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«Céleste. Fresque Circassienne et Marionnettique». Conception, Mise en scène, Interprétation Geneviève de Kermabon (vieille écuyère). Musique originale Stéphane Leach, Pierre Ragu. Et avec Joe Sheridan (dresseur redoutable), Simon Martin (jeune acrobate).(Paris, 19-11-2021, 20h00)★★★

Une chevauchée féerique      
Dans une projection magique ;      
Une aventure diabolique,      
Aux dents dévoreuses tragiques.       

Des souvenirs acrobatiques     
De cette jeunesse héroïque,      
Dans des vêtements fantastiques     
Et des curiosités comiques.     
Des masques expressifs, cosmiques,     
Offrent au regard leur plastique      
Joliment fantasmagorique.          

«Des bouffées de bonheur», «Théâtre du Soleil»      
Où le grand rappel des tours de piste émerveille.       
C’est l’histoire circassienne qui se réveille        
Au contact de bêtes roulant des mécaniques ;     
Constructions, d’une ingéniosité sans pareille !                 
Le règne animalier infiltre son sommeil,     
Le peuplant de sublimes rêves exotiques.     

«Alcoolique aristocratique»      
Au pouvoir sublime et technique ;     
Domination chevaleresque      
D’une éléphante gigantesque ;     
Imposante hyène lyrique,        
Et girafe bucolique …       

Dans leurs prestations spécifiques     
De cascades acrobatiques,     
Ils s’emparent de l’artistique,     
Se parent de costumes uniques.     
Enfance cerclée de tuniques     
Entourant une symbolique.      

C’est une passionnante «fresque» lumineuse,     
Vision gantée d’or et de passion laborieuse      
Rappelant l’infaillible mémoire rieuse      
D’une élégante prestation talentueuse      
Pour tenter d’échapper à la lionne tueuse       
Surgie de peintures aux couleurs majestueuses.       

Figures clownesques aux expressions malicieuses
Calmant les redoutables énergies furieuses.
La promenade sur le passé de «Céleste»
Nous offre un spectacle prodigieusement leste
Dans la construction aux vertus miraculeuses
De ce petit bijou circassien manifeste-
-ment bien rodé, dressé, graissé d’huile céleste.          
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  
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Note : 3 sur 5.

 

«Le Petit Coiffeur». Écriture, Mise en scène Jean-Philippe Daguerre. Avec Thibault Pinson (Pierre), Brigitte Faure (Marie), Charlotte Matzneff (Lise), Arnaud Dupont (Jean), Romain Lagarde (Léon). (Paris, 14-11-2021, 17h30)★★★★ (Festival d’Avignon 2021)

«Théâtre Rive Gauche», un barbier à l’ancienne      
Qui tond barbes et cheveux derrière les persiennes, 
Emmagasine, du monde, toute la peine.     
La page d’histoire sur papier d’écolier,      
À l’encre de trahison en pleins et déliés,      
Dénonce la trame qui va tous les relier,     
En resserrant la sordide et funeste chaîne,      
Quand ce qu’on croit être de l’amour, devient haine.     

«Mise à nu sensuelle» en imagination …     
Car sous la robe se cache «l’inspiration».     
Sur l’étoffe, court et surgit le grand frisson       
Que seuls les yeux découvrent avec fougue et passion.

Au-dessous des habits, «ce sont les larmes et le sang»,
Sauvagement mêlés, «qui coulent le plus souvent».      

En temps de guerre, la honte est dans tous les camps,
Quelle que soit la balle logée en plein flanc.      
On ne distingue plus les vainqueurs des vaincus,
«C’est l’heure du grand nettoyage» tant et plus.

Sujet de réflexion, profondément ardu,       
Inscrit dans un suspense brusquement tendu.     
Efficace et d’une simplicité voulue,      
C’est une fin complètement inattendue     
Qui laisse les acteurs totalement émus, …            
Spectateurs, fascinés, largement convaincus.                                      
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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Note : 4 sur 5.
 

«Le Visiteur». Pièce d’Eric-Emmanuel Schmitt. Mise en scène Johanna Boyé. Interprétation Sam Karmann,  Franck Desmedt, Katia Ghanty, Maxime de Toledo. (Paris, 14-11-2021, 15h00)★★★★★

C’est après avoir lutté contre le «Führer»    
Au Festival d’Avignon où la joie abonde,     
Qu’au «Théâtre Rive Gauche», «Le Visiteur»    
Revient en force dédoublée avec fureur,     
En résistance psychologique du monde      
Face aux inventions nazies d’un nouvel immonde.        

«Où va-t-on lorsque l’on dort», enfoui dans ses rêves ?
Sont-ce seuls moments où l’on observe une trêve ?  
Cette pièce, un miracle d’interprétation    
Où les quatre comédiens sont à l’unisson,     
Sachant aller jusqu’au bout de leurs émotions.     

Décor classique et cossu aux couleurs d’espoir     
Mais qui ne reflètent que des idées très noires,     
«Avec ce bonheur qui n’est pas loin du désespoir».  
«Verrouillage, par la censure, de la mémoire».     

Quand les actes de bravoure coûtent la vie,     
La mort glorieuse ne suscite pas l’envie.      
«Assis sur les carreaux rouge brûlé, blanc perdu»,        
«J’ai appelé, peut-être pour m’entendre exister».     
La Gestapo, pour voler l’argent, a insisté,      
L’a extorqué, contre services jamais rendus.      

«Le Visiteur» est-il son double, son écho      
Dans lequel chacun développe son égo ?        
«L’homme fabrique Dieu car il a trop envie d’y croire».   
Présomptions, pensées, rêves, s’ajoutent encore à leur gloire.

«C’est pour ses semblables que l’on possède un nom»     
Qui distingue d’un autre. À quoi bon, sinon !     
Seul l’être unique n’a rien de gravé au front,     
Mais ce n’est qu’une question de supposition …      
«Les fous, des enfants que personne n’a rêvés»,        
«Le mal, une promesse» jamais exaucée.    

