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Archives de Catégorie: 7 Idéaux et débats

« Contagion ». De François Bégaudeau. Mise en scène Valérie Grail. Avec Raphaël Almosni, Côme Thieulin. (11-06-2017, 16h00) ++

Texte qui nous pousse hors de nos retranchements
Et nous force à nous interroger humblement.
« L’incrédulité, début de l’esprit critique »,
Nous permet de remettre en question nos pratiques.

« La rumeur court. (…) L’air (…) gorgé (…) charrie des complots ».
Une pièce peut-elle éradiquer les maux ?
« Au moins, nous aurons essayé », avec des mots.
Dialogues percutants, solides … à fleur de peau.

Faire face à l’urgence, à la peur, aux fachos ;
« Incitation à démêler le vrai du faux ».
L’auteur nous aide à réagir sans perdre pied.
A nous, de poursuivre le discours qui nous sied.

On demeure abasourdi par la densité
Des propos qui nous plongent dans l’intensité
D’un suivi percutant de l’actualité
Et l’on ne distingue plus la réalité.

Si « la panique accélère la contagion »,
Elle se répand au-delà de nos régions.
Quand la manipulation de l’information
Passe les frontières de la compréhension,
On se perd dans un fatras de suppositions.

C’est au « Théâtre Paris-Villette »,
Qu’une analyse, juste et complète,
S’agite en tous sens dans notre tête,
Cogite en effervescence prête
A recueillir leurs notes bien faites.
A Avignon, « Théâtre Artéphile »,
Écoutons leurs pensées qui défilent …

« La peur du drame crée le drame » … en toutes parts.
« Je cours pour survivre … C’est comme un cauchemar ».
« Je veux retrouver la gratuité de l’enfance ».
« J’attends que me prenne une nouvelle espérance ».

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

 

« Paroles d’étoiles. Mémoires d’enfants cachés ». D’après le recueil de Jean-Pierre Guéno. Mise en scène Alexandre Oppecini. Interprétation Armelle Lecœur. (24-05-2017,19h00) ++++

Ces « Paroles d’étoiles »,
Des vérités, dévoilent
Et Armelle Lecœur
Met un émouvant cœur
A retracer l’histoire
D’éphémères mémoires.

« Manufacture des Abbesses »,
A tous, ce message s’adresse.
Pour ces enfants que la vie blesse,
Qu’elle panse en délicatesse,
C’est leur honneur qu’elle redresse.

C’était le temps où tous les voisins se parlaient ;
D’une fenêtre à l’autre, les rues s’animaient
Et tous les enfants se mélangeaient et jouaient …
Et le temps où l’antisémitisme montait.
Le « surnombre dans l’économie familiale »
Justifierait-il une « solution finale » ?

D’humiliations
En vexations,
L »Étoile cousue, comme tatouée sur peau »,
S’y imprime à jamais, les laissant sans repos.
Un effrayant constat qui nous fige et nous trouble
Dans l’évocation d’un passé qui se dédouble.

Témoignages déchirants
Au récit bouleversant.
Elle lève un coin de voile
Du dessus des étoiles
Dans la clarté vibrante
Qui comble nos attentes.

Une brillante étoile descendue du ciel
Lance de lumineuses « Paroles » arc-en-ciel.
Comme un « acte d’amour … et de déchirement »,
La séparation se fait d’avec les mamans.

Avec beaucoup de pudeur et sobriété,
Elle dit l’indicible avec tranquillité.
Sa voix traverse l’espace vers nos cerveaux
Et son interprétation est comme un cadeau
Qu’elle lègue à ceux qui ne savent plus du tout
Pourquoi les camps ont laissé de si béants trous.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« Avenir radieux, une fission française ». Deuxième volet de la trilogie « Bleu-Blanc-Rouge ». « L’A – Démocratie », de et par Nicolas Lambert. Par la « Compagnie Un Pas de Côté ». (14-12-2016, 21h15) ++

Avec de beaux exemples de langue de bois
Qui nous laissent stupéfaits et même pantois,
On est sensible à ses démonstrations de choix
Traitées à force de labeur et bonne foi.
A réentendre ces discours, on reste coi,
Nous remémorant ces divers débats de poids
Plume, vides et secs comme une coque de noix.

Sachant que la publicité coûte deux tiers
Du prix de la fabrication d’un réacteur,
Quel est le vrai prix de revient du nucléaire ?
Très franchement, tout cela nous fait un peu peur …
« Pub EDF, cinquante millions annuels »,
« Pub AREVA », idem, c’est le nez vers le ciel
Que l’on attend que ça tombe dans l’écuelle ;
L’énergie répandue, perdue, dans les ruelles.

