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Archives de Catégorie: 7 Idéaux et débats

«Acquittez-la !» Texte, Mise en scène, Interprétation Pierrette Dupoyet. Par la «Compagnie des Vents Apprivoisés». (Avignon, 15-07-2021,11h50)★★★★★

La mère n’avait jamais besoin de personne,        
Elle faisait tout elle-même, sans qu’on sonne.      
La jeune fille rêve d’un «mari gentil»         
Qui, brusquement, devant elle aurait bien surgi.      

Au «Théâtre Buffon», la fête de mariage       
Perd de son éclat et tourne vite au naufrage.      
Elle ignore tout de l’homme qu’elle épousa,       
Jusqu’au jour où elle mit au monde Sarah.        
De grossesse en grossesse, vint un petit gars.      

Quand la violence apparaît et soudain s’installe,        
Elle éclate imprévisible en lourdes rafales,         
Tétanise, annihilant toute volonté.        
Alors, elle «apprend à subir et à se taire»,      
La multiple Alexandra, toujours maltraitée        
Malgré qu’elle vaque aux tâches prioritaires.      

Avilie et forcée à se sentir coupable,      
De réagir et choisir, elle est incapable.        
Dans l’engrenage infernal elle se sent prise,        
Peu soutenue et totalement incomprise.         

Texte et jeu, d’une puissance inconditionnelle,         
Interprétés par une actrice exceptionnelle      
Qui fait corps avec la salle et toute l’histoire.         
Une immense simplicité pour émouvoir,         
Sans masque ni fard, une vérité à voir.         
C’est au «Buffon», un témoignage incontournable        
Pour lutter contre les violences inacceptables.                                       
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  
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Note : 5 sur 5.

 

«Je Hurle». Poèmes de Mirman Baheer. Dramaturgie Magali Mougel. Mise en scène Eric Domenicone. Jeu Faustine Lancel, Yseult Welschinger (Conception marionnettes). Musique Jérôme Fohrer. Par la «Compagnie La soupe». (Avignon, 06-07-2021, 13h05)★★★★

«Etre une fille, une femme, en Afghanistan»,      
Se résume à une condition de néant.      
Vie de crainte en continuel enfermement       
Où, s’exprimer, expose à la mort, sûrement.      

Écriture : acte de rébellion à punir ;      
Un «nom de plume» sur du papier qu’on déchire,        
Poétesse en herbe, fantôme plein de bleus,       
Elle «se suicide en s’immolant par le feu».        

«Un objet de plaisir, un jouet pour les hommes»,        
Une poupée de chiffon, malmenée, en somme.       
Sans avenir,        
Elles délirent ;        
La liberté égale la honte à cacher.         
«Les Talibans reprennent le pouvoir armé».        

Héroïnes de feuilles froissées, repliées          
Sur elles-mêmes, que l’on fait toujours plier,        
Blanches figurines fabriquées sur la scène        
Dans un bruissement de meurtrissures obscènes …     
      
Car il n’est pire crime que de naître fille           
A mater à coups de boule pour jeu de quilles.           
«Il n’y a que la mort pour effacer la honte»          
D’écrire et de souhaiter être prise en compte.        

C’est un témoignage fort bien documenté         
Sur de simples supports qu’ils nous font miroiter.           
Théâtre du «Onze-Gilgamesh»,           
Il est urgent d’allumer la mèche          
De la réflexion         
Sur la condition         
D’une moitié de population         
Qui devrait relever haut le front.                    
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  
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Note : 4 sur 5.
 

«Sales gosses». Pièce de Mihaela Michailov. Traduction Alexandra Lazarescou. Mise en scène, Costumes, Fábio Godinho. Interprétation Claire Cahen. Création sonore, Batterie, Guitare, Jorge De Moura. Par le «Théâtre du Centaure». (Avignon, 03-07-2021, 12h45)★★★★

Le «drapeau de la Roumanie»          
«Et de l’union européenne»     
Flotte au-dessus des tragédies     
Qui rendent la vie inhumaine.     

La violence sonore     
Traverse le décor     
Fait de vingt-quatre poids     
Aux cordes musicales,      
Souples et verticales,  

Qui vibrent face aux lois           
Dictées en bonne foi.         

«Caserne des Pompiers»,       
Entre câbles élastiques       
En structure cubique,     
Elle se sent crier    
Sa révolte intérieure     
En voulant être ailleurs.     

Leçon sur la démocratie     
Qui dérive en autocratie.      
Histoire en coups de poings       
Et pieds liés au point      
De faire sourdre le sang      
D’une enfant qui sort du rang.       

La petite a l’esprit créatif      
Avec des rêves  si constructifs,        
Qu’elle réalise des figures      
Toujours nouvelles et pleines d’allure.           

«J’ai pour projet de faire la faune roumaine»      
Grâce aux élastiques avec lesquels je m’entraîne.          
«Je ne demande jamais de fric»,        
«Mon délire c’est les élastiques».      

La mise en scène extrêmement originale     
Révèle un texte bouleversant et crucial,    
Admirablement joué par la comédienne       
Qui interprète tous les rôles en file indienne.       

«Fallait la mettre au coin»     
Pour une mise au point.       
«Tu es ce qu’ils veulent que tu sois»,         
A ton corps défendant, malgré toi.       
L’innocente cruauté recrache      
Tout ce qui se trame et puis se cache.                         
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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Note : 4 sur 5.

 

«La folle et inconvenante Histoire des femmes». Ecriture Laura Léoni. Conception, Interprétation Diane Prost. Mise en scène Laetitia Gonzalbes. Par les compagnies Camélia et «Kabuki». (Paris, 10-06-2021, 20h00)★★★

Au «Funambule»,
Le torchon brûle
En liberté
Tant contestée.

L’indignation l’enflamme
Dès qu’il s’agit des femmes
Qui sans cesse turbinent,
Reléguées en cuisine.

C’est dans les magazines
Qu’elles emmagasinent
Les idées de révolte
Qui, partout, se colportent.      

Une judicieuse remontée historique,     
Du fond des siècles, de la sexualité,     
Défrichée, décryptée, avec habileté,     
Nous démontre, à quel point, tout n’est que politique.

La femme invisible,
En bête nuisible,
Se cache chez elle ;
On rogne ses ailes
Avec un grand zèle.     

Sur l’immense écran d’augustes révélations,     
Elle est «symbole de paix et monnaie d’échange»,     
Certes à condition que jamais elle ne change,     
Accepte toujours de faire des concessions.     

«Chaud et sec comme le désert majestueux»,   
Est l’homme qui «garde son sang» impétueux.     
«Froide et humide» est la femme qui perd ses règles     
Dans ce corps nié et ensemencé en règle.     
Et le «viol conjugal à but reproductif»     
Le confère dans un monde compétitif.      

