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« Environnement vertical ». Cirque aérien. Conception, Chorégraphie Fabrice Guillot. Composition musicale Jefferson Lembeye. Avec Nathalie Tedesco, Fanny Gombert. Par la « Compagnie Retouramont ». Dans le cadre de la « Fête des Guides ». (Chamonix, 11-08-2018, 19h00) ++

Une ascension en perpétuel mouvement
Comme un pendule qui revisite le temps.
Les corps s’élancent dans un vide contrôlé.
Deux générations de femmes vont convoler
Avec le mur qui les attire et les repousse,
Se lovant dans la paroi, en spirales douces.

Les passes s’enchaînent en elliptiques défis
Du signe géométrique de l’infini.
Figures du yin du yang de l’espace
Dans la recherche sinueuse de leur place,
Elles tournent et c’est nous qui avons le tournis.

Série de sauts dans l’a-pesanteur élastique
Qui procurent des sensations énergétiques.
« Une lutte s’installe, ludique et combative »
« Entre les corps, le vide et l’architecture » vive.
« Réinterpréter le granit de l’habitat »
Par le contact de la main et de chaque pas.

Elles lui insufflent une autre vie qui prend sens.
Le monument fait peau neuve dans sa naissance
Offerte au regard du public qui le découvre
Dans une nouvelle perception qui entrouvre
Une façon différente de voir la ville
Grâce à l’évolution de ces artistes habiles.

Baudrier et corde ne sont plus une entrave
A la liberté, mais aident à l’élan qui brave
L’escalade de la façade verticale …
De la mairie, en leur démarche originale.
Pour seul support, une création musicale
Qui leur met la tête joliment à l’envers
Dans leur costume bleu intense orné de vert.

Elles dansent et elles explorent la matière
Qu’elles caressent, dans une étreinte de pierre.
« L’agrès, comme outil de transformation urbain »,
Une articulation du possible sans frein.
Un spectacle tout en finesse et symbolique
Pour une « Fête des Guides » bien poétique.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« Sixième Festival A-oût ». Du 4 au 11 août 2018. Conférence de presse. (Avignon, 01-08-2018, 10h30)

Afin d’inciter les compagnies d’amateurs
A se démarquer du « Off », se mettre en valeur,
Bénéficier des conditions professionnelles
Dans un cadre mis à disposition pour elles,
Quinze pièces viennent de façon officielle.

Un festival pour les aoûtiens en chaleur,
Désireux de se frotter avec grand bonheur
A la comédie estivale et culturelle
Qui parle, « Théâtre aux Vents », d’amour essentiel.

« Festival A-oût »,
Amateurs, sans doute,
Mais bien éclairés
Pour être admirés.
A découvrir vite …
Une ou deux pépites ??

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« Loin et si proche, perdre, chercher, trouver ». Cirqu’aérien, Mise en scène André Mandarino. Musicien compositeur Ya-Ourt. Chorégraphie Sibille Planques. Par la « Compagnie Les Escargots Ailés ». (Avignon, 23-07-2018, 09h30) ++

Si « loin », dans la lumière du haut de son mât,
« Si proche » de nous, seulement à quelques pas,
Qu’on pourrait le toucher en élançant nos bras.
Un duo qui nous fait voyager dans les sons
Et bruitages créés devant nous sur un bon
Nombre d’objets hétéroclites, collection
Qui flatte la mémoire et l’imagination.

Il vit à l’abri de sa forêt de trapèzes,
Voletant de branche en branche et toujours à l’aise.
Grâce à leur magie, on retrouve notre enfance
Extirpée des « souvenirs » en convalescence.

Ils développent le conte des apparences ;
On joue, on fait le compte
De ce qui se raconte.
Chant de l’espace, du fond de notre conscience,
Du passé, il remonte.

Féerie moderne venue d’un autre monde
Qui se situe quelque part sur leur mappemonde.
« Caserne des Pompiers », s’enflamme le public
Pour ce spectacle créatif et poétique
Qui nous transporte hors du temps devenu classique.
On en prend plein les yeux
Et ça nous rend heureux !

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« Mais comme elle ne pourrissait pas … Blanche Neige ». Texte Angélica Liddell. Mise en scène, Interprétation Claudia Lapisardi, Madalen Larvor. Par la « Compagnie Au temps pour moi ». (Avignon, 22-07-2018, 15h00) ++++

Deux-mille-quatre, en ce pays, on tue encore.
« Chaque événement du quotidien, par la mort »,
« Était précédé », … et les chairs tombaient à verse.
« Les guerres sont comme les marâtres perverses »,
« Elles veulent être la plus belle » que l’on berce.

Temps où la monnaie d’échange était le nouveau-né
Et les « victoires, au nombre d’enfants assassinés »,
Se comptaient. On légitimait la cruauté
« Fragilisant le moral » de l’autre côté.

