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« Vivre ne suffit pas ». De Jean-Mary Pierre. Mise en scène Hélène Darche. Avec Pernille Bergendorff, Philippe Nicaud. Par la « Compagnie du Passage ». (Avignon, 19-06-2018, 11h45) ++

« Être heureuse, j’y ai droit ». La soif de bonheur,
Après la maladie, doit rejeter « la peur »
« De perdre tout ce que l’on a ». « Tout doit changer »,
« Aujourd’hui ». La vie revient et Anna veut ranger
Son existence et élargir son horizon.
Son couple cogite à en perdre la raison.

« Espace Roseau », un « mécanisme infernal »,
Ronge leurs deux cœurs et, dans leurs pensées, s’installe.
Faut-il encore partager les mêmes râles
Pour que les visages ne soient plus jamais pâles ?

Pour relever les couleurs de la guérison
Et échapper à la conjugale prison,
Confidences sur canapé, en oraison
Funeste, brûleront par simple dérision.
Ils remettent en question toutes leurs décisions,
Leur amour en jeu de petites trahisons.

Commence à courir le temps de la rémission,
Alors s’instaure celui de la confession.
Dans un dialogue qui frappe sans concession,
Se soulève le voile de la suspicion.

A travers leurs échanges, ils vont se découvrir.
La connaissance de soi fait toujours souffrir.
Doit-on, continuellement, à tout, s’ouvrir ?
Jusqu’où aller pour faire face à l’avenir ?

Vouloir « vivre plusieurs vies en une », c’est fou !
Il faudrait déjà « en vivre une jusqu’au bout ».
Cette écriture incisive accuse les coups
Et les griffures profondes au cœur et au cou
Qui se serrent quand la « lassitude » est à bout.

Un crédible duo
Qui mesure ses mots.
Répliques percutantes
Qui comblent les attentes.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

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« Poil à gratter ». De et avec Adeline Piketty. Mise en scène Laurence Campet. Par la « Compagnie de l’Auberge rouge ». (Avignon, 18-06-2018, 14h30) +

Elle est Femme et vit dans un rectangle inviolable,
Dans un « No man’s land » devenu inabordable.
Une vertigineuse descente au trottoir
Pour « Chantale » qui n’a aucune envie de voir
Ce qui sort des limites de son territoire,
Un minuscule bout d’espace transitoire,
Que reproduit « L’Espace Alya » sans espoir.

La femme au statut de clocharde qu’on méprise,
Jette en pleine face la société en crise.
Elle nous montre nos contradictions en prise
Directe avec tout ce qui nous met sous emprise.

Elle déambule au gré de ses réflexions
Et commente les actions et les réactions.
Avec hargne elle défend son « coin de bitume »
Où elle « dérange » en « désordre » l’amertume.

Elle « atteint le chaos »
En nous mettant K.O.,
Nous arrachant la force
De rebomber le torse
Et l’on reste sans voix,
Méditant sur ses choix.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« Montand, le French Lover ». Spectacle musical. Écriture, Interprétation Hélène Arden. Mise en scène Valéry Rodriguez. (Paris, 17-06-2018, 18h00) +++

Belle authenticité qui vient du plus profond
De son être. Sur scène, elle se donne à fond.
Les écrits d’Hélène sont pleins de conviction.
Artiste complète, elle chante, danse et joue,
Détachant les paroles qu’elle met en joue
Pour tirer à bout portant sur les émotions
Et les faire éclater en gouttes de passion.

Bouleversante interprétation d’Édith Piaf,
Avec une sensualité qui s’esclaffe
Et fait monter, dans le corps, des trépidations.
Puis, Simone Signoret, aux « mille questions »,
Trône en coiffure « Casque d’or » dans le Salon
De Lydia, la sœur, au centre des relations,
Secrets d’Yves Montand, anecdotes et chansons.

Avec Marylin, les portes de l’univers
S’ouvrent à double-battant, « Théâtre Lucernaire ».
Depuis l’Amérique jusqu’aux « Grands Boulevards »,
Passent leurs rôles au cinéma et leurs histoires,
L’oscar de Simone et sa descente aux enfers,
La naissance de Valentin, dernier espoir.
Bon accompagnement au piano et guitare.

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« Un Poyo Rojo ». Théâtre physique argentin. Chorégraphie Luciano Rosso, Nicolàs Poggi. Mise en scène, Lumières Hermes Gaido. Avec Alfonso Baròn, Luciano Rosso et un poste de radio émettant en direct. (Avignon, 14-07-2015, 21h30) ++++ (Paris, 16-06-2018, 19h00) ++++

Échauffement de deux sportifs de haut niveau
A qui l’on en demande toujours un peu trop.
Comment évacuer tout le stress du cerveau …
Quand il faut que l’on soit au meilleur de sa forme ?
Dès lors, la parole transcende le hors norme,
Pour n’avoir plus à se dire dans le conforme,
Et, seulement en gestuelle, se transforme.