Jeu grandiose à la hauteur de leurs ambitions,     
Servant l’écriture au-delà de tout soupçon.     
Formidable texte à la puissance ravageuse     
Sur une époque instable à la vision orageuse    
Et nauséabonde     
À chaque seconde.       

Si les pages des livres s’envolent avec le feu,     
Elles redescendent pour qu’on les comprennent mieux.
Juste une cuisante leçon d’humanité     
Pour relever la tête et garder sa fierté.       
«Théâtre Rive Gauche» ou «Théâtre Actuel»,     
Une prestation tout à fait exceptionnelle !                      
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  
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Note : 5 sur 5.

 

«La Nuit du Geste». Soirée d’ouverture de la 4ème BAMG, Biennale des Arts du Mime et du Geste. (Bagneux, Nuit du 13 au 14-11-2021, de 20h à l’aube)

Un monde animal en symbiose musicale      
S’étire et dresse sa ramure végétale       
Pour la tentative d’expression corporelle      
Qui précède le duo de danse rebelle.        

Petite gesticulation contorsionniste       
Pour prendre la température de la piste.       
La danse des ballons,      
En aérien plongeon,       
Cède la place à «l’installation de la peur»     
Qui pénètre dans un grand galop de fureur.      

Un très joli solo apprivoise le temps      
Qui file sous la robe noire de ses ans.     
Une maison hantée glisse sur le devant      
D’un envahissement du corps que l’autre ingère. 
Une première partie où tout se suggère.              

Intermède pour visiter Bagneux, de bagne,     
En trente minutes qui, de l’EPAD, éloignent.      
Rencontre d’amour décaféiné sans hargne,      
Puis, le «Théâtre Victor-Hugo», on regagne.     

Son cabinet curieux d’un «prélude amniotique»   
Regorge d’une tuyauterie synthétique.      
La construction ombilicale en mouvement     
Expulse encore un fœtus éternellement.       

La seconde partie s’ouvre sur la naissance     
De l’être humain dans l’envol coloré des sens.     
Parade ailée pour la survie de l’existence       
Aux senteurs orangées surchargées de puissance.  

Cérémonie anticonformiste du thé,      
S’y dégustent bruitages et onomatopées.     
Un primate immature     
Se dénoue, s’aventure      
En nudité nature.     

La légèreté cotonneuse alphabétique      
S’inscrit dans une drôle de thérapeutique.     
Une course folle à l’esprit de gymnastique      
Achève ses allers-retours, façon cyclique.     
Une vraie gestuelle sur un banc public     
Devient du hip-hop halluciné, énergique.      

C’est une nuit découpée en quatre quartiers       
Dont on vient d’enterrer la première moitié.       
Les corps, tour à tour vêtus de noir ou de blanc,       
Glissent au sol, s’imprégnant de sable brûlant.        

Nuit sous le signe de l’expression corporelle       
Marquée de rythmes accentuant le naturel       
Défilé de multiples saynètes rodées        
Au cours d’un travail subtilement encodé.      

Une scène stressante de vie de bureau     
Que suit la panoplie de bruitages buccaux.     
Numéros de dressage et combats sans mesure     
En échanges vaporeux de feinte envergure.     
Un grand plongeon au cœur des émotions liquides       
Puis dans des paquets de chips sautantes, insipides.      

En fin de partie, on se dévoue aux impros      
Proposées par le public,  tirées d’un chapeau      
Qui, lui aussi, aura droit à son dernier rot     
Avant les croissants et le chocolat bien chaud.                 
       
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Note : 1 sur 5.
 

«Droits devant !» Le tout nouvel album de Dominique Dimey. Composition Musicale, Arrangements Pierre Bluteau. Violon Emma Guibert. (Paris, 13-11-2021, 15h00)

Dans le plus joyeux «respect des droits des enfants»,       
«La Halle aux Oliviers» de «La Bellevilloise»       
Accueille une «artiste engagée» qui apprivoise      
Le «Bonjour» à l’international en tous temps      
De la conjugaison : passé, futur, présent.         

Accompagnement musical, violon, guitare,        
Pour un voyage qui, tout en douceur, démarre       
Vers un tour du monde, juvénile à souhait         
Afin que chaque nouveau-né grandisse en paix.          

Trio acoustique en belle complicité       
Qui présente ses chansons en simplicité.      
Petit tour d’horizon autour de la planète      
Pour protéger tous les jeunes de la disette,      
Les scolariser, afin qu’on ne les rejette.                                 
       
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Note : 1 sur 5.

 

«Grès (tentative de sédimentation)». Écriture, Mise en scène Guillaume Cayet. Création Musicale Valentin Durup. Avec Emmanuel Matte. Par la «Compagnie Le Désordre des Choses». (Paris, 12-11-2021, 20h30)

Transformation de «l’humiliation en colère»       
Lorsqu’un homme décide de «ne plus se taire».       
«Éveil progressif d’une conscience politique»      
À travers un monologue slamé poétique.      

Au «Théâtre Ouvert»,     
S’ouvre son enfer.     
Il reprend l’envers       
Des maux qu’ont souffert,      
Lui, son univers.      
Et, pour s’en défaire,       
Son vocabulaire      
Détaille et prend l’air.         

«C’est à leur regard qu’on les reconnaît»,       
Ceux dont le béton a gravé les traits       
Et laissé des «ecchymoses sur l’avenir»,       
Ceux qui n’ont même plus la force de sourire.        

«Joint imaginaire … Impression d’être vivant»,
Et les mots, alors, se déchaînent       
Pour se sentir exister et passer le temps.     
«Dans le monde libre, Les chaînes»
«Sont en matière cérébrale»,
Servent à tisser du lien social.
«C’est au regard que l’on se reconnaît»,
Même s’il est aussi dur que du «grès».          
       
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Note : 1 sur 5.
 
