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Archives de Catégorie: Avignon 2014

« Les Chatouilles ou la Danse de la Colère ». De et avec Andréa Bescond. Mise en scène Eric Métayer. (21-05-2016, 16h30) +++++

Comédienne éblouissante,
Sincère et bouleversante.
C’est au « Petit Montparnasse »
Que les pas marquent les traces
D’un passé qui ne s’efface
Et auquel elle fait face.

La musique avec la danse
Dans l’écriture s’élancent.
La chair, meurtrie de blessures,
Se tord dans les déchirures
D’espace chorégraphié
Où tout vient s’intensifier.

« Les Chatouilles »,
Qui grattouillent
Le corps qui rouille
Quand il dérouille,
Forment une emprise
Sur l’être en crise.

« Cygne blanc » que l’on salit,
Enfance que l’on ternit,
Âme pure qu’on noircit,
Esprit qui se reconstruit …

Elle danse sa douleur
Et le secret de son cœur,
Les bras tordus de souffrance
Qui vers l’avenir s’élancent
Dans des soubresauts qui lancent
Un appel à la défense.

« Fantasme du souvenir »
Qu’il faut aider à sortir,
Afin de ne plus s’enfuir
Et d’un bon pas repartir.

Spectacle providentiel
Pour des crimes démentiels.
Une actrice exceptionnelle
Dans l’histoire qui révèle
Ses rêves obsessionnels
Qui lui mutilent les ailes.
On ne peut faire l’impasse
Sur ce qui, l’enfant, fracasse.

Une danse sensationnelle,
Dans un soupir éternel,
Qui nous remplit d’étincelles
Quand, aux yeux, monte le sel.

Une vision prodigieuse
Pour une action monstrueuse.
C’est la danse de l’espoir
Qui s’agite dans le noir
D’une vie qu’on a brisée.
L’enfance terrorisée
Renaît du rythme cassé,
Des entrailles triturées.

Le corps implose en pétard !
Pièce absolument à voir
Avant qu’il ne soit trop tard.
Une œuvre qui dynamite
En revisitant le mythe
De la jeune enfant poupée
Qu’on force à être palpée.

En libérant la parole,
Elle détruit l’auréole
Des prédateurs pédophiles
Qui nient l’acte et se défilent.

Texte extrêmement pudique
Qui, nos réflexions, implique.
C’est, profondément touchés,
Que l’on ne peut s’arracher
Du siège, tant l’émotion
Nous submerge de frissons.

Récit subtil et fécond,
Bravo Andréa Bescond !
Son spectacle nous agrippe,
Nous remue au fond des tripes.
La critique est unanime
Sur sa prestation sublime
Qui, avec perfection, rime.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« Le Secret du Temps plié ». De Gauthier Fourcade. Mise en scène François Bourcier. (05-10-2015, 19h30) +++

Il aurait tété le temps qui coule et abonde
Se mesurant en centimètres quand l’an tombe.
Il aurait été l’étalon « mètre du monde »
Au long de sa croissance jouant à la ronde.

Il conte comment se saisir de « L’instant T »,
Il compte sur l’instant tanné du temps passé.
Il se jette dans l’instantané du « temps thé »
Rythmant l’insomnie qui le lui fait déguster.

Fusent les jeux de mots dont il saupoudre la scène,
Finement ciselés au fil du temps qui s’égraine.
Un va-et-vient lumineux, mais jamais obscène,
Où s’écoule la nuit, objet de toutes scènes.

Avec lui, « flotter dans le liquide amnésique »
Relève d’une performance poétique
Où « choisir entre un lit vide et une nuit blanche »
Comble le précipice dans lequel des maux planchent.
Tapissant le « Théâtre Essaïon », ses mots tranchent.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« D’Elle à Lui, histoires de couples ». Récital de chansons françaises. Par la comédienne Emeline Bayart. Piano Manuel Peskine. (14-09-2015, 20h30) +++

C’est une grande fantaisiste, stupéfiante,
Qui se nourrit du passé avec élégance.
Elle raconte la vie la plus terrifiante
Telle une scène d’amour et de réjouissance.

Elle redonne du goût aux chansons anciennes ;
Dans chacune, l’histoire contée devient sienne.
Elle se réapproprie ces petits bijoux
Que l’on a envie de se mettre autour du cou.

Soir d’exception, « Théâtre des Quartiers d’Ivry »
Où elle interprète des chansons drôles et hardies.
On les connaît toutes et pourtant on est surpris,
Émus, comme lors d’une découverte … on rit !
Par sa personnalité, on est séduits, conquis.

Tous ces refrains, théâtralement mis en scène,
Composent un charmant spectacle où, dans l’arène,
Se jouent, à chaque représentation, les peines
Et les joies de la Femme Amante faite Reine.

Ses talents d’actrice servent les ritournelles
Qu’elle vêt de mimiques et de bruissements d’ailes.
Deux-Mille-Seize … au « Rond-Point des Champs-Elysées »,
D’aller l’applaudir, vous seriez bien avisés.

Croquée au « Kibélé » depuis trois ans à peine,
Ciselée par une excellente comédienne,
« D’Elle à Lui », mise en bouche, mise à nos oreilles,
Revisite d’oubliées petites merveilles.

Ces chansons de cent-cinquante ans, ou de Fréhel,
S’éclairent d’un réalisme bien actuel.
Passant par Brassens, Guilbert, Juliette ou Scotto
Emeline se glisse à l’aise dans leurs peaux.
De ces textes, d’époque ancienne et puis nouvelle,
Elle s’empare avec bonheur, les renouvelle.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« Teruel ». Musique-Danse-Théâtre-Vidéo. D’après le livre « Rhône Saga » de Pierre Imhasly. Par la « Compagnie Interface ». (23-12-2014, 21h30) +

Danse, comme une atteinte profonde de l’être …
Qui, dans toutes les parcelles du corps, pénètre
Pour exacerber le ressenti du paraître,
Rehaussé de l’animalité du mal-être.

