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«Qui va là ?» D’après Emmanuel Darley. Interprétation Thierry de Pina. Adapté par la «Compagnie Ah le Zèbre !» (Captation vidéo vue le 17-10-2021, 19h30)★★

Conçu comme du théâtre d’appartement,     
Ce spectacle s’inspire du confinement     
Pour que les souvenirs     
Viennent enfin remplir     
Les cases vides de son nouveau rangement.     
Du désert, émergent de riches sentiments     
Recouvrant la pauvreté, de ses errements.              

«Y’a quelqu’un ?» Quête d’identité … «Y’a personne».     
Bruits de pas qui cherchent, se rapprochent et résonnent

Pour combler l’absence et l’emplir de la lumière     
Qui réveille le passé des sombres hivers.     

Une nudité sans fard s’ancre dans le sol     
Tandis qu’il relate tout son manque de bol     
En réflexions pertinentes à peine frivoles.         
«Une chanson douce que chantait sa maman» …      
De l’évocation, que reste-t-il maintenant ?     
Au «Théo Théâtre» il atterrit sûrement.     

Il est tout feu, tout cendres,     
À vif de redescendre     
Pieds sur la terre ferme     
Afin qu’on ne l’enferme.
    
Un curieux OVNI     
Qui rien ne renie     
Et se crée un abri     
Parmi tous les débris.      

Petit côté de L’Etranger d’Albert Camus,     
Naïf et détaché quand plus rien ne va plus.        
Un être décalé, foncièrement perdu,     
A voir le bout du tunnel, enfin résolu.     
Papiers en règle, mais demeure un inconnu.     
Une ironie du sort et un humour macabre     
Quand il monte sur ses grands chevaux et se cabre.     

Une histoire qui déroule ses propres rails,     
Avance ou Recul, jusqu’à ce que ça déraille.     
Sa vie s’écoule sous nos yeux, avec ses failles,       
S’écroule dans un baquet d’eau où il défaille.        

Ce récit surprenant,     
Vraiment intéressant,     
Dévoile poliment     
Le fond du fondement,     
Dans un jeu toujours juste     
Peignant des faits injustes.     

Nuits sur les planches des «Etoiles» d’Avignon,    
Trois petits tours, s’y cacher sous le fameux pont.         
«Sans Scène Fixe», Alexandre le «SDF»,          
«Sans Domicile», se Fixe aux vraies «SSF».     
Dans ces salles     
Il s’installe     
Pour de bon.                   
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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Note : 2 sur 5.

 

«Tu es vraiment si pressé ?» Texte, Interprétation Chantal Péninon, Denis Tison. Assistante Claudine Guittet. Par la «Compagnie Vue sur Scène». (Captation vidéo vue le 29-09-2021, 19h00)★★

«Tu es vraiment si pressé ?» Un clin d’œil qui brasse
Tout ce qui à sa portée se cache et s’entasse.           
Joli titre pour exprimer le temps qui passe        
Dans un duo qui en est à boire la tasse,         
La levant de concert quand le temps les dépasse       
Et se colle sur l’affiche qui, rien, n’efface.         

«Ell’ vendait des p’tits gâteaux»           
«Qu’ell’ pliait bien comme il faut» …       
Refrain tombant sur le dos       
Du malheureux, en écho         
De quelques acerbes mots.           

Dans des chansons qui transpirent         
L’amour quand le «cœur soupire»,            
La tenancière est bien pire         
Qu’agent mué en vampire.         

Des échanges de propos entre une logeuse        
Et son pensionnaire qu’elle épie, tracasseuse.            
En désirant et redoutant sa solitude,     
Sa curiosité infiltre les habitudes         
Du nouveau voisin obligé aux confidences      
Pour qu’elle l’héberge et calme son impatience.              

Des révélations de la plus vieille importance         
Vont surgir de chacun d’eux, brisant le silence.      
Un'(e) fraternité se crée dans leurs souvenirs        
En simplicité émotionnelle à remplir         
Le vide et l’absence familiale et sociale.     
René, Geneviève, apprivoisent leur bancale       
Existence. Le comportement de la femme        
S’explique alors, devenu naturel. S’enflamment         
Les déchirures d’une enfance si meurtrie                
Que la vie, lentement, recoud, sans bruit ni cris.            

Théâtre intimiste à «La Croisée des Chemins»        
Où s’entrecroisent deux vertigineux destins.             
L’abandon développe l’imagination         
Qui essaie de combler le manque d’affection.         

En salle ou en chambre, les représentations         
Surprendront vos amis, forçant leurs intuitions.         
Ils pourront jouer à suivre toutes les traces         
D’une reconstitution à rentrer en grâce.       

Le plus «insupportable» est de «ne pas savoir»          
Le pourquoi d’une insurmontable trajectoire,          
Mise en orbite engendrant le vif désespoir          
D’une perte d’identité de «soixante ans»        
D’oubli qui revient comme une rage de dents.           

«Quand on n’a pas de souvenirs»,        
«Il faut s’en inventer». Fourbir       
Sa mémoire à en enrichir          
Sa vie n’ayant rien à fournir.               

Eux, «tous les deux, vieux, tristes, cassés de partout»,

Du puzzle, rebouchent les conflictuels trous.         
Une histoire, douce-amère, qui a du goût,         
Alimentée par un vertigineux bagout.                    
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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Note : 2 sur 5.
 