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Publié par le 12 novembre 2021 dans 3 Envie de théâtre

 

«Pacific Palisades». Texte Guillaume Corbeil. Mise en scène Florent Siaud. Interprétation Evelyne de la Chenelière. Par la «Compagnie Les Songes Turbulents». (Paris, 12-11-2021, 19h00)

Le début de l’aventure,      
C’est une simple «rupture»     
Qui entraîne l’écriture        
De fantasmes en déchirures.      

Une mégalomanie     
Qui s’étire à l’infini      
Servant l’imagination       
D’un amateur de fiction.       

Armes et voiture amphibie,     
Un arsenal à l’envie ;     
«Théâtre Paris-Villette»,       
La lumière est en défaite.       

Un non-aboutissement       
Comme un défi permanent      
Qui s’inscrit sur des panneaux       
Aux roulements verticaux.       

Un long voyage d’enquête     
Car personne ne s’inquiète      
Des fortes contradictions       
Sans aucune suspicion.       

Un décor labyrinthique        
S’ouvre et se ferme au public.       
Reportage vidéo      
Qui prend notre esprit d’assaut      
Et nous renvoie les tableaux      
Bien commentés aussitôt.                              
       
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Publié par le 12 novembre 2021 dans 3 Envie de théâtre

 

«Lafille». Seule-en-scène tragi-comique. Texte, Conception, Jeu Mélodie Le Bihan. Par la «Compagnie La Gagne». (Paris, 11-11-2021, 21h00)

Un spectacle qui se projette      
En forme d’une grande «quête».    
Des mimiques de jours de fête      
Avec gestuelle parfaite.      
Du grand art, un jeu qui en jette !     
«Lafille» ramasse les miettes.          

Histoire tout en mouvement,     
Maîtrisant bien à fond le temps.     
Super cours de danse classique      
Avec vive ironie caustique.        

Jeu du dominé, dominant.     
Des costumes et du changement.     
Théâtre «La Nouvelle Seine»,      
Mélodie, en musique, entraîne     
La salle et ça en vaut la peine.        

Attaque adroite aux grands clichés      
Car elle ne veut rien lâcher.      
Du monde avec qui se fâcher …      
Sa performance à l’arracher       
A de quoi, l’esprit, déciller.
À méditer sans sourciller.                   
       
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Publié par le 11 novembre 2021 dans 3 Envie de théâtre

 

«En Disponibilité». Écriture, Interprétation Julien Santini. Mise en scène Thibault Segouin. (Paris, 11-11-2021, 19h30)

C’est un acteur qui ne se prend pas au sérieux        
Et fait rire à ses dépens ; ça le rend heureux.      
Il expose les affres de sa vie d’artiste,      
Se moquant de tout, à la façon d’un autiste,
Ce qui valorise les sketches et leur faconde.        
«Stand up, un rire toutes les quatre secondes» …      

Julien s’amuse à imiter en détournant       
Propos et situations d’un ton pertinent.       
«La clé du succès, c’est s’arrêter à temps»,       
Cela, il le respecte scrupuleusement.        

Il rebondit à coup de phrases inattendues      
Qu’il verse à la péniche «La Nouvelle Seine»     
Pour alimenter toutes ses petites scènes      
Qui se succèdent dans un climat détendu.    

On passe un moment, «toujours dans la bonne humeur»,
Et l’on se sent beaucoup moins seul dans ses frayeurs.
En job, il rejette l’autorité fumeuse       
Et sait nous mettre à l’aise avec nos vies foireuses.                   
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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Note : 1 sur 5.

 
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Publié par le 11 novembre 2021 dans 3 Envie de théâtre

 

«Lafille». Seule-en-scène tragi-comique. Texte, Conception, Jeu Mélodie Le Bihan. Par la «Compagnie La Gagne». (Paris, 11-11-2021, 21h00)(Festival d’Avignon 2021)

Un spectacle qui se projette      
En forme d’une grande «quête».    
Des mimiques de jours de fête      
Avec gestuelle parfaite.      
Du grand art, un jeu qui en jette !     
«Lafille» ramasse les miettes.          

Histoire tout en mouvement,     
Maîtrisant bien à fond le temps.     
Super cours de danse classique      
Avec vive ironie caustique.        

Jeu du dominé, dominant.     
Des costumes et du changement.     
Théâtre «La Nouvelle Seine»,      
Mélodie, en musique, entraîne     
La salle et ça en vaut la peine.        

Attaque adroite aux grands clichés      
Car elle ne veut rien lâcher.      
Du monde avec qui se fâcher …      
Sa performance à l’arracher       
A de quoi, l’esprit, déciller.
À méditer sans sourciller.    

(À «La Factory»,     
«Salle Tomasi»,    
En avant-première,     
La saison dernière.)  

                                       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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Note : 1 sur 5.

 
 

«Les Misérables». D’après Victor Hugo. Texte Chloé Bonifayet, Lazare Herson-Macarel qui met en scène. Avec Philippe Canales, Céline Chéenne, Emilien Diard-Detœuf, David Guez, Sophie Guibard, Eric Herson-Macarel, Karine Pédurand, Claire Sermonne, Abbes Zahmani. Par la «Compagnie de la jeunesse aimable». (Paris, 10-11-2021, 20h00)★★ 

«Les Misérables» ? Il en surgit de partout !    
Les adaptations jaillissent et creusent leur trou,      
Espérant que le public soit au rendez-vous     
Pour surprendre deux acteurs ou un monde fou.      

De la version simple à la gigantesque fresque,      
L’œuvre fascine les metteurs en scène ou presque,      
Tant il y a de manières chevaleresques      
De restituer l’un ou l’autre aspect livresque.        

«La Tempête» s’éloigne de Victor Hugo      
Et n’en garde que l’amertume des fardeaux.       
La transposition moderne souffle à nouveau        
Et arrange les passages mis à niveau.       

La trame un peu déformée sort du caniveau.      
Des brèches de la société, luit le flambeau.      
L’âme du roman, en fumée, tombe en morceaux,       
Pavés juxtaposés joignant débris, lambeaux.         

