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Archives de Catégorie: 7 Idéaux et débats

« En ce temps-là, l’amour… » De Gilles Segal. Mise en scène, Interprétation Pierre-Yves Desmonceaux. (Avignon, 21-07-2017, 19h20) +

La preuve d’Amour, c’est de « chasser ses enfants »
Pour leur épargner d’être embarqués dans les camps.
Dans le train qui les mène à Auschwitz, père et fils
Tentent l’impossible en se fermant aux sévices
Que, dans « le wagon de la mort », certains subissent.

Interrogation aiguë sur la liberté,
Et jusqu’où l’on peut tenir en toute fierté.
Mais « nul autre ne croyait encore à la vie »,
Tassés dans les fourgons où à peine on survit.
« L’humour, la seule qualité qui manque à Dieu »
Engoncé, sanglé dans son halo mystérieux.

Texte et mise en scène faits de simplicité
Dans un dépouillement vrai, sans vulgarité.
Écriture sobre, pleine d’humanité.
Une leçon de vie en toute aménité.
Vivre tout en sachant, des bourreaux, l’impunité …
Vivre avec le bruit du train, la complicité
De milliers de gens issus de la même cité …
Le « Théâtre Au bout là-bas » porte bien son nom,
On ne peut que le citer, dès lors qu’il dit NON !

« L’homme à inventé Dieu pour consoler »
« Les petits enfants qui ont peur dans le noir ».
« Est-ce qu’en ce temps-là l’amour »
« Était de tuer son enfant? »
« Un matin sale se levait sur Auschwitz, »
« C’était l’aube du septième jour ».

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« F(L)ammes ». Écriture, Mise en scène Ahmed Madani. (Avignon, 05-07-2017, 11h00) ++++

Au « Théâtre des Halles »,
Leur cœur s’ouvre et s’emballe.
Ce sont toutes ces femmes
Qui transportent les « flammes »
De leur grandiose espoir
Réfléchi des miroirs.
Leur image ils capturent,
En poussant la gageure
De les vouloir très pures.
Elles résistent et se libèrent
De la domination des pères.

« N’aie jamais honte d’où tu viens », ni de tes pères ;
« La forêt qui est en nous » est ton vrai repère.
Là, « j’ai compris que l’intelligence forestière »
« C’était une valeur dont je pouvais être fière ».

Parents issus du monde entier ; Passionnément,
Elles font sauter les clichés. Différemment,
Des unes aux autres, elles s’assument pleinement.
Elles se racontent avec un immense talent.

Un texte rouvrant les plaies et comblant les trous.
« Être de nulle part et aussi de partout »,
C’est le passeport qu’elles exhibent toujours.
Spectacle fascinant qui, sur notre peau, court.
Elles sont dix pour se battre contre neuf chaises,
Dans un climat que leur juste parole apaise.

Un humour percutant
Qui ne fait pas semblant.
« Ce rien qui n’est pas là »,
Qui « devrait être là ».
« On lui avait tout coupé, sa chair et sa mémoire ».
« Retirer les nœuds des cheveux », pas ceux de l’Histoire.
Comment « ne pas être une fille comme les autres » …
« C’est la peur qui provoque la violence de l’autre ».

« Tu as vu, quand un homme a peur, il se rasseoit. »
S’élève une force incroyable et confiance en soi.
Magnifique leçon d’humanité, ma foi.
Mise en scène explosive, vraiment, on y croit !

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« La Première Pierre ». Texte, Mise en scène, Lumières : Jean Chollet-Naguel. Avec Nathalie Pfeiffer, Pauline Klaus. (Avignon, 26-06-2017, 14h10) +++++

La configuration de la « Salle Molière »,
Cette « Salle Ronde », qui respire la pierre,
Se prête à la situation d’enfermement
Où la prisonnière est confinée brusquement.

Le plafond, en voûte bombée, est recouvert
D’une multitude de briques réfractaires
Et quelques-unes ont la couleur des sacrifices
De sang dont elles pourraient devenir complices.

Illusion parfaite d’un immense bunker
D’où le salut ne pourrait venir que d’en l’air
Et c’est de là qu’on jette « La Première Pierre ».
Les mots lâchés, on ne revient pas en arrière.

On se sent pris en otage dans cette sphère,
Car de plus en plus étouffante est l’atmosphère.
Interprétation bouleversante et amère
D’un trio d’acteurs pour une vie éphémère
Qui remet à l’heure pendules et repères.

Coup de cœur 2015 et 2013,
Coup de poing sur la conscience que rien n’apaise.
Quand nos pensées deviennent brûlures de braise,
C’est notre lâcheté à réagir qui pèse.

