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«Brassens à Alger». Voyage de Sète à Alger. Avec Djamel Djenidi, Pierre Bernon d’Ambrosio, Anne-Catherine Logiest, Siham Bessa, Meriem Bounaga, Habibou Ouali, Jacques Pibarot. Par «L’orchestre El Djamila». (Paris, Phénix Festival, 19-06-2022, 18h00)★★★★  (Festival d’Avignon 2022)

«Studio Hébertot» et dix jours à «La Rotonde»     
Pour accueillir un souvenir célèbre au monde,     
Le grand Georges bien connu partout à la ronde.     
Tour de chant bilingue en une harmonie profonde.     

Dans une ambiance conviviale et chaleureuse,      
Un original récital aux voix charmeuses       
Nous ravit par sa jovialité nostalgique.      
Accents colorés et nouveaux accords typiques   
Au banjo et à la mandoline rieuse.      

Grand moment festif où guitares et contrebasse,   
Percussions, grelots, accordéon, nous enlacent   
De leurs sonorités «arabo-andalouses»      
A rendre toute l’assistance un peu jalouse.      

«Mimiques espiègles et regards complices», Brassens
Les met tous dans sa poche quand, ses cordes, il pince. 
Présence indéniable et force de la nature,     
Il conquit le public par sa forte envergure.     

Des solos    
Musicaux     
Sur guitare     
En fanfare    
D’émotions     
Et passion.      
Arrangements divins
Pour ce joli chemin    
De «Pierre», ce boute-en-train.          
Complicité instrumentale     
Et superbe trio vocal.      

Ces artistes, au nombre de sept,     
Évoquent le natif de Sète     
À qui ils rendent un vibrant hommage     
Au sourire généreux en partage.              
 
     
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  
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Note : 4 sur 5.
 

«Flagrant déni». D’après les nouvelles de Guy de Maupassant : «Tribunaux rustiques, Lettre retrouvée sur un noyé, Le Cas de Madame Luneau, Une Vente, Le Trou, Regret». Adaptation, Jeu Alain Payen. Mise en scène Catherine Benhamou. (Paris, 18-06-2022, 21h00)★★(Festival d’Avignon 2022)

«Imaginez les odeurs d’étable et de fumier»         
Dans la salle d’audience où s’écharpent des fermiers 
Pour des histoires de gros sous, de jalousie,     
D’amours déçues, cortège de mesquineries.      
Et le juge arbore «un air de profond mépris»     
À l’égard de ceux qui s’affrontent en veuleries     
Pour tirer de leurs affaires le meilleur prix.      

«Je vais embrasser le bonheur devenu femme» …  
«L’ivresse du cœur, qu’on nomme l’amour», enflamme 
Les sens de celles et de ceux qui voudraient qu’on clame 
Leurs qualités sans qu’éclate à tout va un drame.   

«Théâtre de la Huchette», puis aux «Corps Saints»,   
S’étalent les impudiques aspects porcins,      
Les vives contestations et calculs mesquins,          
Au travers de descriptions à l’esprit coquin.             
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  
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Note : 2 sur 5.
 

«Faudrait grandir !» Écriture, Mise en scène Aurélien Lesage. Interprétation Laura Mottet. Par la «Compagnie Les Rats du Navire». (Paris, 18-06-2022, 17h00)★★★

Sarah, totalement délaissée par sa mère,    
S’occupe de tout, aussi de son petit frère.    
Elle doit se faire oublier et, en silence,    
Tout maîtriser dans une muette souffrance,    
Et surtout, dans la générale indifférence.     

Tout le fardeau de la maison sur ses épaules,     
Elle ne peut plus assumer son propre rôle    
De collégienne et sa vie oublie d’être drôle.      
C’est à «La Croisée des Chemins» qu’elle bifurque ; 
De ses professeurs, elle est la tête de turc.     

Personne ne voit et ne cherche à la comprendre ;    
Elle se replie sur elle-même, à attendre      
Que «l’humiliation» grandissante enfin s’arrête.  
Un récit concis et sobre qui se répète     
Au quotidien, tandis qu’elle fait ses emplettes.     

Une histoire difficile, vue simplement      
Par le regard de celle qui n’est qu’une enfant   
Dont on a confisqué la jeunesse au service    
D’une forme d’esclavagisme domestique.   
Sarah se vêt de la peur des gifles et sévices.   
La jeune actrice, crédible dans ses répliques,    
A la candeur et la maturité typiques      
D’un talent confirmé en présence scénique    
Qu’à ses rôles de composition elle applique.     
             
     
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  
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Note : 3 sur 5.
 

«Je m’appelle Adèle Bloom». Écriture, Mise en scène Franck Harscouët. Avec Armelle Deutsch, Sophie-Anne Lecesne, Philippe d’Avilla, et Laure Elko au piano. Par la «Compagnie L’Affabulerie». (Paris, Phénix Festival, 17-06-2022, 21h00)★★★★★(Festival d’Avignon 2022)

Un thriller mental, romanesque et historique     
Qui interroge le bien-fondé de techniques     
Ahurissantes,    
Abrutissantes,      
Avilissantes    
À faire froid dans le dos     
Quand on transperce les os.     