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Publié par le 29 septembre 2021 dans 3 Envie de théâtre

 

«Premier Amour». De Samuel Beckett. Interprétation Jean Michel. Mise en scène Jean-Pierre Ruiz. Musique en direct Roland Gomes. Par la compagnie «Théâtre Vol de Nuit». (Captation vidéo vue le 27-09-2021, 21h00)★★★

Guitare sur scène et escabeau solitaire,         
Voilà bien le décor planté qui se resserre          
Autour d’un vieil homme chapeauté de mystère          
Et aux pieds nus dans ses galoches de galères.          
Papiers dépliés, repliés, dans pardessus,           
Il a l’air misérable, sans rien de cossu.         

Se tordant les doigts, quand il évoque son père,        
C’est sur son mariage raté qu’il vitupère.          
Mais quel «lien» peut-il être «entre ces deux affaires» ?

Affublé de tics de grattage héréditaire,        
Se complaît en allées-venues au cimetière           
Où il monologue et, sur sa vie, déblatère.            

Visage rieur, et rajeuni par son conte,         
D’emblée il s’attaque aux souvenirs qu’il raconte ;            
Très expressif ; ses descriptions cadavériques         
Le revêtent d’un aspect sobre et véridique.            

Écrit bien travaillé dans un humus, matière          
A faire coexister la mort et la terre.            
Pris en otage dès le début de l’histoire,           
On reste captivés, même sans le vouloir.           

«Invitation au voyage intérieur», poussière              
D’existence autour du deuil, noir mis en lumière.         
Texte, tout compte fait, virulemment joyeux,          
De main de Maître sur un suaire soyeux.            

Obligé de quitter la maison et sa serre,          
Son cœur, à cette perte de chaleur, se serre.                
«Tout s’embrouille dans (sa) tête» parasitée         
Par son «imagination» à ressusciter         
Tout un passé incertain d’avoir existé         
Mais dont les vives «douleurs» l’ont persécuté.                  

Et «les instants où, sans être drogué, ni saoul»,                
«Ni en extase, on ne sent rien», mais rien du tout,         
Laissent dans un état second de flottement            
Où la parole libère son grondement.  


«Parlerai de choses qui n’ont jamais existé»,
Auxquelles la poésie permet de subsister.          
Une introspection, avec talent, régurgitée          
Par un esprit tumultueusement agité.               

Récit qui nécessite une profonde attention             
Pour suivre les méandres de ses contradictions           
Qui font tout le charme de cette âme torturée       
Plus proche des disparus que des vivants murés.          

Écriture d’une fausse naïveté            
Qui laisse toute ouverture aux ambiguïtés.          
Être avec quelqu’un et avoir la liberté         
De penser à autre chose en intimité ;       
Effacer sa présence afin de végéter          
Dans ses réflexions couvertes d’incertitude         
Où l’autre n’apparaît plus que par habitude.            

C’est une ample confession, drôle et émouvante          
Qui, à la fois, enchante autant qu’elle épouvante.         
Absurde discours de génie qui toujours tente             
De saisir au bond le raisonnement d’attente.          

«Peur de partir» et de l’abandon en froideur          
Dans un fracassement qui se teinte d’horreur.           
C’est dans le théâtre «La Croisée des Chemins»        
Que, seul, il affronte son terrible destin.          
Des pages riches d’un cri déchirant, sans frein,           
Qui brûle la peau d’une blessure sans fin.                     
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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Note : 3 sur 5.
 

«Seul(s)». Le duo en solo ! De et avec Karim Mendil. Mise en scène Caroline Bal. Par la «Compagnie Les Indiens».  (Avignon, captation du 22-07-2021, 15h00) (Vidéo vue le 27-09-2021)

Une ambiance de croisière avec «Volare»             
Et des applaudissements réquisitionnés.            
Toute la technique des écoles du rire             
Pour remplacer les chauffeurs de salle en délire.            

Un «voyage dans l’inconnu» de ses désirs              
Pour le mélange des genres dans le sourire.              
A «La Petite Caserne», il se sent souffrir                
D’un odieux abandon suivi d’un démentir.               

C’est un spectacle bien lourdement arrosé           
Où chaque vanne y est raffinée et dosée,                
Carburant en liberté et col évasé         
Dans un esprit cravaté de bleu azuré.           

Sautant du coq à l’âne de manière heureuse,            
Il nous balade dans des diversions foireuses        
Qu’il s’arroge le droit de rendre délicieuses.         
Une «Commedia Dell Raté» pour scie sauteuse              
Qui saucissonne ses saynètes rigoureuses.           

«Pari d’humour, dérision, autodérision» ;             
Déni d’amour, confusion, auto-décision …              
Paradis sociaux et maîtrise en prévisions       
D’un futur qui télé-malaxe les visions.              

«Seul en scène» qui dialogue avec le public               
Qui lui assure sa raison d’être éclectique,            
Abordant les sujets de façon sympathique,         
Guettant, chez le spectateur, le moindre déclic.

                                
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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Note : 1 sur 5.
 

«Trail des Aiguilles Rouges».  (Chamonix, 25 et 26-09-2021)

Quinzième année avec trois parcours inédits ;       
Un départ en pleine nuit, dès le saut du lit.     
Des passages très techniques, en boucle aérienne     
Pour un grand bol d’air avant le retour en plaine,      
Dans ces trails, dits du TAR,    
À courir sans retard.        

