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Archives de Catégorie: 7 Idéaux et débats

« Europe Connexion ». Pièce d’Alexandra Badea. Mise en scène Vincent Franchi. Jeu Nicolas Violon. Par la « Compagnie Souricière ». (Avignon, 07-07-2017, 19h05) ++

Vivre du fruit des « étiquettes alimentaires »,
C’est la tâche d’un « assistant parlementaire »
Surpayé pour rendre la vie « toujours plus chère »,
Quand les engrais engraissent son argumentaire.
« Une larme pour les victimes du cancer »,
« Une larme pour les victimes de la faim »,
Et « la destruction de la planète », pour fin.

Et … « Bienvenue dans le monde des pesticides » !
Tu relis la liste des substances nocives
Et puis tu hiérarchises les plus agressives
Afin de faire passer la graine offensive
Enrobée de miel qui masque le fiel acide.

A « L’Artéphile », ça bourdonne en vidéo !
Ouvrir l’œil en conscience n’est jamais trop tôt.
Un texte qui fait réfléchir à tous les maux
Que l’a-culture intensive prend à défaut.
Quand la diffamation détruit le sens des mots,
Que les lobbies infâmes affament jusqu’aux os,
Comment ne pas avoir de frissons dans le dos …

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« Et Soudain dans la Tourmente ». Commande d’écriture à Magali Mougel. Mise en scène, Interprétation Claudine Van Beneden. Travail d’acteur Raphaël Fernandez. Par la « Compagnie Nosferatu ». (Avignon, 02-07-2018, 19h00) +++

Claudine s’attaque à des textes d’envergure
Qui ont quelque chose de fort dans l’écriture.
Dans « Darling », incomparable de vérité,
Sa souffrance est criante d’authenticité.
Campa aussi une ouvrière « Lejaby »
Avec un réalisme qui nous éblouit.
Elle nous revient avec une arme fatale :
« Refus de l’oppression familiale et sociale » …

Et c’est, tout naturellement, qu’elle se glisse
Dans l’uniforme de ces femmes Peshmergas
Pour tenter d’arrêter Daesh dans ses dégâts ;
Personne ne peut plus compter sur la police
Pour détourner le cours de tous les attentats.

C’est dans « un hôtel du sud de la Turquie »,
« Tout près de la frontière syrienne » en sursis,
Que l’héroïne prend conscience de la vie
De combat qu’elle doit mener contre l’avis
De tous et de sa décimée famille proche.
Elle fuit, sans retour possible, leurs reproches,
Prête à défendre l’honneur bafoué, violé,
De ces femmes martyrisées puis enlevées.

« Le monde n’est fondé que sur la domination »
« Des hommes sur les femmes », objet(s) de la narration.
« La question n’est plus : Que faire ? »
« Mais (savoir) qui va le faire ! »

Lorsque le viol et le rapt sont monnaie courante,
Qu’on en rejette sur la femme l’infamie,
Il n’y a que la mort qui ait encore un prix.
Faut-il tuer pour échapper à la tournante ?
Ou se jeter à corps perdu « dans la tourmente » ?
Un seul en scène où elle est sobre et convaincante.

A « L’Hôtel d’Europe », les femmes fracassées
Lèvent la tête et prennent en main leur destinée.
« Et soudain », comment cela va-t-il se passer ?
Que retiendra l’Histoire de ce pied de nez ?

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« L’Ingénu de Voltaire ». Adaptation : Jean-Christophe Barbaud (Mise en scène) et Thomas Willaime (Interprétation). Par la compagnie « Théâtre Odyssée ». (Paris, 23-06-2018, 19h45) ++

« Elle aimait le plaisir et était dévote »
Cette phrase, à elle seule, tout, sabote
Et met en lumière les contradictions
Et la lutte entre les diverses passions
Exercées à l’Église ou dans la Cité.
Cette satire est une nécessité
A fin de révéler notre cécité.