Ambiance rustique qui respire le bois      
Bien brut cachant les états d’une âme aux abois.    
«Fissures de l’esprit» suite aux électrochocs     
Pour un «cortège de miracles» tout en toc.    
Des révélations à la «Condition des Soies».   

«Entre eux et moi, une vague sortie de la brèche»    
«Pour m’isoler des autres» et de leur regard revêche.    
Pourtant «tout le monde en parle et personne ne sait»    
Que les neurologues font de nous ce qui leur plaît.     

Tient-elle tête à l’autorité doctorale ?    
On lui inflige une solution radicale.     
«Pas le droit à l’erreur, sinon vous serez punie».    
Récit criant de vérité et sauvagerie.     


«Sourire forcé à l’asile Providence»    
Où les traitements sont signes de décadence.     

Remarquable interprétation d’Armelle en Adèle    
À qui on a rogné les émotions et les ailes.    
Les rôles de composition le sont avec zèle     
Pour Sophie qui les endosse en toute indépendance. 
Un texte qui met de la poésie dans l’horrible     

Et du rêve pour éloigner le déséquilibre.     

«Comme si s’ouvrait une trappe sur les ténèbres»,    
L’électricité se charge d’éloge funèbre.     
Comme «une disparition de sa propre existence»,    
Le monde qui l’entoure perd de son importance.      

À coups de lobotomie     
On perd son autonomie.    
Un spectacle d’une détresse    
Si poignante qu’elle nous blesse.     
Notre écoute attentive laisse    
Place à une réflexion    
Profonde en ébullition.      

L’internement psychiatrique     
Et ses dérives physiques     
Torturent à mort le psychique.    
Pratique de «la lobotomie transorbitale»    
Moyennant l’usage d’un «pic à glace» fatal    
Qui mutile pour toujours l’apparence faciale.   

La sortie par l’écriture libératoire,     
Livre révélant un terrible moratoire.     
«Mes souvenirs débordent des gazouillis d’oiseaux»
Des compagnes d’infortune. Au «Studio Hébertot»,    
Huit ans d’une vie volée, à l’abri d’un cachot     
Médical où les blouses blanches ont le dernier mot. 
        
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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Note : 5 sur 5.
 

«Le Dépôt amoureux». Écriture, Mise en scène Camille Plazar. Avec Thomas Ailhaud, Gabriel Arbessier, Lorette Ducornoy, Léa Schwartz, Anaïs Robbe. Par la «Compagnie Tout le monde n’est pas normal». (Paris, Phénix Festival, 14-06-2022, 21h00)★★★★(Festival d’Avignon 2022)

C’est un début de spectacle très percutant            
Où l’humour se déverse en un flot pertinent     
Grâce à un style bougrement désopilant.       
Pièce qui tranche dans le vif des sentiments,      
Raccommodant les mille bouts aux bords coupants,      
Accommodant les chairs avec l’esprit piquant.       

«Rupture amoureuse» sous toutes ses coutures      
Réparant les «cœurs brisés» des mésaventures     
Qui sectionnent «le nerf romantique» où suppurent      
Les déboires sanguinolents de la mixture      
Des affects, des souvenirs cuisinés qui durent       
Et restent sur l’indigestion un peu trop dure.       

Boire des paroles, ou des coulées de vodka,      
Pour que la pilule passe, on traite les cas      
Désespérés, griffés d’intense «solitude»     
Par de fortes doses dansées de «camarude».      
Remèdes à vérifier, que l’on soit, ou pas, prude.      
Texte drôle, détournant le vocabulaire      
Pour laisser respirer les tripes mises à l’air.      

«Studio Hébertot», puis «Théâtre des Barriques»,   
Le plein d’idées recharge les accus cliniques.   
Spectacle qui repousse les effets chimiques     
Des cachets, les remplaçant par de nouveaux tics.   
Un premier essai littéraire prometteur
Écrit et mis en scène avec force et rigueur.                  
       
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Note : 4 sur 5.
 

«(Ex)Ode». Récital-Concert. Conception, Mise en scène, Textes, Chant Matías Chebel. Piano, Buzuq, Percussions Elie Maalouf. Saxophone, Clarinette, Flûte traversière Marc Vorchin. Par la «Compagnie Zumbó». (Paris, Phénix Festival, 13-06-2022, 20h30)★★(Festival d’Avignon 2023)

Matías Chebel vient du pays argentin,    
«Là où les vents font demi-tour» dès le matin.     
«La Terre où le mal n’existe pas», où est-elle ?     
Derrière de mélodieux accords, survit-elle ?      

Une musique qui migre d’un continent      
À l’autre, emportant le fond de ses sentiments     
Pour l’interprétation aux accents nostalgiques     
Des trois «compagnons d’un voyage» sympathique.       

Qu’elle vienne du Liban ou de l’Italie,     
«La famille humaine» s’agrandit, fait son lit.     
À «La Nouvelle Seine», puis à «La Scierie»,    
Ce paisible concert universel nourrit      
L’espérance et, à chaque spectateur, sourit.                
       
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Note : 2 sur 5.
 