Médailles olympiques, ou du bénévolat,     
C’est un honneur que d’avoir celles en chocolat      
Pour services rendus dans les associations       
Sans être l’élite de la population     
Sportive de haut niveau face aux sélections.     
Un petit cercle orné de bonne volonté      
Et d’un ruban de bénévole loyauté.         

La «Buvette»     
Est parfaite     
Pour qu’on fête     
Les athlètes     
Qui en tête     
Ne s’arrêtent     
Et s’apprêtent     
En  casquette     
À franchir     
Sans faiblir     
Tous les cols     
Qui décollent     
Leurs baskets …     
C’est très chouette !     

Arrivée en fanfare et radieuse gadoue,     
Batifolant en confortable bain de boue     
Que les rayons du soleil dessèchent partout       
Afin qu’ils franchissent tous la ligne, debout !     

Mille participants pour aller jusqu’au bout …     
De toutes ces courses qui, de joie, rendent fous,     
Dans une euphorisante ambiance au rendez-vous     
Annuel, convivial, marqué par le bon goût.        
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  
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Publié par le 26 septembre 2021 dans 6 Divers (s'y fier)

 

«Sacha Guitry intime ou Sacha et ses femmes». Spectacle d’Anthéa Sogno, d’après les écrits de Fernande Choisel. Collaboration artistique Marie Simon, Jacques Décombe. Par la compagnie «L’Anthéâtre de Monaco». (Avignon, 29-07-2021, 20h15)★★★ (Captation vidéo vue le 17-09-2021)★★★

C’est la face cachée de l’illustre Guitry             
Que l’on découvre à travers un judicieux tri          
Parmi tout ce qui dans le livre fut écrit,                  
Témoignage d’amour de Fernande Choisel,         
La secrétaire de sa vie qui, avec zèle,          
Compila de précieux instants de vérité           
Revisités par le vif talent d’Anthéa          
Sogno mis dans la peau des femmes qu’il aima.          
La «Condition des Soies» est, par les «Muses», hantée.           

La «complice» de trente-deux années, ce soir,         
Rappelle tous les personnages à sa mémoire,             
Dans un brillant seule-en-scène où les mots libèrent         
La voix de celles qui furent ses partenaires.            
Imitations délicieuses aux intonations        
Qui corsent les inattendues révélations.          
Un Sacha, aussi tendre qu’espiègle et roué,          
Interprété par une actrice dévouée       
Servant généreusement un auteur doué.

                       
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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Note : 3 sur 5.
 
 

«Les Flying Frenchies» envolent Chamonix. Création collective in situ pour les Deux-cents ans de la Compagnie des Guides. Avec Antoine Moineville (co-fondateur et guide), Anicet Leone, Véronique Tuaillon, Etienne Cordeau, Violaine Garros, Géraldine Rieux, Anne Pribat, Daniel Laruelle, Didier Bonnardel. Composition musicale Bastien Roussel. Par les compagnies «Flying Frenchies», «Gratte ciel», «Transe Express», «Inextremiste». (Chamonix, 14-08-2021, 18h00)★★

Un château de cartons, une malle percée,      
Le décor est planté pour une traversée      
Turbulente des airs, du sommet des falaises      
Des Gaillands. Slackline en hauteur hyper balèze      
Dans une remuante marche, vite à l’aise.      

Conçu spécialement pour la Fête des Guides,      
Créé par trois compagnies aériennes hybrides,       
Ce spectacle est l’aboutissement très fluide      
D’un vrai travail d’équipe qui s’envoie en l’air      
Sur un filin à peine plus gros qu’une bride.      
Face au Mont-Blanc, c’est une bouffée d’atmosphère      
Musicale qui accompagne la descente       
De la paroi. Valse en «poésie verticale»       
Pour chute libre contrôlée et parapente,       
Catapulte humaine en version originale.      

Un accordéoniste qui tutoie les cimes      
Chevauche une ligne sur laquelle il s’exprime,      
À environ soixante-dix mètres du sol      
Afin d’interpréter son do-ré-mi-fa-sol.      

Tissus aériens d’altitude, face à l’M,      
Prestations circassiennes telles qu’on les aime.      
Envol de plumes et contorsions vers les nuages      
Pour nous laisser de multicolores images.      

Une formation multiple, sans une ride,      
Fondée par des acrobates, dont  certains, guides.      
Ils savent tout faire,      
Afin de nous plaire.     
Surfer sur le fil de la vie pour satisfaire     
Leur dangereuse envie de highline au grand air.      
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  
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Note : 2 sur 5.
 

«Sacha Guitry intime» ou Sacha et ses femmes. Un spectacle d’Anthéa Sogno, d’après les souvenirs de Fernande Choisel. Collaboration artistique Marie Simon, Jacques Décombe. Par la compagnie «L’Anthéâtre de Monaco». (Avignon, 29-07-2021, 20h15)★★★

D’entrée de jeu, on croirait à du boulevard,         
Mais vite on boit ses mots comme un papier buvard.           
C’est bien rythmé, enjoué, sans être bavard.         
Les enchaînements fusent et piquent comme un dard.          

Une pièce qui a du sens et les éveille,        
Que l’on butine en savourant le fiel d’abeille         
Qui s’enrichit au contact de chaque nouvelle          
Fleur ajoutée aux collections de demoiselles.        

«Fernande Choisel, la fidèle secrétaire»,          
Au bout de trente ans, n’a plus envie de se taire.      
Elle conte, par le truchement d’Anthéa,         
Les passions d’écrivain et d’amoureux, Sacha …          

Dont elle fut «complice» d’intimes instants.          
«Quel divorc'(e) ? J’n’avais épousé que son talent» …           
Rupture littéraire évoquant tous les grands            
Noms qui, dans sa vie, ou dans son lit, défilèrent           
Et firent naître de beaux écrits de carrière.            

