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Archives d’Auteur: bclerideaurouge

« Titi tombe, Titi tombe pas ». Création circassienne de Pascal Rousseau. Mise en scène Ami Hattab. Par la « Compagnie Pascal Rousseau ». (Chamonix, 17-10-2017 à 14h00 et 18-10-2017 à 9h30) ++

Après dix ans d’attente pour que les petits,
Du plaisir de l’équilibre, bénéficient,
Pascal Rousseau arrive enfin à Chamonix
Pour leur faire profiter de son harmonie.

Titi fait feu de tout bois quand il se déchaîne
Face aux « scolaires des Pélerins » qu’il entraîne
Au jeu délicat plein de qualités humaines,
Menant à la baguette les bâtons qu’il traîne.
Dans une partie où il joue contre lui-même,
Il mate sa solitude en cherchant l’extrême.

Ce dresseur d’objets dompte tous les éléments,
Petits ou grands, leur insufflant du mouvement.
Il explore les limites de l’équilibre ;
C’est à leur point de rupture qu’il se sent libre.

Dans son jardin secret, il construit un abri
D’illusions boisées, quand survient, comme un cabri,
Une oiselle dérangeant son monde établi,
Papillonnant, tourbillonnant dans les débris.
Dans leur détermination, aucun ne faiblit.

Il aime l’ordre, elle y met un grain de folie
Lorsqu’elle abat les murs de sa mélancolie.
Un monde en construction où l’imprévu surgit,
Où il lui faut mettre toute son énergie,
Rétablir ce qui tient de la sorcellerie
S’écroulant dans une ahurissante furie.

Vont-ils se tolérer, même s’apprivoiser ?
Mais en attendant ils ne font que pavoiser,
Se jaugeant au-dessus de l’instabilité
D’une envolée en souplesse et festivité.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« Festival a-oût, cinquième édition ». Du 5 au 12 août 2017. Conférence de presse. (Avignon, 03-08-2017, 10h30)

Le « Festival Théâtre Amateur », nouveau cru,
Accueille une cinquième salle. Qui l’eut cru !
Le tarif imposé s’est aussi libéré
Pour laisser la place à la générosité ;
C’est donc la participation libre au chapeau,
Remerciant les acteurs en sortie de plateau.

Que ce soit au « Théâtre des Vents », au « Rempart »,
A « Saint-Michel », au « Chapeau Rouge » et, d’autre part,
A l »Atelier Florentin », on vient prendre part
Aux dix spectacles proposés avec grand art.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« Ma Comédie Française ». Un naïf dans la Maison de Molière. De et avec Jean-Marie Galey. Mise en scène Teresa Ovidio. Par la compagnie « Châteaux en Espagne ». (Avignon, 29-07-2017, 11h00) ++

Au « Petit Louvre, Salle Van Gogh », la rumeur
Sourd, se développe à la façon des tumeurs.
Tel un mousquetaire il s’y débat, mais qui meurt ?
Dans ce « vaisseau » de près de mille âmes, tu meurs …
(« Atteint par le syndrome du libre-penseur ? »)
Ou tu triomphes et tu écrases de bon cœur.

Neuf vénérables et disparates sièges trônent
Sur tout le plateau, comme d’antiques icônes,
Où l’ombre de Molière plane en mise scène
Qui nous fait deviner chaque fantôme en peine.
La plume savoureuse nous tient en haleine,
Bien guidée par une scénographie de reine.

Une performance d’acteur aux mille voix
Qu’il interprète avec finesse et dans la joie.
Un texte tramé d’humoristiques remarques,
« La Maison est un nid d’intrigues » et ça le marque.
Il dégaine naïveté et bonne foi
Et nous fait pénétrer son monde en désarroi.

Les regrettés du « Français » hantent Cour – Jardin,
Avec leurs passions, leurs rancunes ou leur dédain.
« La rumeur s’enfle d’importance » et elle gagne
En se hissant au sommet d’un mât de Cocagne,
Avec des « mots poisseux qui puent la chasse à l’homme ».
La « tête de Turc » finalement se dégomme,
Face au portrait de Sarah Bernhardt qui l’assomme
De prestigieux souvenirs qui se content en sommes.

C’est relaté à la façon d’une épopée
Aux intonations et paroles en coups d’épée.
Citons : « Cet homme, c’est un comédien intègre »
« Qui n’a jamais rien demandé, qui a rêvé »
« De cette Comédie Française … qui n’existe pas. »
Peintre aux fabuleuses couleurs, esprit allègre
Aux toiles inspirées du minéral gravé,
Ses fins tableaux font partie de ceux que l’on n’oublie pas.