Tristement d’actualité, ce fort pamphlet
Sur la corruption des puissants est le reflet
D’une société malade de ses abus
De fanatisme politique ou religieux.
Pour oser le dire il fallait un « Ingénu »
Semblé tombé des nues,
Le regard vers les cieux.
Au « Théâtre Essaïon », la pensée est à nu.

De tous temps, la femme est doublement punie.
Pour l’homme, toujours, elle se sacrifie.
Elle doit le taire, ce qu’elle subit.
La victime expiatoire des infamies
Regarde en face les injustes interdits.
Le prix d’une existence salie est la vie.

« Je vous ai adoré en vous trahissant »,
Des maux contés en un étourdissement.
Un immense bonheur d’entendre Voltaire
Par la bouche d’un acteur qui se libère
Des contraintes scéniques en rebondissant
Partout, sur tout, dans un jeu primesautier.
Une expression qui ne fait rien à moitié,
Tout en candeur et effets rafraîchissants.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« Gardiennes ». De et avec Fanny Cabon. Mise en scène Bruno de Saint Riquier. (Avignon, 14-06-2018, 18h30) +++

Diverses vies se déroulent en un fleuve rouge
Qui détricote les objections de toujours.
En une dizaine de secrets mis à jour,
Ressurgissent les blessures des fardeaux lourds
De contre-sens empêchant que les idées bougent.

Au travers de tous ces récits de solitude,
Se dévoilent les aspects cachés, âpres et rudes,
Des femmes qui ont survécu à tant d’épreuves
Et contre qui d’injustes lois cherchaient des preuves.

« Pas l’affaire des hommes … on se débrouillait seules ».
Ils s’en lavaient les mains, même jusqu’au linceul.
« L’avortement, crime d’état, puni de mort »,
Ils en étaient responsables mais sans les torts.

« Les curetages à vif » … qui « râclent les entrailles »
N’empêchent pas qu’on retourne vite au travail.
Jamais le droit de laisser les maris en rade …
« Mes cris sont de silence et ma paix de façade ».

Spectacle poignant, rouge sang, qui prend aux tripes.
Comment ne pas penser à celles qu’on étripe.
Le cache-col piqué d’infinies douleurs court,
S’étire sur la scène en en faisant le tour.

« Les Gardiennes de la vie » veillent aux « Trois Soleils ».
Bouleversante rétrospective en éveil
Sur un siècle pas si lointain où l’on charcute
Sans que la société masculine percute
Les dégâts qui perdurent à cause d’actes bruts
Avant qu’entre en lice et en vigueur la « Loi Veil ».

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« Anna, Les lumières de l’asile ». Texte, Mise en scène, Interprétation Pascale Martineau. Par la « Compagnie A Corps et Cris ». (Paris, 09-06-2018, 20h30) ++++

A peine âgée de neuf ans, la petite Anna
Voit sa vie basculer, loin de sa sœur Lisa.
Elle est lumineuse à travers son innocence,
Agile et lucide malgré les apparences.
Les médecins délaissent son intelligence,
Mêlant en désordre toutes les différences.

Au « Guichet Montparnasse », c’est son existence
Qu’elle extirpe du placard et met en balance.
Écriture qui interpelle les consciences.
Mise en scène et interprétation d’excellence.

« J’avais beaucoup changé et je ne l’avais pas su »
Car, depuis quinze ans, elle ne s’était jamais vue.
Un miroir, dans sa première chambre, apparut
Quand les murs et les cloisons furent abattus.

L’asile est aussi, à l’extérieur, dans les têtes
De ceux qui vous empêchent de faire la fête,
De ceux qui, une intransigeance, manifestent.
Des internements abusifs, qu’est-ce qu’il reste ?

« Anna, Les lumières de l’asile » …
Anna ? Les lumières de la ville
Lui sont désormais interdites
Sans que les choses lui soient dites.

