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Archives de Catégorie: Avignon 2021

«On est tous le vieux d’un autre». Troisième épisode de la trilogie «Mémé Casse Bonbons»Écriture, Interprétation Anne CangelosiMise en scène Alexandre Delimoges. Par la «Compagnie Bienvenue à Cajar !» (Captation vidéo vue le 22-01-2022)★★(Festival d’Avignon 2021 et 2022)

«Mémé Casse Bonbons» revient en pleine forme   
Pour titiller nos souvenirs qu’elle transforme    
En joyeux événements qui nous piquent au vif,  
Donnant au vécu un aspect récréatif.      
À quatre-vingt-cinq ans, son lien rétroactif     
Avec les autres fait ébouriffer ses tifs.         
«Tolérance, mode d’emploi» rendu fictif,     
Elle a du mal à contrôler ses adjectifs.        

«On dit que les voyages forment la jeunesse»,    
Elle dit «qu’ils déforment plutôt la vieillesse».   
Et voilà, c’est parti pour un tour d’horizon      
D’acariâtres réflexions et de déraison    
Bien assaisonnées d’un grand bol de dérision     
Servi aux anecdotes de télévision.        

Comment bien se débarrasser de Joséphine ?     
En l’envoyant parmi les cactus aux épines     
Prêtes à l’accueillir      
Autant qu’à la cueillir    
Au milieu du désert     
Sans même son dessert.    
Des haricots plein les poches,     
Le gros lot, elle décroche.        

«Cesser de s’émerveiller, c’est cesser de vivre».    
Elle va découvrir des merveilles sans vivres     
Ni bouteille d’eau,     
Rien que ses vieux os.     

L’obélisque de Karnak et les Pyramides     
Lui font face, mais jamais rien ne l’intimide.     
Sans comprendre l’arabe, avec son franc-parler,     
Des couleuvres, on ne lui en fait pas avaler.     
Elle pique davantage que les scorpions,     
Son langage fait même fuir tous les morpions.     

Enfin quelque chose qui la met en valeur,     
La servir en reine à la table des râleurs.      
«On regardait tout et on critiquait» de bonne heure,   
Dénigrer est un délicieux moment de bonheur.    
«La France râle, critique, mais la France accepte».  
«Mémé» assène adroitement ses coups de concepts. 

«Avoir planté le javelot dans la moquette»      
Lui évoque des soirées de pure piquette.    
Dans l’histoire de l’Égypte elle fait trempette    
Et y déverse son fiel, la bouche en trompette.     

Quel art du retournement de situations    
Où l’arroseur arrosé tombe au paillasson,     
Jonglant entre «le racisme ou xénophobie»,     
Détaillant «l’intolérance ou les préjugés»,    
«Bêtise ou ignorance» qui font mal juger ;     
On assiste à un vrai festival de phobies.     

Dans cette trilogie, au troisième volet,     
«Mémé», dite «Momie», en question, se remet.     
Elle laisse éclater son côté humaniste     
Avec un jeu juste et un talent d’humoriste.     

Côté grogne, elle rencontre son alter ego     
Et, comme dans un miroir, elle y voit ses défauts.    
C’est une écriture d’une méchante tendresse    
Où l’avarice de sentiments vire en promesse    
D’un généreux pardon, au «Théâtre du Gymnase»  
Ou à «La Tache d’encre» qui n’effraie que les nazes.               
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  
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Note : 2 sur 5.
 

«Le Petit Coiffeur». Écriture, Mise en scène Jean-Philippe Daguerre. Avec Thibault Pinson (Pierre), Brigitte Faure (Marie), Charlotte Matzneff (Lise), Arnaud Dupont (Jean), Romain Lagarde (Léon). (Paris, 14-11-2021, 17h30)★★★★ (Festival d’Avignon 2021)

«Théâtre Rive Gauche», un barbier à l’ancienne      
Qui tond barbes et cheveux derrière les persiennes, 
Emmagasine, du monde, toute la peine.     
La page d’histoire sur papier d’écolier,      
À l’encre de trahison en pleins et déliés,      
Dénonce la trame qui va tous les relier,     
En resserrant la sordide et funeste chaîne,      
Quand ce qu’on croit être de l’amour, devient haine.     

«Mise à nu sensuelle» en imagination …     
Car sous la robe se cache «l’inspiration».     
Sur l’étoffe, court et surgit le grand frisson       
Que seuls les yeux découvrent avec fougue et passion.

Au-dessous des habits, «ce sont les larmes et le sang»,
Sauvagement mêlés, «qui coulent le plus souvent».      

En temps de guerre, la honte est dans tous les camps,
Quelle que soit la balle logée en plein flanc.      
On ne distingue plus les vainqueurs des vaincus,
«C’est l’heure du grand nettoyage» tant et plus.