Si l’on y pense, était-ce au temps du Moyen-Âge,             
Qu’accusée d’être guérisseuse ou trop sage …      
Qu’«enterrée vivante la ferait réfléchir»      
Si, sous le joug de l’homme, elle ne veut fléchir ?     
«Maintenant, c’est juste les plaintes qu’on enterre».     
C’est une mise en bière qui coûte moins cher     
Et c’est une autre façon de la faire taire.     
    
«Droits de la femme et de la citoyenne», absents     
De la déclaration. Qui ne dit mot, consent.     
Un corps rejeté «depuis des milliers d’années»,     
Celui des femmes saignantes, impures et damnées.      
«N’était l’égale de l’homme» qu’en ces deux mots :     
Subir la «punition ou payer les impôts».

Engagement féroce et mordant qui écume     
La société patriarcale qu’elle allume.     
Une brillante interprétation en costume     
Unique et original pour que les coutumes     
Passent vite d’un pli à l’autre et s’accoutument     
A s’envoler aussi haut qu’une belle plume.     
Mise en scène astucieuse éclairant les volumes     
Dans des drapés ou déshabillés qui s’assument.     

Écrit militant qui avance à découvert,     
En témoignage des femmes qui ont souffert.     
Elles sont «la mémoire»     
Qui fait garder l’espoir     
De vraie égalité     
Avant d’être alitées     
Pour toute éternité.     

Un texte fascinant, rempli de fol humour     
Sur le corps des femmes et de leurs folles amours,      
Qui part de l’Antiquité jusques à nos jours,     
Pour mettre le doigt dans les blessures qui courent,     
Les stigmatisant, tel un manque, un trou, tout court,     
Que l’on doit dompter comme dans la chasse à courre.          
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  
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«Et c’est un sentiment qu’il faut que nous combattions je crois». Écriture (collective), Mise en scène, Jeu David Farjon. Et avec Samuel Cahu, Magali Chovet, Sylvain Fontimpe, Ydire Saïdi, Paule Schwoerer. Par la «Compagnie Légendes Urbaines». (Paris, 09-06-2021, 20h00)★★ (Festival d’Avignon 2021)

En bas de l’immeuble, «ils font partie du décor»,     
Tous ces jeunes qui ont la danse dans le corps.     
«A la reconquête de l’espace public»,     
Les femmes s’expriment par de justes répliques.    
«Les hommes occupent les lieux, les femmes subissent».     
Pour parler des interdits sexistes, ils sont six.     

Une sincère et documentée réflexion     
Analyse les phénomènes d’exclusion.     
Partant des médias, ils épluchent le langage,     
Expliquant aussi l’orientation des images     
Et la façon de présenter certains sondages.     

Entre montage et démâtage de séquences,     
On monte en épingle ce qui revêt le sens     
Que l’on désire montrer, de toute évidence,     
Orientant les gestes pour que monte l’audience.     

«La France a peur, et c’est un sentiment qu’il faut»      
«Déjà que nous combattions je crois». Est-ce faux ?    
«Mise en abyme» du «mythe de la banlieue»     
Qu’il faut considérer avec de nouveaux yeux.          

«Peut-on parler à la place des autres» ? Est-ce     
L’aveuglement, la surdité, qui n’ont de cesse     
De stigmatiser la compréhension des maux     
Qui blessent la société prise dans l’étau …      
L’empêchant de saisir la puissance des mots.    
Or «cette langue, c’est la langue de ma peau» !    
«Théâtre Paris-Villette, Onze Gilgamesh»,     
De l’intelligence, ils vont ranimer la mèche.


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«Terreur». Un procès-fiction de Ferdinand von Schirach. Traduction Michel Deutsch. Mise en scène, Jeu Michel Burstin, Bruno Rochette, Sylvie Rolland. Et avec Frédéric Jeannot, Céline Martin-Sisteron, Johanne Thibaut. Par la «Compagnie Hercub». (Paris, 26-05-2021, 15h00)★★★★ (Festival d’Avignon 2021)

«Théâtre Belleville» et «Onze Gilgamesh»,      
Afin de vous prendre à témoin ils sont de mèche.     
Un grand procès haletant et spectaculaire     
Où sont mises à vif les vérités éphémères.     

«Laura Khor, Commandante dans l’Armée de l’Air»,    
Se voit accusée d’«homicide volontaire»      
«Avec préméditation», ayant provoqué     
La destruction d’un Airbus, ce qui a choqué.     

Mais quelle autre possibilité avait-elle,     
Face au terroriste, à sa menace réelle ?     
Quand les tirs de sommation n’intimident pas     
Et que l’avion ne réagit en aucun cas …
     
«Si je ne tire pas maintenant, des milliers»          
«De personnes vont mourir». Comment concilier     
Les soixante-dix mille vies à épargner,     
Et celle des cent soixante-quatre passagers ?     

Mais aucun «ordre d’évacuation du stade»     
Ne vint. Tous se turent face à leurs dérobades.      
En cas d’urgence, seulement quinze minutes     
Suffiraient pour vider les lieux sans heurts ni luttes.     

«Laura Khor avait-elle le droit de tuer» ?     
Question pernicieuse qui peut perpétuer     
Tous les doutes     
Qu’on redoute.     

Femme brillante et extrêmement compétente     
Qui sait garder son sang-froid contre toute attente.     
Posée et réfléchie, elle fait son devoir.     
Pour le démontrer, du courage il va falloir.     

«Même si je n’avais pas tiré, ils seraient tous morts»,     
Les passagers et les supporters, bien qu’on le déplore.     
Sur scène, un procès de haute voltige explore     
Morale et esprit de justice qui déflorent     
Les intimes convictions,     
Les profondes réflexions.     
Constante interrogation     
De valeurs en perdition.     

C’est un spectacle formidablement conçu,     
Admirablement interprété, au vécu     
Surprenant. Aucune expression n’est superflue     
Dans ce texte dense au solide contenu.     

Il n’existe pas de certitude en morale.     
Principe de dignité de l’homme normal     
Qui, au nom de la Constitution, donne aval,     
Ou non, aux préjugés de cette issue fatale.     

En «plaçant les principes au-dessus de la vie»,     
On met en balance deux modes de saisie     
Dans l’interprétation qu’un procureur induit.     
La manière de poser les questions réduit     
Les possibilités du jugement acquis.     
  
«Une condamnation de Laura Khor»      

«Ne protège pas» du tout «nos vies»,     
«Elle protège nos ennemis»     
Lancés dans un éternel corps à corps.     