«Perdue dans trente ans de secrétariat», Fernande        
Les ressuscite et le public en redemande.        
Tableau accroché où passent toutes ces dames         
Qui s’affichent en spectacles à succès grâce aux femmes     
Qui épicèrent l’encre du stylo en flammes.             

«Bien des lettres ne sont écrites»           
«Que pour leur post-scriptum», et dites     
Avec la passion qui s’effrite,        
Ou reste, quand on les édite.         
C’est à la «Condition des Soies»         
Que se joue ce texte de choix.     

  
«Un rendez-vous d’amour avec mille personnes»       
Bercées d’humour et chavirées dès qu’il les sonne.       
«Il ne laisse jamais rien au hasard, à moins»         
«De ne l’avoir soigneusement organisé»            
«Lui-même» et sachant bien le théâtraliser,        
Magnifiant les défauts avec un divin soin.             

«Si je critique les femmes, c’est pour pouvoir»          
«En parler longtemps», il s’en fait donc un devoir.           
«Les souvenirs sont des nids douillets pour les rats»             
«Du chagrin», rongés par un venin scélérat.         
Ne reste qu’à «se démaquiller le moral»       
Pour mieux affronter la réalité vénale.      

«Le cœur au bord des lèvres»      
Déborde d’une fièvre.       
Compilation de ses chefs-d’œuvre littéraires        
Pour en dresser un vif hommage funéraire.         

Tout une vie consacrée à l’auteur Guitry,          
Couchée sur le papier à taper tant d’écrits.        
Partage de confidences et de souvenirs        
Trempés dans du vitriol à faire frémir       
Des salles entières inondées d’infimes désirs.        
Une interprétation irradiant de plaisir !      

«Le spectacle de sa vie va (tant) me manquer» …           
Derrière le clavier, tout son zèle planqué        
Nous offre un délicieux coin de «postérité»           
Proposé par l’amie si longtemps dévouée.  

                                   
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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Note : 3 sur 5.


  

 

«Apocalipsync». Conception, Mise en scène, Interprétation Luciano Rosso. Co-mise en scène Maria Saccone. (Avignon, 21-07-2021, 19h20)★★★

Qu’est la vie à travers un hublot déformant             
Qui va, les géniales grimaces, accentuant ?         
Un véritable orchestre à lui tout seul, son corps,        
D’un clin d’œil, s’anime à la flamme qui dévore          
Tout sur son passage magnifiant le décor.          

Quelle est la mission ?       
Quelle est l’émission ?      
Belle est l’émotion       
Des locomotions ;          
A l’«Espace Alya»,      
Elle accompagna        
Chaque mouvement          
Toujours fascinant.             

«On achète des médicaments»,          
«On n’achète pas la santé» ;              
«On achète des plaisirs»,         
«On n’achète pas le bonheur».          
Voulant sortir de l’isolement,         
On se pique à la vérité.        
Il plonge dans un délire          
Fichant une flèche en plein cœur.          

Un mime déjanté et désarticulé       
Qui donne à voir une parole articulée           
A la perfection. Il maîtrise ses mimiques       
A trois-cent-soixante degrés. Du haut comique.              

C’est un  discours exclusivement corporel                    
Dont chacune des parties s’avère essentielle          
Quand, sur scène, s’envole son immense zèle         
Qui n’en finit pas de repousser l’irréel       
Développement de ses miraculeuses ailes.               
Divin contorsionniste, jusqu’au bout des doigts,     
Sa prestation est magique, comme il se doit.      
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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Note : 3 sur 5.
 

«L’Autre». Thriller circassien pour salle obscure. Mise en scène, Jeu Dorian Lechaux. Et avec Ronan Duee, Rachel Salzman, Mathis Der Maler. Par la «Compagnie Puéril Péril».  «L’Occitanie fait son quatorzième cirque à l’île Piot»(Avignon, 19-07-2021, 20h15)★★★

Un nouveau genre est né     
Pour plaire à nos aînés,     
En trame palpitante     
D’une histoire excitante     
Qui, leur art, réinvente.     
Après «le western-spaghetti,»        
«Goûtez au thriller-ravioli …»     

Une énigme circassienne     
Théâtralise les scènes     
D’un véritable polar    
Qui se résout tôt ou tard     
Aux cordes de la guitare.     

Suspense qui se déguste    
Avec la joie d’un auguste      
Prêt à renverser les sièges     
En contournant tous les pièges.     
    
Spectacle qui se mastique     
Autant qu’un meuble s’astique.     
Une intrigue à monocycle     
Et à nœud coulant qui gicle.     

Le morbide se fait drôle     
S’il jongle avec tous les rôles.     
Au bord du déséquilibre,     
L’acrobatie se fait libre.     

Si tendance suicidaire     
Rime avec spectaculaire,     
La comédie meurtrière     
Se joue en direct sur l’air     
Chanté d’un piano qui perd     
Ses mélodies funéraires     
D’activités ménagères.     
    
Zones d’ombre mises en lumière     
Quand les cascades s’accélèrent.     
Le micro-ondes en colère,      
Toutes ses pulsions, libère.     

Lutte autour de la roue Cyr     
Quand l’ambiance va roussir      
Les échanges tumultueux     
Des intrépides impétueux.      