Sujet de réflexion, profondément ardu,       
Inscrit dans un suspense brusquement tendu.     
Efficace et d’une simplicité voulue,      
C’est une fin complètement inattendue     
Qui laisse les acteurs totalement émus, …            
Spectateurs, fascinés, largement convaincus.                                      
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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Note : 4 sur 5.
 

«Lafille». Seule-en-scène tragi-comique. Texte, Conception, Jeu Mélodie Le Bihan. Par la «Compagnie La Gagne». (Paris, 11-11-2021, 21h00)(Festival d’Avignon 2021)

Un spectacle qui se projette      
En forme d’une grande «quête».    
Des mimiques de jours de fête      
Avec gestuelle parfaite.      
Du grand art, un jeu qui en jette !     
«Lafille» ramasse les miettes.          

Histoire tout en mouvement,     
Maîtrisant bien à fond le temps.     
Super cours de danse classique      
Avec vive ironie caustique.        

Jeu du dominé, dominant.     
Des costumes et du changement.     
Théâtre «La Nouvelle Seine»,      
Mélodie, en musique, entraîne     
La salle et ça en vaut la peine.        

Attaque adroite aux grands clichés      
Car elle ne veut rien lâcher.      
Du monde avec qui se fâcher …      
Sa performance à l’arracher       
A de quoi, l’esprit, déciller.
À méditer sans sourciller.    

(À «La Factory»,     
«Salle Tomasi»,    
En avant-première,     
La saison dernière.)  

                                       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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Note : 1 sur 5.

 
 

«Vivaldi Piazzolla». Saisons : D’un rivage à l’autre. Marianne Piketty (violon conducteur) et la Formation «Le Concert Idéal». Mise en scène Jean-Marc Hoolbecq. Violons : Valentin Seignez Bacquet, Laurent Pellegrino. Alto : Satryo Yudomartono. Violoncelle : Alberic Boullenois. Contrebasse : Thomas Stantinat. Théorbe : Léon Brunet. (Chamonix 05-11-2021, 20h30)★★★★

«Théâtre du Girasole» et puis «Majestic»,       
Tous les archets glissent de façon fantastique,      
Jouant et se répondant en sons acoustiques,       
Passant allègrement du tango au classique.     

La boucle commence et se finit au «Printemps» ;     
Grâce à eux on ne voit pas défiler le temps      
Qu’accélèrent les cordes des sept instruments,     
Sachant aussi ralentir leur cheminement.     

Violon rageur déclenchant de fortes tempêtes,     
Douceur extrême d’un câlin de savonnette     
Sur la peau qui tremble à chaque note d’esthète.    
Lâcher de virtuosité qui se répète     
À chaque «Saison», pour mettre le cœur en fête.      

Ronde musicale au tempérament de feu      
Qui se transforme en gouttelettes de rosée      
Pour nous proposer un univers prestigieux        
Où leur talent peut éclater et tout oser.     

Leurs trémolos et soupirs      
Attisent joie et sourires ;      
Les solos de Marianne sont si émouvants       
Qu’ils déclenchent des sentiments vibrants, mouvants

En vagues de pur plaisir.       
Concert qui a su séduire.               
       
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Note : 4 sur 5.
 

«Qui va là ?» D’après Emmanuel Darley. Interprétation Thierry de Pina. Adapté par la «Compagnie Ah le Zèbre !» (Captation vidéo vue le 17-10-2021, 19h30)★★

Conçu comme du théâtre d’appartement,     
Ce spectacle s’inspire du confinement     
Pour que les souvenirs     
Viennent enfin remplir     
Les cases vides de son nouveau rangement.     
Du désert, émergent de riches sentiments     
Recouvrant la pauvreté, de ses errements.              

«Y’a quelqu’un ?» Quête d’identité … «Y’a personne».     
Bruits de pas qui cherchent, se rapprochent et résonnent

Pour combler l’absence et l’emplir de la lumière     
Qui réveille le passé des sombres hivers.     

Une nudité sans fard s’ancre dans le sol     
Tandis qu’il relate tout son manque de bol     
En réflexions pertinentes à peine frivoles.         
«Une chanson douce que chantait sa maman» …      
De l’évocation, que reste-t-il maintenant ?     
Au «Théo Théâtre» il atterrit sûrement.     

Il est tout feu, tout cendres,     
À vif de redescendre     
Pieds sur la terre ferme     
Afin qu’on ne l’enferme.
    
Un curieux OVNI     
Qui rien ne renie     
Et se crée un abri     
Parmi tous les débris.      

Petit côté de L’Etranger d’Albert Camus,     
Naïf et détaché quand plus rien ne va plus.        
Un être décalé, foncièrement perdu,     
A voir le bout du tunnel, enfin résolu.     
Papiers en règle, mais demeure un inconnu.     
Une ironie du sort et un humour macabre     
Quand il monte sur ses grands chevaux et se cabre.     

Une histoire qui déroule ses propres rails,     
Avance ou Recul, jusqu’à ce que ça déraille.     
Sa vie s’écoule sous nos yeux, avec ses failles,       
S’écroule dans un baquet d’eau où il défaille.        

