duo dédouble la personnalité
De Ferré et la restitue avec beauté.

La musique pianote, effleure notre peau
Et ruisselle sur elle en infinis sanglots.
«L’exhalaison qui monte des nuits de l’enfance»
Est interprétée en totale connivence.

«Entends le chant blessé qui monte des outrages»
Et libère les mots qui franchissent les cages.
«Chante la vie perdue où grogne le hasard»
Faisant naître un rêve à travers le cauchemar.

Des voix graves, profondes, expriment la substance
Et malaxent son jus dans un bain de jouvence.
Aux «Corps Saints», on se délecte de la puissance
Des textes dits dans un langage de jouissance
Poético-musicale tout en nuances.      
«Théâtre Essaïon», ils vibrent de pertinence.

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Publié par le 29 novembre 2019 dans 3 Envie de théâtre

 

«Le Crépuscule». D’après «Les Chênes qu’on abat» … d’André Malraux. Adaptation, Mise en scène Lionel Courtot. Avec John Arnold, Philippe Girard. Par «L’Atelier du Premier Acte». (Avignon, 14-07-2019, 18h15)++

La dernière rencontre où la «grandeur» s’affaisse ;       
De Gaulle et Malraux s’y confrontent avec adresse.      
A cœur ouvert, ils échangent leurs réflexions       
Avec pertinence, dans le feu de l’action.            

Une argumentation plutôt philosophique           
Se dégage de ces deux hommes politiques.           
Ils abordent tous les sujets de société         
Et se livrent au grand jeu de la vérité.   

«Pourquoi faut-il que la vie ait un sens» ?            
On s’en rend compte surtout dans l’absence.         
«Je fais mes plans avec les rêves»   
«De mes soldats endormis»,          
Napoléon l’avait dit.                   
«Les artistes inventent le rêve»,     
«Les femmes l’incarnent» … sans trêve.        

Il a «été la Résistance de la France»      
Et maintenant il doit faire face aux outrances.       
Interrogeant le passé sans condescendance,            
Le dialogue littéraire a ses exigences.            

Une page de l’Histoire internationale        
S’écrit «Présence Pasteur» en phase terminale      
D’un traitement énergique d’emphase loyale.             
Petit traité du politiquement correct             
Qui analyse tout, jusqu’à la moindre secte.           

Jeu simple et percutant en «Mémoires d’espoir».            
Témoignages, façon «Funérailles d’un monde»           
Explosé de bêtise des peuples qui grondent.            
«Entre souvenirs et mort», souffle l’éteignoir.  
D’octobre à novembre, «Théâtre Epée de Bois»,       
Se confronteront leurs points de vue et leurs choix.    

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«La Magie lente». De Denis Lachaud. Mise en scène Pierre Notte. Interprétation Benoît Giros. Par la «Compagnie L’Idée du Nord». (Avignon, 10-07-2019, 19h20)+++++

Une représentation qui laisse sans voix.
Comment trouver les mots pour parler de ce poids
Étouffant bouche et poitrine sans aucun choix.
Témoignage bouleversant, qui jette un froid,
Réfléchit aux comportements sans foi ni loi.

A «L’Artéphile»,
Les maux s’enfilent
Et déchirent la vie
En force et à tous prix.

Une interprétation d’une simplicité
Désarmante, si criante de vérité,
Qu’à ses lèvres on est suspendus, dans le récit
De cette conférence aux termes si précis.

Quand un faux diagnostic aggrave un traumatisme,
La vie n’est que secousses d’un profond séisme
Qui enferme dans un insondable mutisme.
Pour s’en sortir, il faut identifier les failles.
Est-ce possible quand, dans l’enfer, tout déraille ?

Pour tenter de survivre aux sévices subis,
Ce fut une vingtaine d’années de déni.
«Devenir fou», était la seule solution,
«Face à l’absurdité de la situation».
C’est encore l’enfant innocent qu’on punit :
«Lourde peine pour un crime», sur lui, commis.

Un texte percutant, qu’il est indispensable
De découvrir ; on se sent alors responsable
Du sens que l’on veut donner à son existence.
Brillante analyse qui sert de référence.

Vingt novembre au sept décembre, à «Paris-Villette»,             
Venez recevoir en plein cœur et dans la tête            
L’écriture chargée de lourdes gouttelettes             
Pénétrant le corps comme armée de baïonnettes.            

Tir incisif avec précision d’arbalète        
Qui décoche des flèches sans bavure et nettes.           
«La magie» d’une reconstruction «lente», en fait.       
Une psychanalyse qui se hausse au faîte          
D’une arborescence échevelée et parfaite.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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«Fin de service». Pièce d’Yves Garnier. Mise en scène, Interprétation Sylvia Bruyant. Et avec Delry Guyon. Par la «Compagnie Cavalcade». (Paris, 17-06-2019, 20h00)++ (Avignon, 07-2019, 11h30)

Un intérieur où tout est feutré et cossu             
Abrite des caractères trempés, bossus         
Dans l’âme, empruntant une langue de vipère.  
De répliques acerbes en réflexions amères,   
Le mélange en bouche a goût de vin et de terre.               

Quand, dans l’orage, scintillent les luminaires,              
On frémit dès l’apparition des premiers vers            
Qui se déclinent sur le mode de l’enfer.          
Cette explosion de mots piquant tous les travers        
Va faire trembler «La Luna» dans ses repères,                
Après que le «Studio Raspail» vida les verres        
Et tira les ficelles à l’endroit, à l’envers.           

Duo qui part au quart de tour dans l’univers           
Des phrases tranchantes à décapiter la sphère         
De deux êtres tournant en rond sous les barrières.          
Mais, entre illusions et désillusions, que faire ?              

Ne plus pouvoir vivre, ni avec ni sans l’autre,              
Déclenche les pointes sur lesquelles ils se vautrent.                
Quand les profondes blessures psychologiques         
Se rouvrent, comment arrêter l’hémorragique        
Fluide pénétrant les veines dramatiques ?     

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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