« L’administrateur engage »,
Mais « le comité dégage ».
La « légèreté blâmable »
Devient vite condamnable.
C’est dans un prochain ouvrage
Que la suite mémorable,
Sans doute aussi admirable
Que le début fut aimable,
Sera proposée en fable.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« Les Frères Colle ». Jonglage percutant. De et par Stéphane, Cyril et Clément Colle. Mise en scène Eric Bouvron. (Avignon, 26-07-2017, 16h15) +++

Musique de cape et d’épée, tambours qui pètent
Les formes traditionnelles de la répète.
S’y ajoute la jonglerie qui se reflète
Dans le miroir lumineux au-dessus des têtes.

Boîtes, balles et massues partent à la conquête
De leur batterie instrumentale et complètent
Leurs multiples possibilités d’être au faîte
De leur art qui nous met les oreilles à la fête.

Guitare, cornemuse et parapluie en quête
De sensations. Au « Petit Louvre » on s’y apprête !
Flûte ! Déjà terminé ? C’était vraiment chouette !
Condamnés à l’imagination à perpète,
Tant ils possèdent de talent et de casquettes …

Toute la famille Colle,
A tous les postes, s’y colle ;
Prodigieusement, décolle.
Et nous, qu’est-ce qu’on rigole !

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« Déshabillez Mots, Nouvelle Collection ». De et avec Léonore Chaix, Flor Lurienne. Mise en scène Marina Tomé. (Avignon, 26-07-2017, 14h30) ++

Échappés du dictionnaire, quelques bons mots
Se faufilent dans les couloirs de la radio
Pour nous faire entendre raison à leur propos.
Peut-on faire confiance, les yeux fermés, aux
« Mots qui changent de sens à la moindre inflexion » ?
« Promenons-nous sans rien chercher », sans réflexion ;
« Le meilleur moyen de trouver » la « perfection ».

« Les poches à pensées encombrantes » sont bien pleines
De surprises déversées le long de la scène.
Les mots, décortiqués, s’habillent de lumière
Changeante et de contre-sens du vocabulaire.

C’est « dangereux de fréquenter des lieux-communs »,
On risque de se perdre au détour des chemins
De traverse et de tomber sur des »archétypes »
Où l’herbe, de « blonde » à « brune » … aime tous les types.

Ce spectacle « Majuscule » suspend le temps …
Ponctué de concepts qui revêtent un moment
Les « quiproquos » et les « méprises » tant et tant
Que « dans le rien, on trouvera tout » en l’instant.

Brillantes actrices de la langue française,
Elles mettent leur ardente « intuition » de braise
Au service de termes et autres « oxymores »
Qui mêlent leurs sens au langage qui se mord
Le trait proposant des perles qui le décorent.
Leur esprit fin dévore tout et on adore !

Au « Petit Louvre »,
Quand elles l’ouvrent,
Leur bouche livre
Un joli livre.

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« Le NON de Klara ». De Soazig Aaron. Adaptation Sylvie Gilles. Mise en lecture Manon Allouch. (Avignon, 26-07-2017, 11h10) +

« Ceux qui ont dit NON à l’occupant », quelques-uns
Seulement, reviennent à la Libération.
« Théâtre Au bout là-bas », il se peut que certains,
A tout jamais marqués par la décoration,
La plus glorieuse qui soit pour une nation,
Le tatouage indélébile à l’avant-bras,
Sentent pour toujours la brûlure inscrite en gras.

Dévastée, vidée, cette étrange survivante
Reste une vision terriblement dérangeante.
Rescapée d’Auschwitz, devenue intransigeante,
Elle apparaît comme étrangère à elle-même,
Indifférente à tout ce qui existe et aime.
« Le NON de Klara » déchire tous les rideaux
Que l’on se jette sur les yeux et sur le dos.

Et … « c’est fou ce qu’un squelette est lent à mourir »
Quand les mentalités continuent à pourrir
Sur d’abominables certitudes à vomir.
« La réalité fut plus sordide » à subir
« Que tout ce qu’on pourra en dire » ou bien écrire.
« Il est des silences qui crient », sans pleurs, sans rires.
« Enfermer les mots au placard », serait-ce pire ?

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« Fragments d’Elle ». De et avec Jeanne Feydel. Mise en scène Sarah Lefèvre. Par la « Compagnie Les Presqu’Ils ». (Avignon, 25-07-2017, 20h00) +

Bribes de pensées, ça et là, éparpillées
Où s’étale « l’autre moi » jeté sur papier
Chiffonné, déchiqueté et enfin plié
Sur des blessures surgies d’un passé lié.

A « L’Observance » elle a, les yeux, écarquillé
Et ouvert son cœur qui était resté vrillé.
Un théâtre de l’intime pour s’oublier
Afin, d’autres personnalités, côtoyer,
Cherchant l’authentique vérité, sans ciller.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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