Ce récit surprenant,     
Vraiment intéressant,     
Dévoile poliment     
Le fond du fondement,     
Dans un jeu toujours juste     
Peignant des faits injustes.     

Nuits sur les planches des «Etoiles» d’Avignon,    
Trois petits tours, s’y cacher sous le fameux pont.         
«Sans Scène Fixe», Alexandre le «SDF»,          
«Sans Domicile», se Fixe aux vraies «SSF».     
Dans ces salles     
Il s’installe     
Pour de bon.                   
       
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Note : 2 sur 5.

 

«Seul(s)». Le duo en solo ! De et avec Karim Mendil. Mise en scène Caroline Bal. Par la «Compagnie Les Indiens».  (Avignon, captation du 22-07-2021, 15h00) (Vidéo vue le 27-09-2021)

Une ambiance de croisière avec «Volare»             
Et des applaudissements réquisitionnés.            
Toute la technique des écoles du rire             
Pour remplacer les chauffeurs de salle en délire.            

Un «voyage dans l’inconnu» de ses désirs              
Pour le mélange des genres dans le sourire.              
A «La Petite Caserne», il se sent souffrir                
D’un odieux abandon suivi d’un démentir.               

C’est un spectacle bien lourdement arrosé           
Où chaque vanne y est raffinée et dosée,                
Carburant en liberté et col évasé         
Dans un esprit cravaté de bleu azuré.           

Sautant du coq à l’âne de manière heureuse,            
Il nous balade dans des diversions foireuses        
Qu’il s’arroge le droit de rendre délicieuses.         
Une «Commedia Dell Raté» pour scie sauteuse              
Qui saucissonne ses saynètes rigoureuses.           

«Pari d’humour, dérision, autodérision» ;             
Déni d’amour, confusion, auto-décision …              
Paradis sociaux et maîtrise en prévisions       
D’un futur qui télé-malaxe les visions.              

«Seul en scène» qui dialogue avec le public               
Qui lui assure sa raison d’être éclectique,            
Abordant les sujets de façon sympathique,         
Guettant, chez le spectateur, le moindre déclic.

                                
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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Note : 1 sur 5.
 

«Sacha Guitry intime ou Sacha et ses femmes». Spectacle d’Anthéa Sogno, d’après les écrits de Fernande Choisel. Collaboration artistique Marie Simon, Jacques Décombe. Par la compagnie «L’Anthéâtre de Monaco». (Avignon, 29-07-2021, 20h15)★★★ (Captation vidéo vue le 17-09-2021)★★★

C’est la face cachée de l’illustre Guitry             
Que l’on découvre à travers un judicieux tri          
Parmi tout ce qui dans le livre fut écrit,                  
Témoignage d’amour de Fernande Choisel,         
La secrétaire de sa vie qui, avec zèle,          
Compila de précieux instants de vérité           
Revisités par le vif talent d’Anthéa          
Sogno mis dans la peau des femmes qu’il aima.          
La «Condition des Soies» est, par les «Muses», hantée.           

La «complice» de trente-deux années, ce soir,         
Rappelle tous les personnages à sa mémoire,             
Dans un brillant seule-en-scène où les mots libèrent         
La voix de celles qui furent ses partenaires.            
Imitations délicieuses aux intonations        
Qui corsent les inattendues révélations.          
Un Sacha, aussi tendre qu’espiègle et roué,          
Interprété par une actrice dévouée       
Servant généreusement un auteur doué.

                       
       
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Note : 3 sur 5.
 
 

«La Fleur à la Bouche». De Luigi Pirandello. Mise en scène, Interprétation Florian Miazga, Mathieu Pétriat. Par la «Compagnie Truculent». (Avignon, 31-07-2021, 18h15)★★

Curieuse représentation très captivante.     
Replié comme un oiseau de proie en attente,     
Ses doigts habiles fouillent les graines, en serrant     
Chacune d’entre elles de façon inquiétante.     
L’autre client  vient tuer le temps, espérant     
Ne pas rater le prochain train pour la campagne       
Où il séjourne avec ses filles et sa compagne.     

Le bon père de famille est vampirisé     
Par cet être étrange à l’aspect martyrisé     
Qui semble, son entourage, traumatiser.      
Il va tisser sa toile autour des inconnus     
Au «Théâtre de l’Albatros», la nuit venue.       
Il laisse au cœur un désespoir à ceux qu’il touche.        
«La mort lui a planté cette fleur dans la bouche».                
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  
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Note : 2 sur 5.

 

«Sacha Guitry intime» ou Sacha et ses femmes. Un spectacle d’Anthéa Sogno, d’après les souvenirs de Fernande Choisel. Collaboration artistique Marie Simon, Jacques Décombe. Par la compagnie «L’Anthéâtre de Monaco». (Avignon, 29-07-2021, 20h15)★★★

D’entrée de jeu, on croirait à du boulevard,         
Mais vite on boit ses mots comme un papier buvard.           
C’est bien rythmé, enjoué, sans être bavard.         
Les enchaînements fusent et piquent comme un dard.          