«Tu fais quoi dans ma vie ?» Comédie de et avec Alexandra Moussaï, Arnaud Schmitt. Mise en scène Ludivine de Chastenet. Par les compagnies «Matrioshka» et «NC3B». (Paris, 12-06-2022, 20h00)★★(Festival d’Avignon 2022)

Lui, son passeport et sa dépression partirent,    
Pendant quatre ans, se faire un nouvel avenir.    
Ses retrouvailles avec Emma, particulières,     
Essaient de recréer l’atmosphère d’hier.      

«Funambule Montmartre», le temps a stoppé.    
À «L’Oriflamme», ils vont à nouveau le choper.     
Avoir «dix-sept ans, l’âge de tous les possibles» …           
Tous deux naviguent entre deux univers crédibles.      
   
Jouer les morceaux du puzzle de leur parcours     
Mis en pièces en de labyrinthiques détours      
Pour «vider trente-huit ans de vie en quatre jours»,    
Divaguant autour de nombreux allers-retours.     

«Tant qu’on ne regarde pas, ça n’existe pas».      
«Digérer l’information» et sauter le pas.     
Adieux qui s’éternisent en recommencements     
Pour revenir à leurs premiers balbutiements.      

«Faire ce que la société attend de vous» ?    
Rentrer dans le moule pour faire «un mini-nous» ?    
Attendre que la situation se dénoue ?
Saisir la ficelle et tirer par les deux bouts,     
Déjouer les conflits, les nœuds qui rendent fous.    
Mais «c’est avec toi que je m’engueule le mieux»,     
En toutes occasions et quel que soit le lieu.                 
       
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Note : 2 sur 5.
 

«Boule de Suif (la meute)». D’après la  nouvelle de Guy de Maupassant. Adaptation, Mise en scène, Interprétation Yannick Laubin. Par la Compagnie «Les Moutons Noirs». (Paris, Phénix Festival, 12-06-2022, 17h00)★★(Festival d’Avignon 2022)

Depuis un rétroprojecteur, des transparents      
Montrent d’ingrats caractères désobligeants     
Qui n’ont de cesse de juger les autres gens.     
Ignobles jusqu’au fond de l’âme ils vont jaugeant  
Celle qui n’est pas de leur monde, mais «galante»,

Offre ses vivres, reste digne et bienveillante.     

Une adaptation aux traits forcés et grossis      
Comme un festin aux bonnes poulardes farcies.  
Le comédien agrémente fort son récit       
De ses commentaires entre les pages d’écrits.    

L’ignominie de ceux de la haute a contraint    
«Boule de Suif» à donner son arrière-train.    
Grande leçon pour écoliers et collégiens,      
Qui illustre les défauts de tous ces vauriens.     

Certes, femme légère mais digne d’honneur,   
La seule qui ne parjure pas ses valeurs        
Patriotiques, au vertueux, généreux cœur,     
Est rejetée. Brebis galeuse ou «moutons noir»,   
Elle incarne le courage et l’immense espoir.    
«Lavoir Moderne Parisien», puis «Roi René»,        
L’esprit de Maupassant ne fut pas malmené.            
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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Note : 2 sur 5.
 

«Britannicus, Tragic Circus». Tragédie burlesque musicale dé-racinée par «Les Épis Noirs». Écriture, Mise en scène, Interprétation Pierre Lericq. Et avec Jules Fabre, Gilles Nicolas, Tchavdar Pentchev, Marie Réache, Juliette de Ribaucourt. (Paris, Phénix Festival, 11-06-2022, 18h00)★★★(Festival d’Avignon 2022)

Au «Théâtre La Bruyère», puis au «Balcon»,      
«Les Épis Noirs» coupent l’ombilical «cordon».   
Ils nous font découvrir nos «monstres intérieurs»  
Par leur version circassienne, haute en couleurs.  

«Innocence» bafouée, «jeunesse éternelle»,    
Dans une tragi-comédie spirituelle.      
Les prises de bec finissent en farce mortelle     
De réalité fictive aux amours cruelles.      

Mise en scène qui flashe, costumes qui brillent     
Pour quelques joutes verbales qui partent en vrille.  
Ça a de l’allure menée à la cravache,     
Afin de dompter les passions vaches qui tachent   
En rouge les remarquables excès qui fâchent.     

On ne voit pas le temps passer,      
Tant de coups l’ayant effacé.     
La magie dans l’exubérance     
Donne un grand tournis d’importance.      
La salle pleine récompense       
Leur prestation simple à outrance.                  
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  
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Note : 3 sur 5.
 

«Mademoiselle Gazole». De Nicolas Turon. Mise en scène, Jeu Laura Zauner, Georges Vauraz. Par la «Compagnie Ito Ita». (Paris, Phénix Festival, 11-06-2022, 15h00)★★(Festival d’Avignon 2022)

«Studio Hébertot», «Mademoiselle Gazole»     
N’a pas le temps de jouer à la farandole.    
À dix ans, son rôle est de rendre des services,    
D’amuser, de faire semblant d’être novice    
Pour une «agence de location» très spéciale    
Satisfaisant quelques demandes originales.     

«L’enfant qui travaille ne peut être insouciant».     
«Les clients paient pour» se retrouver «innocents»,  
Pour ressortir les souvenirs de l’inconscient,     
Raviver les sentiments enfouis trop longtemps.     

