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Archives de Catégorie: 7 Idéaux et débats

«Le corps de mon père». Texte Michel Onfray. Mise en scène, Interprétation Bernard Saint Omer. Par «Rhizomes Compagnie». (Avignon, 21-07-2020, 11h00)++++

«Le corps de mon père» mastique tous les mots                
Imprégnés d’odeurs du matin, près du fourneau.        
L’ombre se fait lumière au contact de la peau.         
Les effluves échappées, autour de nous s’assemblent               
En descriptions minutieuses qui toutes semblent             
Surgir d’un passé encore présent qui tremble                  
Sous la lame acérée d’écriture au cordeau.             

La vie de famille se pétrit sous nos yeux,         
Déroulant à fond son long ruban généreux.             
Le travail très bien encadré, millimétré,            
S’accorde parfaitement au discours lettré             
D’un auteur à la précision chirurgicale            
Où chaque situation s’intègre et se cale           
A l’endroit désiré sans aucune rature ;           
De superbes propos denses à forte carrure.                    

Plusieurs constructions solidement ouvragées          
Mettent à l’honneur des formes jamais outragées.          
Un récit, emprunt de sueur, qui prend aux tripes,               
Dans un rapport charnel avec l’acteur, fabrique           
D’intimes frottements d’étincelles électriques             
Qui jaillissent de la scène vers le public.             
Un goût d’échardes et de café vient à la lippe.               

Une traversée de«gestes» d’infinité,             
«De la matière dont on fait l’éternité».            
Texte sobre et extrêmement riche à la fois        
Dont l’habile et juste interprétation fait foi.                            

Quelques souvenirs, gravés à vif dans la chair.             
Échange, entre un père et un enfant, qui suggère         
«Que la force de son père n’avait qu’à être»,                  
«Une fois de plus, sollicitée pour apparaître».           
Muscle tendu du bras ferme et autoritaire               
Qui apprivoise les entrailles de la terre.                    

C’est un tableau saisissant de la vie rurale                 
Où «l’amour et la rage mélangés» ravalent                 
Des larmes d’admiration face à la «misère»                
Qui sème la «révolte» aux confins de l’enfer.          
Œuvre approfondie qui secoue comme un éclair,                 
Ouvre puissamment les sillons d’une pensée              
Étudiée, resserrée et finement sensée.                  

Un tir, sûr, réussi, qui cible bien sa sphère.                  
Un jeu solide et plein de conviction éclaire         
Les tranches d’une mémoire si nécessaire.                 
Les miettes s’y distribuent avec savoir-faire.                    

Pain béni, ou pas, circulant dans les artères,            
Fait de labeur et de sang, dans une atmosphère                  
Où un immense souffle s’étend sur les pairs               
Unis dans la douleur de ceux qu’on désespère.              

Un émouvant message d’amour qui structure              
Une représentation chargée de culture,                      
Dans toutes les acceptions du terme, sans bavures                    
Autour des plaies qui, à jamais, l’âme, fissurent.
Impressionnant «voyage philosophique offert»,                
Par Michel Onfray, «pour les quatre-vingts ans du père».                
A voir absolument au «Verbe Fou Littéraire».

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

 

«Le tout petit prince minuscule». Ecriture, Mise en scène Yves Cusset. Interprétation Ernaut Vivien. Par la «Compagnie Un Jour, J’irai». (Avignon, 27-07-2019, 10h05)++++

«La mort, c’est pas rien,»
«Ça n’arrive qu’une seule fois dans la vie».
Ça nous fait du bien
De saisir comment l’auteur plonge en la survie
D’un être sans défense
Et plein d’une présence        
Qui nous subjugue et étonne par sa prescience ;
Il nous émeut jusqu’au fond de notre conscience.

Le comique surgit du décalé des mots.
Raisonnement naïf, subtil, fort à propos.
On attend telle hypothèse et l’autre est choisie.
Regard d’enfant sur un monde d’adultes pris
Dans la tourmente d’une pensée qui s’enfuit.

On a l’impression d’être en la tête de l’homme
Diminué. Alors on comprend tout, en somme,
De cas spéciaux, d’un certain type de folie,
Sorte de génie, source de mélancolie.    

«Optimisme triste» ou «pessimisme joyeux» ?
Penchons pour le deuxième, quand la joie aux yeux
Décille notre esprit
Afin que l’on sourie.