Une pièce qui a du sens et les éveille,        
Que l’on butine en savourant le fiel d’abeille         
Qui s’enrichit au contact de chaque nouvelle          
Fleur ajoutée aux collections de demoiselles.        

«Fernande Choisel, la fidèle secrétaire»,          
Au bout de trente ans, n’a plus envie de se taire.      
Elle conte, par le truchement d’Anthéa,         
Les passions d’écrivain et d’amoureux, Sacha …          

Dont elle fut «complice» d’intimes instants.          
«Quel divorc'(e) ? J’n’avais épousé que son talent» …           
Rupture littéraire évoquant tous les grands            
Noms qui, dans sa vie, ou dans son lit, défilèrent           
Et firent naître de beaux écrits de carrière.            

«Perdue dans trente ans de secrétariat», Fernande        
Les ressuscite et le public en redemande.        
Tableau accroché où passent toutes ces dames         
Qui s’affichent en spectacles à succès grâce aux femmes     
Qui épicèrent l’encre du stylo en flammes.             

«Bien des lettres ne sont écrites»           
«Que pour leur post-scriptum», et dites     
Avec la passion qui s’effrite,        
Ou reste, quand on les édite.         
C’est à la «Condition des Soies»         
Que se joue ce texte de choix.     

  
«Un rendez-vous d’amour avec mille personnes»       
Bercées d’humour et chavirées dès qu’il les sonne.       
«Il ne laisse jamais rien au hasard, à moins»         
«De ne l’avoir soigneusement organisé»            
«Lui-même» et sachant bien le théâtraliser,        
Magnifiant les défauts avec un divin soin.             

«Si je critique les femmes, c’est pour pouvoir»          
«En parler longtemps», il s’en fait donc un devoir.           
«Les souvenirs sont des nids douillets pour les rats»             
«Du chagrin», rongés par un venin scélérat.         
Ne reste qu’à «se démaquiller le moral»       
Pour mieux affronter la réalité vénale.      

«Le cœur au bord des lèvres»      
Déborde d’une fièvre.       
Compilation de ses chefs-d’œuvre littéraires        
Pour en dresser un vif hommage funéraire.         

Tout une vie consacrée à l’auteur Guitry,          
Couchée sur le papier à taper tant d’écrits.        
Partage de confidences et de souvenirs        
Trempés dans du vitriol à faire frémir       
Des salles entières inondées d’infimes désirs.        
Une interprétation irradiant de plaisir !      

«Le spectacle de sa vie va (tant) me manquer» …           
Derrière le clavier, tout son zèle planqué        
Nous offre un délicieux coin de «postérité»           
Proposé par l’amie si longtemps dévouée.  

                                   
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Note : 3 sur 5.


  

 

«Apocalipsync». Conception, Mise en scène, Interprétation Luciano Rosso. Co-mise en scène Maria Saccone. (Avignon, 21-07-2021, 19h20)★★★

Qu’est la vie à travers un hublot déformant             
Qui va, les géniales grimaces, accentuant ?         
Un véritable orchestre à lui tout seul, son corps,        
D’un clin d’œil, s’anime à la flamme qui dévore          
Tout sur son passage magnifiant le décor.          

Quelle est la mission ?       
Quelle est l’émission ?      
Belle est l’émotion       
Des locomotions ;          
A l’«Espace Alya»,      
Elle accompagna        
Chaque mouvement          
Toujours fascinant.             

«On achète des médicaments»,          
«On n’achète pas la santé» ;              
«On achète des plaisirs»,         
«On n’achète pas le bonheur».          
Voulant sortir de l’isolement,         
On se pique à la vérité.        
Il plonge dans un délire          
Fichant une flèche en plein cœur.          

Un mime déjanté et désarticulé       
Qui donne à voir une parole articulée           
A la perfection. Il maîtrise ses mimiques       
A trois-cent-soixante degrés. Du haut comique.              

C’est un  discours exclusivement corporel                    
Dont chacune des parties s’avère essentielle          
Quand, sur scène, s’envole son immense zèle         
Qui n’en finit pas de repousser l’irréel       
Développement de ses miraculeuses ailes.               
Divin contorsionniste, jusqu’au bout des doigts,     
Sa prestation est magique, comme il se doit.      
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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Note : 3 sur 5.
 

«Mémé Casse Bonbons». Premier épisode de la trilogie. Écriture, Interprétation Anne CangelosiMise en scène Alexandre Delimoges. Par la «Compagnie Bienvenue à Cajar !» (Avignon, 21-07-2021, 16h00)★★(Festival d’Avignon 2022)

«Mémé Joséphine»,   
Elle aime la fine.     
C’est tout aussi efficace que la morphine      
Suite à l’enterrement de l’époux en mort fine.     
À «La Tache d’encre», sa vie, elle peaufine ;      
Elle conte ses joies et ce qui la chagrine.      