«Laura Khor est laissée seule avec sa conscience» …     
Au procès du «moindre mal» au-dessus des sciences     
Incapables d’arriver à l’équivalence     
D’un jugement sur d’hypothétiques «miracles»     
Et sur des faits ne relevant pas d’un oracle.      
Peut-on rester sans réponse aux provocations ?     
Avez-vous des propositions de solutions ?

                     
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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«Vague à larmes». Texte, Mise en scène Myriam Zwingel. Musique, Jeu Eric Bertrand. Et avec Fane Desrues, Karine N’Dagmissou, Benoît Remaud. Vidéos Vincent Graj. Par la «Compagnie Six Pieds Sur Terre». (Captation vidéo en direct, 09-03-2021, 10h30 et 14h30)★★

Slam sur projection de dessins et graphes bleutés,
Univers de tags, rap et masques animaliers,
Où l’on peut devenir des zombies fous à lier.
Conscience envahie d’images en elle pointées
Depuis un ciel où les étoiles vont briser
Les résistances pour mieux les martyriser.

Essai d’analyse de l’embrigadement
Dont le maître-mot est la «manipulation».
La «mécanique de radicalisation»
«Appliquée au thème non religieux». Actions
Qui soulèvent les passions et les réactions.
Comment entrer dans le «centre des émotions»
De tout individu à son corps défendant …

De «Tristesse» et «Peur», ils en sont l’incarnation,
Quand «Colère» et «Joie» pénètrent leurs relations.
Tour à tour, se déchaînent ces grands sentiments,
Tandis qu’ils développent des ressentiments.
Leurs pensées s’emmêlent et s’embrouillent lentement.
Leur cerveau vient à se vider inconsciemment,
Redevenant page blanche pour inscriptions.

Lavé et réensemencé de faux bla-bla
Qui semble aussi vrai qu’un brillant en plein éclat,
Muré, canalisé, il fait n’importe quoi,
Exclusivement nourri de mauvaise foi.

Travestie, toute Vérité devient fatale
Quand Mensonge revêt sa forme originale,
Embrassant n’importe quelle cause infernale.
«On mange leur peur et leur souffrance» animale.
L’humain culpabilisé est proie idéale
Pour croire à tout ce qu’habilement on déballe.

«Les gens ne sont pas ce qu’ils ont l’air d’être» au fond
D’eux-mêmes. Les réseaux sociaux font que se fond
Leur personnalité liquéfiée au contact
De ceux qui y sévissent sans le moindre tact.
 
Deux bancs de touche, témoins des hostilités
Et des discussions sur les faits de société,
Figurent le décor entre deux paravents
Qui dévoilent les personnages issus du vent
De la contestation, lors de leurs dix-sept ans.
Est-ce la prison, ou le bac, qui les attend ?
«Personne n’a rien vu», surtout pas l’important.
 
«Parce qu’elle est moche et qu’elle fait peur»,
«Tu l’écrases», la bête, avec froideur.
«Manipulés par notre propre sœur»
Qui met à jour nos grossières erreurs.
Remettons-nous en question nos valeurs ?

Cause humaine ou animale, on y court …
Peut-on rester muet, aveugle et sourd
Face à la violence qui suit son cours ?
Éviter que, subrepticement, on s’enrôle,
C’est ce à quoi sert l’intelligent jeu de rôle
Où les quatre acteurs savent garder le contrôle.


Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  
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«Accusé(e)». Écriture, Interprétation Clémence Baron. Mise en scène, Clément Baal, Lucas Biscombe. Et avec Colin Doucet, Brieuc Dumont, Alexis Hubert, Romane Savoie, Mathilde Toubeau. Par la «Compagnie La Baronnerie». (Avignon, 23-10-2020, 18h30) (Captation vidéo vue le 27-11-2020)+++

Que ce soit à «La Clarencière» ou au «Théo»,
Au «Verbe Fou» ou au «Sham’s», il n’est pas trop tôt
Pour dénoncer l’impunité des crimes odieux
Lacérant la chair des femmes à la face des dieux.

Adam apparaît, comme sorti d’un tableau,
Portant, lui seul, l’apocalypse sur son dos.
Il semble crouler sous le mal d’un tel fardeau
Et détenir la clef qui livrera les mots.

Vu que «toute action a une répercussion»,
Quel est alors le sens de la satisfaction ?
Au total, «toute chose engendre quelque chose»
Et est la conséquence de ce que l’on ose.
A travers un raisonnement mathématique,
Il explique les mécanismes et les déclics
Du «viol sur mineure sous soumission chimique»,
Tel le GHB qui endort le sens critique.

«Il s’excite dans la souffrance de sa proie»
Se délectant de son refus, de son effroi.
La victime, toujours dénigrée, dégradée,
Comme une menteuse est encore regardée.

Elle poursuit ses études sans grande peine,
Ses notes montrent «une excellente comédienne».
Le procès devient une insurmontable épreuve,
C’est elle qui doit rendre des comptes et des preuves.

Un discours qui la met en infériorité
Dès qu’on examine son intériorité.
«Avez-vous montré des signes distincts de refus» ?
L’humiliation, vécue une énième fois, la tue !

Avec de tels agissements, déposer plainte
Relève du parcours du combattant, éreinte
Et annihile le peu de confiance en soi
Faiblement exprimé, d’une petite voix.

Pour oublier, faut-il résolument se taire ?
Quand l’injuste procès ravive le martyre,
On comprend celles qui ne peuvent plus sentir
Le poids des calomnies qui font rentrer sous terre,
Ravivent les blessures et rendent impossibles
Joie et cicatrisation de la femme cible.
«C’est encore moi qui la domine» et la défie ;
«Je sens malgré tout à quel point je la terrifie».

«Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?»
«Comment je me sens, Madame ?»
«On m’a volé mes souvenirs,»
«On m’a volé mon adolescence»
«Et on m’a projetée à l’âge adulte.»
«Et depuis quand être adulte,»
«C’est se faire violer ?»
«Madame, cette nuit-là,»
«Je me suis demandé»
«Pourquoi il ne m’avait pas tuée»
«Et j’ai vraiment souhaité qu’il l’ait fait.»

«Je ne ressens rien», comme dans un éternel somme,
Qu’ «une haine incommensurable de tous les hommes».
«Impossible de se regarder dans un miroir»
«Sans se sentir laide» et «sale», emplie de désespoir,
Pénétrée de culpabilité, aussi de «crasse»
Indélébile qui occupe toute la place.

La sensation de «mutilation» permanente
Reste à jamais gravée en terreur persistante.
Les «envies suicidaires» et «cauchemars» atroces,
Les «crises d’angoisse» de plus en plus féroces,
Le besoin d’amour désormais inatteignable
Tant on sombre et se perd dans un vide insondable.