La fillette sans famille change de nom,    
Camille, Charlotte ou Diamant, selon le bon   
De réservation d’enfantines prestations.     
Volontaire ou contrainte ? Mais pas par passion.  
Orpheline recueillie pour gagner sa vie ?     
À laquelle on demande si peu son avis …      

Il règne un non-dit où pèse un certain malaise     
Tendu de couleurs pastel pour qu’à tous ça plaise.  
Face au danger, elle saura désobéir     
Pour, son intégrité, constamment maintenir.     
La petite, vue sous l’angle d’une poupée-      
Marionnette, dans des épreuves d’épopée.     

Très beau décor mobile, construction hors pair.  
Un escalier qui pourrait mener aux enfers     
Mais dont l’ascension devrait changer l’univers  
De l’enfant en quête de l’affection d’un père.    

L’auteur attire l’attention     
Sur l’enfantine condition,     
Interroge la filiation      
Et sa parente, l’adoption.     
Sa quête part à «La Luna»      
Où, sa vie, elle affrontera.                
       
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Note : 2 sur 5.
 

«Louve». Le nouveau spectacle musical d’Orenda Trio. Mise en scène Barbara Boichot. Avec Stefka Miteva, Sandrine Conry, Julia Orcet. (Paris, 10-06-2022, 21h30)★★★

Des onomatopées qui déclenchent la joie.     
Un joyeux trio qui met du cœur dans son chœur.   
Trois voix féminines, faites de belle humeur,      
Chantent, tout sourire dehors et bonne foi.     

«Trois princesses imparfaites», il était une fois,  
S’aventurent, libres, sur un chemin de croix     
Marqué du sceau     
Droit d’un piano,      
Violon, tam-tam,      
Guitare et femmes      
Qui nous enflamment      
Au son doux      
De l’udu.       

Un drôle de conte, pas tout à fait de fées,   
Dont la musicalité nous fait de l’effet.      
Ce généreux trio résonne à «l’Essaïon»,     
Nous atteint au plus profond, laisse des frissons.   

Leur chevauchée fantastique déstresse un max,  
Remet les idées en place sur le bon axe.     
Revigorant récital semant l’harmonie,     
Instrumentale,     
Comme vocale,     
Réveillant, reflétant la source de la vie.     

«Femme forte et libre»,     
«Choisis ton cap, choisis ta route et vogue» ;     
«Homme doux et libre»,      
«Suis ton chemin, prends-moi la main et vogue».  

Spectacle contagieux,    
Coloré, lumineux.    
Leurs musiques du monde,     
Aux paroles fécondes,    
Pulsent un rythme vainqueur     
De généreuse ardeur.                 
       
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Note : 3 sur 5.
 

«Les Nuées». D’Aristophane. Adaptation, Mise en scène, Jeu Jean-Christophe Barbaud. Et avec Thomas Willaime. Par la compagnie «Théâtre Odyssée». (Paris, 10-06-2022, 19h30)★★

«Au nom de l’air et de l’éther»,     
«Au nom des Nuées, de la mer»,     
«Le Droit et le Tordu» s’affairent     
Pour vaincre toutes les affaires.     

Par la «brume» et par les «vapeurs»,    
Le «pensoir» prend de la valeur.      
Un enseignement nuageux     
Dans un tourbillon ténébreux      
Où s’agite l’état fiévreux.      

«Plus doué pour le vol»    
«Qu’il n’est pour la parole»,    
Un vieillard retourne à l’école     
De Socrate pour enrichir son éloquence     
Et puis prendre le pas sur tous en conséquence.   
«Théâtre Essaïon», les mots volent …        

Apprendre à «détourner la Justice à son profit»,  
«Échapper aux intérêts, ne pas payer ses dettes» ;  
Savoir discourir et maîtriser la perfidie,            
Traquer le raisonnement jusqu’au fond de la tête.   
La sagesse mise au pilori, en dérision,     
La Justice adaptable en toutes décisions.      

Et quand les dieux s’y mettent,      
Les acteurs font la fête.     
Un duo/duel, père/fils,    
Pour passer en revue les vices     
D’une société bien moderne    
Dont l’esprit, encore, lanterne.     
Un texte drôle et enlevé       
Pour, davantage, s’élever.               
       
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Note : 2 sur 5.
 
 

«K-Mille». Avec les correspondances de Camille Claudel.  Texte, Mise en scène, Interprétation Anaëlle Queuille. Co-écriture Jean Husson. Chorégraphies, Jeu Caroline  Jacquemond. Création musicale Ariane Issartel, Anna Swieton. Et avec Kate Perrault, Romain Tarnaud, Antoine Leveau, Anthony Ponzio, Pierre Gangneux. Par la «Compagnie Les Évadés». (Paris, Phénix Festival, 09-06-2022, 21h00)★★★★(Festival d’Avignon 2022)

Spectacle tout en chair,      
Aux couleurs de la chair.     
Teintes bistres et rosées      
Pour sculptures arrosées       
Du talent de l’artiste       
Lancée sur sa vraie piste.      

Dans l’atelier du maître,     
Les matériaux vont naître.    
Plâtre, glaise et argile     
Glissent des doigts agiles.    