Une étrange conspiration     
Emmêle les situations.     
Désorientation volontaire     
Mettant les hypothèses à terre.     

Un déroulement linéaire     
Maîtrise l’acte réfractaire     
Soufflant un nuageux chaud-froid     
Aux pirouettes de l’effroi.     

Dans une flambée de mystère,     
Tout devient limpide et s’éclaire     
Tandis que sombre un univers     
A l’arrière-goût de l’enfer.             
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  
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Note : 3 sur 5.
 

«Huitième jour». Conception, Interprétation Cochise Le Berre, Raphaël Milland, Idriss Roca. Par la «Compagnie La mob à Sisiphe».  «L’Occitanie fait son quatorzième cirque à l’île Piot»(Avignon, 19-07-2021, 16h30)★★★★

«Le plaisir d’une catastrophe bien menée»     
Complique la simplicité si malmenée.     
Toujours plein d’astuces, ces trois illuminés     
Vont de surprise en surprise en terrain miné ;      
Sur leur passage, un champ de ruines laminé …       

Ils servent un délicieux cocktail vitaminé     
De loufoqueries parfaitement destinées      
À croire en une science du ratage inné.     
Du grand art où la parole est éliminée     
Pour laisser la place au gestuel raffiné.     

Ces trois cascadeurs sont vraiment prédestinés     
Aux situations complètement siphonnées.     
À exploser le rire, ils sont déterminés.     
Une trinité de diables pour frissonner     
Agréablement quand l’heure a enfin sonné     
D’emmagasiner leurs blagues bien ruminées. 

      
Une précision miraculeusement née.     
C’est à fond qu’ils se sont grandiosement donnés.     
Aux règles d’équilibre ils font un pied de nez     
D’immense originalité insoupçonnée     
Qui nous laisse admiratifs et désarçonnés.     
Réussite divinement désordonnée     
Où tout geste est merveilleusement incarné.                         
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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Note : 4 sur 5.
 

«L’Aérien. Causerie envolée».Conception, Interprétation Mélissa von Vépy. Texte, Co-Mise en scène Pascale Henry. Par la «Compagnie Happés».  «L’Occitanie fait son quatorzième cirque à l’île Piot»(Avignon, 19-07-2021, 14h15)

La «Conférence sur l’Homme et les airs» s’envole     
Sur les ailes de la connaissance qui colle     
Les spectateurs par des devinettes frivoles.         
«Le vide inspire»,          
«Le vide aspire».     

Domptant la pesanteur,     
Du haut de sa hauteur,         
«Devenir léger ou rester pesant» s’inscrit     
Dans la logique de sa recherche d’esprit     
Critique lui faisant escalader le ciel     
Avec les degrés de sa plume universelle.     

Elle nous met la tête et le cœur à l’envers     
Dans son siège éjectable à grands mots découverts       
Et laisse planer le doute des inventions     
Grâce à ses curieuses et louables intentions.     

A nous instruire, elle se donne de grands airs     
Pour éclaircir d’un seul clin d’œil quelques mystères     
Et, d’un ton enjoué, dévoiler l’univers     
Dans sa drôle de conception rudimentaire.                     
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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Note : 1 sur 5.
 

«Acquittez-la !» Texte, Mise en scène, Interprétation Pierrette Dupoyet. Par la «Compagnie des Vents Apprivoisés». (Avignon, 15-07-2021,11h50)★★★★★

La mère n’avait jamais besoin de personne,        
Elle faisait tout elle-même, sans qu’on sonne.      
La jeune fille rêve d’un «mari gentil»         
Qui, brusquement, devant elle aurait bien surgi.      

Au «Théâtre Buffon», la fête de mariage       
Perd de son éclat et tourne vite au naufrage.      
Elle ignore tout de l’homme qu’elle épousa,       
Jusqu’au jour où elle mit au monde Sarah.        
De grossesse en grossesse, vint un petit gars.      

Quand la violence apparaît et soudain s’installe,        
Elle éclate imprévisible en lourdes rafales,         
Tétanise, annihilant toute volonté.        
Alors, elle «apprend à subir et à se taire»,      
La multiple Alexandra, toujours maltraitée        
Malgré qu’elle vaque aux tâches prioritaires.      

Avilie et forcée à se sentir coupable,      
De réagir et choisir, elle est incapable.        
Dans l’engrenage infernal elle se sent prise,        
Peu soutenue et totalement incomprise.         

Texte et jeu, d’une puissance inconditionnelle,         
Interprétés par une actrice exceptionnelle      
Qui fait corps avec la salle et toute l’histoire.         
Une immense simplicité pour émouvoir,         
Sans masque ni fard, une vérité à voir.         
C’est au «Buffon», un témoignage incontournable        
Pour lutter contre les violences inacceptables.                                       
       
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Note : 5 sur 5.

 

«Masonn (Murs)». Danse contemporaine – Vidéo. Chorégraphie Max Diakok. Vidéo-Scénographie Claudio Cavallari. Interprétation Esther Trusendi, Maryem Dogui, Omar Cretella, Jérémie Polin. Par la «Compagnie Boukousou». (Avignon, 09-07-2021, 21h45)

Ils évoluent chacun dans leur monde, murés     
Dans l’incapacité de pouvoir murmurer,     
Échanger sur ce qui les affecte vraiment.     
«Au Golovine» , se libèrent les élans     
Dans une danse constructive par fragments     
Rythmés de leur impatience et trépignements.     