«Parole contre parole […] aux yeux de la loi,»
«Çà ne répond à rien» qui fasse vraiment foi.
Sans preuve irréfutable,
Il n’est point de coupable.

Et le procès devient celui de la victime
A laquelle, l’ordre de se taire, on intime.
Contre les offenses,
La loi du silence.

«Je t’ai violée et je ne le regrette pas» ;
(Au tribunal, il ne le répétera pas)
(Debout, à la barre, toujours il le niera)
Ôter le goût de vivre en est le résultat.
Pour parvenir à «se pardonner» à soi-même,
Encore faut-il, qu’un tout petit peu, on s’aime …
Pour elle, cela pose à jamais un problème.

Prise par surprise,
Elle est sous l’emprise
D’un «profiteur» malfaisant
Qui l’a réduite à néant.

Le rédempteur, c’est Adam,
Celui qui va de l’avant,
La conscience qui soutient
Quand il ne reste plus rien.

Le jeune coupable a quitté
La salle d’audience acquitté
Car il n’a cessé d’accuser
La jeune innocente abusée.
Victime ridiculisée,
Refrain souvent utilisé
Pour d’autres proies toujours viser.
Responsabilité usée
D’un jury devenu risée,
Complice de n’avoir osé
Laver son jugement crotté.

Un sujet crucial
Contre la brutale
Arme génitale,
Aux femmes, fatale,
Car l’homme immoral,
En bête anormale,
Détruit quand il râle,
Se croyant vrai mâle,
N’étant qu’animal.

Au viol, s’ajoute un terrible et second outrage,
Celui que fait subir la justice en naufrage
Qui anéantit la femme que l’on dégage,
Balayant son innocence avec force rage.

De victime, on la charge et finit «Accusée»
D’être tout simplement une femme à baiser
Car l’homme trouve naturel de l’abuser.
De quoi se plaint-elle ? Il l’a si bien honorée
Que, toute sa vie, l’horreur va la submerger,
La déchirure à vif, plus jamais réparée.
Peur, douleur et honte, en elle, vont gamberger,
La plonger dans un monde toujours séparé
De ce qu’aurait dû être sa vie à l’orée …

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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«Le corps de mon père». Texte Michel Onfray. Mise en scène, Interprétation Bernard Saint Omer. Par «Rhizomes Compagnie». (Avignon, 21-07-2020, 11h00)★★★★

«Le corps de mon père» mastique tous les mots
Imprégnés d’odeurs du matin, près du fourneau.
L’ombre se fait lumière au contact de la peau.
Les effluves échappées, autour de nous s’assemblent
En descriptions minutieuses qui toutes semblent
Surgir d’un passé encore présent qui tremble
Sous la lame acérée d’écriture au cordeau.

La vie de famille se pétrit sous nos yeux,
Déroulant à fond son long ruban généreux.
Le travail très bien encadré, millimétré,
S’accorde parfaitement au discours lettré
D’un auteur à la précision chirurgicale
Où chaque situation s’intègre et se cale
A l’endroit désiré sans aucune rature ;
De superbes propos denses à forte carrure.

Plusieurs constructions solidement ouvragées
Mettent à l’honneur des formes jamais outragées.
Un récit, emprunt de sueur, qui prend aux tripes,
Dans un rapport charnel avec l’acteur, fabrique
D’intimes frottements d’étincelles électriques
Qui jaillissent de la scène vers le public.
Un goût d’échardes et de café vient à la lippe.

Une traversée de «gestes» d’infinité,
«De la matière dont on fait l’éternité».
Texte sobre et extrêmement riche à la fois
Dont l’habile et juste interprétation fait foi.

Quelques souvenirs, gravés à vif dans la chair.
Échange, entre un père et un enfant, qui suggère
«Que la force de son père n’avait qu’à être»,
«Une fois de plus, sollicitée pour apparaître».
Muscle tendu du bras ferme et autoritaire
Qui apprivoise les entrailles de la terre.

C’est un tableau saisissant de la vie rurale
Où «l’amour et la rage mélangés» ravalent
Des larmes d’admiration face à la «misère»
Qui sème la «révolte» aux confins de l’enfer.
Œuvre approfondie qui secoue comme un éclair,
Ouvre puissamment les sillons d’une pensée
Étudiée, resserrée et finement sensée.

Un tir, sûr, réussi, qui cible bien sa sphère.
Un jeu solide et plein de conviction éclaire
Les tranches d’une mémoire si nécessaire.
Les miettes s’y distribuent avec savoir-faire.

Pain béni, ou pas, circulant dans les artères,
Fait de labeur et de sang, dans une atmosphère
Où un immense souffle s’étend sur les pairs
Unis dans la douleur de ceux qu’on désespère.

Un émouvant message d’amour qui structure
Une représentation chargée de culture,
Dans toutes les acceptions du terme, sans bavures
Autour des plaies qui, à jamais, l’âme, fissurent.
Impressionnant «voyage philosophique offert»,
Par Michel Onfray, «pour les quatre-vingts ans du père».
A voir absolument au «Verbe Fou Littéraire».

Béatrice Chaland / BC. Le Rideau Rouge
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«Le tout petit prince minuscule». Ecriture, Mise en scène Yves Cusset. Interprétation Ernaut Vivien. Par la «Compagnie Un Jour, J’irai». (Avignon, 27-07-2019, 10h05)++++

«La mort, c’est pas rien,»
«Ça n’arrive qu’une seule fois dans la vie».
Ça nous fait du bien
De saisir comment l’auteur plonge en la survie
D’un être sans défense
Et plein d’une présence        
Qui nous subjugue et étonne par sa prescience ;
Il nous émeut jusqu’au fond de notre conscience.

Le comique surgit du décalé des mots.
Raisonnement naïf, subtil, fort à propos.
On attend telle hypothèse et l’autre est choisie.
Regard d’enfant sur un monde d’adultes pris
Dans la tourmente d’une pensée qui s’enfuit.

On a l’impression d’être en la tête de l’homme
Diminué. Alors on comprend tout, en somme,
De cas spéciaux, d’un certain type de folie,
Sorte de génie, source de mélancolie.    

«Optimisme triste» ou «pessimisme joyeux» ?
Penchons pour le deuxième, quand la joie aux yeux
Décille notre esprit
Afin que l’on sourie.

Quand un comportement moisi
Manque un peu de courtoisie,
On déguste avec frénésie
L’humour noir de la jalousie.

«L’amour, médicament pour oublier la vie» …  
«Ou la mort» … suspendue dans un dernier sursis ?
L’amour est l’attente du prochain rendez-vous
Et le reste n’a plus d’importance du tout.