Violente clameur sur les barricades en feu       
Quand le peuple est à bout. «Les chiens sont plus heureux».      
La misère gronde et les miséricordieux       
Accueillent, amendent et redressent les malheureux.        

«Moi je suis heureux parce que je sais attendre» …         
Que faire quand il n’y a plus rien à défendre ?       
Ni vivres, ni labeur et rien à entreprendre,       
C’est direct, sans pathos à voir et à entendre.       

Intense travail de construction de décors       
Où l’impressionnante mise en scène ressort.       
Le mouvement fuse de partout à la fois ;         
On se régale de leurs efforts et exploits.
Leur talent d’acteurs éclate autant dans la joie
Que lorsque la vie se brise comme du bois.                  
       
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Note : 2 sur 5.

 
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Publié par le 10 novembre 2021 dans 3 Envie de théâtre

 

«J’ai un nouveau projet». Texte, Mise en scène Guillermo Pisani. Avec Marc Bertin, Sol Espeche, Pauline Jambet, Maxime Le Gall, Benjamin Tholozan, Julien Villa. Par la «Compagnie Le Système pour Devenir Invisible». (Paris, 09-11-2021, 20h30)

Martelant l’air comme des secondes, ces clics      
Qui se succèdent en lâcher de courtes répliques,       
Agissent systématiquement en déclics       
Automatiques, devenus démentiels tics.      

Les yeux et les doigts rivés sur l’informatique,      
Les écrans font écran à la vie. Mécanique       
Bien huilée où de fausses relations compliquent     
L’existence, détériorant leur sens critique.     

Quantité de sujets abordés en pratique,      
«Théâtre La Tempête» où tout, enfin s’explique.     
«L’avenir des nouveaux concepts» rêvés s’applique      
Pour le remplacement de l’«open space» antique      
Accueillant «l’espace ouvert» en vision oblique.      

Un grand charabia de locutions logistiques      
Déshumanise ce qui reste de public,      
Remet en question les aspects démocratiques     
En une sorte de satire diabolique.       

À travers un métalangage symbolique,       
Ils tentent un retour aux notions moins dramatiques     
Pour retrouver un peu d’espoir anachronique     
Au monde du travail, équation algébrique     
Hasardeuse de plus en plus problématique.      

«L’entreprise, l’espace vide» asymétrique           
De «trahison, en haute valeur politique»,    
Est «un nouveau projet» quelque peu athlétique    
Au détour de conversations académiques,      
Sur une musique qui les rend hystériques.       

Ils font preuve d’immense énergie sympathique      
Pour la pure découverte mathématique       
Qui vide les cerveaux de pensées éclectiques     
En perspectives d’infini bureaucratique.       

Survivre dans leur vision apocalyptique     
Se révèle une expérience tragi-comique     
Qu’il faut prendre avec un regard humoristique     
Pour ne pas se perdre en leur vue labyrinthique.         

Une mise à feu, étrange, juste et cynique,             
Étrangle les idées reçues symptomatiques.      
Que reste-t-il d’une liberté idyllique ?       
Représentation réaliste ou utopique ?      
«Le système pour devenir invisible» : risque      
Zéro ou exponentiellement arithmétique ?                   
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  
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Note : 1 sur 5.
 
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Publié par le 9 novembre 2021 dans 3 Envie de théâtre

 

«À la recherche du temps perdu». Adaptation de l’œuvre de Marcel Proust. Mise en scène Virgile Tanase. Interprétation David Legras. Par la «Compagnie Théâtre de l’Instant Volé». (Paris, 08-11-2021, 21h00)★★★★

À «La Contrescarpe», «la recherche» commence      
Par un grincement de pas qui bien ensemence       
L’infini des phrases proustiennes qui s’enchantent      
Par l’excellente diction du conteur qui hante     
Avec une immense poésie notre attente.       
Chaque mot reprend une nouvelle existence,       
Nous berce et puis nous transporte dans l’élégance        
D’un acteur qui sert le texte avec pertinence.        

Chaque geste étudié avec raffinement        
S’accorde à la voix dans un pur ravissement.       
Si vous n’avez pas encore lu l’œuvre du Maître,       
C’est le moment de découvrir un condensé d’être,       
Une divine essence qu’il y fait apparaître       
Avec grand art et une subtile mise en scène        
Qui, tout au long du spectacle, nous tient en haleine.          

«Tant de femmes différentes superposées»,       
Comme impudents papillons viennent se poser      
Sur l’oubli que les circonstances ont imposé.       
«Chaque être est détruit quand nous cessons de le voir».       
S’effacent «les yeux où la chair devient miroir».       
Vient le temps de «résurrection» de la mémoire,       
Insidieux travail des formes de désespoir         
Delayées aux couleurs qui submergent le noir.          

Tout une blancheur vestimentaire éclatante       
Éclaire les propos, «les jambes flageolantes»       
Féminines qui ont traversé les écrits        
Sans fin dans les gémissements, larmes et cris        
D’un auteur se voulant au-delà des débris         
Qu’un corps blessé laisse en la trace qui s’inscrit        
Dans un ouvrage réveillant la cécité.         
Comédien d’une étonnante simplicité          
Qui colle au verbe avec verve et complicité.         
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  
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Publié par le 8 novembre 2021 dans 3 Envie de théâtre

 

«La Chute». D’Albert Camus. Adaptation, Mise en scène, Création sonore, Vidéo, Géraud Bénech. Co-Adaptation, Interprétation, Stanislas de la Tousche. (Paris, 08-11-2021, 19h00)★★

À chacun son esclave, mais qui le dira ?      
Certaines vérités, qui les reconnaîtra ?     
Qui s’afficherait tel qu’il est réellement ?     
Un homme se revisite intérieurement,      
Il retrace sa vie presqu’éternellement      
Comme un voyage se refait mentalement.       