L’écrivaine offre un parcours jonché d’espérance,
Malgré son carcan cousu de désespérance.
Une vie gâchée par la société complice
Qui se moque des conséquences et des sévices.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« Désaxé ». De et avec Hakim Djaziri. Et aussi Leïla Guérémy, Mikaël Chirinian. Mise en scène Quentin Defalt. Par la « Compagnie Teknaï » et le « Collectif Le Point Zéro ». (Paris, 08-06-2018, 14h00) ++++

Une musique pleine de complexité
Qui, à la fois berce et semble dynamiter,
Installe sur le plateau une dynamique
Que trois acteurs vont maintenir par leurs répliques.

Aux « Métallos », c’est un retour sur l’Algérie,
Trente ans d’histoire et la fuite de la patrie
Avec, dans ses bagages, toute la fratrie.
Enfin, l’adolescence en cité. Regard d’aigle.
« Je défends mon territoire, ici c’est la règle ».
Et personne pour le soutenir de son aide.
La France, les HLM, les vacances au bled …

Confrontation des cultures
En toute désinvolture
Et puis c’est la déchéance
Quand frappe la délinquance.

Nationalité française
Qui fait se sentir à l’aise.
Une écriture balèze,
Percutante et sans fadaise.

Plus de Coopération ;
Le temps de l’intégration
Se pose dans les esprits,
Même au fond de ceux qui prient.

Où l’on apprend qu’en banlieue
On trouve aussi de bons lieux.
Mais les règlements de comptes
Ne font jamais les bons contes.

On découvre les ficelles
Des religions qui harcèlent ;
La montée de l’intégrisme,
Le jeu du radicalisme.

Rhétorique pour convaincre ;
Subjuguer permet de vaincre.
Aucune contradiction
Permise en confrontation.

Éloquence contagieuse
Dans une vie plus que pieuse.
Des convictions religieuses
Pleines d’aberrations creuses.

C’est un texte vibrant qui casse les tabous,
Remettant les idées en place bout à bout.
Une belle écriture qui fait réfléchir,
Car face au terrorisme il ne faut pas fléchir.

Un écrit exceptionnel
Qui va droit à l’essentiel.
Des propos approfondis
D’un sujet très abouti.
« Réveille-toi ! » Réveille-toi.
Il est encore temps, ma foi …

Quelques dates en Avignon,
En lecture de franc ton,
Pour porter en plein fronton
Ces mots en lame de fond.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« Un Démocrate ». Texte, Mise en scène, Interprétation Julie Timmerman. Et par la « Compagnie Idiomécanic Théâtre ». (Paris, 07-06-2018, 20h45) ++++

Du pétage de plomb, dans les règles de l’art,
A l’analyse d’un mécanisme bâtard,
C’est démontré, démonté, de manière égale
Dans du « théâtre, instrument du progrès social ».

Un texte fascinant, fort bien documenté,
A l’argumentaire finement affûté.
Une écriture limpide et riche d’exemples
Traite de vastes sujets aux conséquences amples.

« A La Reine Blanche », la réflexion s’impose.
Bernays manigance tout, en ne vendant rien.
Il ausculte les produits, « inventant le Bien »
Qu’ils créent, « agissant sur la nature des choses »
Pour qu’on se les procure vite à haute dose.
« Je leur confère des vertus » formant un déclic
Qui « modifie la perception qu’en a le public ».

Roi dans la manipulation des opinions,
Son influence s’étend dans les réunions.
Si « tout peut servir à propager une idée »,
Il bluffe comme dans une partie de dés.
Il « change la couleur de la mode et les rêves »
« Des gens » qui vont acheter jusqu’à ce qu’ils crèvent.

En utilisant la stratégie de « la peur »,
Qui est « le moteur le plus puissant de l’humain »,
Il va faire inverser la courbe des valeurs ;
« La théorie du complot » peut battre son plein.
C’est un formidable spectacle au sens critique
Qui fait voir, sous d’autres aspects, la politique.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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