D’abord «Studio Hébertot», puis à «La Fabrik»,     
Découvrez comment les chefs-d’œuvre se fabriquent. 
De véritables figures chorégraphiées,     
Sous pulsion musicale, vont s’intensifier.    

La grande Camille, vue sous un autre jour,      
À travers quelques chants de détresse et d’amour  
Qui font ressortir tout le génie qu’elle expose      
Mais l’argent manque pour les modèles qui posent. 

Les démons de Camille rongent ses pensées ;   
En but à la persécution, elle est lassée     
Du regard d’autrui teinté de leur jalousie.    
Elle se replie et ferme les jalousies.     

«La pauvre femme, dépouillée de son génie», 
Vidée, recluse et complètement démunie,    
Fuit, de la société, l’horrible tintamarre.     
«Du rêve que fut sa vie, vint le cauchemar». 

Approche originale.     
Un complet arsenal      
Qui réunit avec bonheur différents arts,     
Tels que théâtre, danse, harmonie manuelle   
Et gestuelle, chant, violon et violoncelle.  

Camille Claudel … vue sous un autre regard !  
                 
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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Note : 4 sur 5.
 

«Insuline et Magnolia». Texte, Interprétation Stanislas Roquette. Dramaturgie Alexis Leprince. Co-mise en scène Denis Guénoun. Par la «Compagnie Artépo». (Paris, Phénix Festival, 08-06-2022, 21h00)★★★(Festival d’Avignon 2022)

Récit qui transcende la souffrance en jouissance      
De vie, qu’en fleurissent des pensées de jouvence.   
Un spectacle frais, sautillant, gorgé d’espoir    
Pour surmonter les piqûres du destin noir     
Afin de faire jaillir un feu d’artifice    
De pures sensations qui ne soient pas factices.    

De «La Reine Blanche», il vole vers «Le Train Bleu»,     
Dans un tourbillon poétique très heureux.      
Sa rencontre avec ell'(e) qui part autour du monde      
Donne naissance à une écriture féconde.      

Un conseil : «mon petit, sois satisfait des feuilles»,   
«Si c’est dans ton jardin à toi que tu les cueilles».   
«Enfourche ta vie, croque-la comme une pomme»,   
Savoure-s-en le suc qui console les hommes.    

«Une fleur qui pousse en haut, en bas, en dedans»  
De la poitrine, desserre à jamais les dents.      
Chaque portion de dessert mesuré au gramme    
Devient joie, chevauche avec hardiesse le drame.  

Les instants de bonheur classique ou flamboyant,  
Ces bulbes d’amour, ne sont jamais larmoyants.  
Ces bulles d’amitié     
Ne font pas de quartier.     
Stan offre des parts d’avenir     
À venir quérir et chérir.               
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  
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Note : 3 sur 5.
 

«Cadavre exquis». De Jacques Chambon, Olivier Maille, Philippe Elno, Jean-Yves Girin, Loan Hill, Peter Dervillez. Mise en scène Marc Andreini. Avec Elisa Birsel, Peter Dervillez. Par le «Théâtre de Poche Graslin». (Paris, Phénix Festival, 07-06-2022, 21h00)(Festival d’Avignon 2022)

«Un concept inédit»,    
«OVNI de comédie».     
«Gambadant sur les sommets de la plénitude»,    
Un duo d’acteurs sort de son lit d’habitudes,    
De «La Nouvelle Seine», puis «Théâtre Arto»,    
Pour se confronter au divan, sur le plateau.     

Six auteurs en quête de pages d’écriture     
Vont s’accrocher à la trame d’une aventure      
Et, à l’aveuglette, tirer à bout portant      
Leurs cartouches d’encre sur les êtres vivant     
Une bizarre expérience de faux-semblant     
Dans un canevas où les fils se déstructurent.       

«L’auteur dont tu me parles est entré dans ma tête»   
Et, avec leur cerveau, il fait des galipettes.     
De leurs six mains qui ratissent, assemblent les mots ; 
De ce shaker, que va-t-il sortir de nouveau ?      
Cocktail où chacun va mettre son grain de sel   
Au mélange savoureux servi en rondelles …                 
       
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Note : 1 sur 5.
 

«À Fleur de Mots». Mime improvisé, Chansons, Piano.  De et avec Fane Desrues, Julien Cottereau. Par la «Compagnie de la Liberté». (Paris, Phénix Festival, 07-06-2022, 19h00)★★★(Festival d’Avignon 2022)

Julien Cottereau, ce naïf émerveillé,    
Dans un autre monde a l’air de se réveiller.     
Sa soudaine apparition pleine de mystère    
Nous cueille aussitôt, mettant le cœur à l’envers.    

Un généreux mime qui fut à bonne école ;    
Quand on suit ses mimiques, … alors on décolle.   
Ce talentueux bruiteur n’est jamais avare    
De sons qu’il apprivoise à son corps défendant    
Et sur lesquels il lance son inventif dard.    
Interprétations poétiques dépendant     
Du tir de son chapeau    
D’où il déplie les mots    
Vécus à fleur de peau.     

Fane Desrues chante ses textes avec fraîcheur,     
Le front ceint d’une couronne de plumes et fleurs.     
Compositions musicales tout en douceur     
Qu’elle accompagne à son piano, avec bonheur.     