Cet essai, d’une immense sensibilité,    
Dévêt l’humanité avec humilité.
Eblouissante interprétation. Rôle phare
Qui livre le fond de l’âme sans aucun fard.

Son écriture m’a totalement bluffée ;
A voir absolument ! Comme un conte de fée  
Très puissant et terrifiant de sincérité.          
Ce texte profond, emprunt de légèreté,
D’une incroyable force, crie sa vérité.  

«L’essentiel est invisible pour les oreilles».
Dire «je veux» est une nouvelle naissance.
C’est prendre possession de ce qui a un sens
Particulier ; et plus rien ne sera pareil.

«Le petit prince ridicule»
S’écrit en lettres majuscules
De poésie philosophique
Qui produit un effet magique
A l’«Atelier Quarante-Quatre»,
Sympathique petit théâtre.

Il est tout petit,
Son Q.I. aussi ;
Mais sa drôlerie
S’emplit d’infini,
De vitalité,
De grande gaieté,
Comme ce qui suit :

«L’amour, ça remplace la vie,»
«Comme si on flottait par-dessus»
«Et qu’on la regarde de loin.»
«Que la vie ne nous dérange pas,»
«Et nous laisse seul»
«Avec notre amour tout entier.»

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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«Le Souper». De Jean-Claude Brisville. Mise en scène, Interprétation : Daniel Mesguich (Talleyrand), William Mesguich (Fouché). Par la «Compagnie Miroir et Métaphore». (Avignon, 24-07-2019, 19h30)++++

L’impétueux et rigide Duc de Fouché,   
Droit dans ses bottes, ne veut se laisser faucher         
La primeur d’une vraie victoire à l’arraché,      
Face à un glacial et cynique Talleyrand.       

Fouché, le chef du gouvernement provisoire,    
Dévore à belles dents, repas, rival d’un soir ;    
Talleyrand, l’ancien chef de la diplomatie
De Sa Majesté, perçoit les nuances, aussi          
Minimes soient-elles et les exploitent à l’envi.        

Sacrée lutte entre deux esprits vifs, opposés,            
Qui, afin de vaincre l’autre, vont tout oser                     
Pour que chacun puisse, ses idées, imposer.      
«Deux heures pour trouver un régime à la France»,       
Temps imparti pour mesurer leurs différences    
Dans un affrontement brillant d’intelligence.

«Nous sommes gens à nous parler» (…) «à demi-mots»…       
Dialogue où pas une parole n’est de trop.      
«Je l’ai trouvé creux» (…) «il n’est plein que de lui-même»… 
Ainsi court la joute oratoire que l’on aime.                

Ton rigide sous lequel perce la menace
Quand, devant lui, l’autre nullement ne s’efface.         
C’est un précieux «Souper» où règne l’éloquence      
D’un discours calculé, peaufiné d’arrogance.     

Mets raffinés, enrobés de lente distance              
Qui favorise d’autant mieux la pertinence                 
De mots couverts d’élégance et d’impertinence.          
Collier de paroles agréablement serties          
Dans un savant écrin superbement servi.

«Plus les temps sont troublés, plus l’amitié est précieuse»,               
Mais la façon de l’envisager, fort capricieuse.               
«Egaux dans l’exécution et la trahison» …            
L’intrigue pour l’Etat affûte la raison.

«On n’a qu’une parole, il faut donc la reprendre».      
«Bonnes manières et politesse» à s’y méprendre,           
Dans un habile jeu où deux très grands acteurs                          
Immortalisent l’Histoire, d’une hauteur                
Vertigineuse, pour notre plus grand bonheur.         
«Théâtre des Gémeaux», ils nous font cet honneur !

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«Curé le jour, Athée la nuit». D’après le  Mémoire de Jean Meslier (1664-1729). Adaptation, Mise en scène Jean-François Jacobs. Avec Alexandre Von Sivers. Composition, Musique en direct Gilles Masson. (Avignon, 24-07-2019, 17h45)+++++

C’est «La bonne parole du curé Meslier»,     
Qui, retransmise dans une langue déliée, 
Ébranle et percute dans sa véracité, 
Nous ouvre les yeux en toute authenticité.     

Curé de village à la langue bien pendue,
Dire le fruit de ses pensées est défendu.                 
Il révèle les «impostures» qu’il met nues,            
Remet en question ce qui est faussement cru.    

Il démonte les miracles et les prophéties, 
Les invraisemblances et ramassis d’inepties.
Texte fort, magistralement interprété ;
Salvateur, à tous il devrait être prêté.      

Une brillante réflexion rationaliste
Basée sur une solide argumentation.
On a la foi par «la force de l’habitude»
Qui nous invite à croire en une vie moins rude.        

«Quand l’ignorance rend les peuples misérables»…
«Je ne serai bientôt plus rien» qu’un pauvre diable,             
«Mes idées, elles, vivront». Ça c’est mémorable.
Un texte qui a trois siècles et pas une ride ;
Des écrits fondateurs, divinement fluides
Qui remettent en question les croyances morbides.    

1729 révèle un Manifeste révolutionnaire
Basé sur une philosophie exemplaire
Où la sacro-sainte parole se libère
En pages où des vérités explosent et sidèrent.       

Modernité de pensée infiniment juste 
Que l’on devrait graver sur le marbre des bustes
Afin que l’on prenne conscience des bêtises
Que l’on nous inculque dès nos premières bises.      

Un manuscrit osé et qui tient du prodige,            
A brandir au soleil au-dessus des vestiges         
D’une société qui s’agite sur ses tiges      
Ne contrôlant plus les racines qu’elle érige.

Un livre vital pour un spectacle essentiel
Qui démontre ce qui est vraiment dans le ciel.
Un témoignage à la force d’une comète
Pour apprécier les réalités des planètes.          

Belle découverte étoffée et audacieuse. 
Une adaptation théâtrale lumineuse
De ce chef-d’œuvre d’une rare intensité.
Médicament de première nécessité
Afin de ne pas périr dans la cécité.       

Le Théâtre belge «Episcène»          
Héberge une drôle de cène.
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir
Sur la Religion et le pourquoi de l’Histoire
Depuis le jeûne, verset au fond des déboires.
La timbale est pleine de ce que l’on fait croire.
Venez découvrir comment la mer est à boire ;
Contemplez, rien qu’un instant, l’amer qu’est à voir.
Osez marcher sur les os du passé de gloire.      

C’est un texte grandiose à ne pas laisser choir
Qui restera longtemps gravé dans les mémoires.
Un jet d’encre et d’esprit sain sorti des tiroirs.
C’est à lire de toute urgence, sans surseoir.

