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Archives de Catégorie: 7 Idéaux et débats

« Le NON de Klara ». De Soazig Aaron. Adaptation Sylvie Gilles. Mise en lecture Manon Allouch. (Avignon, 26-07-2017, 11h10) +

« Ceux qui ont dit NON à l’occupant », quelques-uns
Seulement, reviennent à la Libération.
« Théâtre Au bout là-bas », il se peut que certains,
A tout jamais marqués par la décoration,
La plus glorieuse qui soit pour une nation,
Le tatouage indélébile à l’avant-bras,
Sentent pour toujours la brûlure inscrite en gras.

Dévastée, vidée, cette étrange survivante
Reste une vision terriblement dérangeante.
Rescapée d’Auschwitz, devenue intransigeante,
Elle apparaît comme étrangère à elle-même,
Indifférente à tout ce qui existe et aime.
« Le NON de Klara » déchire tous les rideaux
Que l’on se jette sur les yeux et sur le dos.

Et … « c’est fou ce qu’un squelette est lent à mourir »
Quand les mentalités continuent à pourrir
Sur d’abominables certitudes à vomir.
« La réalité fut plus sordide » à subir
« Que tout ce qu’on pourra en dire » ou bien écrire.
« Il est des silences qui crient », sans pleurs, sans rires.
« Enfermer les mots au placard », serait-ce pire ?

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« En ce temps-là, l’amour… » De Gilles Segal. Mise en scène, Interprétation Pierre-Yves Desmonceaux. (Avignon, 21-07-2017, 19h20) +

La preuve d’Amour, c’est de « chasser ses enfants »
Pour leur épargner d’être embarqués dans les camps.
Dans le train qui les mène à Auschwitz, père et fils
Tentent l’impossible en se fermant aux sévices
Que, dans « le wagon de la mort », certains subissent.

Interrogation aiguë sur la liberté,
Et jusqu’où l’on peut tenir en toute fierté.
Mais « nul autre ne croyait encore à la vie »,
Tassés dans les fourgons où à peine on survit.
« L’humour, la seule qualité qui manque à Dieu »
Engoncé, sanglé dans son halo mystérieux.

Texte et mise en scène faits de simplicité
Dans un dépouillement vrai, sans vulgarité.
Écriture sobre, pleine d’humanité.
Une leçon de vie en toute aménité.
Vivre tout en sachant, des bourreaux, l’impunité …
Vivre avec le bruit du train, la complicité
De milliers de gens issus de la même cité …
Le « Théâtre Au bout là-bas » porte bien son nom,
On ne peut que le citer, dès lors qu’il dit NON !

« L’homme à inventé Dieu pour consoler »
« Les petits enfants qui ont peur dans le noir ».
« Est-ce qu’en ce temps-là l’amour »
« Était de tuer son enfant? »
« Un matin sale se levait sur Auschwitz, »
« C’était l’aube du septième jour ».

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« La Route du Levant ». Texte Dominique Ziegler. Mise en scène Jean-Michel Van Den Eeyden. Avec Jean-Pierre Baudson et Grégory Carnoli. Par la « Compagnie L’Ancre ». (Avignon, 21-07-2017, 14h00) ++++

Est-ce qu’entre un policier et un terroriste
Une possibilité de dialogue existe ?
Un texte fouillé, par un écrivain puriste
Qui se sert de tous les arguments de sa liste
Pour démembrer la « propagande djihadiste »
D’un converti qui veut devenir spécialiste
Des théories proclamées par les islamistes.

« On a tous le droit d’avoir sa propre opinion »,
Quel que soit l’objectif de sa révolution.
« L’homme de paix », voulant tuer « au nom d’Allah »,
Se retrouve enchaîné dans un commissariat.
Un échange de convictions qui fait comprendre
Un peu la barbarie où l’on se laisse prendre.
A ce qu’il y ait un vainqueur, peut-on s’attendre ?