Quand un comportement moisi
Manque un peu de courtoisie,
On déguste avec frénésie
L’humour noir de la jalousie.

«L’amour, médicament pour oublier la vie» …  
«Ou la mort» … suspendue dans un dernier sursis ?
L’amour est l’attente du prochain rendez-vous
Et le reste n’a plus d’importance du tout.

Cet essai, d’une immense sensibilité,    
Dévêt l’humanité avec humilité.
Eblouissante interprétation. Rôle phare
Qui livre le fond de l’âme sans aucun fard.

Son écriture m’a totalement bluffée ;
A voir absolument ! Comme un conte de fée  
Très puissant et terrifiant de sincérité.          
Ce texte profond, emprunt de légèreté,
D’une incroyable force, crie sa vérité.  

«L’essentiel est invisible pour les oreilles».
Dire «je veux» est une nouvelle naissance.
C’est prendre possession de ce qui a un sens
Particulier ; et plus rien ne sera pareil.

«Le petit prince ridicule»
S’écrit en lettres majuscules
De poésie philosophique
Qui produit un effet magique
A l’«Atelier Quarante-Quatre»,
Sympathique petit théâtre.

Il est tout petit,
Son Q.I. aussi ;
Mais sa drôlerie
S’emplit d’infini,
De vitalité,
De grande gaieté,
Comme ce qui suit :

«L’amour, ça remplace la vie,»
«Comme si on flottait par-dessus»
«Et qu’on la regarde de loin.»
«Que la vie ne nous dérange pas,»
«Et nous laisse seul»
«Avec notre amour tout entier.»

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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«Le Souper». De Jean-Claude Brisville. Mise en scène, Interprétation : Daniel Mesguich (Talleyrand), William Mesguich (Fouché). Par la «Compagnie Miroir et Métaphore». (Avignon, 24-07-2019, 19h30)++++

L’impétueux et rigide Duc de Fouché,   
Droit dans ses bottes, ne veut se laisser faucher         
La primeur d’une vraie victoire à l’arraché,      
Face à un glacial et cynique Talleyrand.       

Fouché, le chef du gouvernement provisoire,    
Dévore à belles dents, repas, rival d’un soir ;    
Talleyrand, l’ancien chef de la diplomatie
De Sa Majesté, perçoit les nuances, aussi          
Minimes soient-elles et les exploitent à l’envi.        

Sacrée lutte entre deux esprits vifs, opposés,            
Qui, afin de vaincre l’autre, vont tout oser                     
Pour que chacun puisse, ses idées, imposer.      
«Deux heures pour trouver un régime à la France»,       
Temps imparti pour mesurer leurs différences    
Dans un affrontement brillant d’intelligence.

«Nous sommes gens à nous parler» (…) «à demi-mots»…       
Dialogue où pas une parole n’est de trop.      
«Je l’ai trouvé creux» (…) «il n’est plein que de lui-même»… 
Ainsi court la joute oratoire que l’on aime.                

Ton rigide sous lequel perce la menace
Quand, devant lui, l’autre nullement ne s’efface.         
C’est un précieux «Souper» où règne l’éloquence      
D’un discours calculé, peaufiné d’arrogance.     

Mets raffinés, enrobés de lente distance              
Qui favorise d’autant mieux la pertinence                 
De mots couverts d’élégance et d’impertinence.          
Collier de paroles agréablement serties          
Dans un savant écrin superbement servi.

«Plus les temps sont troublés, plus l’amitié est précieuse»,               
Mais la façon de l’envisager, fort capricieuse.               
«Egaux dans l’exécution et la trahison» …            
L’intrigue pour l’Etat affûte la raison.

«On n’a qu’une parole, il faut donc la reprendre».      
«Bonnes manières et politesse» à s’y méprendre,           
Dans un habile jeu où deux très grands acteurs                          
Immortalisent l’Histoire, d’une hauteur                
Vertigineuse, pour notre plus grand bonheur.         
«Théâtre des Gémeaux», ils nous font cet honneur !