Au «Théâtre de la Contrescarpe», défilent      
Toutes les petites lâchetés qui s’enfilent       
Sur le collier d’existence où s’attache un fil       
Qui pourrait se transformer en un nœud coulant.       

Chacun exige d’être innocent à vil prix …     
Un miroir renvoie une image déformée,       
Livrant son âme pieds et poings liés et pris       
Dans les filets du monde qui s’est transformé.          

«Le sommeil était une chute»      
«Et la veille un accroupissement»,      
Dans une cellule où on lutte      
Recroquevillé sur ses tourments.       

«Je suis la fin et le commencement»        
«J’annonce la loi» pour un jugement.       
«Les juges intègres» ne sont finalement      
Qu’une pâle copie voguant innocemment.       

Discours qui libère philosophiquement ;       
«Plus je m’accuse et plus j’ai le droit de vous juger».
Un texte aux profondes réflexions, sans préjugés,
Servi par un souffle qui a su exiger
De l’acteur qu’il l’expulse de lui intensément.        
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  
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Note : 2 sur 5.
 
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Publié par le 8 novembre 2021 dans 3 Envie de théâtre

 

«Vivaldi Piazzolla». Saisons : D’un rivage à l’autre. Marianne Piketty (violon conducteur) et la Formation «Le Concert Idéal». Mise en scène Jean-Marc Hoolbecq. Violons : Valentin Seignez Bacquet, Laurent Pellegrino. Alto : Satryo Yudomartono. Violoncelle : Alberic Boullenois. Contrebasse : Thomas Stantinat. Théorbe : Léon Brunet. (Chamonix 05-11-2021, 20h30)★★★★

«Théâtre du Girasole» et puis «Majestic»,       
Tous les archets glissent de façon fantastique,      
Jouant et se répondant en sons acoustiques,       
Passant allègrement du tango au classique.     

La boucle commence et se finit au «Printemps» ;     
Grâce à eux on ne voit pas défiler le temps      
Qu’accélèrent les cordes des sept instruments,     
Sachant aussi ralentir leur cheminement.     

Violon rageur déclenchant de fortes tempêtes,     
Douceur extrême d’un câlin de savonnette     
Sur la peau qui tremble à chaque note d’esthète.    
Lâcher de virtuosité qui se répète     
À chaque «Saison», pour mettre le cœur en fête.      

Ronde musicale au tempérament de feu      
Qui se transforme en gouttelettes de rosée      
Pour nous proposer un univers prestigieux        
Où leur talent peut éclater et tout oser.     

Leurs trémolos et soupirs      
Attisent joie et sourires ;      
Les solos de Marianne sont si émouvants       
Qu’ils déclenchent des sentiments vibrants, mouvants

En vagues de pur plaisir.       
Concert qui a su séduire.               
       
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Note : 4 sur 5.
 

«L’Effet Papillon». Imprévisible ? Peut-être pas … Conception, Interprétation Taha Mansour, Mentaliste. (Captation vidéo vue le 30-10-2021, 21h30)★★

Un «voyage atypique» au royaume des mots     
Où le mentaliste nous choisit des démos    
Afin de raconter notre histoire en très gros.      
«Comment peut-on donner l’illusion de prédire»    
«L’avenir», influençant ce qu’on va décrire …     

L’observation pour «anticiper l’avenir»     
Va amener à davantage réfléchir.     
C’est la valse des cartes en toute liberté     
Qui papillonnent en scène de tous les côtés,      
«Comédie Saint-Michel», puis «Sham’s» prochain été.    

Jouant sur la charge émotionnelle aux couleurs     
Qui prennent forme à travers de faibles lueurs,     
Il cherche à percevoir ce que l’autre ressent     
Jusqu’à inverser la circulation du sang.    

Avec de la psychologie et du calcul,     
Sa quête de découverte prend du recul.    
Il rend l’invisible bien réel à nos yeux     
Par la force de la persuasion au mieux.     
Notre concentration est un sujet sérieux     
Qui le guide à visualiser le sommeil.       

«Les petits mystères du quotidien émerveillent»      
Par l’inattendue vision de tout ce qu’ils éveillent.     
Le spectacle est dans la salle avec le public     
D’une soirée intimiste et bien sympathique.     
«Et si c’était possible» … en un simple déclic !                
       
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Note : 2 sur 5.

 

«Qui va là ?» D’après Emmanuel Darley. Interprétation Thierry de Pina. Adapté par la «Compagnie Ah le Zèbre !» (Captation vidéo vue le 17-10-2021, 19h30)★★

Conçu comme du théâtre d’appartement,     
Ce spectacle s’inspire du confinement     
Pour que les souvenirs     
Viennent enfin remplir     
Les cases vides de son nouveau rangement.     
Du désert, émergent de riches sentiments     
Recouvrant la pauvreté, de ses errements.              

«Y’a quelqu’un ?» Quête d’identité … «Y’a personne».     
Bruits de pas qui cherchent, se rapprochent et résonnent

Pour combler l’absence et l’emplir de la lumière     
Qui réveille le passé des sombres hivers.     

Une nudité sans fard s’ancre dans le sol     
Tandis qu’il relate tout son manque de bol     
En réflexions pertinentes à peine frivoles.         
«Une chanson douce que chantait sa maman» …      
De l’évocation, que reste-t-il maintenant ?     
Au «Théo Théâtre» il atterrit sûrement.     

Il est tout feu, tout cendres,     
À vif de redescendre     
Pieds sur la terre ferme     
Afin qu’on ne l’enferme.
    
Un curieux OVNI     
Qui rien ne renie     
Et se crée un abri     
Parmi tous les débris.      

Petit côté de L’Etranger d’Albert Camus,     
Naïf et détaché quand plus rien ne va plus.        
Un être décalé, foncièrement perdu,     
A voir le bout du tunnel, enfin résolu.     
Papiers en règle, mais demeure un inconnu.     
Une ironie du sort et un humour macabre     
Quand il monte sur ses grands chevaux et se cabre.     