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«Le Don». Texte, Mise en scène, Interprétation Pierrette Dupoyet. Par la «Compagnie des Vents Apprivoisés». (Avignon, 23-07-2019, 17h55)+++

Une pièce qui répare les bras cassés
Et remplit de sève l’arbre des trépassés.
«Tu parles de lui, donc il est là» tout le temps.
«Il n’y a que l’oubli qui fait mourir les gens».
«On peut donner son cœur si on n’en a plus besoin».  
Cet organe vital est à prendre avec grand soin.

«Le Don», c’est aussi celui de la comédienne
Livrant, du fond du cœur, ses réflexions humaines.
Elle se donne corps et âme,
Quand un juste sujet l’enflamme.

Comme toujours, des textes fort documentés,
Avec art, conviction, talent, agrémentés.
A «La Luna», elle déclenche un fol espoir,
Nous incitant à nous confronter au miroir
Pour mieux réajuster nos pensées dérisoires
Et s’interroger sur le vrai sens du devoir
Civique pour tenter de sauver une vie ;
Passer le flambeau et relever le défi ! 

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«Le Corbeau Blanc». De Donald Freed. «Eichmann à Jérusalem, Autopsie de la Barbarie». Mise en scène William Mesguich. Adaptation, Jeu Nadège Perrier. Et avec Hervé Van der Meulen. Par les compagnies «Rêve Eclair» et «Antisthène». (Avignon, 23-07-2019, 14h05)+++

«Adolf Eichmann, autopsie de la barbarie»,
Un essai de reconstitution aguerri
Pour comprendre ce dont on n’a jamais guéri.
Mais le peut-on ? Survivre aux ordres et à quel prix !

Première audience sous le signe du cynisme.
Tentative d’éclaircissements. L’optimisme
A propos de ce dossier tourne au cataclysme.
«Il suffit de voir pour le croire». Réalisme
Cru, direct, tentant l’analyse du séisme.

«Nous avons créé Hitler, nous en avons fait un Dieu».
«Cet homme est passé du caniveau à l’Arc de Triomphe»
Et il a défilé sous tous les yeux
D’un peuple hypnotisé, gonflé à donf.
«Victimes et bourreaux pouvaient être affiliés par le sang»
Versant, versé en brunâtres torrents.

«Eichmann grandit dans le but d’être inexistant».
A «La Luna», il n’est pourtant pas transparent.
L’Holocauste commencé, il s’y jette sans compter ;
Il a «le pouvoir de le faire et pas de l’arrêter».

«La conscience est une invention juive», dit-il,
«Une tache comme la circoncision». Vil
Propos éructé par un être empli de bile.
«Nous naissons dans l’excrément et dans l’urine» ;
On s’y vautre, obéissant par discipline.

La peur est à l’origine du génocide.
Elle secrète une odeur tellement acide
Que le crime prend l’apparence d’un suicide,
Et l’esprit, alors aveuglé, n’est plus lucide.

«Allez à Auschwitz et plantez un verger»
«Dans le désert», c’est plus fort que de se venger ;
Mettre un peu de baume sur les plaies outragées
Qui se rouvrent dès que se pointe le danger.

Brûlant texte, terrible d’authenticité,
Qui met à nu tant d’effrayantes vérités.
En noir et blanc, ressort toute la panoplie
Des dégradés de gris tombant en cendre et pluie. 

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«Charlie Bauer est amoureux». Pièce d’Alain Guyard. Mise en scène Dominique Fataccioli. Interprétation Hervé Fassy, Laurence Preve. Par la «Compagnie Pleins Feux». (Avignon, 23-07-2019, 12h10)+++

«Droits de l’Homme arrêtés aux portes des prisons»,
De quoi en perdre totalement la raison.
Elle, «militante marxiste révolutionnaire» ;  
«Des quartiers les plus pauvres, Charlie est originaire».

Un texte puissant où chaque parole compte,
Où l’engagement se dégage de la honte.
Il «aime la révolution comme une femme»
Et davantage encore, du tréfonds de l’âme.

«Ils voudraient nous confisquer le vide qu’on laisse»
«Dans les canalisations», dans la vie qui blesse.
Charlie Bauer retrace toutes les tortures
Qu’il a subies dans l’enfer de quatre vils murs.
«Je me masturbe comme on vole à l’étalage»,
«Je jouis à la sauvette», comme un sauvage.
Au «Théâtre L’Optimist», le combat fait rage.

Délicats tableaux auréolés de lumière,
Instants peu ordinaires de grâce éphémère
Où notre esprit, continuellement, s’alarme.    
Quel âge a l’enfant dont les yeux pleurent sans larmes ?
Son «corps, ce sac de chair et d’entrailles» abusées
Va s’éparpiller au-dessus des eaux usées.

Un écrit cru, d’une cruelle cruauté
Où flambent l’amour et la générosité.
Pièce écrite en toute liberté de pensée
Qui, par des acclamations, fut récompensée. 

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«Madame Guillotin». Texte, Mise en scène, Interprétation Pierrette Dupoyet. Par la «Compagnie des Vents Apprivoisés». (Avignon, 22-07-2019, 14h30)+++

Une veillée mortuaire
Qui, à la bougie, s’éclaire …
Pierrette Dupoyet dénude les mystères
De la Révolution Française et des faussaires.
«Théâtre Albatros», la guillotine s’affaire.

«Passer à une grande échelle», satisfaire
Le bourreau. «Il tue aveuglément, Robespierre» ;
La «clémence» n’est pas dans son vocabulaire.
«Ebouillantés, écartelés, écorchés vifs»,
Il fallait que les supplices soient plus hâtifs.  

Les cauchemars  que fait Madame Guillotin      
Lui ôtent le sommeil jusqu’au petit matin.      
Alors, elle découpe une page d’Histoire        
En rondelles ensanglantées, comme aux abattoirs.

«Guillotin, l’humaniste et le grand médecin»,
Introduit en France l’instrument du destin.
Les tricoteuses se préparent au grand festin,
Piquant de leur aiguille un mouchoir au sang brun.

La mise en scène glisse l’humour sous la lame
Dégageant la nuque entière qui s’offre au drame.
Passer sous le hachoir, elle y a droit la femme,
Mais siéger dans les tribunes, on la juge infâme.
Brûlante interprétation de ce qui se trame.

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«Diogène ou le Sanglot Hilare de la Mouette». Texte, Mise en scène, Jeu Philippe Lejour. Par la «Compagnie La Parlote». (Avignon, 21-07-2019, 23h00)+++

«Le sourire est le commencement de la grimace».
On pénètre de plain-pied dans le sujet qui glace.
Un véritable corps à corps avec l’esprit
Du remarquable philosophe s’établit.
Face au mur, dans nos contradictions, on est pris,
Subjugués par le texte dont on est épris.

