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Archives de Catégorie: 3 Envie de théâtre

« Robert est en examen.Tragimonomédie. Texte, Jeu Robert Valbon. Mise en scène Floriane Zeisser et l’auteur. (Paris, 24-06-2018, 20h00) +

C’est « l’auto-guérison »
Par « l’auto-dérision ».
Examen médical ?
Somme toute, banal !

Au « Guichet Montparnasse »,
Il prend la décision
De nous faire la classe
De son introspection.

Examen de routine
En quittant la tétine ;
C’est l’enfant qui butine
Et ses doigts qui lutinent.

Examen sexuel
Chimie donnant des ailes.
Examen de conscience,
Mathématiques et science.

Examen textuel
Pour intellectuels
Et examen intime
Pour le rire et la frime.

Examen théâtral
Pour la quête du Graal
Ou celle d’Hernani
Relevant son défi.

Il court après son sort,
Interrogeant la mort.
« Il n’a jamais cédé »,
« Il en est décédé.

Sur ses doutes il s’endort,
Écrasé de remords.
Et la vie ? Il la mord !
Rimes et livres, il dévore …

+ + + +

« L’Entrepôt » d’Avignon
Réveillera ses dons
D’examen musical
Sur pupitre bancal.

Portée originale
D’opéra commercial.
Spectacle peu banal,
Fourre-tout intégral.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

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Georges Feydeau : « Feu la mère de Madame, Mais n’te promène donc pas toute nue ! » Mise en scène Raymond Acquaviva. (Paris, 24-06-2018, 17h00) ++

La comédie française de Georges Feydeau
Dévoile tous les travers, sans aucun rideau.
A l’intérieur d’une chambre à coucher cossue
Volent en éclat les conversations tordues
Qui révèlent quelques vérités toutes nues
Au langage actualisé en cris bien crus.

L’art de ridiculiser la femme en humour
Dans des situations drôles comme toujours.
Mélange de classique et de contemporain
Où les sonnettes n’annoncent rien de serein.
C’est au « Lucernaire » que l’accent du Bas-Rhin
Bat la chamade en plein sur la chute de reins.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« Denise Jardinière vous invite chez elle ». Conception, Mise en scène, Interprétation Thibaut Boidin. Par la compagnie « Once upon a team ». (Paris, 23-06-2018, 21h30) +

La bouche tendrement grotesque,
Une créature clownesque,
Gardienne d’une salle hantée
Par un passé désenchanté,
Nous accueille en cave voûtée …
Pour dîner ? A n’en pas douter !

A travers les fils de cette pièce bien close,
On s’infiltre dans un récit, pas toujours rose,
Utilisant tous les tons pour fuir le morose.
Au « Théâtre Essaïon », une prise d’otage
Volontaire nous fait participer au stage
Culinaire pour nourrir tout un étalage
De pots de terre. Précision à haute dose !

C’est avec toutes les ficelles
De son expression corporelle,
Et son impeccable diction
Qui réclame notre attention,
Que l’on participe avec joie
Au jeu de rôles qu’il déploie.

Invités au parcours sportif
Où se hérissent poils et tifs,
Nul d’entre nous ne se dérobe.
Regard vissé sur nous, on gobe
Les mots régurgités sitôt
Et qui emplissent le plateau,
En attendant l’ultime héros.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« L’Ingénu de Voltaire ». Adaptation : Jean-Christophe Barbaud (Mise en scène) et Thomas Willaime (Interprétation). Par la compagnie « Théâtre Odyssée ». (Paris, 23-06-2018, 19h45) ++

« Elle aimait le plaisir et était dévote »
Cette phrase, à elle seule, tout, sabote
Et met en lumière les contradictions
Et la lutte entre les diverses passions
Exercées à l’Église ou dans la Cité.
Cette satire est une nécessité
A fin de révéler notre cécité.

Tristement d’actualité, ce fort pamphlet
Sur la corruption des puissants est le reflet
D’une société malade de ses abus
De fanatisme politique ou religieux.
Pour oser le dire il fallait un « Ingénu »
Semblé tombé des nues,
Le regard vers les cieux.
Au « Théâtre Essaïon », la pensée est à nu.

De tous temps, la femme est doublement punie.
Pour l’homme, toujours, elle se sacrifie.
Elle doit le taire, ce qu’elle subit.
La victime expiatoire des infamies
Regarde en face les injustes interdits.
Le prix d’une existence salie est la vie.

« Je vous ai adoré en vous trahissant »,
Des maux contés en un étourdissement.
Un immense bonheur d’entendre Voltaire
Par la bouche d’un acteur qui se libère
Des contraintes scéniques en rebondissant
Partout, sur tout, dans un jeu primesautier.
Une expression qui ne fait rien à moitié,
Tout en candeur et effets rafraîchissants.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« C’est dans la tête »d’Alexandra. Ecriture, Interprétation Alexandra Pizzagali. (Paris, 22-06-2018, 20h00) ++

C’est de l’humour
Carrément lourd
De conséquences
Tout en substance.

« Théâtre du Marais »,
Un spectacle qui plaît.
La salle est plus que pleine
Côté cour, côté plaine.

