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Archives de Catégorie: 7 Idéaux et débats

«Les Monstrueuses». Pièce de Leïla Anis. Mise en scène Karim Hammiche. Création musicale Clément Bernardeau. Par la «Compagnie L’Oeil Brun». (Avignon, 25-07-2018, 11h25) ++

Ce texte, d’une éclaboussante poésie,
Chevauche allègrement les âges de la vie,
Galopant à travers la généalogie
De mère en fille, se heurtant à l’amnésie
Pour réveiller la mémoire qui soudain gît
«Sur la terre des femmes coupées», en survie.

«La bouche de la mère se scelle» … en folie
Qui s’incarne dans «la Magnouna» en furie.
«Ses yeux sont des volcans de peur» qui la saisit
Et empêche les pleurs tant elle est affaiblie.

«Mettre un enfant au monde», c’est comme une «mort»
Partagée dans le renouveau du sang du corps.
«Magnouna, la femme folle, a mis le malheur»
«Dans mon ventre et c’est ton visage» qui se leurre.

Alors, «ne vous approchez pas du ventre froid».
Entraîner l’enfant vers l’oubli est ce que croient
Toutes ces femmes maintenues dans un silence
Bridant leur évolution avec insistance.

«Prénom pour hurler à la gueule de l’oubli»,
Mais «Joséphine ne sait pas porter la vie» …
Qu’elles se nomment Jeanne, Rosa, Zeïna,
Célestine, Awa, ou nouvelle née Ella,
Elles sont les filles d’«Eve, en hébreu, la vie».

Du Yémen, elles ont parcouru des pays,
Toujours, par le «montre Magnouna», poursuivies.
La «Magnouna, l’errante aux pieds nus», les ravit
Dès leur berceau et les formate également
Dans le labyrinthe de l’esprit qui sévit.

Elle nous «parle de l’autre côté du temps»
Par la voix de toutes celles qui l’ont précédée
Et qui, un jour, peut-être, n’auront plus à céder.
Lumineuse interprétation. Très belle écriture
Qui nous met face à notre conscience au pied du mur.

Allers-retours sollicitant notre attention ;
Ne pas se perdre dans le dédale des noms.
Ce spectacle sonne en véritable défi,
Bouleverse convictions et ordre établi.
«Théâtre Onze-Gilgamesh», on y réfléchit.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

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«Nous sommes les petites filles des sorcières que vous n’avez pas pu brûler !» De Christine Delmotte. Par la «Compagnie Biloxi 48». (Avignon, 24-07-2018, 18h05) +++

«Ne pas oublier que nos acquis sont fragiles»,
Qu’on peut les couper comme des tiges graciles.
«Chaque femme mérite d’être une combattante»
«Et de changer sa vie» de façon fort évidente.

Les suffragettes étaient représentées en singes
Pour qu’on ne puisse faire appel à leurs méninges.
Préférer «être rebelles», plutôt «qu’esclaves»,
Pour que tombent les chaînes et toutes les entraves.

«Exécuter une femme, parce que violée»,
«Pour restaurer l’honneur de la famille» envolé.
«Ce prétendu érudit enseigne l’ignorance»
Qui tire des balles à vue, détruisant les consciences.

«Une société n’est pas démocratique»
Si elle ne respecte pas le droit des femmes.
Quatre actrices s’emparent des mots critiques
«Dont elles portent avec fougue la juste flamme.

«On me traite de féministe chaque fois»
«Que mon comportement ne permet plus»
«De me confondre avec un paillasson».
Pour de loyaux combats, elles donnent leur voix,
Parlant du cas de Malala, en plus
De celui des Femen aux fortes actions.