Être entier dans son jugement, sans compromis,
Pour l’injuste pouvoir il affiche un mépris,
Se proclame «citoyen du monde» affaibli.
Ce spectacle défend ce qu’on nous a promis.

Sa richesse réside dans sa réflexion.
«Au Vieux Balancier», il balance sa passion
De la liberté, démontant les oppressions,
Démontrant que, sans persévérante «utopie»,
«C’est la toute puissance de la barbarie».

Excellent jeu, d’une animalité rusée,
Qui met à terre ce qui nous a abusés.
On reste surpris, éduqués et amusés,
De l’agilité déchaînant les mots usés
Aux pensées égratignées, laissant médusés.
«Réduis tes besoins au minimum»,
«Tu seras le plus heureux des hommes».

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« Désaxé ». De et avec Hakim Djaziri. Et aussi Leïla Guérémy, Florian Chauvet. Mise en scène Quentin Defalt. Par la « Compagnie Teknaï » et le « Collectif Le PointZéro ». (Avignon, 20-07-2019,15h15)++++

Une musique pleine de complexité              
Qui, à la fois berce et semble dynamiter,                        
Installe sur le plateau une dynamique                        
Que trois acteurs vont maintenir par leurs répliques.                          

« Théâtre Train Bleu », un retour sur l’Algérie,                          
Trente ans d’histoire et la fuite de la patrie                     
Avec, dans ses bagages, toute la fratrie.                        
Enfin, l’adolescence en cité. Regard d’aigle.                            
« Je défends mon territoire, ici c’est la règle ».                             
Et personne pour le soutenir de son aide.                                
La France, les HLM, les vacances au bled …                          

Confrontation des cultures                    
En toute désinvolture                                
Et puis c’est la déchéance                             
Quand frappe la délinquance. 

Nationalité française                  
Qui fait se sentir à l’aise.                        
Une écriture balèze,                          
Percutante et sans fadaise.      
            
Plus de Coopération ;                
Le temps de l’intégration                   
Se pose dans les esprits,                         
Même au fond de ceux qui prient.     
                       
Où l’on apprend qu’en banlieue                         
On trouve aussi de bons lieux.                       
Mais les règlements de comptes                               
Ne font jamais les bons contes.      
                       
On découvre les ficelles                          
Des religions qui harcèlent ;                                  
La montée de l’intégrisme,                          
Le jeu du radicalisme.      
                           
Rhétorique pour convaincre ;                               
Subjuguer permet de vaincre.                                   
Aucune contradiction                             
Permise en confrontation.      
                              
Éloquence contagieuse                                    
Dans une vie plus que pieuse.                               
Des convictions religieuses                                
Pleines d’aberrations creuses.       
                                    
C’est un texte vibrant qui casse les tabous,                               
Remettant les idées en place bout à bout.                                    
Une belle écriture qui fait réfléchir,                                     
Car face au terrorisme il ne faut pas fléchir.    

Un écrit exceptionnel                 
Qui va droit à l’essentiel.                                
Des propos approfondis               
D’un sujet très abouti.   
       
« Réveille-toi ! » Réveille-toi.            
Il est encore temps, ma foi …                                   
De porter en plein fronton                          
Ces mots en lame de fond.

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«La Journée de la jupe». De Jean-Paul Lilienfeld. Mise en scène Frédéric Fage. Avec Gaëlle Billaut-Danno, Julien Jacob, Sissoko Abdulah, Hugo Benhamou-Pépin, Lancelot Cherer, Amélia Ewu, Sylvia Gnahoua. Par la «Compagnie Ki M’Aime Me Suive». (Avignon, 20-07-2019, 12h10)+++++

«Ce n’est pas un hasard si c’est tombé sur elle»,   
«Elle a fait exprès de venir en jupe». Qu’elle                 
En paie les conséquences.          
C’est la (l’in) juste sentence.           

Une violence ordinaire en salle de classe …         
Le ton monte, le pouls s’accélère et nous glace,           
Et le coup part  
Dans la bagarre.     

Les enseignants retrouveront leur quotidien,             
Son lot d’insultes et menaces dès le matin.             
Reconstitution qui prend aux tripes et nous tient          
En haleine, du début à l’ultime fin.         

Jusqu’où peut-on tolérer la provocation ?            
Et quand commence la légitime défense ?         
Faut-il un révolver pour que le respect passe ?              
Sujet qui, au «Balcon», déclenche les passions.            
Texte indispensable qui alerte nos sens.     
A voir absolument, ne pas faire l’impasse.              

Puisse ce spectacle faciliter l’écoute,         
Aider à comprendre ce qu’on ne veut pas voir.             
«Il faut juste fermer sa gueule et puis c’est tout».        
Tension permanente et peur s’installent partout.              
Situations que chaque professeur redoute,           
Menant aux agressions que l’on a peine à croire.          

Une analyse approfondie de ce qui blesse.             
Interprétation terrifiante de justesse           
Tant les propos échangés sont l’écho cruel                 
De ceux que l’on peut entendre aux temps actuels.         
La mise en scène est sobre et tout à fait réelle.                           
On est pris en otage tellement c’est dense.     
Écriture incontournable, émotion intense. 

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«225 000 (Femmes Kleenex)». Pièce de Nicole Sigal. Mise en scène Guillaume Vatan. Avec Camille Favre-Bulle, Magalis Bros, Mathias Marty, Rodolphe Couthouis. Par la «Compagnie Bouche B». (Avignon, 18-07-2019, 13h25)++++

Prises dans le cercle vicieux de la violence,
Elles ne peuvent s’échapper des lourdes danses
Que le conjoint, mécaniquement, leur balance.
A l’«Espace Alya», les coups pleuvent en cadence.

La réalité crue saute aux yeux endormis ;   
«Dans les milieux de pouvoir», le viol est permis
Car ils sont au-dessus des lois tous ces chéris
Qui, de leur compagne, ôtent la vie et en rient.
   
«Le domicile conjugal est plus dangereux»   
«Qu’un parking souterrain», voire bien plus monstrueux
Face aux dessous de la criminalité cachée
Par les lois du mariage tant bafouées, gâchées.

Spectacle en tissus aériens à tout casser
Qui fait trembler et laisse la peau hérissée.
Le cerveau en bouillie et l’âme fracassée …
Quand, ces traumatismes, vont-ils enfin cesser ?

Bientôt plus nombreuses au paradis que sur terre,   
Des femmes végètent en terreur et en enfer.
Forme de reportage théâtralisé
Sur toutes celles que la vie a abusées.     
Leur interprétation qui laisse«Bouche B(ée)»             
Aura sans doute d’innombrables retombées.