« J’ai donné ma peau »,
A dit le taureau,
« L’air empli de plaies et de cicatrices »,
C’est ainsi qu’ont lieu tous les sacrifices.

Dans un immense champ de pierres autour des morts,
C’est la valse « thermonucléaire » des corps
Qui s’affrontent dans une lutte charnelle
Pour réinventer la passion éternelle
Mâtinée de domination sexuelle.

« Le sexe de la femme tient le souffle de l’homme »
Et en contrôle les pulsations de métronome ;
Offrande violente dans une moisson de sable
Où la vision qu’on a de la femme est exécrable.

Quand le taureau s’écroule dans la terre glaise,
Il l’éclabousse du sang du dernier malaise.
Dans la tauromachie, seul « le taureau est sincère ».
« L’arène vibre de plaisir » quand, dans « la lumière »,
S’auréole le taureau, tombé dans la poussière.

Car « la corrida, c’est un drame et une fête »
Où les spectateurs s’enivrent et perdent la tête.
Le Théâtre « Laboratoire de Paris »
En fait une description pleine de furie,
Démesurée, laissant quelque peu ahuri.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« Les Coquelicots des Tranchées ». Texte de Georges-Marie Jolidon. Adaptation, mise en scène Xavier Lemaire. Par « La Compagnie Les Larrons ». (18-11-2014, 20h30) +++++


C’est au « Théâtre La Luna », en Avignon,
Qu’ils ont fait feu, de toutes parts, sur tous les fronts,
Relevant les plus grands défis et les affronts,
Avec maquillages, costumes et décors,
Couronnant d’authenticité leurs beaux efforts.
Et puis, c’est à Paris, qu’enfin ils récupèrent
L’inoubliable actrice, Dautun Bérengère.

C’est la fin de l’année Mille neuf cent quatorze
Qui explose de rage au « Théâtre Quatorze ».
Et « L’institutrice, transformée en fermière »,
Participe de tout cœur à l’effort de guerre,
De même que celle devenue infirmière.

Pour travailler, la femme porte pantalons
Car « les interdits tombent comme les soldats ».
Avec énergie et courage elle se bat,
A l’usine ou aux champs, quand la vache met bas.
La « permission de six jours pour faire les foins »,
Procréer pour la patrie, un enfant, au moins,
Voit rentrer les pères qui repartiront loin,
Pour un temps qu’ils n’auraient jamais cru aussi long.

« Y’a plus de Français, y’a plus d’Allemands », debout,
« Rien que des monceaux de chair mêlés à la boue ».
Avec des tableaux d’un réalisme poignant,
Généreusement arrosé d’humour saignant,
C’est le défilé de ces cinq années de guerre
Qui nous est servi sur un plateau de misère,
Dans une mise en scène de forme exemplaire
Qui met en valeur douze comédiens hors-pair.

Une bien éloquente reconstitution
Dévorée d’une brûlante et fière passion.
Vibrants témoignages emprunts de forte émotion,
Remarquablement joués avec conviction.

Un suivi des scènes, d’une fine exigence,
Dont la minutie relève de l’excellence.
Incroyable spectacle à voir de toute urgence,
Pour se plonger dans l’Histoire et ses défaillances.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« Confession des Amants du Siècle », de Sylvie Gilles. D’après la correspondance d’Alfred de Musset et de George Sand. (Avignon, Festival a-oût, 01-08-2014,19h15) ++


C’est un bel arbre à mots
Qui rime avec piano.
Source de tous les maux,
Il cerne les propos,
Échanges séculaires,
De cet amour d’enfer.

C’est un charmant décor
Que deux âmes dévorent,
Croquant à pleines dents
Leur univers tremblant.

Des sentiments troublants
Pour des cœurs si souffrants
Qui se privent du temps
De mourir haletants.

Un texte sans verbiage,
Sans pompeux bavardage,
Où tout mot sonne juste
De façon fort auguste.

Les moments de langueur,
Sans aucune longueur,
Font que tout a sa place
Au jeu de grande classe.

Jamais phrase de trop,
Quand tinte le grelot
Des échanges écrits.
Mesure dans les cris,
Parvenant assourdis.
De leur amour maudit,
Leur flamme se dédit
Et, quand elle médit,
Leur tourment
Les reprend.

Mise en scène sans un pli,
A part ceux que font les lits
Siamois, coupant le plateau
Pour recoller les morceaux.

Scénographie efficace
Qui ne laisse pas de glace.
Un jeu de connivence
Pour un bain de jouvence,
Dans ce « Théâtre des Vents »
Où s’exprime leur talent.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« Voyage en Troïka, Cabaret Russe ». Par la « Compagnie Les Oies Sauvages ». (Avignon, 27-07-2014, 20h45) +


Quand le soir La joie s’empare
Du « Théâtre des Remparts »,
On y danse à la volée,
Au son de cloches exilées.

Que ce soit la « Danse ukrainienne des Rubans »,
Celle « des Cuillères », ou orchestre dissident,
C’est bien le folklore de toutes les Russies
Qui, à nous faire rêver, si bien, réussit.

Et, quand il « fait pleurer la balalaïka »,
Il se remémore sa vieille Babouchka
Aux si douces paroles d’or et de lumière.
C’est alors qu’il nous en livre tous les mystères.
Valeria, Andreï, joli duo de trouvères
Modernes qui s’élancent sur contes divers.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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