Spectacle passionnant au «Théâtre Episcène»
Où elles sortent bien leurs griffes dans l’arène,
Arborant leurs seins comme des armes en Ukraine.
Découvrir cet ensemble, vaut vraiment la peine.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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«Rire Barbelé». Théâtre musical d’après le «Verfügbar aux Enfers» de Germaine Tillion. Adaptation, Mise en scène Charlotte Costes-Debure. Musique Amelia Ewu. Par la «Compagnie Tout et Versa». (Avignon, 24-07-2018, 15h50) +++

Au «Théâtre Au bout là-bas», c’est la fin du monde,
Mais la victoire contre les souffrances immondes.
Entrevoir l’avenir entre les barbelés
Grâce au spectacle musical bien ficelé
Et qui nous fait trembler face à la cruauté
De Ravensbrück, de l’atroce réalité.

«Gestapiste mâle et résistance femelle»
Ont engendré le «Verfügbar», frêle et rebelle.
Être déchaîné, totalement disponible
Pour effectuer les tâches les plus pénibles.

Camps de concentration où, lutter par le rire,
Est la seule manière de ne pas périr.
Femmes en camisole rayée, crâne rasé,
D’innommables tortures leur sont imposées.
D’innombrables larmes de sang vont arroser
Ces «verfügbars», squelettes métamorphosés.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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«Gitans». De Nino Noskin. Mise en scène Nikson Pitaqaj. Par la «Compagnie Libre d’Esprit». (Avignon, 24-07-2018, 12h10) ++

A travers la double rangée de barbelés,
Seule la pensée vagabonde à s’envoler.
«Pris au piège entre rouges et gris», la tension monte
Et, avec le colonel, se règlent les comptes.

Gitan et «fossoyeur» des idées de tous bords
De cette guerre, il ensevelit tous les corps.
«Tout le monde veut travailler pour notre bien»,
Mais, au bout du conte, il ne reste jamais rien.

«Vivre dans un camp, comme un animal en cage»,
A tourner sans cesse sa veste, ça engage.
«Les assassins d’aujourd’hui sont les innocents»
«De demain». D’un côté ou l’autre, c’est le sang.

«Combien nous a coûté votre guerre»,
«Pour nous ramener la paix», naguère ?
Quel est le prix de l’humaine chair ?

Un mélange entre la vie d’artiste et la rage
Des massacres dont on ne peut tourner la page.
Vision du cauchemar de l’ex-Yougoslavie,
Aux «Trois Soleils», où ils ne rêvent que de vie.

Mais est-ce encore possible après tous les cris
Qui hantent les nuits et que l’Histoire transcrit
En théâtre d’action et feu de non-oubli ?

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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«L’Herbe de l’Oubli». Écriture, Mise en scène Jean-Michel d’Hoop. Par la «Compagnie Point Zéro». (Avignon, 23-07-2018, 17h00) +++

Montage vidéo de la désolation,
«Théâtre des Doms», proposé en projection,
Afin que nous soyons mis en situation
De bien saisir toute la signification
Des propos et images de démonstration.

A Tchernobyl, il ne reste que des photos
D’enfants sur un vaste mur de lamentations,
«Sorte de mort omniprésente», vue rétro.
De vivant, n’est que la mémoire en réaction.

«Enfants hérissons considérés comme monstres»,
Atteints de problèmes intestinaux, sanguins,
Oncologiques, à cause de l’appât du gain.
Système respiratoire détruit qui montre
Toute la «tension morale et psychologique»,
Continuellement exercée, qui s’applique.

Enfants décharnés, corps de marionnettes à fil,
Brûlés, méconnaissables ; c’est à «Tchernobyl»,
«Devenu le cataclysme de la conscience».
«Tout l’univers a explosé», dans tous les sens.

Seize villages enterrés, noyés dans l’absence,
Rayés de la carte d’un monde de silence
Qui prospère par l’exploitation du césium
Et qui ne jure que par celle du strontium.

«Tchernobyl, c’est l’absinthe, l’herbe de l’oubli»,
«Nous, on prie pour qu’on n’oublie pas», quand on faiblit.
«L’homme est ébranlé dans toutes ses certitudes»,
Mais acceptera-t-il de changer d’attitude ?
C’est avec «cent mille ans» qu’il faut désenchanter,
Durée de vie de la radioactivité.