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«Si l’Homme était né libre, il doit se gouverner ?» Théâtre d’idées, d’humour et citoyen. De et avec Chantal Ray, Gérard Volat. Par la «Compagnie Remue-Méninges». (Avignon, 17-07-2019, 15h15)++

Le «cabinet de souffrologie» est ouvert
Au dialogue productif et si nécessaire.    
«L’Homme est né libre et partout il est dans les fers».              
La séance d’hypnose en appelle à Voltaire,
Aux Grecs Anciens pour traiter la démocratie
Et tenter de soigner la crise monétaire.    
«Gouverner c’est obéir», et c’est mieux ainsi !    
Car «l’ordre moins le pouvoir égal anarchie». 

L’art-thérapie théâtralise à«L’Alibi»                  
La tentative de guérison des délits.
Et si «la désintoxication du langage»                
Parvenait à maîtriser les nombreux verbiages ?
Retour à la case Aristophane et Rousseau
Pour un essai de compréhension du tableau.

Le Docteur Castoriadis vient ici prescrire
Sa liste de recommandations. A proscrire
Placebos qui font miroiter les alouettes,
Et «l’égalité» à travers une lunette.
Petit détour par la case «fraternité»          
Défroquée dans un sursaut de «laïcité».

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«Lanceurs d’alerte». Écriture, Mise en scène Florence Camoin. Avec Olivia Demorge, Marie Broche, Zoon Besse, Louis Caratini. Par la «Compagnie Scène et Cies». (Avignon, 14-07-2019, 15h35)+++

«Un calmant, c’est une petite main tendue»   
«Pour sauter un fossé un peu trop grand». Vendu
A travers une publicité mensongère,
Son labo falsifie les effets secondaires.
La mort n’est qu’un accident de parcours prospère.

«Espace Roseau Teinturiers», règne le mal
Bien caché dans les notices à l’aspect banal
Servant à couvrir les arrières des labos
Qui vivent de l’argent des rêves et placebos
Ou produits nocifs, tels «Grivolax, Calmatan»,                 
Que l’on ne dépiste que lorsqu’il n’est plus temps.   

«Chasse à la molécule, en international»,                
Dans un texte qui en appelle à la morale.
Il est conçu comme un acte de résistance,
Un éveil des consciences face aux maltraitances
Qui sont infligées par voie médicamenteuse,
Masquant la réalité de façon menteuse.  

Quand la mentalité douteuse       
Est une maladie honteuse               
Qui fait un tabac, un succès,          
Et qui a beaucoup de cachet,             
La pilule devient amère          
Et peut conduire au cimetière.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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«Le Petit Boucher». De Stanislas Cotton. Mise en scène Agnès Renaud. Chorégraphie Marjory Duprés. Avec Marion Bottolier. Par la «Compagnie L’Esprit de la Forge». (Avignon, 12-07-2019, 13h50)++++

Poésie vitale et champêtre qui se danse,
S’accouche dans la blancheur de tissus qui lancent
Leur clarté vers les figurines qui s’accrochent
Aux fils de l’existence pour que rien ne cloche.

L’emploi du temps immuable des lourdes tâches
S’articule sans paresse et nulle relâche.
Une histoire trépidante où les mots se fâchent
Au «Théâtre Onze-Gilgamesh» quand les freins lâchent.

S’y écrasent les corps sous les coups des massacres
Bien organisés avec la piété d’un sacre.      
L’homme tue l’homme, répandant son odeur âcre
Avec la servile bénédiction des diacres.   
Femmes piétinées, au cœur de toutes les luttes,
Par des hommes qui ne pensent qu’à la turlutte.         

Quand vient le jour où la parole se libère,          
Le corps, prisonnier à jamais, se désespère.        
Meurtries, rejetées et condamnées par avance,     
On leur inflige une réelle déchéance.            

Victimes de toutes les guerres et incapables             
De se défendre, elles deviennent des coupables         
Pour que les hommes puissent vivre dans la paix,         
A l’abri des lois pour commettre leurs forfaits.              

Le corps de «la femme comme champ de bataille»,         
De Visniec à Cotton, dans conflits en pagaille;            
Criminalité engendrée par les racailles        
Au cerveau pas plus gros que celui d’une caille.           

Texte fort, qui déchire comme des écailles            
Recouvertes du sang laissé dans les entrailles.          
Une interprétation viscérale et glaçante,            
Tout aussi brûlante qu’une flèche traçante.  

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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«Pronom». Texte Evan Placey. Traduction Adélaïde Pralon. Adaptation, Mise en scène Guillaume Doucet. Par «Le Groupe Vertigo» (sept acteurs). (Avignon, 11-07-2019, 18h30)+

La femme qui est en elle doit disparaître                 
Au profit du garçon qu’elle est convaincue d’être.         
L’entourage familial pourra-t-il admettre             
La transition qui bouleverse l’apparence,            
Pour enfin être en accord avec ses tendances ?           

Les personnalités s’affrontent et se déchirent ;           
Les amitiés s’effritent découvrant le pire          
Des mentalités, entre sérieux et sourire.           
Un texte troublant où s’échangent les soupirs …         
Quand il est «question d’identité séculaire»,     
Que «la dysphorie du genre» à nouveau éclaire …     

Qu’est-ce qui choque dans le changement de sexe ?          
Pourquoi a-t-on besoin d’inventer des prétextes …       
Pour se sentir exister, avec ou sans texte      
Approprié aux conditions sociales en vogue ?         
Au «Onze-Gilgamesh», entre une humeur de dogue             
Et un essai de compréhension où la drogue,            
Qu’est la testostérone, transforme l’humeur               
Et le caractère, qu’en est-il de l’ardeur               
De ce désir de vivre en tout bien tout bonheur ?

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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«A ceux qui nous ont offensés». D’après «Le Collège de Buchy», de Jérémie Lefebvre. Mise en scène Carine Bouquillon. Interprétation Bruno Tuchszen. Par la «Compagnie Grand Boucan». (Avignon, 11-07-2019, 15h35)+++

Coincé dans une immense toile d’araignée,
Toute sa scolarité, il s’est fait saigner
Par l’animalité sauvage de sa classe
Qui le laisse exsangue et noyé dans sa détresse ;
Humilié, roué de coups et couvert de crasse
Déversée sur lui par une inhumanité
Condamnant le souffre-douleur à végéter.
Au«Théâtre Onze-Gilgamesh»,il se redresse.

La terreur enfantine jamais ne s’efface,
Surtout quand on lui assène le coup de grâce.
Réfugié dans l’imagination qui rumine,
Il échafaude de nobles plans qui fulminent
De rage afin de briser le cercle vicieux
Qui reproduit sans fin le piège désastreux.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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