Malgré son âge, elle a encore la dent dure      
Pour tailler à tous des costumes sur mesure.      
Elle balance des vacheries truculentes      
Sur d’anciennes amies aux réactions trop lentes,   
S’adonnant à quelques vertes plaisanteries,     
Comme «gros du naz, gros d’en bas», dont elle rit.   

Et, grâce à elle, on est rhabillés pour l’hiver     
Au fil des vannes tourmentant les faits divers.      
Elle passe en revue ses ex et ses copines,     
Ses inimitiés, l’inoubliable Honorine.      
Pour vaincre les misères, mieux que l’aspirine,    
Elle remonte le moral contre le spleen.     
       
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Note : 2 sur 5.
 

«L’Autre». Thriller circassien pour salle obscure. Mise en scène, Jeu Dorian Lechaux. Et avec Ronan Duee, Rachel Salzman, Mathis Der Maler. Par la «Compagnie Puéril Péril».  «L’Occitanie fait son quatorzième cirque à l’île Piot»(Avignon, 19-07-2021, 20h15)★★★

Un nouveau genre est né     
Pour plaire à nos aînés,     
En trame palpitante     
D’une histoire excitante     
Qui, leur art, réinvente.     
Après «le western-spaghetti,»        
«Goûtez au thriller-ravioli …»     

Une énigme circassienne     
Théâtralise les scènes     
D’un véritable polar    
Qui se résout tôt ou tard     
Aux cordes de la guitare.     

Suspense qui se déguste    
Avec la joie d’un auguste      
Prêt à renverser les sièges     
En contournant tous les pièges.     
    
Spectacle qui se mastique     
Autant qu’un meuble s’astique.     
Une intrigue à monocycle     
Et à nœud coulant qui gicle.     

Le morbide se fait drôle     
S’il jongle avec tous les rôles.     
Au bord du déséquilibre,     
L’acrobatie se fait libre.     

Si tendance suicidaire     
Rime avec spectaculaire,     
La comédie meurtrière     
Se joue en direct sur l’air     
Chanté d’un piano qui perd     
Ses mélodies funéraires     
D’activités ménagères.     
    
Zones d’ombre mises en lumière     
Quand les cascades s’accélèrent.     
Le micro-ondes en colère,      
Toutes ses pulsions, libère.     

Lutte autour de la roue Cyr     
Quand l’ambiance va roussir      
Les échanges tumultueux     
Des intrépides impétueux.      

Une étrange conspiration     
Emmêle les situations.     
Désorientation volontaire     
Mettant les hypothèses à terre.     

Un déroulement linéaire     
Maîtrise l’acte réfractaire     
Soufflant un nuageux chaud-froid     
Aux pirouettes de l’effroi.     

Dans une flambée de mystère,     
Tout devient limpide et s’éclaire     
Tandis que sombre un univers     
A l’arrière-goût de l’enfer.             
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  
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Note : 3 sur 5.
 

«Huitième jour». Conception, Interprétation Cochise Le Berre, Raphaël Milland, Idriss Roca. Par la «Compagnie La mob à Sisiphe».  «L’Occitanie fait son quatorzième cirque à l’île Piot»(Avignon, 19-07-2021, 16h30)★★★★

«Le plaisir d’une catastrophe bien menée»     
Complique la simplicité si malmenée.     
Toujours plein d’astuces, ces trois illuminés     
Vont de surprise en surprise en terrain miné ;      
Sur leur passage, un champ de ruines laminé …       

Ils servent un délicieux cocktail vitaminé     
De loufoqueries parfaitement destinées      
À croire en une science du ratage inné.     
Du grand art où la parole est éliminée     
Pour laisser la place au gestuel raffiné.     

Ces trois cascadeurs sont vraiment prédestinés     
Aux situations complètement siphonnées.     
À exploser le rire, ils sont déterminés.     
Une trinité de diables pour frissonner     
Agréablement quand l’heure a enfin sonné     
D’emmagasiner leurs blagues bien ruminées. 

      
Une précision miraculeusement née.     
C’est à fond qu’ils se sont grandiosement donnés.     
Aux règles d’équilibre ils font un pied de nez     
D’immense originalité insoupçonnée     
Qui nous laisse admiratifs et désarçonnés.     
Réussite divinement désordonnée     
Où tout geste est merveilleusement incarné.                         
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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Note : 4 sur 5.
 

«L’Aérien. Causerie envolée».Conception, Interprétation Mélissa von Vépy. Texte, Co-Mise en scène Pascale Henry. Par la «Compagnie Happés».  «L’Occitanie fait son quatorzième cirque à l’île Piot»(Avignon, 19-07-2021, 14h15)

La «Conférence sur l’Homme et les airs» s’envole     
Sur les ailes de la connaissance qui colle     
Les spectateurs par des devinettes frivoles.         
«Le vide inspire»,          
«Le vide aspire».     