On s’épie et l’on se jauge par le regard.
Les rivalités s’affichent, creusant l’écart
Entre des performances toujours plus fantasques,
Où l’on ose tout et prend des risques sans casque.
Dans des affrontements de grande qualité
S’exprime leur évidente dualité.
C’est un jeu de séduction devant les placards
Du vestiaire suintant la sensualité,
Quand faire chuter l’autre, même par hasard,
S’inscrit dans la maîtrise et la duplicité.

Deux coqs sportifs s’affrontent
Sans vergogne et sans honte,
Montant sur leurs ergots
Pour préserver l’égo.
Alors ils se mesurent
Sous toutes les coutures.
Tour à tour ils pavoisent
Et puis ils s’apprivoisent.
Prouesses corporelles.
Le talent se révèle
Dans des imitations
Et gestes d’exception.

Au « Théâtre du Roi René »,
On découvre leur destinée
Que le « Théâtre du Rond-Point »
Accueillera en coup de poing
Aux idées reçues faisandées.
Très chaudement recommandé !
Remarquable interprétation
Qui donne de jolis frissons.
Dans une gymnique leçon,
Leurs défis font l’admiration …

+ + + +

C’est au « Théâtre Antoine »
Qu’un coq rouge pivoine
Toise une blanche couenne.
Picorant leur avoine,
Gonflant le péritoine,
Ils grattent et se pavanent.
Leur gorge, bel organe,
S’enfle quand ils crânent.
Idées jamais en panne
Pour une vie diaphane.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« I Love Piaf ». De Jacques Pessis. Mise en scène François Chouquet. Spectacle musical pour accordéon, conteur et voix. Interprétation MTatiana. (Paris, 13-06-2018, 21h00) ++

Un joli spectacle qui, d’emblée, vous enlace
Et met de la douceur avec beaucoup de classe.
« La Goualante » a de vrais accents de gouaille,
Mais, au « Lucernaire », ça n’a rien de canaille.
Edith a « une voix qui vous prend aux entrailles »,
Sa mère finit dans l’alcool et sur la paille.

Aucune ressemblance avec la grande artiste
Qu’elle illustre, simplement, dans son tour de piste.
Elle a le mérite de ne pas l’imiter,
Ainsi son champ d’action n’est guère limité.

Elle ravive les souvenirs en fraîcheur
En y glissant avec tendresse tout son cœur.
Un léger timbre tout en finesse et chaleur
Qui contraste avec la puissance de la voix
De la môme Piaf qui piaffe tout en rondeur.
L’amour, sous tous ses noms, défile dans la joie.
Les vedettes qui l’ont entourée apparaissent
Dans des anecdotes emplies de délicatesse.

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« Légende d’une vie ». De Stefan Zweig. Adaptation, Traduction Caroline Rainette. Mise en scène, Interprétation Caroline Rainette et Lennie Coindeaux. Par la « Compagnie Etincelle ».(Paris, 12-06-2018, 18h30) +

Comment se démarquer de la gloire d’un père,
Se faire apprécier pour soi-même au « Lucernaire » ?
Un poids, plus lourd qu’une valise emplie de pierres,
Écrase au cœur le fils, comme un étau, l’enserre.
Avec les sentiments, un cache-cache amer
Autour d’une imposture de sombre misère,
Se joue entre deux mensonges et une lumière.

« Je méprise mon œuvre »
« Et la laisse donner en lecture ».
Complice de manœuvres,
A tous, elle le jette en pâture.

Crainte « maladive de l’opinion des autres » …
C’est ainsi que dans l’anonymat il se vautre,
Partagé entre un désir de célébrité
Et un repli sur soi, baignant d’obscurité.

« La peur est une faute » que tout désespère.
« Semblable à lui dans l’infamie », sans ses repères,
Il lui faut à présent échapper à sa mère
Et se forger son propre avenir sans mystère.

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« Anna, Les lumières de l’asile ». Texte, Mise en scène, Interprétation Pascale Martineau. Par la « Compagnie A Corps et Cris ». (Paris, 09-06-2018, 20h30) ++++

A peine âgée de neuf ans, la petite Anna
Voit sa vie basculer, loin de sa sœur Lisa.
Elle est lumineuse à travers son innocence,
Agile et lucide malgré les apparences.
Les médecins délaissent son intelligence,
Mêlant en désordre toutes les différences.

Au « Guichet Montparnasse », c’est son existence
Qu’elle extirpe du placard et met en balance.
Écriture qui interpelle les consciences.
Mise en scène et interprétation d’excellence.

« J’avais beaucoup changé et je ne l’avais pas su »
Car, depuis quinze ans, elle ne s’était jamais vue.
Un miroir, dans sa première chambre, apparut
Quand les murs et les cloisons furent abattus.

L’asile est aussi, à l’extérieur, dans les têtes
De ceux qui vous empêchent de faire la fête,
De ceux qui, une intransigeance, manifestent.
Des internements abusifs, qu’est-ce qu’il reste ?

« Anna, Les lumières de l’asile » …
Anna ? Les lumières de la ville
Lui sont désormais interdites
Sans que les choses lui soient dites.

L’écrivaine offre un parcours jonché d’espérance,
Malgré son carcan cousu de désespérance.
Une vie gâchée par la société complice
Qui se moque des conséquences et des sévices.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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