++++++++++++++++++++++

Quand au Yémen
L’amour la mène,
Elle ignore la peine
Qu’elle encourt et la haine.

Il lance « Entre ou je te tue »
A Anneke, ingénue.
Le bonheur qu’elle a connu
En lapidation se mue.

Bien que médecin elle n’a pas retenu
Que le respect de la femme est terre inconnue
Dans certaines contrées où rien ne lui est dû.
Un mot de travers, soudain l’on n’existe plus.

« Condition des Soies », on a le cœur qui se serre
Dès la première vision de cave d’enfer.
Texte puissant, sobre et fort, qui laisse sans voix
Face à toutes ces femmes qui n’ont d’autre choix
Que d’obéir aveuglément et de se taire
Sous peine de franchir la case mortuaire.

La légitimation du crime envers les femmes
Est décrite avec discernement, bien qu’infâme.
Les mots sonnent toujours justes et à bon escient.
De la salle on ressort bouleversé, conscient

Que ça ne doit plus durer. Submergés d’horreur,
Pétrifiés, on ne peut que ravaler nos pleurs,
Si longtemps gardés en soi, qu’une grosse boule
Empêche les commentaires et nous rend maboule.

Spectacle d’une simplicité émouvante
Qui percute notre cerveau et l’épouvante.
Dans une attention soutenue et éprouvante,
On se sent la poitrine emmurée et vibrante.

Grâce à ce témoignage inespéré, poignant,
Il n’est plus question de rester indifférent.
Le jeu des actrices est si sincère qu’il laisse
Le cœur au bord des lèvres en frissons de détresse.

L’émotion est au comble et la tension palpable
Par cette interprétation qui tire l’alarme.
Par pudeur, on a du mal à stopper ses larmes.
Belle leçon d’humanité, c’est indéniable,
Pesée, mesurée, sans appel à la vengeance.
Pièce pleine de retenue, à voir d’urgence.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« Contagion ». De François Bégaudeau. Mise en scène Valérie Grail. Avec Raphaël Almosni, Côme Thieulin. (11-06-2017, 16h00) ++

Texte qui nous pousse hors de nos retranchements
Et nous force à nous interroger humblement.
« L’incrédulité, début de l’esprit critique »,
Nous permet de remettre en question nos pratiques.

« La rumeur court. (…) L’air (…) gorgé (…) charrie des complots ».
Une pièce peut-elle éradiquer les maux ?
« Au moins, nous aurons essayé », avec des mots.
Dialogues percutants, solides … à fleur de peau.

Faire face à l’urgence, à la peur, aux fachos ;
« Incitation à démêler le vrai du faux ».
L’auteur nous aide à réagir sans perdre pied.
A nous, de poursuivre le discours qui nous sied.

On demeure abasourdi par la densité
Des propos qui nous plongent dans l’intensité
D’un suivi percutant de l’actualité
Et l’on ne distingue plus la réalité.

Si « la panique accélère la contagion »,
Elle se répand au-delà de nos régions.
Quand la manipulation de l’information
Passe les frontières de la compréhension,
On se perd dans un fatras de suppositions.

C’est au « Théâtre Paris-Villette »,
Qu’une analyse, juste et complète,
S’agite en tous sens dans notre tête,
Cogite en effervescence prête
A recueillir leurs notes bien faites.
A Avignon, « Théâtre Artéphile »,
Écoutons leurs pensées qui défilent …

« La peur du drame crée le drame » … en toutes parts.
« Je cours pour survivre … C’est comme un cauchemar ».
« Je veux retrouver la gratuité de l’enfance ».
« J’attends que me prenne une nouvelle espérance ».

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« Paroles d’étoiles. Mémoires d’enfants cachés ». D’après le recueil de Jean-Pierre Guéno. Mise en scène Alexandre Oppecini. Interprétation Armelle Lecœur. (24-05-2017,19h00) ++++

Ces « Paroles d’étoiles »,
Des vérités, dévoilent
Et Armelle Lecœur
Met un émouvant cœur
A retracer l’histoire
D’éphémères mémoires.

« Manufacture des Abbesses »,
A tous, ce message s’adresse.
Pour ces enfants que la vie blesse,
Qu’elle panse en délicatesse,
C’est leur honneur qu’elle redresse.

C’était le temps où tous les voisins se parlaient ;
D’une fenêtre à l’autre, les rues s’animaient
Et tous les enfants se mélangeaient et jouaient …
Et le temps où l’antisémitisme montait.
Le « surnombre dans l’économie familiale »
Justifierait-il une « solution finale » ?