L’écrivain nous montre leur grand n’importe quoi,
Imitant nos politiques et prenant leur voix.
Son travail de recherche ouvre quelqu’autres voies
Qui versent dans le public des rires aux abois.

« Théâtre de Belleville », les pays croient
Aux « compétences nucléaires » dans la joie.
Chaque État, dans « l’uranium enrichi », a foi.
Mais les habitants, face aux déchets, ont les foies.
Un bel effort de documentation, ma foi !

Toutes ces dépenses nous pèsent sur le foie,
Mais, de nous plaindre, nous n’avons jamais le droit.
A force de bourrage de crâne, on y croit
Et l’on subit toute la nuisance qui croît.
Spectacle drôle, qui souffle le chaud et froid.
« L’origine de l’électricité », c’est quoi ?
Le violoncelle aussi est électrique, waah !

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« Ici les aubes sont plus douces ». D’après le roman de Boris Vassiliev. Mise en scène Marie Lauricella, Olivia Combes. Par le « Théâtre du Peuple Lié ». (11-12-2016, 15h30) +++

Mues par la joie de vivre et le sens du devoir,
Les combattantes en première ligne vont choir.
Elles vivent de poésie, aussi d’espoir,
Ces « Femmes militaires » bravant le danger,
« Mitrailleuses anti-aériennes » à peine âgées
De seize à dix-huit ans et formées en « trois mois ».

Leur jeunesse au front va s’achever, se flétrir.
Au « Théâtre Douze » elles sont sept à mourir
Pour qu’à l’aube, le lendemain puisse fleurir.
A peine cachées par la forêt de bouleaux,
Ces femmes russes abattent un immense boulot,
Mais restent dans l’ombre au fronton des héroïnes
Où, de couronnes, elles n’ont que celles d’épines.

Une mise en scène vive et chorégraphiée
Avec précision et grand art diversifié.
La musique qui sait, l’action, intensifier,
Favorise bien la montée de l’émotion,
Accélère tensions et imagination.
Autour d’un très beau chant russe polyphonique,
Elles rayonnent en une danse folklorique.

Toujours féminines et bardées de compétences,
Après la guerre on restera dans l’ignorance
De leurs hauts faits. Et, vite oubliées, leurs souffrances
Ne seront pas reconnues. Dans les « marécages »
Des combats, leur esprit surnage à ces carnages.

Texte limpide où la force des engagées
Sert de leçon à ceux qui ont tout saccagé.
Qui va reconstruire sur les vies ravagées ?
Car c’est encore elles qui vont se sacrifier
Pour repeupler une planète à pacifier.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« Qui es-tu Fritz Haber ? » De Claude Cohen. Mise en scène, Jeu Xavier Lemaire. Et avec Isabelle Andréani. (10-12-2016, 19h00) ++++

Les reliefs d’un repas servent la discussion
Âpre sur le sens moral d’une découverte
Scientifique. Les hypothèses sont ouvertes
Et le conflit s’installe, tranchant d’émotion.

« Tu n’as jamais su regarder où il fallait »,
Reproche Fritz à Clara, elle qui voulait
Que ce qui est beau, ne soit pas rendu si laid.
« Tous les moyens sont bons dès qu’ils sont efficaces,
Peu importe si ça passe ou si cela casse.

« Dieu est un poison, une substance chimique »
« Qui infeste le cerveau de l’homme » et complique
Son raisonnement. Sous « l’habit de bienfaiteur »,
On voit poindre l’amoral collaborateur,
Doublé du génial « bourreau de l’humanité »
Qui va asphyxier largement, et sans compter,
Une population criblée d’infirmités,
Dont les poumons seront à jamais esquintés.

Comble de l’ironie, le zyclon B nettoie
Tout, depuis la cale du bateau, jusqu’aux toits,
Faisant table rase de tout ce qui survit,
En détruisant la moindre parcelle de vie,
Comme ce fut le cas pour l’extermination
Des Juifs et Tziganes en camp de concentration.

Millions d’humains transformés en bêtes de somme.
« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ».
« Conscience sans science n’est que ruine de l’homme ».
Difficilement conciliable et mène au drame.

Bien au-delà du psychodrame familial,
C’est le détournement d’idées originales
Qui est restitué de façon impériale.
Une interprétation sensible et magistrale,
Dure, cinglante, qui fait perdre les pédales,
Poignante pour Clara face à un Fritz glacial.

Confrontation de visions diamétralement
Opposées qui mène au mortel affrontement
Où l’humanité perd de son rayonnement
Quand l’arme chimique vise à l’effondrement
Des valeurs que l’homme piétine allègrement.
Cette invention a changé notre jugement.