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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«Curé le jour, Athée la nuit». D’après le  Mémoire de Jean Meslier (1664-1729). Adaptation, Mise en scène Jean-François Jacobs. Avec Alexandre Von Sivers. Composition, Musique en direct Gilles Masson. (Avignon, 24-07-2019, 17h45)+++++

C’est «La bonne parole du curé Meslier»,     
Qui, retransmise dans une langue déliée, 
Ébranle et percute dans sa véracité, 
Nous ouvre les yeux en toute authenticité.     

Curé de village à la langue bien pendue,
Dire le fruit de ses pensées est défendu.                 
Il révèle les «impostures» qu’il met nues,            
Remet en question ce qui est faussement cru.    

Il démonte les miracles et les prophéties, 
Les invraisemblances et ramassis d’inepties.
Texte fort, magistralement interprété ;
Salvateur, à tous il devrait être prêté.      

Une brillante réflexion rationaliste
Basée sur une solide argumentation.
On a la foi par «la force de l’habitude»
Qui nous invite à croire en une vie moins rude.        

«Quand l’ignorance rend les peuples misérables»…
«Je ne serai bientôt plus rien» qu’un pauvre diable,             
«Mes idées, elles, vivront». Ça c’est mémorable.
Un texte qui a trois siècles et pas une ride ;
Des écrits fondateurs, divinement fluides
Qui remettent en question les croyances morbides.    

1729 révèle un Manifeste révolutionnaire
Basé sur une philosophie exemplaire
Où la sacro-sainte parole se libère
En pages où des vérités explosent et sidèrent.       

Modernité de pensée infiniment juste 
Que l’on devrait graver sur le marbre des bustes
Afin que l’on prenne conscience des bêtises
Que l’on nous inculque dès nos premières bises.      

Un manuscrit osé et qui tient du prodige,            
A brandir au soleil au-dessus des vestiges         
D’une société qui s’agite sur ses tiges      
Ne contrôlant plus les racines qu’elle érige.

Un livre vital pour un spectacle essentiel
Qui démontre ce qui est vraiment dans le ciel.
Un témoignage à la force d’une comète
Pour apprécier les réalités des planètes.          

Belle découverte étoffée et audacieuse. 
Une adaptation théâtrale lumineuse
De ce chef-d’œuvre d’une rare intensité.
Médicament de première nécessité
Afin de ne pas périr dans la cécité.       

Le Théâtre belge «Episcène»          
Héberge une drôle de cène.
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir
Sur la Religion et le pourquoi de l’Histoire
Depuis le jeûne, verset au fond des déboires.
La timbale est pleine de ce que l’on fait croire.
Venez découvrir comment la mer est à boire ;
Contemplez, rien qu’un instant, l’amer qu’est à voir.
Osez marcher sur les os du passé de gloire.      

C’est un texte grandiose à ne pas laisser choir
Qui restera longtemps gravé dans les mémoires.
Un jet d’encre et d’esprit sain sorti des tiroirs.
C’est à lire de toute urgence, sans surseoir.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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«Le Don». Texte, Mise en scène, Interprétation Pierrette Dupoyet. Par la «Compagnie des Vents Apprivoisés». (Avignon, 23-07-2019, 17h55)+++

Une pièce qui répare les bras cassés
Et remplit de sève l’arbre des trépassés.
«Tu parles de lui, donc il est là» tout le temps.
«Il n’y a que l’oubli qui fait mourir les gens».
«On peut donner son cœur si on n’en a plus besoin».  
Cet organe vital est à prendre avec grand soin.

«Le Don», c’est aussi celui de la comédienne
Livrant, du fond du cœur, ses réflexions humaines.
Elle se donne corps et âme,
Quand un juste sujet l’enflamme.

Comme toujours, des textes fort documentés,
Avec art, conviction, talent, agrémentés.
A «La Luna», elle déclenche un fol espoir,
Nous incitant à nous confronter au miroir
Pour mieux réajuster nos pensées dérisoires
Et s’interroger sur le vrai sens du devoir
Civique pour tenter de sauver une vie ;
Passer le flambeau et relever le défi ! 

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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«Le Corbeau Blanc». De Donald Freed. «Eichmann à Jérusalem, Autopsie de la Barbarie». Mise en scène William Mesguich. Adaptation, Jeu Nadège Perrier. Et avec Hervé Van der Meulen. Par les compagnies «Rêve Eclair» et «Antisthène». (Avignon, 23-07-2019, 14h05)+++

«Adolf Eichmann, autopsie de la barbarie»,
Un essai de reconstitution aguerri
Pour comprendre ce dont on n’a jamais guéri.
Mais le peut-on ? Survivre aux ordres et à quel prix !