D’humiliations
En vexations,
L »Étoile cousue, comme tatouée sur peau »,
S’y imprime à jamais, les laissant sans repos.
Un effrayant constat qui nous fige et nous trouble
Dans l’évocation d’un passé qui se dédouble.

Témoignages déchirants
Au récit bouleversant.
Elle lève un coin de voile
Du dessus des étoiles
Dans la clarté vibrante
Qui comble nos attentes.

Une brillante étoile descendue du ciel
Lance de lumineuses « Paroles » arc-en-ciel.
Comme un « acte d’amour … et de déchirement »,
La séparation se fait d’avec les mamans.

Avec beaucoup de pudeur et sobriété,
Elle dit l’indicible avec tranquillité.
Sa voix traverse l’espace vers nos cerveaux
Et son interprétation est comme un cadeau
Qu’elle lègue à ceux qui ne savent plus du tout
Pourquoi les camps ont laissé de si béants trous.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« Avenir radieux, une fission française ». Deuxième volet de la trilogie « Bleu-Blanc-Rouge ». « L’A – Démocratie », de et par Nicolas Lambert. Par la « Compagnie Un Pas de Côté ». (14-12-2016, 21h15) ++

Avec de beaux exemples de langue de bois
Qui nous laissent stupéfaits et même pantois,
On est sensible à ses démonstrations de choix
Traitées à force de labeur et bonne foi.
A réentendre ces discours, on reste coi,
Nous remémorant ces divers débats de poids
Plume, vides et secs comme une coque de noix.

Sachant que la publicité coûte deux tiers
Du prix de la fabrication d’un réacteur,
Quel est le vrai prix de revient du nucléaire ?
Très franchement, tout cela nous fait un peu peur …
« Pub EDF, cinquante millions annuels »,
« Pub AREVA », idem, c’est le nez vers le ciel
Que l’on attend que ça tombe dans l’écuelle ;
L’énergie répandue, perdue, dans les ruelles.

L’écrivain nous montre leur grand n’importe quoi,
Imitant nos politiques et prenant leur voix.
Son travail de recherche ouvre quelqu’autres voies
Qui versent dans le public des rires aux abois.

« Théâtre de Belleville », les pays croient
Aux « compétences nucléaires » dans la joie.
Chaque État, dans « l’uranium enrichi », a foi.
Mais les habitants, face aux déchets, ont les foies.
Un bel effort de documentation, ma foi !

Toutes ces dépenses nous pèsent sur le foie,
Mais, de nous plaindre, nous n’avons jamais le droit.
A force de bourrage de crâne, on y croit
Et l’on subit toute la nuisance qui croît.
Spectacle drôle, qui souffle le chaud et froid.
« L’origine de l’électricité », c’est quoi ?
Le violoncelle aussi est électrique, waah !

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« Ici les aubes sont plus douces ». D’après le roman de Boris Vassiliev. Mise en scène Marie Lauricella, Olivia Combes. Par le « Théâtre du Peuple Lié ». (11-12-2016, 15h30) +++

Mues par la joie de vivre et le sens du devoir,
Les combattantes en première ligne vont choir.
Elles vivent de poésie, aussi d’espoir,
Ces « Femmes militaires » bravant le danger,
« Mitrailleuses anti-aériennes » à peine âgées
De seize à dix-huit ans et formées en « trois mois ».

Leur jeunesse au front va s’achever, se flétrir.
Au « Théâtre Douze » elles sont sept à mourir
Pour qu’à l’aube, le lendemain puisse fleurir.
A peine cachées par la forêt de bouleaux,
Ces femmes russes abattent un immense boulot,
Mais restent dans l’ombre au fronton des héroïnes
Où, de couronnes, elles n’ont que celles d’épines.

Une mise en scène vive et chorégraphiée
Avec précision et grand art diversifié.
La musique qui sait, l’action, intensifier,
Favorise bien la montée de l’émotion,
Accélère tensions et imagination.
Autour d’un très beau chant russe polyphonique,
Elles rayonnent en une danse folklorique.

Toujours féminines et bardées de compétences,
Après la guerre on restera dans l’ignorance
De leurs hauts faits. Et, vite oubliées, leurs souffrances
Ne seront pas reconnues. Dans les « marécages »
Des combats, leur esprit surnage à ces carnages.

Texte limpide où la force des engagées
Sert de leçon à ceux qui ont tout saccagé.
Qui va reconstruire sur les vies ravagées ?
Car c’est encore elles qui vont se sacrifier
Pour repeupler une planète à pacifier.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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