Une histoire qui déroule ses propres rails,     
Avance ou Recul, jusqu’à ce que ça déraille.     
Sa vie s’écoule sous nos yeux, avec ses failles,       
S’écroule dans un baquet d’eau où il défaille.        

Ce récit surprenant,     
Vraiment intéressant,     
Dévoile poliment     
Le fond du fondement,     
Dans un jeu toujours juste     
Peignant des faits injustes.     

Nuits sur les planches des «Etoiles» d’Avignon,    
Trois petits tours, s’y cacher sous le fameux pont.         
«Sans Scène Fixe», Alexandre le «SDF»,          
«Sans Domicile», se Fixe aux vraies «SSF».     
Dans ces salles     
Il s’installe     
Pour de bon.                   
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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Note : 2 sur 5.

 

«Tu es vraiment si pressé ?» Texte, Interprétation Chantal Péninon, Denis Tison. Assistante Claudine Guittet. Par la «Compagnie Vue sur Scène». (Captation vidéo vue le 29-09-2021, 19h00)★★

«Tu es vraiment si pressé ?» Un clin d’œil qui brasse
Tout ce qui à sa portée se cache et s’entasse.           
Joli titre pour exprimer le temps qui passe        
Dans un duo qui en est à boire la tasse,         
La levant de concert quand le temps les dépasse       
Et se colle sur l’affiche qui, rien, n’efface.         

«Ell’ vendait des p’tits gâteaux»           
«Qu’ell’ pliait bien comme il faut» …       
Refrain tombant sur le dos       
Du malheureux, en écho         
De quelques acerbes mots.           

Dans des chansons qui transpirent         
L’amour quand le «cœur soupire»,            
La tenancière est bien pire         
Qu’agent mué en vampire.         

Des échanges de propos entre une logeuse        
Et son pensionnaire qu’elle épie, tracasseuse.            
En désirant et redoutant sa solitude,     
Sa curiosité infiltre les habitudes         
Du nouveau voisin obligé aux confidences      
Pour qu’elle l’héberge et calme son impatience.              

Des révélations de la plus vieille importance         
Vont surgir de chacun d’eux, brisant le silence.      
Un'(e) fraternité se crée dans leurs souvenirs        
En simplicité émotionnelle à remplir         
Le vide et l’absence familiale et sociale.     
René, Geneviève, apprivoisent leur bancale       
Existence. Le comportement de la femme        
S’explique alors, devenu naturel. S’enflamment         
Les déchirures d’une enfance si meurtrie                
Que la vie, lentement, recoud, sans bruit ni cris.            

Théâtre intimiste à «La Croisée des Chemins»        
Où s’entrecroisent deux vertigineux destins.             
L’abandon développe l’imagination         
Qui essaie de combler le manque d’affection.         

En salle ou en chambre, les représentations         
Surprendront vos amis, forçant leurs intuitions.         
Ils pourront jouer à suivre toutes les traces         
D’une reconstitution à rentrer en grâce.       

Le plus «insupportable» est de «ne pas savoir»          
Le pourquoi d’une insurmontable trajectoire,          
Mise en orbite engendrant le vif désespoir          
D’une perte d’identité de «soixante ans»        
D’oubli qui revient comme une rage de dents.           

«Quand on n’a pas de souvenirs»,        
«Il faut s’en inventer». Fourbir       
Sa mémoire à en enrichir          
Sa vie n’ayant rien à fournir.               

Eux, «tous les deux, vieux, tristes, cassés de partout»,

Du puzzle, rebouchent les conflictuels trous.         
Une histoire, douce-amère, qui a du goût,         
Alimentée par un vertigineux bagout.                    
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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Note : 2 sur 5.
 
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Publié par le 29 septembre 2021 dans 3 Envie de théâtre

 

«Premier Amour». De Samuel Beckett. Interprétation Jean Michel. Mise en scène Jean-Pierre Ruiz. Musique en direct Roland Gomes. Par la compagnie «Théâtre Vol de Nuit». (Captation vidéo vue le 27-09-2021, 21h00)★★★

Guitare sur scène et escabeau solitaire,         
Voilà bien le décor planté qui se resserre          
Autour d’un vieil homme chapeauté de mystère          
Et aux pieds nus dans ses galoches de galères.          
Papiers dépliés, repliés, dans pardessus,           
Il a l’air misérable, sans rien de cossu.         

Se tordant les doigts, quand il évoque son père,        
C’est sur son mariage raté qu’il vitupère.          
Mais quel «lien» peut-il être «entre ces deux affaires» ?

Affublé de tics de grattage héréditaire,        
Se complaît en allées-venues au cimetière           
Où il monologue et, sur sa vie, déblatère.            

Visage rieur, et rajeuni par son conte,         
D’emblée il s’attaque aux souvenirs qu’il raconte ;            
Très expressif ; ses descriptions cadavériques         
Le revêtent d’un aspect sobre et véridique.            

Écrit bien travaillé dans un humus, matière          
A faire coexister la mort et la terre.            
Pris en otage dès le début de l’histoire,           
On reste captivés, même sans le vouloir.           

«Invitation au voyage intérieur», poussière              
D’existence autour du deuil, noir mis en lumière.         
Texte, tout compte fait, virulemment joyeux,          
De main de Maître sur un suaire soyeux.            

Obligé de quitter la maison et sa serre,          
Son cœur, à cette perte de chaleur, se serre.                
«Tout s’embrouille dans (sa) tête» parasitée         
Par son «imagination» à ressusciter         
Tout un passé incertain d’avoir existé         
Mais dont les vives «douleurs» l’ont persécuté.                  

Et «les instants où, sans être drogué, ni saoul»,                
«Ni en extase, on ne sent rien», mais rien du tout,         
Laissent dans un état second de flottement            
Où la parole libère son grondement.  


«Parlerai de choses qui n’ont jamais existé»,
Auxquelles la poésie permet de subsister.          
Une introspection, avec talent, régurgitée          
Par un esprit tumultueusement agité.               