Domptant la pesanteur,     
Du haut de sa hauteur,         
«Devenir léger ou rester pesant» s’inscrit     
Dans la logique de sa recherche d’esprit     
Critique lui faisant escalader le ciel     
Avec les degrés de sa plume universelle.     

Elle nous met la tête et le cœur à l’envers     
Dans son siège éjectable à grands mots découverts       
Et laisse planer le doute des inventions     
Grâce à ses curieuses et louables intentions.     

A nous instruire, elle se donne de grands airs     
Pour éclaircir d’un seul clin d’œil quelques mystères     
Et, d’un ton enjoué, dévoiler l’univers     
Dans sa drôle de conception rudimentaire.                     
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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Note : 1 sur 5.
 

«Steps on Strings». Chorégraphie Njagui Hagbe. Mise en scène Philippe Lafeuille. Création musicale Bruno Dias, Brokenstra. Par la «Compagnie Wanted Posse». Danse : Jessie Perot, Martin Thaï, Ndedi Ma Sellu, Mamé Diarra. Par le «Quatuor Emana» : Hanna Zribi et Laurent Pellegrino (violons), Cécile Costa-Coquelard (alto), Sylvain Linon (violoncelle). Pianiste : Arnaud Tibère-Inglesse.(Avignon, 18-07-2021, 22h05)★★★

Un bourdonnement furieux réveille, aux «Lucioles»,  
Les corps qui, tous à la fois, se dressent et décollent 
Les habitudes en mêlant hip-hop au classique    
Quatuor qui les soulève par d’artistiques     
Accords divins sous la houlette pianistique.     

Quatre danseurs et cinq musiciens se partagent    
L’espace entre pointes et touches personnelles     
Pour enrichir les compositions du voyage     
Aux cent facettes, dans un art intemporel    
D’un surprenant mélange de talents réels.  
       
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Note : 3 sur 5.
 

«De Bois et de Cendres». D’après Joël Pommerat. Adaptation, Mise en scène Olivier Peigné. Par la «Compagnie Comme c’est bizarre». (Avignon, 18-07-2021, 19h30)

Les amateurs prennent la «Petite Caserne»     
En otage à y mettre les drapeaux en berne     
Dans la forêt des contes d’enfance perdue     
Où Cendrillon et Pinocchio sont retenus …     
   
Enlacés dans les fils d’une histoire tendue     
Par des héros qui se sont vainement battus     
Dans un fumeux mélange de tous contenus.     
En chair et en os, y seront-ils parvenus ?     
       
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Note : 1 sur 5.
 

«Very Math Trip». Un one Math Show. De et avec Manu Houdart. Mise en scène Thomas Le DouarecPar la «Compagnie Les 2 Belges». (Avignon, 18-07-2021, 17h25)★★ 

Comment associer «plaisir et mathématiques»     
Sans avoir besoin de cachet thérapeutique     
Pour se remettre de leur pouvoir maléfique ?     
«En multipliant» l’intérêt hypothétique    
Des surprises de réflexions symptomatiques    
Irrésistiblement logiques et non mystiques …    

«Si les mathématiques pouvaient être simples»,      
«Il fallait le faire savoir», sans que l’on grimpe    
Dans les puissances élevées jusqu’au Mont Olympe. 
De spectateur, le public devient spect-acteur     
De «la manipulation des chiffres» en hauteur.     

Mais pourquoi «s’endormir avec une inconnue»   
«Et se réveiller avec un problème» en plus ?   
Moi qui déteste les maths, j’étais subjuguée,    
Presque prête à franchir l’insurmontable gué.     

«Théâtre des Lucioles», les nombres sont gais.    
Leur représentation nous met en joie, égaie    
Notre vision quand l’auteur révèle un secret     
Pour faire aimer ce qui, en classe, déplaît.    
       
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Note : 2 sur 5.
 

«Insatiables».  Écriture, Interprétation Cédric Chapuis, Margot Mouth. Mise en scène Stéphane Batlle. Par la compagnie «Scènes Plurielles». (Avignon, 18-07-2021, 15h30)

Une histoire qui, sans paroles, fait du bruit,     
Des onomatopées à inonder les ouïes.     
Festival de borborygmes sortis du puits     
Des jeux vidéo cachés au fond de l’étui.      

Au «Théâtre des Lucioles», la chance enfouit     
Son trésor voisin au plus profond de la nuit.    
Un beau matin, la vie lentement se détruit    
Jusqu’à ce que la neige explose en grosse pluie    
Sur leur existence soudain chargée d’ennui.    

«Le bug humain» se colore de rouille inouïe     
Malgré l’effort du sport qui efface la suie     
Masquant la mollesse qui gonfle les appuis,    
Quand les tablettes de chocolat ont bien fui,    
Que la lassitude automatisée s’ensuit,    
Vu que les rêves de folie se sont enfuis.     