Première audience sous le signe du cynisme.
Tentative d’éclaircissements. L’optimisme
A propos de ce dossier tourne au cataclysme.
«Il suffit de voir pour le croire». Réalisme
Cru, direct, tentant l’analyse du séisme.

«Nous avons créé Hitler, nous en avons fait un Dieu».
«Cet homme est passé du caniveau à l’Arc de Triomphe»
Et il a défilé sous tous les yeux
D’un peuple hypnotisé, gonflé à donf.
«Victimes et bourreaux pouvaient être affiliés par le sang»
Versant, versé en brunâtres torrents.

«Eichmann grandit dans le but d’être inexistant».
A «La Luna», il n’est pourtant pas transparent.
L’Holocauste commencé, il s’y jette sans compter ;
Il a «le pouvoir de le faire et pas de l’arrêter».

«La conscience est une invention juive», dit-il,
«Une tache comme la circoncision». Vil
Propos éructé par un être empli de bile.
«Nous naissons dans l’excrément et dans l’urine» ;
On s’y vautre, obéissant par discipline.

La peur est à l’origine du génocide.
Elle secrète une odeur tellement acide
Que le crime prend l’apparence d’un suicide,
Et l’esprit, alors aveuglé, n’est plus lucide.

«Allez à Auschwitz et plantez un verger»
«Dans le désert», c’est plus fort que de se venger ;
Mettre un peu de baume sur les plaies outragées
Qui se rouvrent dès que se pointe le danger.

Brûlant texte, terrible d’authenticité,
Qui met à nu tant d’effrayantes vérités.
En noir et blanc, ressort toute la panoplie
Des dégradés de gris tombant en cendre et pluie. 

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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«Charlie Bauer est amoureux». Pièce d’Alain Guyard. Mise en scène Dominique Fataccioli. Interprétation Hervé Fassy, Laurence Preve. Par la «Compagnie Pleins Feux». (Avignon, 23-07-2019, 12h10)+++

«Droits de l’Homme arrêtés aux portes des prisons»,
De quoi en perdre totalement la raison.
Elle, «militante marxiste révolutionnaire» ;  
«Des quartiers les plus pauvres, Charlie est originaire».

Un texte puissant où chaque parole compte,
Où l’engagement se dégage de la honte.
Il «aime la révolution comme une femme»
Et davantage encore, du tréfonds de l’âme.

«Ils voudraient nous confisquer le vide qu’on laisse»
«Dans les canalisations», dans la vie qui blesse.
Charlie Bauer retrace toutes les tortures
Qu’il a subies dans l’enfer de quatre vils murs.
«Je me masturbe comme on vole à l’étalage»,
«Je jouis à la sauvette», comme un sauvage.
Au «Théâtre L’Optimist», le combat fait rage.

Délicats tableaux auréolés de lumière,
Instants peu ordinaires de grâce éphémère
Où notre esprit, continuellement, s’alarme.    
Quel âge a l’enfant dont les yeux pleurent sans larmes ?
Son «corps, ce sac de chair et d’entrailles» abusées
Va s’éparpiller au-dessus des eaux usées.

Un écrit cru, d’une cruelle cruauté
Où flambent l’amour et la générosité.
Pièce écrite en toute liberté de pensée
Qui, par des acclamations, fut récompensée. 

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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«Madame Guillotin». Texte, Mise en scène, Interprétation Pierrette Dupoyet. Par la «Compagnie des Vents Apprivoisés». (Avignon, 22-07-2019, 14h30)+++

Une veillée mortuaire
Qui, à la bougie, s’éclaire …
Pierrette Dupoyet dénude les mystères
De la Révolution Française et des faussaires.
«Théâtre Albatros», la guillotine s’affaire.

«Passer à une grande échelle», satisfaire
Le bourreau. «Il tue aveuglément, Robespierre» ;
La «clémence» n’est pas dans son vocabulaire.
«Ebouillantés, écartelés, écorchés vifs»,
Il fallait que les supplices soient plus hâtifs.  

Les cauchemars  que fait Madame Guillotin      
Lui ôtent le sommeil jusqu’au petit matin.      
Alors, elle découpe une page d’Histoire        
En rondelles ensanglantées, comme aux abattoirs.