C’est un récital mixte à «La Nouvelle Seine»    
Où le piano alterne avec le corporel.    
Ils nous font vivre un havre de paix potentielle.   
L’échange des regards    
Ne tient pas du hasard,    
Ils sont complices d’un bout à l’autre des scènes.     

Leur écrin de tendresse,    
À la «Pierre de Lune»,    
Brillera sans faiblesse.    
S’imprimant sur les dunes    
Aux fins grains de sagesse,     
Avignon rêvera     
Autour de leur aura.                    
       
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Note : 3 sur 5.
 

«13». D’après «Le livre que je ne voulais pas écrire» de Erwan Larher. Adaptation, Mise en scène Pierre Azéma. Co-adaptation, Interprétation Alex Metzinger. Chant, guitares, composition Pauline Gardet. Par les compagnies  «Le Bruit du Murmure», «La Pierre Brute», «Les Ondes Porteuses». (Paris, Phénix Festival, 06-06-2022, 19h00)★★(Festival d’Avignon 2022)

Deux-mille-quinze au «Bataclan», treize novembre …    
La peur reste présente jusqu’au bout des membres.     
Sur scène, la musique vivante électrise     
Le public actuel sans que tous réalisent      
Vraiment ce qui, devant eux, se matérialise.     
C’est qu’«il va falloir accepter de lâcher prise».     

Un écrit cash, positif, jamais larmoyant,      
Où la pudeur s’installe confortablement.     
De son intime tragédie sort l’érection      
D’une nouvelle vie pleine d’appréhension,      
Prête à saisir ce qui passe à portée de main     
Pour se réveiller requinqué un beau matin.      

On aimait notre époque,     
«On écoutait du rock»,     
«Donc on faisait partie d’une famille»     
Unie, sans tirer dans le jeu de quilles.      

Mais, «pourquoi attendre les drames pour sourire» ?     
Un spectacle optimiste pour guérir du pire    
Ou du moins tenter avec humour d’en sortir.     
Un moral à toute épreuve pour revenir.      

Aveu très pudique,    
Du côté ludique.    
«J’ai peur dans ma chair»,     
«J’ai peur dans mes nerfs».     

«J’attends, à la lisière de la fébrilité»    
«Et de l’angoisse», de retrouver la liberté   
De mes mouvements,    
De mes sentiments.     

La musique, étroitement, se mêle au récit.    
On entre aussitôt dans le concert réussi.    
Duo qui s’engage sur un chemin d’espoir    
Dans la fraîcheur d’un nouvel amour pour y croire.                 
       
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Note : 2 sur 5.
 

«Univergate». De Louise Caron. Mise en scène Renaud Benoit. Avec Serge Dupuy, Gilles Carballo. Par la «Compagnie Pic’Arthéâtre». (Paris, Phénix Festival, 05-06-2022, 21h00)(Festival d’Avignon 2022)

«Ce soir est la fin, ce soir est le commencement»    
D’existence fleuve frappée de débordements.     
«Une lune blafarde dans un ciel de sang»    
Éclaire les circonstances d’un accident.    

Un choc et c’est le clash,     
La fuite en avant, le flash.     
Fuir «le crédo familial»    
Et son ascension sociale.     

Quand plus rien ne va, que l’on est au bord du gouffre,   
Que le corps se vide et que la conscience souffre,    
La bouche se remplit de nauséabond soufre.    
«Un professionnel, un être obéissant et vil»     
Qui «fait ce pour quoi on le paie», de façon servile.     
L’acteur se donne à fond dans sa passion virile.    

Chutant sur les tatamis,    
Tous les espoirs sont permis.    
Pont, route vers l’infini      
Brumeux des faux paradis.      

C’est dense,        
Intense,       
Fragile ;        
Ça défile   
Comme un fil    
Électrique    
En panique.    
Les pensées se faufilent    
En battements de cils    
Emprisonnant la ville.      

Course chaotique d’un homme démuni    
Qui rebondit à travers sa vie désunie.     
Du «Studio Hébertot» au «Roseau Teinturiers»,     
D’amères surprises vont, sa langue, délier.    
Un spectacle qui sort des traditionnels clous      
Pour s’ouvrir à un espace devenu flou.                 
       
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Note : 1 sur 5.
 

«Courgette». Théâtre musical. Texte Gilles Paris. D’après «Autobiographie d’une Courgette». Adaptation, Mise en scène Pamela Ravassard. Co-mise en scène, Jeu Garlan Le Martelot. Comédiens-chanteurs-musiciens : Vanessa Caillhol, Florian Choquart, Lola Roskis Gingembre, Vincent Viotti. Par «La Compagnie Paradoxe(s)». (Paris, Phénix Festival, 04-06-2022, 20h30)★★★★(Festival d’Avignon 2022)

«Quand j’étais petit, je voulais tuer le ciel»   
Pour calmer maman et sa vie pestilentielle.    
«Crever les nuages qui pissent le malheur»,    
L’innocence coupable provoquant les heurts.    