« Les femmes se pendaient aux arbres avec leurs bas »,
Pour en finir avec l’horreur, au cas par cas.
Jusque dans le ventre, tout fut exterminé.
Jusqu’où la vérité est-elle condamnée ?

Leurs histoires sont des contes de cauchemars.
« Les soldats violèrent douze fois la fillette »,
« Une fois par année de vie ». Morte conquête
Où plus précieuse est la vie des vers et cafards
Que celle des humains, reléguée au placard.

« L’épouse de guerre, la plus belle » saisie,
Blanche-Neige, droguée, fut tout le temps choisie.
« Cogner la tête jusqu’à ce qu’ils crachent la vie »
« Par la bouche », voilà ce qu’on fit de ces petits.

« J’ai chauffé mon couteau dans le sang d’autres enfants ».
On lui apprit à aimer poignarder tout le temps.
« Qu’avez-vous fait de ma bonté ? »
Pour toujours elle fut ôtée.

« Les enfants-soldats torturent tout en riant »,
Se repaissant du « massacre des innocents ».
« Les enfants qui dormiront seront fusillés ».
Une enfance détruite, à jamais bousillée …

Dans le « Théâtre des Amants »,
De terribles événements
Nous touchent très profondément.
A découvrir absolument,
Il ne peut en être autrement !

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« Bruit de couloir ». Solo de jonglage chorégraphique. De et par Clément Dazin. Par la « Compagnie La Main de l’Homme ». (Avignon, 21-07-2018, 13h30) ++

De rondes caresses blanches traversent l’espace
Dans un gracieux ralenti qui prend toute la place.
Un engrenage, régulièrement, efface
La surprenante et dansante rectiligne trace
Qu’avec sa vertigineuse douceur il remplace
Par bulles et boules d’émotion auxquelles il rend grâce.

Une mécanique de précision s’emballe
Jusqu’à jongler l’infini du temps à six balles.
A la « Caserne des Pompiers », son solo vire
A la performance que l’on suit et admire.
On ne peut se détacher de ces points de mire
Qui suscitent en nous quelques célestes désirs.

On se projette dans ses lumineuses sphères
Qui surgissent de l’ombre, créant la lumière,
Fusant de partout, chorégraphiant l’univers
Échevelé de comètes qui nous éclairent
Sur le sens de la vie au mouvement précaire.

Il explore toutes les directions solaires
A l’aide du corps qui modèle la matière.
On pourra le découvrir dans « Humanoptère »
Où sept jongleurs évoluent entre ciel et terre.

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« Léo et Lui ». D’après « Les Chants de la Fureur », de Léo Ferré. Adaptation, Jeu, Jean Pétrement. Mise en Scène Lucile Pétrement. Avec aussi Léonard Stefanica. Par la « Compagnie Bacchus ». (Avignon, 20-07-2018, 11h40) +++

De la pénombre, sort un roulement de caisses
Qui capte l’attention pour que nos poils se dressent.
Un père et un fils confrontent leurs opinions
Dans un échange basé sur la création.

« Le couteau, (…) entre les castagnettes figures »,
« S’immisce » encore en la profonde déchirure
Et verse un sang de poésie à l’état pur
Sur notes de violon qui, notre cœur, fissure.

L’instrument se désespère ou entre en fureur
Avec une virtuosité sans erreur.
Le duo dédouble la personnalité
De Ferré et la restitue avec beauté.

La musique pianote, effleure notre peau
Et ruisselle sur elle en infinis sanglots.
« L’exhalaison qui monte des nuits de l’enfance »
Est interprétée en totale connivence.

« Entends le chant blessé qui monte des outrages »
Et libère les mots qui franchissent les cages.
« Chante la vie perdue où grogne le hasard »
Faisant naître un rêve à travers le cauchemar.

Des voix graves, profondes, expriment la substance
Et malaxent son jus dans un bain de jouvence.
Aux « Corps Saints », on se délecte de la puissance
Des textes dits dans un langage de jouissance
Poético-musicale tout en nuances.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« La Complainte de la Ménagère ». Écriture, Mise en scène, Jeu Malika Bazega. Par la « Compagnie Le Balai de Trèfle ». (Avignon, 19-07-2018, 22h30) +

« Femme de ménage »,
« Femme de courage »,
Perçoit peu de gages,
Mais elle s’engage.

Elle récure
En mesure
Sans bavure
Les fissures
Parfois dures
Du ciboulot
Et du boulot.

Elle cultive l’art subtil des jeux de mots,
Bouts rimés que dans sa chambre elle met en pots.
Sa voix porte sans qu’elle ait besoin d’un micro,
Dommage qu’elle s’en serve sur le plateau.

Dans la petite salle, ça résonne trop,
Diminue la spontanéité du propos.
Bien enjoué, ça lessive et c’est rigolo !
« Atypik Théâtre », un joli coup de plumeau …

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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