La résonance cadencée ferait tomber     
Les cloisons psychiques aux bruyantes retombées.     
Comment abattre le mur d’incompréhension     
Et lever les barrières en multiplication     
Pour que la lumière unisse enfin leurs actions     
Et que les faisceaux se dispersent en filaments,     
En éclats d’étoiles apaisant le firmament.                  
       
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Note : 1 sur 5.
 

«Gharnata». Conception, Chant Luis de la Carrasca. Par la «Compagnie Flamenco Vivo». Avec Ana Pérez (chœurs, palmas, danse), José Luis Dominguez et Manuel Gómez (guitares), François Taillefer (cajón, percussions), Benjamin Ramos (contrebasse), Jérôme Boudin-Clauzel (piano). (Avignon, 08-07-2021, 20h30)★★★

Impatiemment attendu,     
Il est enfin revenu,     
Luis de la Carrasca ;     
Notre cœur, à nouveau, bat.     
Ce festival poétique,     
Notre curiosité, pique.      

Pour accueillir «Gharnata»     
De la belle Granada,     
Formation au grand complet.     
Un vrai spectacle qui plaît,     
Dans sa danse flamenca     
Et son précipité pas.     

L’immortel Federico 
García Lorca, héros     
De sanglants et justes mots,      
Et Antonio Machado,     
Sont, au «Chêne Noir», chantés     
Pour que l’on sorte enchantés.     
La «legenda del tiempo»     
Imprime en nous son tiempo.     

La sublime Ana Pérez      
Est toujours aussi à l’aise     
Dans l’intensité de jeu.     
En démonstrations de choc,      
Vibrations d’électrochocs,      
On ne la perd pas des yeux !      

Un Flamenco qui s’assume,     
Ne s’en laisse pas compter      
Et, toute sa force, exhume.     
Farouche efficacité,     
Profonde authenticité,     
Classique modernité.                      
       
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Note : 3 sur 5.

 

«La Belle et la Bête». Texte Jeanne-Marie Leprince de Beaumont. Adaptation, Mise en scène Guillaume de Moura.  Interprétation Marguerite Chaigne (chorégraphies), Louise Corcelette, Anthony Mezence. Par la «Compagnie de L’Échauguette». (Avignon, 08-07-2021, 18h30)

L’innocence de la rose condamne à mort     
Celui qui la cueille, sauf si son triste sort     
Se trouve conjuré par une fille aimante     
Qui refusa à tous de devenir amante.     

Un prince, puni pour sa laideur intérieure,     
Revêt l’aspect d’un monstre, face à l’extérieur.      
Conte revisité par les tourments dansés,              
«Théâtre du Centre», sur hip-hop bien pensé.      

La chorégraphie unit les âmes et les corps,     
Façonne la beauté à l’envers du décor     
En joignant les rêves aux battements de deux cœurs     
Qui vibrent au-delà de leurs sinistres rancœurs.                  
       
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Note : 1 sur 5.
 

«Toute l’Histoire de la Peinture en zigzags». Conception, Mise en scène, Interprétation Hector Obalk. Violoncelle Frédéric Lagarde. Images Morwenn Augrand. Par la «Compagnie Grand-Art». (Avignon, 08-07-2021, 16h30)★★

«Je savais que mes yeux étaient meilleurs que ma main»,
C’est donc tout naturellement que, critique d’art,     
Pour l’écrit et pour l’audiovisuel, il devient.      
Leçon de lecture picturale, dare-dare,      
En une heure chrono, avec précision, sans fard.     

Au début, étaient les fonds en lumière d’or        
Qui illuminait les tableaux jusqu’à leurs bords.     
Puis apparaissent les couleurs dans le décor,      
Ce qui annonce un chatoiement de prime abord.     
Quand la technique est parfaite, on invente encore     
Pour faire surgir les détails de tous les corps.     

On passe de la «sensualité veloutée»      
A la découverte de «l’érotisme glacé».      
C’est, au théâtre de «La Condition des Soies»,      
Qu’au violoncelle, en notes classiques, on perçoit       
Les délicats détails qui ne vont pas de soi.      

Le siècle de la noirceur en ombres et lumières      
Cède la place aux paysages qui s’éclairent     
Avant d’envisager les outrecuidantes œuvres,            
Puis les figures géométriques de manœuvres.     

Intéressante démonstration didactique      
Qui utilise toutes sortes de tactiques     
Dont celle de la confidence à son public.      
Dévoilement tous azimuts et bien critique.     

C’est un travail professoral approfondi     
Que l’étude de ces quatre mille tableaux      
Dont il choisit quelques-uns, pour sortir du lot,     
Présentés avec un discours franc, inédit.     
Une somme de connaissances bien réelles      
Pour faire partager sa passion avec zèle.                       
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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Note : 2 sur 5.
 

«La Volonté du Fou». Promotion 2021. Par la «Compagnie Esacto’Lido». Parcours Professionnalisation de Pia Bautista  (cerceau aérien), Elias Oechsner (jonglerie, clown), Maria Céleste Funghi (corde lisse). «L’Occitanie fait son quatorzième cirque à l’île Piot»(Avignon, 07-07-2021, 23h00)

Pia, Elias, Ottavio,      
Analia, Julien, Léo,     
Maria, Benjamin, Mario,     
Se relaient sur le plateau.      

C’est la danse du Lido,     
À cheval sur son cerceau,      
Dans l’aérienne posture     
Qui abrite ses figures.     

