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Archives de Catégorie: 7 Idéaux et débats

« Europe Connexion ». D’Alexandra Badea. Mise en scène Françoise Gugger. Jeu Fabian Ferrari. Par la « Compagnie Vaslap ». (Avignon, 29-07-2017, 14h05) ++

Vivre du fruit des « étiquettes alimentaires »,
C’est la tâche d’un « assistant parlementaire »
Surpayé pour rendre la vie « toujours plus chère »,
Quand les engrais engraissent son argumentaire.
« Une larme pour les victimes du cancer »,
« Une larme pour les victimes de la faim »,
Et « la destruction de la planète », pour fin.

Et … « bienvenue dans le monde des pesticides » !
Tu relis la liste des substances nocives
Et puis tu hiérarchises les plus agressives
Afin de faire passer la graine offensive
Enrobée de miel qui masque le fiel acide.

« Espace Saint-Martial », puis « Studio Hébertot »,
Ouvrir l’œil en conscience n’est jamais trop tôt.
Un texte qui fait réfléchir à tous les maux
Que l’a-culture intensive prend à défaut.
Quand la diffamation détruit le sens des mots,
Que les lobbies infâmes affament jusqu’aux os,
Comment ne pas avoir de frissons dans le dos …

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« Un Juif pour l’exemple ». D’après l’œuvre de Jacques Chessex. Mise en lecture Miguel Fernandez. Interprétation Thierry Roland. Par la « Compagnie du Tards ». (Avignon, 27-07-2017, 11h15) ++

Un matin du printemps 1942,
La foire à bestiaux bat son plein de jours heureux ;
Il sera entaché d’un crime crapuleux.
« On peut le comprendre, mais non point l’excuser ».
« Comment juger la bêtise et la lâcheté » ?

Ce village, qui vit surtout du saucisson,
Payerne … est complice de cette exécution ».
« Ne pas manger de porc au pays du cochon »,
Crime de lèse-Suisse. L’élimination
Du responsable de cette situation,
Le Juif, donc condamné à éradication.

« Mein Kampf, éructation boueuse de torchon »,
Aussi consistant que du papier cigarette,
Manifeste pour justifier toute conquête,
A nourri de sottise une génération.

Si « L’expérience est une lanterne accrochée »
« Dans le dos et qui n’éclaire que le passé »,
Saura-t-on entrevoir un futur à chercher
Dans les décombres des victimes trépassées ?

C’est un réquisitoire qui déstabilise.
Par son ironie inquiétante il mobilise
Toute notre attention et, notre esprit, aiguise.
Une implacable lucidité utilise
L’éblouissante plaidoirie qui, son but, vise.

« Féliciter la mort, et le démembrement »
« D’un homme », après l’avoir incitée, ce « pasteur »,
« Proche des nazis et légation allemande »,
Est « coupable de laisser-faire et laisser-dire » :
« Ordre du parti, tue-le, assomme ce porc ».
A « L’Espace Saint-Martial », on aurait bien tort
De ne pas ouïr un discours à éblouir
Par son argumentation et qui ne demande
Qu’à replacer les choses à leur juste valeur.
Réflexion approfondie d’un consentement.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« Le NON de Klara ». De Soazig Aaron. Adaptation Sylvie Gilles. Mise en lecture Manon Allouch. (Avignon, 26-07-2017, 11h10) +

« Ceux qui ont dit NON à l’occupant », quelques-uns
Seulement, reviennent à la Libération.
« Théâtre Au bout là-bas », il se peut que certains,
A tout jamais marqués par la décoration,
La plus glorieuse qui soit pour une nation,
Le tatouage indélébile à l’avant-bras,
Sentent pour toujours la brûlure inscrite en gras.

Dévastée, vidée, cette étrange survivante
Reste une vision terriblement dérangeante.
Rescapée d’Auschwitz, devenue intransigeante,
Elle apparaît comme étrangère à elle-même,
Indifférente à tout ce qui existe et aime.
« Le NON de Klara » déchire tous les rideaux
Que l’on se jette sur les yeux et sur le dos.

Et … « c’est fou ce qu’un squelette est lent à mourir »
Quand les mentalités continuent à pourrir
Sur d’abominables certitudes à vomir.
« La réalité fut plus sordide » à subir
« Que tout ce qu’on pourra en dire » ou bien écrire.
« Il est des silences qui crient », sans pleurs, sans rires.
« Enfermer les mots au placard », serait-ce pire ?

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« En ce temps-là, l’amour… » De Gilles Segal. Mise en scène, Interprétation Pierre-Yves Desmonceaux. (Avignon, 21-07-2017, 19h20) +

La preuve d’Amour, c’est de « chasser ses enfants »
Pour leur épargner d’être embarqués dans les camps.
Dans le train qui les mène à Auschwitz, père et fils
Tentent l’impossible en se fermant aux sévices
Que, dans « le wagon de la mort », certains subissent.

Interrogation aiguë sur la liberté,
Et jusqu’où l’on peut tenir en toute fierté.
Mais « nul autre ne croyait encore à la vie »,
Tassés dans les fourgons où à peine on survit.
« L’humour, la seule qualité qui manque à Dieu »
Engoncé, sanglé dans son halo mystérieux.

Texte et mise en scène faits de simplicité
Dans un dépouillement vrai, sans vulgarité.
Écriture sobre, pleine d’humanité.
Une leçon de vie en toute aménité.
Vivre tout en sachant, des bourreaux, l’impunité …
Vivre avec le bruit du train, la complicité
De milliers de gens issus de la même cité …
Le « Théâtre Au bout là-bas » porte bien son nom,
On ne peut que le citer, dès lors qu’il dit NON !