Récit qui nécessite une profonde attention             
Pour suivre les méandres de ses contradictions           
Qui font tout le charme de cette âme torturée       
Plus proche des disparus que des vivants murés.          

Écriture d’une fausse naïveté            
Qui laisse toute ouverture aux ambiguïtés.          
Être avec quelqu’un et avoir la liberté         
De penser à autre chose en intimité ;       
Effacer sa présence afin de végéter          
Dans ses réflexions couvertes d’incertitude         
Où l’autre n’apparaît plus que par habitude.            

C’est une ample confession, drôle et émouvante          
Qui, à la fois, enchante autant qu’elle épouvante.         
Absurde discours de génie qui toujours tente             
De saisir au bond le raisonnement d’attente.          

«Peur de partir» et de l’abandon en froideur          
Dans un fracassement qui se teinte d’horreur.           
C’est dans le théâtre «La Croisée des Chemins»        
Que, seul, il affronte son terrible destin.          
Des pages riches d’un cri déchirant, sans frein,           
Qui brûle la peau d’une blessure sans fin.                     
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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Note : 3 sur 5.
 

«Seul(s)». Le duo en solo ! De et avec Karim Mendil. Mise en scène Caroline Bal. Par la «Compagnie Les Indiens».  (Avignon, captation du 22-07-2021, 15h00) (Vidéo vue le 27-09-2021)

Une ambiance de croisière avec «Volare»             
Et des applaudissements réquisitionnés.            
Toute la technique des écoles du rire             
Pour remplacer les chauffeurs de salle en délire.            

Un «voyage dans l’inconnu» de ses désirs              
Pour le mélange des genres dans le sourire.              
A «La Petite Caserne», il se sent souffrir                
D’un odieux abandon suivi d’un démentir.               

C’est un spectacle bien lourdement arrosé           
Où chaque vanne y est raffinée et dosée,                
Carburant en liberté et col évasé         
Dans un esprit cravaté de bleu azuré.           

Sautant du coq à l’âne de manière heureuse,            
Il nous balade dans des diversions foireuses        
Qu’il s’arroge le droit de rendre délicieuses.         
Une «Commedia Dell Raté» pour scie sauteuse              
Qui saucissonne ses saynètes rigoureuses.           

«Pari d’humour, dérision, autodérision» ;             
Déni d’amour, confusion, auto-décision …              
Paradis sociaux et maîtrise en prévisions       
D’un futur qui télé-malaxe les visions.              

«Seul en scène» qui dialogue avec le public               
Qui lui assure sa raison d’être éclectique,            
Abordant les sujets de façon sympathique,         
Guettant, chez le spectateur, le moindre déclic.

                                
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Note : 1 sur 5.
 

«Trail des Aiguilles Rouges».  (Chamonix, 25 et 26-09-2021)

Quinzième année avec trois parcours inédits ;       
Un départ en pleine nuit, dès le saut du lit.     
Des passages très techniques, en boucle aérienne     
Pour un grand bol d’air avant le retour en plaine,      
Dans ces trails, dits du TAR,    
À courir sans retard.        

Médailles olympiques, ou du bénévolat,     
C’est un honneur que d’avoir celles en chocolat      
Pour services rendus dans les associations       
Sans être l’élite de la population     
Sportive de haut niveau face aux sélections.     
Un petit cercle orné de bonne volonté      
Et d’un ruban de bénévole loyauté.         

La «Buvette»     
Est parfaite     
Pour qu’on fête     
Les athlètes     
Qui en tête     
Ne s’arrêtent     
Et s’apprêtent     
En  casquette     
À franchir     
Sans faiblir     
Tous les cols     
Qui décollent     
Leurs baskets …     
C’est très chouette !     

Arrivée en fanfare et radieuse gadoue,     
Batifolant en confortable bain de boue     
Que les rayons du soleil dessèchent partout       
Afin qu’ils franchissent tous la ligne, debout !     

Mille participants pour aller jusqu’au bout …     
De toutes ces courses qui, de joie, rendent fous,     
Dans une euphorisante ambiance au rendez-vous     
Annuel, convivial, marqué par le bon goût.        
       
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Publié par le 26 septembre 2021 dans 6 Divers (s'y fier)

 

«Sacha Guitry intime ou Sacha et ses femmes». Spectacle d’Anthéa Sogno, d’après les écrits de Fernande Choisel. Collaboration artistique Marie Simon, Jacques Décombe. Par la compagnie «L’Anthéâtre de Monaco». (Avignon, 29-07-2021, 20h15)★★★ (Captation vidéo vue le 17-09-2021)★★★

C’est la face cachée de l’illustre Guitry             
Que l’on découvre à travers un judicieux tri          
Parmi tout ce qui dans le livre fut écrit,                  
Témoignage d’amour de Fernande Choisel,         
La secrétaire de sa vie qui, avec zèle,          
Compila de précieux instants de vérité           
Revisités par le vif talent d’Anthéa          
Sogno mis dans la peau des femmes qu’il aima.          
La «Condition des Soies» est, par les «Muses», hantée.           

La «complice» de trente-deux années, ce soir,         
Rappelle tous les personnages à sa mémoire,             
Dans un brillant seule-en-scène où les mots libèrent         
La voix de celles qui furent ses partenaires.            
Imitations délicieuses aux intonations        
Qui corsent les inattendues révélations.          
Un Sacha, aussi tendre qu’espiègle et roué,          
Interprété par une actrice dévouée       
Servant généreusement un auteur doué.

                       
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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Note : 3 sur 5.
 