Un jonglage philosophiquement clownesque     
Pour que sèche le linge sans être grotesque.     
Quand une valise diplomatique     
S’ouvre sur des portés acrobatiques …     

La corde lisse enchaîne     
Celle qui se déchaîne     
Et va laisser sa place    
Aux artistes en herbe, grâce        
Aux rêves d’être des as.                         
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  
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Note : 1 sur 5.
 

«Dans ton cœur». Acrobatie et musique live. Mise en scène Pierre Guillois. Avec Claire Aldaya (voltigeuse), Romain Vigier (acrobate, porteur), Andreu Casadella (acrobate, trapèze Washington), Basile Narcy (acrobate, porteur, jongleur), Maxime La Sala (porteur cadre), A. Segura Lizan (voltigeur), Pedro Consciência (porteur, acrobate), J. R. Graell Gabriel ou Sébastien Lepine (porteur, acrobate), Vladimir Tserabun (contrebasse, violoncelle, basse), Gaël Guelat (batterie, percussions, guitare), Nicolas Bachet (saxophone, acrobate), Johann Chauveau (clavier, flûte). Par la «Compagnie Akoreacro». «L’Occitanie fait son quatorzième cirque à l’île Piot»(Avignon, 07-07-2021, 21h30)★★★★★

Sous une pluie battante,     
Une entrée fracassante.     
Toutes les figures se tentent     
Et très joyeusement se plantent.     

Construction d’un appartement     
En vue d’un emménagement.     
On regarde dans tous les sens     
Car chaque acte a forte importance.     

Une organisée débandade     
Pour une franche rigolade.     
Avec la famille avant tout,     
On s’amuse comme des fous.     

Roue Cyr, portés acrobatiques     
Et performances diaboliques,     
Allient le génie au classique.     
Inoubliable et féerique,     
Leur spectacle devient magique.    

De brillants envols au trapèze ;     
Puissant orchestre qui apaise     
Et réduit l’incendie aux braises     
D’un amour qui, plus rien, ne pèse.     

Tradition et modernité     
Pour ce cirque galvanisé     
Aux incroyables prestations     
Réalisées avec passion. 

Redoutable efficacité     
D’une infinie diversité.     
Accompagnement musical     
Avec un orchestre intégral.     

Une excellente précision     
Pour chacune des décisions.      
Du très grand art nourri d’imagination,     
Sublimement biberonné d’émotion.     
LE SPECTACLE INCONTOURNABLE d’AVIGNON !                           
       
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Note : 5 sur 5.

 

«Juventud». Manifeste jonglé. Mise en scène, Chorégraphie Nicanor de Elia. Jongleurs-Danseurs Juan Duarte Mateos, Lucas Castelo Branco, Nahuel Desanto, Walid El Yafi, Gonzalo Fernandez Rodriguez. «L’Occitanie fait son quatorzième cirque à l’île Piot»(Avignon, 07-07-2021, 20h15) ★★★★★

Juvénile fraîcheur pour balle de contact     
Qui, tel un OVNI, tout sur son passage impacte.     
Comme une étrange boule irradiée de blancheur,     
Elle s’orne d’un satellite aussi farceur.     

Balles et massues en folie se mettent en orbite ;     
Ainsi que des comètes, elles filent très vite.     
Un défilé paonesque en haute coiffure     
Porte l’anneau au goût du jour pour l’ouverture     
D’un festival quadrillé et tout en droiture.     

Une envolée d’anneaux     
Dans un grand numéro     
D’agilité parfaite     
Pour somptueuse fête.     

Avec une insondable créativité,     
Ils offrent des ellipses de toute beauté.     
Un spectacle grandiose     
Pour sortir du morose.     

Une course poursuite défiant l’univers     
Et la trajectoire d’astres autour de la terre.    
Cinq circassiens, brillants comme des satellites,     
Pétris de véritable talent, cohabitent.     
Une majestueuse virée de mystères     
Pour nous envoyer direct dans la stratosphère !                  
       
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Note : 5 sur 5.
 

«En attendant le grand soir». Écriture, Mise en scène, Jeu Pierre-Jean Bréaud. Et avec B. Arquier, M. Boldini, L. Couasnon, F. Escurat, T. Gaubig, G. Groulard, P. Monedero (Otto), G. Sandron, C. Leroy, A. Rosenfeld Sznelwar, M. Pinguet, Ph. Vohringer. Par la «Compagnie Le doux supplice».  «L’Occitanie fait son quatorzième cirque à l’île Piot»(Avignon, 07-07-2021, 17h45)★★★

«Le doux supplice» de l’attente     
Récompensée par le silence ;         
«Le doux vertige» de la danse     
Qui se fait lentement latente,     
Aux quatre coins elle est présente      
Et vivement se représente     
Dans quelques chutes éclatantes.     
Des tranches de vie haletantes     
Gentiment s’organisent et tentent     
De combler les doutes et l’absence.     

Dans un échange de sourires,     
La joie monte avec les soupirs.     
C’est une ambiance euphorisante      
Aux attitudes électrisantes.     

En plein disco acrobatique     
Et farandole sympathique,     
C’est la valse hydro-alcoolique      
Qui dégèle les êtres chics.     

Esprit de convivialité     
Pour se rappeler que l’été     
Sera à nouveau submergé     
De vagues de désirs chargés.     

Avant l’ouverture des boîtes     
De nuit aux senteurs toutes moites,     
Ils s’étreignent en langage piste     
Prouvant que rien ne leur résiste.     