Aventure sur laquelle Cédric Chappuis     
Pose les fondations d’un système qui nuit.     
Quand un petit phare d’intelligence luit,     
C’est que carottes et navets ne sont pas tous cuits.    
       
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Note : 1 sur 5.
 

«L’Idiot». D’après Dostoïevski. Adaptation, Mise en scène Thomas Le Douarec. Avec Stanislas Siwiorek, Caroline Devismes, Esther Comar, Emmanuel Rehbinder, Sophie Tellier, Philippe Lebas, Fabrice Scott, Bruno Paviot, Margaux Heller, Vojka Linard. (Avignon, 18-07-2021, 12h30)★★★★★

«Le Prince Idiot», d’une habile naïveté       
Clairvoyante, illumine de sincérité.     
Chacun se rit de lui à le faire conter     
Des anecdotes dites avec simplicité.      
Dans cette société corrompue, tous se servent    
De lui, utilisent son innocente verve    
Qui ne sait travestir aucune vérité.     

Au «Théâtre Quatorze», aussi bien qu’aux «Lucioles», 
Les défauts courent sur la peau comme bestioles     
Qui creusent activement de profondes rigoles    
Par où l’âme tourmentée s’enfle de vérole     
Avant que, vers les enfers, elle ne s’envole.     

Quel est le prix de la vertueuse parole ?     
L’honnêteté, jamais récompensée d’obole,     
Ne peut sombrer que dans une mort indécente.     
Une ivresse calculée, fort réjouissante,      
Révèle toute la détresse déchirante    
Choyée par une mise en scène éblouissante.     

Costumes riches d’une beauté éclatante    
Pour couvrir les vices de leur vie décadente.    
Une admirable adaptation interprétée     
De façon flamboyante sans aucune faille.     
De ce monde, les plus grands comme les canailles, 
Comme des fauves, à la gorge, se sont jetés.   
       
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Note : 5 sur 5.
 

«L’Homme qui dormait sous mon lit». Texte, Mise en scène Pierre Notte. Avec Muriel Gaudin, Silvie Laguna, Clyde Yeguete(Avignon, 17-07-2021, 21h30)

«Les lames de rasoir sous l’évier» sont adroites     
À viser les failles humaines de gauche à droite.    
C’est un texte curieux et qui déstabilise,      
Qui pousse les victimes à poser leurs valises.     

Au «Jardin» du «Théâtre des Halles»,     
La fenêtre s’ouvre sur des râles.    
La main tendue au-dessus du vide     
Libère les gargouillis du bide.     

Est-il «abcès sur la surface de la Terre»     
Qui ne compte pas plus qu’un simple ver de terre ? 
S’agit-il d’une «disparition programmée»   
Pour que l’existence cesse enfin de ramer ?     

La mise en scène, dépouillée et efficace,     
Les limites d’accueil et d’assistance, trace   
Afin que chacun garde sa petite place    
Sous contrôle, sans que jamais rien ne dépasse.  

«En prédisant la catastrophe, on la provoque».   
À y réfléchir, Pierre Notte nous convoque.     
Sortons tous la tête du sable et de nos défroques    
Avant que notre esprit étriqué ne tombe en loques.   
       
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Note : 1 sur 5.
 

«Sosies». De Rémi De Vos. Mise en scène Alain Timár. Avec John Arnold, Victoire Goupil, Xavier Guelfi, Christine Pignet, David Sighicelli. (Avignon, 17-07-2021, 19h00)

Dans une monstrueuse famille ordinaire,      
Tout arrive, jusqu’au plus extraordinaire.     
«Le grand trou noir de la folie» les gagne tous,     
Ils auraient bien besoin d’un sérieux coup de pouce. 

Une bande de losers se la joue vainqueur,      
Tout en se livrant à l’éternelle rancœur      
Masquant une jalousie qui tue le bonheur.    
Comme un disque rayé, ils tournent tous en boucle, 
Attendant qu’en face d’eux, les autres, la bouclent.  

«Théâtre des Halles»,     
Leur vie ils déballent,     
S’inventent alors une existence     
Pour échapper à leur souffrance       
De n’être que des nullités,      
Doublures d’une société      
Qui perd totalement les pieds.    
       
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Note : 1 sur 5.
 

«Parfum de Femme». De Giovanni Arpino. Traduction Nathalie Bauer. Adaptation, Mise en scène  Gérard Vantaggioli. Avec Jean-Marc Catella, Vanessa Aiffe-Ceccaldi, Nicolas Geny, Hugo Valat. (Avignon, 17-07-2021, 16h30)★★★

«Force de lion, vivacité» de caractère,     
Le Capitaine assure toujours ses arrières.      
Avec autorité et rigueur militaire,     
Théâtre au «Chien Qui Fume», il fait trembler la terre.    