L’ont-ils bien descendu ? S’agit-il de l’escalier    
Ou d’un drame familial en marge du palier ?   
Une série de marches qui plongent en toboggan    
Dans une mise en scène au montage extravagant.    

Au «Théâtre de l’Opprimé», puis aux «Béliers»,    
Inventive pièce à l’ombre des peupliers    
Des maisons de redressement qui font plier     
Les orphelins qui se sont, sur eux, repliés.      

Un spectacle émouvant qui donne de l’espoir.     
Clavier, batterie, guitare et harmonica,     
Xylophone et violon submergent les tracas.     
Conte de fée tragique à la Dickens, à voir     
Absolument. Excellente distribution     
Où tous les artistes sont à contribution     
Dans différents registres, de l’adaptation     
Instrumentale, aux rôles de composition.          
       
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Note : 4 sur 5.
 

«Marc Rougé a quitté le groupe …» Mise en scène Yohan Lavéant. (Paris, 04-06-2022, 18h30)(Festival d’Avignon 2022)

Seul-en-scène «discount» au style d’ouverture  
Racoleuse pour chauffer la salle en attente    
De mystère humoristique sans qu’il se plante  
En nous faisant don de toutes ses aventures.    

Approche sympathique des divers métiers    
En forçant l’entrée des coulisses de plain pied.  
Déboires de bricoleur chez «Bricodrama»,      
L’histoire de planches, sa vie, envenima.     

Il entraîne dans ses drôles de découvertes    
Glanées un peu partout autour de la planète,    
Depuis «Le Bout» jusqu’au théâtre «Les Étoiles»
Pour soulever habilement un coin de toile.                  
       
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Note : 1 sur 5.
 

«Angela Davis. Une histoire des Etats-Unis». De Faustine Noguès. Conception Véronique Felenbok et Paul Desveaux qui signe la mise en scène. Création musicale Blade AliMBaye. Interprétation Astrid Bayiha. Par la «Compagnie L’Héliotrope». (Paris, 04-06-2022, 16h00)★★★★(Festival d’Avignon 2022)

«Prise de conscience, premier pas vers l’action» ;     
Est venu le temps des grandes révélations.   
Alors, «mon insouciance d’enfant se transforme»    
«En conscience politique» sous toutes formes.    

«En tant que militante et universitaire»,    
Angela Davis refusera de se taire.     
«Accusée : kidnapping, meurtre et conspiration» ;    
Innocente, on exige sa libération.    

«Le colonialisme et l’esclavage ont permis»    
«Le développement du racisme» … Promis.    
Elle est de tous les combats, on entend sa voix.    
Aider les opprimés, elle n’a d’autre choix.      

L’actrice incarne à merveille la polémique.    
Sa puissance de jeu, sa présence scénique      
Mettent en évidence tout le côté cynique     
De ces réactions violentes à répétition.     
«Prisonnière politique» sous oppression,     
Elle agit en faveur de la reconstruction.     
«Me soumettre et disparaître ou engager mon»   
«Corps dans la lutte», même traitée de démon.    
 
Une interprétation à la hauteur du texte     
Extrêmement fort dans un actuel contexte     
Où le pire passe sous un odieux silence     
À travers les coups, qu’à droite et à gauche, on lance.     
Et «on rend les armes»       
«Sans verser de larmes».    
Au «Théâtre Paris-Villette»,     
Ils ont des idées plein la tête !   
          
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Note : 4 sur 5.
 

«Amours. Théâtre, Danse, Marionnette». D’après le roman de Léonor de Recondo. Mise en scène Vanessa Sanchez. Avec Déborah Coustols, Aurélia Poirier, Emmanuel Leckner. Par «Arbre Compagnie». (Paris, Phénix Festival, 03-06-2022, 20h30)★★

Fausses «Amours» clandestines et non désirées    
Qui font que, chaque jour, la vie va empirer.   
Théâtre de «L’Opprimé», puis «Présence Pasteur»,  
De superbes marionnettes saisissent au cœur.    

«Un espoir d’amour, mué en désillusion»,     
Masque «la vérité qui grossit» … d’un poison    
Jeté dans le corps meurtri et rendu tout rond.    
Chorégraphie aux lignes pures sans frictions.    

«Sous les tuiles en ardoise»
«De la maison bourgeoise»
Couvent les cachoteries
A travers les flatteries.

«C’est une lumière qui traverse le temps»    
Que ce petit bout de chair devenu l’Enfant     
Sur lequel se cristallise l’amour naissant.     
«Il se noie dans le regard … un souvenir brûlant»  
Que les corps expriment par le côté dansant     
Où la morale virevolte largement,       
Ne laissant nulle place au développement      
Libre des passions qui consolent joliment.

Un texte évocateur des fines analyses    
De l’univers de Maupassant en pleine crise.     
On y constate que «quand le verre se brise»,    
«La vérité explose à la figure», grise.                    
       
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Note : 2 sur 5.
 