Des portés de grande envergure     
Pour flirter avec la nature.     
Du jazz, rock, ou danses latines,     
Grâce à eux, plus jamais de spleen.                    
       
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Note : 3 sur 5.

 

«Pour Hêtre». Par la «Compagnie IETO». Acrobates Fnico Feldman, Itamar Glucksmann. Mise en scène Benjamin De Matteïs.  «L’Occitanie fait son quatorzième cirque à l’île Piot»(Avignon, 07-07-2021, 16h30)★★★★

Un super jeu de mains dans les branches d’un hêtre     
Équilibre sa vision d’être et du paraître.     
Un magnifique spectacle pour se repaître     
De la vive agilité boisée de deux êtres     
Se défiant sans avoir l’air de le reconnaître.      

Une forêt de troncs et ramures envahit     
L’espace scénique, lui accordant la vie.      
Ces acrobates de la nature branchée     
Font partager leur rêve sans jamais flancher.     

Du feuille à feuille, cousu-main,     
Taillé sur mesure est en train     
D’exploiter un art végétal     
En coupe franche originale.     

Maîtrise du vide caché      
À laquelle ils sont attachés        
Pour un plaisir jamais gâché ;     
Grandes sensations recherchées.       

Souplesse et force à l’arraché,     
Totale douceur approchée.     
La magie d’instants partagés        
Parmi les arbres bien rangés      
Séduit dans toutes les rangées.                      
       
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Note : 4 sur 5.

 

«Interprète».Conception,  Interprétation Maxime Mestre.  Par la «Compagnie Cheptel Aleïkoum».  «L’Occitanie fait son quatorzième cirque à l’île Piot».  (Avignon, 07-07-2021, 15h10)★★

«On ne naît pas garçon», dit-on, «on le devient».     
Le cordon ombilical du monde aérien       
Serpente autour de la salle d’accouchement     
Où tous vont l’épauler avec discernement.     

Spectacle qui se construit avec le public     
Qui, à la corde, au micro, donne la réplique.       
«Juter, buter, douter, réaliser ses rêves»,     
«Choisir» d’être soi-même, sans aucune trêve,     
Ni entraves, sans que, brusquement, l’on en crève.     

Le mot «Mourir», dans le miroir, s’inverse en «Vivre»,     
Selon la fine calligraphie qu’il délivre.     
Circassien qui aime jouer avec les termes,     
Même s’ils n’aboutissent et qu’ils ne viennent à terme.      

«Il faut savoir que les enfants du Bangladesh»         
«Travaillent tous afin d’échapper à la dèche».       
«Chinois perdant leur vie, tentant de la gagner».       
Des colliers de citations vont l’accompagner     
Quand il s’envole dans les airs pour déchaîner      
Son flot verbal qui, au sommet, va l’entraîner.                 

Du panache dans son immense liberté     
S’élance de la piste aux étoiles en beauté.     
En cabrioles     
Il caracole     
Aux couleurs de l’amour     
Avec ou sans détour.                   
       
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Note : 2 sur 5.
 

«Mektoub». Stand-up de cirque. De et par Mounâ Nemri. Regard extérieur Maël Tebibi. Par la «Compagnie La Nour». «L’Occitanie fait son quatorzième cirque à l’île Piot». (Avignon, 07-07-2021, 14h00)

«Paix sur toi», avant de t’envoyer dans l’enfer      
De la rigolade et de la danse sur terre.     
Une démonstration qui a du caractère.     
Petit clin d’œil humoristique, sans frontière,     
Louchant sur le généreux bec de la théière.     

Elle développe     
Un mortel hip-hop    
Pour se mettre en forme    
Sur la plate-forme.    

En «Sur-vêt ? T’es un gars !»       
«Mini-jup’ ? T’es d’la viande !»    
Alors, «ça fout les glandes» !       
«Bombe» sexuelle ou «Burka»,       
Serait-ce le «même combat» ?      
«Mektoub», au final,     
Un destin fatal     
Très patriarcal.    

Mi-chant-danse     
En cadence,    
Mi-cerceau      
Sans cerveau,    
Mi-recettes     
Pour la fête.     

Ça tourne rond     
Sous son plafond,     
Slam et casquette,     
Tout en paillettes.        

«Journée portes ouvertes au cœur d’une trentenaire»      
«Qui questionne ce dont elle hérite ou acquiert»        
«Et ce dont elle a honte et ce dont elle est fière».     
Énergie et bonne humeur, sans aucune œillère !
       
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Note : 1 sur 5.
 

«Mousse». Jonglerie intime et punk. Conception, Jeu, Gaëlle Coppée, Denis Michiels. Par la «Compagnie Scratch». «L’Occitanie fait son cirque à l’île Piot». (Avignon, 07-07-2021, 12h00)★★

Jonglage parlé éloignant la «frustration»            
Qui pourrait venir de quelques imperfections.            
Originale conception           
Vue en dix-huit propositions.           

Un numéro de balles ensorceleuses blanches            
Qui, l’hilarité, généralement, déclenche.          
C’est une version clownesque bien arrosée         
Plantant ses graines de rosiers sous la rosée            
De jolies saynètes parfaitement dosées.            

Gaëlle est «douce»            
«Comme la mousse»         
Des bois ou bière          
Qu’elle préfère.            

Sur un nuage,             
L’art du ratage         
Devient mirage           
Pour nos suffrages.          
Création sage,         
Joli ménage           
Et jardinage.                                
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  
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