Masques fabriqués, plus expressifs que jamais.
Ils exercent sur nous un terrifiant effet
Qui impressionne la rétine et c’est parfait.
Carcasse du cheval qui revêt tous les traits
De ce que l’on n’ose pas regarder en face
Mais qui, au fond de notre cœur, pleure et grimace.

Incroyables masques aux expressions déchirantes,
Papier mâché d’une souffrance indescriptible.
Décor et marionnettes rendent perceptibles
Le drame et réveillent une vision alarmante.

On tire un rideau sur la monstruosité,
Pour éviter d’affronter la réalité.
«Un pays dont on dit que ce n’est plus une terre»,
«Mais un laboratoire» qui, la conscience, enterre.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« Mais comme elle ne pourrissait pas … Blanche Neige ». Texte Angélica Liddell. Mise en scène, Interprétation Claudia Lapisardi, Madalen Larvor. Par la « Compagnie Au temps pour moi ». (Avignon, 22-07-2018, 15h00) ++++

Deux-mille-quatre, en ce pays, on tue encore.
« Chaque événement du quotidien, par la mort »,
« Était précédé », … et les chairs tombaient à verse.
« Les guerres sont comme les marâtres perverses »,
« Elles veulent être la plus belle » que l’on berce.

Temps où la monnaie d’échange était le nouveau-né
Et les « victoires, au nombre d’enfants assassinés »,
Se comptaient. On légitimait la cruauté
« Fragilisant le moral » de l’autre côté.

« Les femmes se pendaient aux arbres avec leurs bas »,
Pour en finir avec l’horreur, au cas par cas.
Jusque dans le ventre, tout fut exterminé.
Jusqu’où la vérité est-elle condamnée ?

Leurs histoires sont des contes de cauchemars.
« Les soldats violèrent douze fois la fillette »,
« Une fois par année de vie ». Morte conquête
Où plus précieuse est la vie des vers et cafards
Que celle des humains, reléguée au placard.

« L’épouse de guerre, la plus belle » saisie,
Blanche-Neige, droguée, fut tout le temps choisie.
« Cogner la tête jusqu’à ce qu’ils crachent la vie »
« Par la bouche », voilà ce qu’on fit de ces petits.

« J’ai chauffé mon couteau dans le sang d’autres enfants ».
On lui apprit à aimer poignarder tout le temps.
« Qu’avez-vous fait de ma bonté ? »
Pour toujours elle fut ôtée.

« Les enfants-soldats torturent tout en riant »,
Se repaissant du « massacre des innocents ».
« Les enfants qui dormiront seront fusillés ».
Une enfance détruite, à jamais bousillée …

Dans le « Théâtre des Amants »,
De terribles événements
Nous touchent très profondément.
A découvrir absolument,
Il ne peut en être autrement !

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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«Questions de vie et de mort» avec Vladimir Jankélévitch. Adaptation, Mise en scène Avner Camus Perez. Création musicale, piano Théodora Carla. Par la «Compagnie du Visage». (Avignon, 21-07-2018, 15h45) +

Quand la philosophie questionne la raison,
On s’interroge sur le lointain horizon.
Le «paradoxe de la morale et de l’amour» …
File inexorablement vers le temps sans retour.

Les sujets s’accompagnent de notes, de chants
Élargissant la vision, poétiquement.
«La musique est le silence des paroles» qui osent,
«Comme la poésie est le silence de la prose».

Guerre, résistance, antisémitisme et mort,
Sont thèmes que Jankélévitch, à fond, explore.
Ils sont restitués sur scène avec ferveur,
Accompagnés avec des citations d’auteur.

Musique au piano, accordéons les violons
Et les réflexions sur l’essence des passions.
Une œuvre immense consacrée à la recherche
Du fondement de la raison. Il tend des perches
Afin que l’on s’interroge sur nos actions.

Bref, «le pardon est mort dans les camps de la mort».
«La violence ? une force faible» qui a tort.
«Janké» fut l’un des grands penseurs de notre temps.
Ses idées fusent dans des livres percutants
Revus au «Théâtre de la Carreterie»
Où l’on disserte sur la liberté, la vie.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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