«Pourquoi les lions sont-ils si tristes ?»  Conception, Texte, Mise en scène Karim Hammiche. Co-écriture, Interprétation Leïla Anis. Et avec Eric Charon, David Seigneur ou Stéphane Brel. Par «La Compagnie de l’Oeil brun». (Paris, 03-06-2022, 14h00)★★(Festival d’Avignon 2022)

De nos jours, «le travail a-t-il encore un sens ?»    
Pressés comme un citron dans un nu d’indécence,     
Tout s’écroule jusque dans les soins sans patience.     
Quatre-vingt-mille lits supprimés en vingt ans …    
Pour exercer convenablement, plus le temps !     
Manque crucial de personnel pour soigner mieux,    
«Coucher du soir devenu un lancer de vieux».      

«Théâtre Belleville» et «Onze-Gilgamesh»,      
De partout le ton monte et enflamme la mèche.     
«N’y a que les chiens qui tiennent le coup ici».     
Fatigue et harcèlement s’ajoutent aux soucis.     
«Mon métier c’est de soigner, pas de regarder»      
«Les gens mourir» et, comme bestiaux, les garder.      

«Se couper de ses émotions, être une bête»     
«De travail», se vider complètement la tête.     
«Véritable boucher des ressources humaines»     
Qui tranche dans le vif quand les salles sont pleines.     

«La restructuration des grandes entreprises»     
Sert à ce que les plus démunis lâchent prise.    
Il faut «liquider» les employés face à la crise ;     
Défilé de corps de métier où tout se brise.      

C’est le moment des révélations familiales    
Où les confessions ravivent les plaies du mal.   
De multiples tranches de vie se superposent     
Et libèrent des récits successifs qui osent     
Fournir des substrats à plus ou moins forte dose.                 
       
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Note : 2 sur 5.
 

«Les Monstrueuses. Le Rêve d’Ella».  Adaptation, Écriture, Jeu Leïla Anis. Mise en scène Karim Hammiche. Et avec Laetitia Poulalion. Par la «Compagnie de l’Oeil brun». (Paris, 03-06-2022, 11h30)★★★(Festival d’Avignon 2022)

C’est «sur la terre glabre des femmes coupées»      
Que les larmes sont bannies, rentrées comme épée 
Muette dans son fourreau de souffrance happée.   
Quand le délire écorche la réalité,     
La peur de la «solitude», et d’être éjecté,   
Brûle et ronge avec ténacité les entrailles    
D’une terreur qui remonte jusqu’au poitrail.      

Une approche resserrée, beaucoup plus lisible,    
Rend le texte davantage compréhensible.     
Fluidité de la nouvelle mise en scène    
Où la longue lignée se reconstruit sans peine. 

«Théâtre Belleville»,        
Suivi par «Artéphile»,       
Les générations provenant du «ventre froid»    
Aboutissent à la dénonciation de l’effroi    
Qui longtemps a cousu les bouches en désarroi.   

Dans un lourd secret de parenté douloureuse,   
L’écriture accouche une légende peureuse ;   
Mise en évidence d’humanité fiévreuse.    
«On vous parle de l’autre côté du temps». Pense
Que «La Magnouna … Le Monstre, c’est le silence» !           
       
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Note : 3 sur 5.
 

«La Priapée des Écrevisses».  De Christian Siméon. D’après «l’Affaire Steinheil». Mise en scène, Interprétation Vincent Messager. Et avec Andréa Ferréol, Pauline Phelix, Erwin Zirmi. Par «La Compagnie Les Enfants terribles». (Paris, Phénix Festival, 02-06-2022, 21h00)★★★

Turgescence     
En tout sens,     
Aguicheuse, «La Priapée des Écrevisses»,     
Rentabilise bien ses innombrables vices.     
«La Pompadour de la Troisième République»      
S’immisce à fond en vie politique et publique.      

Elle ne rêve que du «chapon aux œufs d’or»     
Pour accompagner les écrevisses qui dorent     
Dans une sauce rouge-sang que tous adorent.     
Elle cache un double jeu comme l’eau qui dort.      

«Je dis : c’est la vérité, même si c’est faux».     
Faut la croire, sinon elle sort son couteau      
Afin de vous découper en menus morceaux     
Pour vous cuisiner tel un vulgaire gigot.       

Vol et crimes, «drame chez une huître perlière»     
Qui sait fabriquer «de la matière première»     
Du désir masculin et en fait son pouvoir     
Dressé en aspic au-dessus de sa passoire.     
La belle Marguerite est devenue «célèbre»      
Et partout «on l’appelle la pompe funèbre».       

Elle aime à «nourrir ses invités de symboles»,      
Servant le fruit de sa cuisson dans de grands bols.     
«Crème douce et aigre sur la pâte brisée»      
Comme l’est la vie de «la veuve rouge» aisée.      

Est-elle coupable de ceux qu’elle décime ?     
«Tant que je suis debout, je ne suis pas victime».     
«C’est plus facile de faire mourir un homme»,            
«Que de monter des blancs en neige» au métronome.      

C’est un superbe décor, plus vrai que nature,       
Ustensiles, ingrédients, pour la bonne mesure,      
Dosant le «beurre rouge» sur la confiture      
Que l’ensorceleuse applique sur la figure       
De celui qu’elle veut endormir au bromure.      

Au «Studio Hébertot» et puis au «Chien qui fume»,     
La belle insoupçonnable soupçonnée enfume      
La Cour d’Assise grâce à ses contradictions     
Savamment retournées en magique potion.               
       
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Note : 3 sur 5.