Côté jardin sur scène,
Parlant de choses obscènes
De façon si naïve,
Drôle et joliment vive,

Elle tire en force à coups de gros boulets rouges
Sur tout ce que l’on n’ose plus dire et qui bouge.
Réflexions incisives et tellement tranchantes
Qu’elle fait mouche à chaque parole troublante.

Elle dit les pires horreurs avec sourire
Et sérieux qui déclenche un grand nombre de rires.
Elle allume la notion de « respect » qu’elle perd,
« D’agressivité » qui désespère les repères.

Un spectacle cinglant qui rebondit sur tout,
Dans une écriture alerte et inattendue.
Un langage direct et sans sous-entendus
Qui crache son venin salutaire partout.

« Les Amazones », désirées parce que craintes,
Savaient utiliser toutes les belles feintes.
L’excuse de la folie pour une expression libre
Égale un jeu d’ivresse en rupture d’équilibre.

Pour qu’on puisse avaler toutes ses vérités,
Se peaufine un bon stratagème à découvrir,
In extremis, qu’elle révèle avec plaisir,
En étrange finesse et beaucoup de doigté.

+ + + +

Cette valeur sûre sévira au « Palace »
Le vingt-trois juillet. Réservez votre place.
Son humour noir ne vous laissera pas de glace.
Venez réfrigérer votre cerveau, de grâce !

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« L’Établi ». D’après le roman de Robert Linhart. Adaptation Marie-laure Boggio, Olivier Mellor. Mise en scène Olivier Mellor. Par « La Compagnie du Berger ». (Paris, 21-06-2018, 20h30) ++

L’après mai soixante-huit, dans l’usine Citroën
Où les ouvriers assemblent les Deux-Chevaux en chaîne,
Un brillant intellectuel, engagé volontaire,
S’identifie à eux, se frotte au travail terre à terre.

Une étude sociologique approfondie,
D’une grande tenue littéraire, décrit
Une « organisation dans la classe ouvrière »
Infiltrée par celui qui dévoile l’enfer.

« Pour construire des objets et broyer des hommes »,
On les parque dans des entrepôts où la somme
Des gestes répétitifs détruit et assomme.
Orchestre, montage sonore et vidéo
S’allient pour animer les différents tableaux.

« Salle en Pierre » au « Théâtre de l’Épée de Bois »,
Un impressionnant décor se déplace en roi
De la ferraille. Scénographie que l’on croit
Réelle par quelques artifices de choix.

La mise en scène au mécanisme bien huilé
Fracasse tout et se fait fort de contrôler
Chaque objet qui va et vient au rythme frappé
Par les cadences infernales au son martelé.

La musique et la tôle explosent jusqu’au sol,
Dans une gamme majeure, unis sans bémol.
« La production écrase la matière humaine »
Dans une accélération où la grève est vaine.

Si l’ambiguïté règne autour de « L’Établi »,
C’est qu’à la double-tâche, un double-sens s’inscrit,
Distinguant ou bien confondant l’homme et l’outil.
La porte passée, son humanité s’oublie.

+ + + +

Avignon, Grande salle, « Présence Pasteur »,
Venez vous faire vacciner contre la peur.
Limpide écriture aux judicieuses remarques
Décochées, façon habile tireur à l’arc,
Sur l’écran des revendications où défilent
Les têtes grossies des patrons qui défilent.

Témoignage qui claque
Quand les jointures craquent
Dans le vent de l’arnaque
Sociale qui se plaque
Aux faces mises en vrac
Des grévistes qu’on traque.
Mouvement mis à sac
Dans un récit qui sacque.

Afin de rester zen,
Ne plus avoir la haine,
Voyez-les sur la scène
Ne pas être à la traîne.
Les carcasses s’enchaînent,
Les autos se déchaînent.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« Notre cher Anton ». D’après les écrits de Tchekhov. Conception, Mise en scène, Interprétation Catherine Salviat. (Paris, 20-06-2018, 19h00) +

Dans l’intimité des écrits du dramaturge,
Elle sélectionne en vue d’une sacrée purge.
Fouillant les mémoires de l’écrivain, elle opère
Des coupes franches pour affiner les repères,
Choisis, qu’elle décide de mettre en lumière.

Pour son récit, elle s’appuie sur la charnière
Élégamment construite et qui lui fait plaisir.
Elle chante ou joue les extraits, selon ses désirs,
En partageant ses émotions au gré des lectures.
C’est la traversée de sa nouvelle aventure
Que l’on suit avec un rafraîchissant sourire.

Un peu à la façon d’une conférence,
Le phrasé de Catherine Salviat danse
Au « Théâtre Artistic » ; Notre cœur balance
Entre évocations littéraires et romance.

Elle campe avec soin un « éternel nomade »
Qui s’oublie pour consacrer sa vie aux malades.
Il tente de triompher de l’ennui mortel
Qu’il décrit abondamment à coups de scalpel.

C’est l’âme russe qui se donne en confidences
Et nous engage sur un terrain de confiance
Où entrent en lice quelques-uns des plus grands auteurs
Dont elle célèbre les œuvres avec belle ardeur.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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