 

«Les Flying Frenchies» envolent Chamonix. Création collective in situ pour les Deux-cents ans de la Compagnie des Guides. Avec Antoine Moineville (co-fondateur et guide), Anicet Leone, Véronique Tuaillon, Etienne Cordeau, Violaine Garros, Géraldine Rieux, Anne Pribat, Daniel Laruelle, Didier Bonnardel. Composition musicale Bastien Roussel. Par les compagnies «Flying Frenchies», «Gratte ciel», «Transe Express», «Inextremiste». (Chamonix, 14-08-2021, 18h00)★★

Un château de cartons, une malle percée,      
Le décor est planté pour une traversée      
Turbulente des airs, du sommet des falaises      
Des Gaillands. Slackline en hauteur hyper balèze      
Dans une remuante marche, vite à l’aise.      

Conçu spécialement pour la Fête des Guides,      
Créé par trois compagnies aériennes hybrides,       
Ce spectacle est l’aboutissement très fluide      
D’un vrai travail d’équipe qui s’envoie en l’air      
Sur un filin à peine plus gros qu’une bride.      
Face au Mont-Blanc, c’est une bouffée d’atmosphère      
Musicale qui accompagne la descente       
De la paroi. Valse en «poésie verticale»       
Pour chute libre contrôlée et parapente,       
Catapulte humaine en version originale.      

Un accordéoniste qui tutoie les cimes      
Chevauche une ligne sur laquelle il s’exprime,      
À environ soixante-dix mètres du sol      
Afin d’interpréter son do-ré-mi-fa-sol.      

Tissus aériens d’altitude, face à l’M,      
Prestations circassiennes telles qu’on les aime.      
Envol de plumes et contorsions vers les nuages      
Pour nous laisser de multicolores images.      

Une formation multiple, sans une ride,      
Fondée par des acrobates, dont  certains, guides.      
Ils savent tout faire,      
Afin de nous plaire.     
Surfer sur le fil de la vie pour satisfaire     
Leur dangereuse envie de highline au grand air.      
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  
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Note : 2 sur 5.
 

«La Fleur à la Bouche». De Luigi Pirandello. Mise en scène, Interprétation Florian Miazga, Mathieu Pétriat. Par la «Compagnie Truculent». (Avignon, 31-07-2021, 18h15)★★

Curieuse représentation très captivante.     
Replié comme un oiseau de proie en attente,     
Ses doigts habiles fouillent les graines, en serrant     
Chacune d’entre elles de façon inquiétante.     
L’autre client  vient tuer le temps, espérant     
Ne pas rater le prochain train pour la campagne       
Où il séjourne avec ses filles et sa compagne.     

Le bon père de famille est vampirisé     
Par cet être étrange à l’aspect martyrisé     
Qui semble, son entourage, traumatiser.      
Il va tisser sa toile autour des inconnus     
Au «Théâtre de l’Albatros», la nuit venue.       
Il laisse au cœur un désespoir à ceux qu’il touche.        
«La mort lui a planté cette fleur dans la bouche».                
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  
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Note : 2 sur 5.

 

«Sacha Guitry intime» ou Sacha et ses femmes. Un spectacle d’Anthéa Sogno, d’après les souvenirs de Fernande Choisel. Collaboration artistique Marie Simon, Jacques Décombe. Par la compagnie «L’Anthéâtre de Monaco». (Avignon, 29-07-2021, 20h15)★★★

D’entrée de jeu, on croirait à du boulevard,         
Mais vite on boit ses mots comme un papier buvard.           
C’est bien rythmé, enjoué, sans être bavard.         
Les enchaînements fusent et piquent comme un dard.          

Une pièce qui a du sens et les éveille,        
Que l’on butine en savourant le fiel d’abeille         
Qui s’enrichit au contact de chaque nouvelle          
Fleur ajoutée aux collections de demoiselles.        

«Fernande Choisel, la fidèle secrétaire»,          
Au bout de trente ans, n’a plus envie de se taire.      
Elle conte, par le truchement d’Anthéa,         
Les passions d’écrivain et d’amoureux, Sacha …          

Dont elle fut «complice» d’intimes instants.          
«Quel divorc'(e) ? J’n’avais épousé que son talent» …           
Rupture littéraire évoquant tous les grands            
Noms qui, dans sa vie, ou dans son lit, défilèrent           
Et firent naître de beaux écrits de carrière.            

«Perdue dans trente ans de secrétariat», Fernande        
Les ressuscite et le public en redemande.        
Tableau accroché où passent toutes ces dames         
Qui s’affichent en spectacles à succès grâce aux femmes     
Qui épicèrent l’encre du stylo en flammes.             

«Bien des lettres ne sont écrites»           
«Que pour leur post-scriptum», et dites     
Avec la passion qui s’effrite,        
Ou reste, quand on les édite.         
C’est à la «Condition des Soies»         
Que se joue ce texte de choix.     

  
«Un rendez-vous d’amour avec mille personnes»       
Bercées d’humour et chavirées dès qu’il les sonne.       
«Il ne laisse jamais rien au hasard, à moins»         
«De ne l’avoir soigneusement organisé»            
«Lui-même» et sachant bien le théâtraliser,        
Magnifiant les défauts avec un divin soin.             

«Si je critique les femmes, c’est pour pouvoir»          
«En parler longtemps», il s’en fait donc un devoir.           
«Les souvenirs sont des nids douillets pour les rats»             
«Du chagrin», rongés par un venin scélérat.         
Ne reste qu’à «se démaquiller le moral»       
Pour mieux affronter la réalité vénale.      

«Le cœur au bord des lèvres»      
Déborde d’une fièvre.       
Compilation de ses chefs-d’œuvre littéraires        
Pour en dresser un vif hommage funéraire.         

Tout une vie consacrée à l’auteur Guitry,          
Couchée sur le papier à taper tant d’écrits.        
Partage de confidences et de souvenirs        
Trempés dans du vitriol à faire frémir       
Des salles entières inondées d’infimes désirs.        
Une interprétation irradiant de plaisir !      

«Le spectacle de sa vie va (tant) me manquer» …           
Derrière le clavier, tout son zèle planqué        
Nous offre un délicieux coin de «postérité»           
Proposé par l’amie si longtemps dévouée.  

                                   
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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Note : 3 sur 5.