Dans ce polar, quelle sorte d’idéalisme
Peut-il conduire à un sanglant radicalisme ?
Essai passionnant, au « Collège de La Salle »,
Vécu, interprété de façon magistrale,
Où l’on se rend compte que tous ont les mains sales.
Suspense et retournements de situation
Pour un détonnant cocktail de vraies réflexions.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« Elikia ». De Suzanne Lebeau. » Mise en scène Marie Levavasseur. Plasticien Stéphane Delaunay. Images vidéo Christophe Loiseau. Jeu Fanny Chevallier. Par la « Compagnie Tourneboulé ». (Avignon, 21-07-2017, 11h10) +

Le temps est suspendu au « Théâtre Artéphile »,
Tandis que, sous nos yeux, les images défilent.
Sur écran, le plasticien projette la vie
Ou la mort. Une grenade s’y agrandit,
Puis en un œil lentement se métamorphose,
Va se fondre en mini étoile qui explose ;
Mini étoile qui s’écoule de la toile.
Elikia, c’est du sable sur un coin de voile.

Mandoke Elikia,
Du nord de l’Ouganda,
Est une enfant soldat.
Treize ans, c’est le fracas.
« Son arme, c’était sa peau. Pour sauver sa peau »,
Elle est condamnée à en faire toujours trop.

« Couper la main d’un bébé, comme souvenir »,
Jeu « d’un enfant de huit ans qui y prend plaisir ».
C’est ainsi qu’on conditionne son avenir,
Faire souffrir avant de, soi-même, mourir.

« Brûler les dix premières années de leur vie »,
Les « rebelles » les poussent à cette folie
Meurtrière, à « commettre des crimes si graves »
« Qu’ils ne peuvent rentrer chez eux » et sont sans havre.

Dès lors, pieds et poings liés, jetés dans la guerre,
Kalachnikov et SIDA pour vie éphémère,
Prisonniers d’un combat, ignorant les mystères
Qui les contraignent à obéir et s’y complaire.
Comment trancher le nœud qui les force à se taire ?

« Croire que la force des mots sera toujours »
« Plus forte que celle du sang et de la haine ».
« Troquant son arme contre stylo et cahier »,
Elikia montre les « chemins de résistance »
« Possibles ». C’est un brûlant appel au secours,
Une vaine espérance coulant dans les veines.
« Ils ont tué, violé, pillé et incendié »,
« Ils me l’ont raconté », privés de leur enfance.

Jeunes enfants kidnappés, humiliés, violés
Et drogués « pour une obéissance parfaite »,
Armés ; seulement « payés d’une cigarette ».
Livrés aux « tâches que les adultes refusent »,
Violentés, nourris à coups d’insultes qui fusent.
Dans la guerre, leur jeunesse s’en est allée.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« Lettre aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des racistes ». De Charb. Texte finalisé le 05-01-2015. Conception, Interprétation Gérald Dumont. Direction d’acteur Nathalie Grenat. Musique Lénine Renaud. Par la « Compagnie du Théâtre K ». (Avignon, 18-07-2017, 23h30) +++

« Charb » est vivant ce soir au « Théâtre de l’Oulle ».
L’hommage rendu à son texte nous chamboule.
Mise en garde contre les interprétations
De termes victimes de manipulation.
« L’islamophobie est un marché pour la presse »
« Qui le promeut » et, à le détourner, s’empresse.

Lire : « Lettre aux escrocs de l’islamophobie »
« Qui font le jeu des racistes », nourrit l’esprit.
Ce « spectacle-irresponsable » n’a pas de prix
Tant sa valeur sociétale est inestimable ;
Porter sa parole sur scène est fort louable.
Dieux et prophètes
Toujours revêtent
D’interchangeables et modulables habits.

Les religions
Se font légion.
« Nous sommes trois frères jumeaux »
« Nés sous le signe des escrocs ».
« L’envie de rire et d’en découdre »
Donne à « Charlie » du grain à moudre.