« L’homme à inventé Dieu pour consoler »
« Les petits enfants qui ont peur dans le noir ».
« Est-ce qu’en ce temps-là l’amour »
« Était de tuer son enfant? »
« Un matin sale se levait sur Auschwitz, »
« C’était l’aube du septième jour ».

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« La Route du Levant ». Texte Dominique Ziegler. Mise en scène Jean-Michel Van Den Eeyden. Avec Jean-Pierre Baudson et Grégory Carnoli. Par la « Compagnie L’Ancre ». (Avignon, 21-07-2017, 14h00) ++++

Est-ce qu’entre un policier et un terroriste
Une possibilité de dialogue existe ?
Un texte fouillé, par un écrivain puriste
Qui se sert de tous les arguments de sa liste
Pour démembrer la « propagande djihadiste »
D’un converti qui veut devenir spécialiste
Des théories proclamées par les islamistes.

« On a tous le droit d’avoir sa propre opinion »,
Quel que soit l’objectif de sa révolution.
« L’homme de paix », voulant tuer « au nom d’Allah »,
Se retrouve enchaîné dans un commissariat.
Un échange de convictions qui fait comprendre
Un peu la barbarie où l’on se laisse prendre.
A ce qu’il y ait un vainqueur, peut-on s’attendre ?

Dans ce polar, quelle sorte d’idéalisme
Peut-il conduire à un sanglant radicalisme ?
Essai passionnant, au « Collège de La Salle »,
Vécu, interprété de façon magistrale,
Où l’on se rend compte que tous ont les mains sales.
Suspense et retournements de situation
Pour un détonnant cocktail de vraies réflexions.

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« Elikia ». De Suzanne Lebeau. » Mise en scène Marie Levavasseur. Plasticien Stéphane Delaunay. Images vidéo Christophe Loiseau. Jeu Fanny Chevallier. Par la « Compagnie Tourneboulé ». (Avignon, 21-07-2017, 11h10) +

Le temps est suspendu au « Théâtre Artéphile »,
Tandis que, sous nos yeux, les images défilent.
Sur écran, le plasticien projette la vie
Ou la mort. Une grenade s’y agrandit,
Puis en un œil lentement se métamorphose,
Va se fondre en mini étoile qui explose ;
Mini étoile qui s’écoule de la toile.
Elikia, c’est du sable sur un coin de voile.

Mandoke Elikia,
Du nord de l’Ouganda,
Est une enfant soldat.
Treize ans, c’est le fracas.
« Son arme, c’était sa peau. Pour sauver sa peau »,
Elle est condamnée à en faire toujours trop.

« Couper la main d’un bébé, comme souvenir »,
Jeu « d’un enfant de huit ans qui y prend plaisir ».
C’est ainsi qu’on conditionne son avenir,
Faire souffrir avant de, soi-même, mourir.

« Brûler les dix premières années de leur vie »,
Les « rebelles » les poussent à cette folie
Meurtrière, à « commettre des crimes si graves »
« Qu’ils ne peuvent rentrer chez eux » et sont sans havre.

Dès lors, pieds et poings liés, jetés dans la guerre,
Kalachnikov et SIDA pour vie éphémère,
Prisonniers d’un combat, ignorant les mystères
Qui les contraignent à obéir et s’y complaire.
Comment trancher le nœud qui les force à se taire ?

« Croire que la force des mots sera toujours »
« Plus forte que celle du sang et de la haine ».
« Troquant son arme contre stylo et cahier »,
Elikia montre les « chemins de résistance »
« Possibles ». C’est un brûlant appel au secours,
Une vaine espérance coulant dans les veines.
« Ils ont tué, violé, pillé et incendié »,
« Ils me l’ont raconté », privés de leur enfance.

Jeunes enfants kidnappés, humiliés, violés
Et drogués « pour une obéissance parfaite »,
Armés ; seulement « payés d’une cigarette ».
Livrés aux « tâches que les adultes refusent »,
Violentés, nourris à coups d’insultes qui fusent.
Dans la guerre, leur jeunesse s’en est allée.

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« Lettre aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des racistes ». De Charb. Texte finalisé le 05-01-2015. Conception, Interprétation Gérald Dumont. Direction d’acteur Nathalie Grenat. Musique Lénine Renaud. Par la « Compagnie du Théâtre K ». (Avignon, 18-07-2017, 23h30) +++

« Charb » est vivant ce soir au « Théâtre de l’Oulle ».
L’hommage rendu à son texte nous chamboule.
Mise en garde contre les interprétations
De termes victimes de manipulation.
« L’islamophobie est un marché pour la presse »
« Qui le promeut » et, à le détourner, s’empresse.

Lire : « Lettre aux escrocs de l’islamophobie »
« Qui font le jeu des racistes », nourrit l’esprit.
Ce « spectacle-irresponsable » n’a pas de prix
Tant sa valeur sociétale est inestimable ;
Porter sa parole sur scène est fort louable.
Dieux et prophètes
Toujours revêtent
D’interchangeables et modulables habits.

Les religions
Se font légion.
« Nous sommes trois frères jumeaux »
« Nés sous le signe des escrocs ».
« L’envie de rire et d’en découdre »
Donne à « Charlie » du grain à moudre.

Un bref « livre posthume »
Qui soulève l’enclume
Des idées préconçues
Laissant l’âme déçue.

A découvrir de toute urgence.
Se découvrir une conscience
Et enfin oser assumer
Les faussetés à supprimer.
Pour apprendre la tolérance,
Dessins en vidéo balancent …

Représentations uniques à ne pas manquer
Tant le débat débusque les idées planquées.
Vous verrez la laïcité d’un nouvel œil
Et au respect d’autrui vous ferez bon accueil.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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