Présomptueux, imprévisible et arrogant,     
Il s’exprime vertement, sans prendre de gants.     
Son orgueilleuse douleur brusque l’entourage     
Qu’il mène à la baguette comme en esclavage.     

Fausto, qui joue à être le Diable en personne,     
Déshonore bien des femmes et même les nonnes.     
Dans une danse d’amour rendu impossible,     
Se fige le temps d’une langueur impassible.      

Des scènes cultes du film, sous nos yeux, revivent  
Dans un déchirement de blessures si vives     
Que le pardon vole en éclats d’obscurité     
Dans une démonstration de sincérité.     
       
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Note : 3 sur 5.
 

«L’un de nous deux». De Jean-Noël Jeanneney. Mise en scène Jean-Claude Idée. Avec Christophe Barbier, Emmanuel Dechartre, Simon Willame(Avignon, 17-07-2021, 14h20)★★ 

Bombardements de Seconde Guerre Mondiale,    
Sur l’enfermement avant la lutte finale.     
«On est toujours comptable du mal accompli»    
«Si on ne le rompt», sans même en faire partie.    
«Vous avez remplacé les bulletins de vote»    
«Par des mitraillettes» emplies de poudre dévote.    

Dans une conversation à bâtons rompus,     
Georges Mandel, Léon Blum, prisonniers reclus,     
Affrontent la situation politico-      
Sociale étouffée, l’étoffent de leurs propos.    

«Un amour charnel pour la France», à la Jaurès,    
Jaillit de leur poitrine avec grande justesse.    
Dans les caves du théâtre «Le Chien Qui Fume»,    
L’Histoire tourne la page à travers la brume,    
Au-dessus de la forêt de Fontainebleau     
Qui recueillit le sang des patriotes Héros.               
       
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Note : 2 sur 5.
 

«Carl et Guitou».  Écriture, Mise en scène François Rollin. Texte, Interprétation Guy Carlier. (Avignon, 17-07-2021, 12h30)

Carlier, en «victoire à la Pyrrhus, sur sa graisse»,    
«Maigre et vieux à la fois», devant nous se confesse.  
Dans le rétroviseur de l’inclassable Guy,     
Défile à vive allure une carrière emplie    
D’acide humoristique chargé d’eau de vie     
Diluée dans un mordant baiser sous le gui.      
Une «méditation, austère et ascétique»,     
Complice de son ex public radiophonique.      

Toujours alerte à distiller un bon venin     
Qu’il projette à tout va au théâtre «Le Chien»    
«Qui Fume», il affûte ses canines en chemin    
De croix, immortalisant en vannes un destin      
Célèbre ou quelconque en lui tordant les deux mains. 
Pied de nez et croche-pied vengeurs aux vauriens.  
Il éclaire l’obscurantisme qui revient       
Et sa conférence lecture fait du bien.      

C’est «un doigt d’honneur au temps qui passe»     
Avant que la mémoire n’efface     
Les traces    
Vivaces.     
       
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Note : 1 sur 5.
 

«Gioconda». D’après Nikos Kokantzis. Adaptation, Interprétation Cliff PailléEt avec Swan StarostaMise en scène Sophie Poulain. Par la «Compagnie Hé ! Psst !» (Avignon, 17-07-2021, 11h00)★★★★

Retrouver les odeurs,       
Laisser couler les pleurs     
Quand les réminiscences      
Ont gardé tout leur sens.      
Le «Roseau Teinturiers»     
Se souvient du «figuier».    

«Cette enfance fut une aubaine»,     
«Un déferlement de lumière»     
Masquant la pauvreté sereine.    
Délicieuse plongée arrière    
En des «rêveries de colère»      
Où la parole désespère.     

Certes, «d’un coup de canif immonde, la veille,»    
«J’avais éventré mon enfance» des merveilles      
Qu’un baiser naïf plus fort que le vin éveille.    
Enivrement, source d’un douloureux réveil,    
Suite à un bourrage de crâne intentionnel     
De fascination militaire intemporelle.     

Amour inconditionnel, d’une beauté fière,     
Dans le silence glacé des nuits de la guerre.      
Un duo, au talent complice et naturel,     
Nous emporte par-delà les réalités     
Dans une «musique surhumaine» et si belle     
Que s’envolent enfin toutes les atrocités.     

Brillante interprétation, pudique, enflammée,     
Qui brûle les planches d’une ville affamée.     
Victimes et bourreaux semblent unis dans une mort 
Que l’un donne et que l’autre reçoit, comme à tort.   

«Baiser, c’était chier dans les bottes d’Hitler»,     
Prendre sa revanche et abolir les frontières.     
«La saleté, le dégoût s’étaient déplacés»     
Au-delà des discours glaçants, racés, classés,        
Pour dévoiler de sublimes nécessités.     
Survivre à la cécité, dans l’éternité    
De cette écriture pleine de pureté.      
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  
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Note : 4 sur 5.