«Guillotin, l’humaniste et le grand médecin»,
Introduit en France l’instrument du destin.
Les tricoteuses se préparent au grand festin,
Piquant de leur aiguille un mouchoir au sang brun.

La mise en scène glisse l’humour sous la lame
Dégageant la nuque entière qui s’offre au drame.
Passer sous le hachoir, elle y a droit la femme,
Mais siéger dans les tribunes, on la juge infâme.
Brûlante interprétation de ce qui se trame.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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«Diogène ou le Sanglot Hilare de la Mouette». Texte, Mise en scène, Jeu Philippe Lejour. Par la «Compagnie La Parlote». (Avignon, 21-07-2019, 23h00)+++

«Le sourire est le commencement de la grimace».
On pénètre de plain-pied dans le sujet qui glace.
Un véritable corps à corps avec l’esprit
Du remarquable philosophe s’établit.
Face au mur, dans nos contradictions, on est pris,
Subjugués par le texte dont on est épris.

Être entier dans son jugement, sans compromis,
Pour l’injuste pouvoir il affiche un mépris,
Se proclame «citoyen du monde» affaibli.
Ce spectacle défend ce qu’on nous a promis.

Sa richesse réside dans sa réflexion.
«Au Vieux Balancier», il balance sa passion
De la liberté, démontant les oppressions,
Démontrant que, sans persévérante «utopie»,
«C’est la toute puissance de la barbarie».

Excellent jeu, d’une animalité rusée,
Qui met à terre ce qui nous a abusés.
On reste surpris, éduqués et amusés,
De l’agilité déchaînant les mots usés
Aux pensées égratignées, laissant médusés.
«Réduis tes besoins au minimum»,
«Tu seras le plus heureux des hommes».

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« Désaxé ». De et avec Hakim Djaziri. Et aussi Leïla Guérémy, Florian Chauvet. Mise en scène Quentin Defalt. Par la « Compagnie Teknaï » et le « Collectif Le PointZéro ». (Avignon, 20-07-2019,15h15)++++

Une musique pleine de complexité              
Qui, à la fois berce et semble dynamiter,                        
Installe sur le plateau une dynamique                        
Que trois acteurs vont maintenir par leurs répliques.                          

« Théâtre Train Bleu », un retour sur l’Algérie,                          
Trente ans d’histoire et la fuite de la patrie                     
Avec, dans ses bagages, toute la fratrie.                        
Enfin, l’adolescence en cité. Regard d’aigle.                            
« Je défends mon territoire, ici c’est la règle ».                             
Et personne pour le soutenir de son aide.                                
La France, les HLM, les vacances au bled …                          

Confrontation des cultures                    
En toute désinvolture                                
Et puis c’est la déchéance                             
Quand frappe la délinquance. 

Nationalité française                  
Qui fait se sentir à l’aise.                        
Une écriture balèze,                          
Percutante et sans fadaise.      
            
Plus de Coopération ;                
Le temps de l’intégration                   
Se pose dans les esprits,                         
Même au fond de ceux qui prient.     
                       
Où l’on apprend qu’en banlieue                         
On trouve aussi de bons lieux.                       
Mais les règlements de comptes                               
Ne font jamais les bons contes.      
                       
On découvre les ficelles                          
Des religions qui harcèlent ;                                  
La montée de l’intégrisme,                          
Le jeu du radicalisme.      
                           
Rhétorique pour convaincre ;                               
Subjuguer permet de vaincre.                                   
Aucune contradiction                             
Permise en confrontation.      
                              
Éloquence contagieuse                                    
Dans une vie plus que pieuse.                               
Des convictions religieuses                                
Pleines d’aberrations creuses.       
                                    
C’est un texte vibrant qui casse les tabous,                               
Remettant les idées en place bout à bout.                                    
Une belle écriture qui fait réfléchir,                                     
Car face au terrorisme il ne faut pas fléchir.    

Un écrit exceptionnel                 
Qui va droit à l’essentiel.                                
Des propos approfondis               
D’un sujet très abouti.   
       
« Réveille-toi ! » Réveille-toi.            
Il est encore temps, ma foi …                                   
De porter en plein fronton                          
Ces mots en lame de fond.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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