Un brillant duo à l’admirable prestige ;
Avec les mots, ils font de la haute voltige.
Ils nous passionnent par leur authenticité
Et les accents terribles de leur vérité.
Une œuvre pour lutter contre la cécité ;
« Studio Hébertot », il faut se précipiter.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« Scènes de violences conjugales ». Texte, Mise en scène Gérard Watkins. Création musicale Yuko Oshima. (11-11-2016, 20h30) ++++

C’est un ramassis de paumés hypersensibles
Qui exposent leurs caractères susceptibles.
Avec humour, c’est la valse des préjugés
Où chacun épie l’autre, prêt à le juger.

Langage où le moindre mot est analysé,
Où la violence verbale est dramatisée.
Bourrés de contradictions, ils s’autodétruisent
Dans une montée en puissance qui les brise.

Quand le ton grimpe au rythme de la batterie,
Les insultes et les coups se déclenchent en furie.
Comment faire pour arrêter l’hémorragie
De situations qui font qu’on ne réagit
Plus normalement, sans même s’en rendre compte.
C’est alors qu’on perd le contrôle et qu’on s’affronte.

Un texte irrésistible autant qu’il pétrifie.
Pas à pas, on s’englue et on se pétrifie.
La boule au ventre, l’engrenage stupéfie.
« La peur de se retrouver seule » mortifie.

On comprend tout, malgré qu’on ne puisse y échapper ;
L’intelligence n’empêche pas d’être frappée.
La réflexion ne protège pas de la souffrance ;
La raison n’a pas sa place dans l’intolérance.

A « La Tempête » on autopsie la brutalité
Par le biais d’une écriture sans vulgarité,
« Qui claque comme un fouet », directe et précise.
Deux histoires en parallèle qui mobilisent
Notre attention qui, sur ces couples, se cristallise.

Sur scène, la musique avec eux rivalise
Et nous transperce d’émotion au moment des crises
Qui expliquent qu’on se laisse agresser, sous l’emprise
Asphyxiante qui anéantit, monopolise
Jusqu’aux dernières forces qui ridiculisent.

L’auteur réalise un travail indispensable
Qui met l’accent sur la violence impardonnable.
C’est dit, par tous, de façon claire et abordable,
En pudeur et efficacité redoutable.
A voir absolument ; en tous points … remarquable !

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« Femmes en danger ». Commande d’Amnesty International Langres. Conception, Jeu Marie Ruggeri. Orchestration Christian Belhomme. (18-04-2016, 20h00) +++

« Les violences faites aux femmes, en textes et chansons »,
Se gravent comme un indélébile écusson,
Martelé pour l’éternité sur notre front ;
Marque, que nous renvoie le miroir aux affronts,
Rappelant que nous devons toujours faire front.

Les Femmes sont « les matrices de l’univers »
Et aussi les victimes de tous les pervers.
Est-ce que les fillettes voient la vie en rose ?
Pas plus que les garçons, alors cessons l’osmose
Entre ces bouquets de tissus pour jouets roses
Et le sexe féminin à qui on impose
Une même couleur sur un corps qui s’expose.

Marie, engagée dans toutes les nobles causes
Concernant les femmes, sait de quoi elle cause ;
« Des tas de phrases » …
« Et pas d’extase ».

La mutilation génitale en Somalie
Sert de garant à la virginité au lit
De noces « d’agressivité et d’égoïsme »
« D’hommes » qui s’approprient leur corps sans héroïsme.

« Charcutée avec la permission de sa mère »
En complicité cruelle qui dégénère.
« Peut-être que si l’on émasculait les hommes »,
Ils ôteraient ce supplice à celles qu’ils somment
De trancher vif leur intime féminité
Afin de les contrôler et les dominer.

De quel droit infliger une telle torture
A une fillette de cinq ans qu’on triture
Pour mieux la marquer d’une profonde blessure
Qui ne sert qu’au mâle qui ainsi se rassure
En fermant son sexe d’une longue couture
Qui, au mariage, subira la déchirure
Et un nouveau calvaire avec des meurtrissures.

C’est en chansons et en récits de témoignages
Que Marie Ruggeri, avec talent, s’engage,
Au « Théâtre Essaïon »,
Dans un tour d’horizon
De ce qui menace les femmes et les conforte
Dans un rôle secondaire à l’abri de portes …

Avec ferveur elle convie à réfléchir,
A prendre notre destin en mains, sans fléchir.
Et, pour nous faire réagir,
Elle provoque notre rire.
Dans une écoute soutenue,
Elle dévoile l’âme à nu.

Eva /b.c.lerideaurouge
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