Un bref « livre posthume »
Qui soulève l’enclume
Des idées préconçues
Laissant l’âme déçue.

A découvrir de toute urgence.
Se découvrir une conscience
Et enfin oser assumer
Les faussetés à supprimer.
Pour apprendre la tolérance,
Dessins en vidéo balancent …

Représentations uniques à ne pas manquer
Tant le débat débusque les idées planquées.
Vous verrez la laïcité d’un nouvel œil
Et au respect d’autrui vous ferez bon accueil.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« Le Cahier d’Elikia ». D’après le texte de Suzanne Lebeau « Le Bruit des Os qui Craquent ». Adaptation, Mise en scène Alberto Garcia Sanchez. Par la « Compagnie La Cavalière Bleue ». (Avignon, 17-07-2017, 12h15) +++

Aux « Lucioles » on parle des « Mines du Coltan ».
Au fond des petits tunnels, ce sont les enfants
Qui remplissent de précieuse terre leurs seaux
Mais ce n’est pas pour en faire de beaux châteaux,
Mais des écrans tactiles que vos mains recueillent.
On ne voit plus nos ordinateurs du même œil …
Aux diamants et au pétrole ils font bon accueil,
Sans tenir compte d’enfants conduits au cercueil.

Une mise en scène et un jeu qui nous transportent.
Loin, de camp en camp, c’est Elikia qu’on emporte ;
« Le fusil tue l’âme de celui qui le porte ».
Marionnettes figurant les enfants soldats
Condamnés à faire toujours plus de dégâts.
Les hommes, cachés, dirigent avec fracas.
Enfin évadée, Elikia témoignera,
Mais aux crimes odieux, elle ne survivra.

« Trois ans avec les rebelles, dans la forêt » ;
Ils l’avaient forcée à brûler : Passé, effets …
Parents, maison, village, tout devient informe.
« Des couturières qui cousent des uniformes »
« Pour enfants » qu’au maniement des fusils on forme …
Et « les petites filles aux vagins déchirés »,
A « L’espérance » mutilée et torturée,
N’ont plus d’avenir, ayant perdu leur reflet.

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« Jaz ». De Koffi Kahulé. Mise en scène Alexandre Zeff. Avec Ludmilla Dabo et le Mister Jazz Band. Par la compagnie « La Camara Oscura ». (Avignon, 12-07-2017, 19h00) +++++

Une apparition tout simplement fascinante.
Sa voix, et sa personnalité, envoûtantes,
Subjuguent dès les premières notes chantantes,
« Chapelle du Verbe Incarné », hallucinante.

Beauté sacrifiée sur l’autel de la folie
De « l’inquisiteur » qui lui jette sa furie
En plein sexe affolé, au nom d’une tuerie
Pour posséder la femme par simple rouerie.

« Toutes les six minutes » un viol se perpétue …
Et il faudrait que cela soit encore tu !
Guitare, basse, batterie et saxophone,
Pour qu’à nos oreilles la vérité résonne.

Un opéra où quatre musiciens l’entourent
Avec talent. Il faut absolument qu’on court
Prendre une leçon spectaculaire d’amour
Qui ne soit sous la contrainte d’un faux discours.

« Pourquoi JAZ avec un seul Z ? »
« Pour Koffi Kahulé, l’absence du Z signifie »
« L’amputation irrémédiable que l’on ressent »
« Après l’expérience traumatique du viol. »
« Violer, c’est amputer profondément »
« Et durablement. »
« C’est aussi le vertige de se retrouver »
« Au bord du précipice que laisse à jamais en soi »
« L’éboulement soudain de son identité. »

« Enfin, l’absence du Z montre, au sens »
« Photographique du terme, le manque, »
« L’absence dans laquelle s’enracine le jazz. »
« Car malgré cette différence »
« Entre mon écriture et le jazz, »
« JAZ nous plonge bel et bien au cœur du jazz ».
Un spectacle fait de bon sens éclaboussant
Tout sur son passage au grand jeu éblouissant.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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