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«Home. Morceau de nature en ruine».  Projet, Mise en scène Magrit Coulon. Avec Carole Adolff, Anaïs Aouat, Tom Geels. Par la «Compagnie Wozu». (Avignon, 03-07-2021, 10H00)★★

Une salle d’attente meublée du silence     
Qui va filtrer les bruits qui ont de l’importance,      
Ceux de toutes les parties du corps en souffrance     
Dans une solitude de désespérance.     

Des mimiques où s’exprime toute la douleur      
Du passé et des souvenirs qui s’en échappent.      
Chaque geste compte, prenant une autre ampleur,     
Et se décompose en maints détails qui vous happent.      

Une tristesse joyeuse d’un quotidien     
Sans avenir se mime sur le parchemin     
De leur vieux visage et de leurs tremblantes mains.     
Des déjections alimentaires forment un lien     
Sur lequel se trace un éphémère chemin.     

Un reportage issu de maison de retraite,     
Découpé, assemblé en forme de saynètes     
Au vécu habilement travaillé en prise     
Directe avec les réalités des surprises     
Que l’on découvre encore au «Théâtre des Doms».    
Justesse drôle de ce spectacle au bon ton.      

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  
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«Chaplin, 1939». Écriture, Mise en scène Cliff Paillé. Avec Romain Arnaud-Kneisky, Swan Starosta, Alexandre Cattez. (Paris, 11-06-2021, 19h00)★★★ (Festival d’Avignon 2021)

«Comédie Bastille», et puis «Roseau Teinturiers»,      
Charlie Chaplin     
Rejoue le spleen     
De la création qui va délier poings et pieds.     

Il veut «s’attaquer à la racine du mal»,     
Démonter «la folie du pouvoir» anormal.       
«La peur … cimente les masses» qui obéissent,      
Unies dans la haine quand elles en finissent     
Par dénoncer tous les voisins qu’elles maudissent.      
La pluie gazeuse tombe sur ceux qui subissent.         

Ils regorgent d’un réel talent, ces trois acteurs     
Retraçant la genèse du film «Le Dictateur».    
«Pieds nus dans les coulisses, tête dans les étoiles»,      
«Tu es mon pied dans l’enfance, Charlot», lèves un voile     
Pudique et fraternel qui se déchire dans l’air.      
«Je viens de heurter ma folie à celle d’Hitler».         

Plaisir de retrouver la superbe écriture     
De Cliff Paillé dans de nouvelles aventures     
Qui, en automne, au «Théâtre Le Lucernaire»     
Frapperont les esprits comme un coup de tonnerre. 
      
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  
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«La folle et inconvenante Histoire des femmes». Ecriture Laura Léoni. Conception, Interprétation Diane Prost. Mise en scène Laetitia Gonzalbes. Par les compagnies Camélia et «Kabuki». (Paris, 10-06-2021, 20h00)★★★

Au «Funambule»,
Le torchon brûle
En liberté
Tant contestée.

L’indignation l’enflamme
Dès qu’il s’agit des femmes
Qui sans cesse turbinent,
Reléguées en cuisine.

C’est dans les magazines
Qu’elles emmagasinent
Les idées de révolte
Qui, partout, se colportent.      

Une judicieuse remontée historique,     
Du fond des siècles, de la sexualité,     
Défrichée, décryptée, avec habileté,     
Nous démontre, à quel point, tout n’est que politique.

La femme invisible,
En bête nuisible,
Se cache chez elle ;
On rogne ses ailes
Avec un grand zèle.     

Sur l’immense écran d’augustes révélations,     
Elle est «symbole de paix et monnaie d’échange»,     
Certes à condition que jamais elle ne change,     
Accepte toujours de faire des concessions.     

«Chaud et sec comme le désert majestueux»,   
Est l’homme qui «garde son sang» impétueux.     
«Froide et humide» est la femme qui perd ses règles     
Dans ce corps nié et ensemencé en règle.     
Et le «viol conjugal à but reproductif»     
Le confère dans un monde compétitif.      

Si l’on y pense, était-ce au temps du Moyen-Âge,             
Qu’accusée d’être guérisseuse ou trop sage …      
Qu’«enterrée vivante la ferait réfléchir»      
Si, sous le joug de l’homme, elle ne veut fléchir ?     
«Maintenant, c’est juste les plaintes qu’on enterre».     
C’est une mise en bière qui coûte moins cher     
Et c’est une autre façon de la faire taire.     
    
«Droits de la femme et de la citoyenne», absents     
De la déclaration. Qui ne dit mot, consent.     
Un corps rejeté «depuis des milliers d’années»,     
Celui des femmes saignantes, impures et damnées.      
«N’était l’égale de l’homme» qu’en ces deux mots :     
Subir la «punition ou payer les impôts».

Engagement féroce et mordant qui écume     
La société patriarcale qu’elle allume.     
Une brillante interprétation en costume     
Unique et original pour que les coutumes     
Passent vite d’un pli à l’autre et s’accoutument     
A s’envoler aussi haut qu’une belle plume.     
Mise en scène astucieuse éclairant les volumes     
Dans des drapés ou déshabillés qui s’assument.     

Écrit militant qui avance à découvert,     
En témoignage des femmes qui ont souffert.     
Elles sont «la mémoire»     
Qui fait garder l’espoir     
De vraie égalité     
Avant d’être alitées     
Pour toute éternité.     

Un texte fascinant, rempli de fol humour     
Sur le corps des femmes et de leurs folles amours,      
Qui part de l’Antiquité jusques à nos jours,     
Pour mettre le doigt dans les blessures qui courent,     
Les stigmatisant, tel un manque, un trou, tout court,     
Que l’on doit dompter comme dans la chasse à courre.          
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  
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«Et c’est un sentiment qu’il faut que nous combattions je crois». Écriture (collective), Mise en scène, Jeu David Farjon. Et avec Samuel Cahu, Magali Chovet, Sylvain Fontimpe, Ydire Saïdi, Paule Schwoerer. Par la «Compagnie Légendes Urbaines». (Paris, 09-06-2021, 20h00)★★ (Festival d’Avignon 2021)

En bas de l’immeuble, «ils font partie du décor»,     
Tous ces jeunes qui ont la danse dans le corps.     
«A la reconquête de l’espace public»,     
Les femmes s’expriment par de justes répliques.    
«Les hommes occupent les lieux, les femmes subissent».     
Pour parler des interdits sexistes, ils sont six.     

Une sincère et documentée réflexion     
Analyse les phénomènes d’exclusion.     
Partant des médias, ils épluchent le langage,     
Expliquant aussi l’orientation des images     
Et la façon de présenter certains sondages.     

Entre montage et démâtage de séquences,     
On monte en épingle ce qui revêt le sens     
Que l’on désire montrer, de toute évidence,     
Orientant les gestes pour que monte l’audience.     

«La France a peur, et c’est un sentiment qu’il faut»      
«Déjà que nous combattions je crois». Est-ce faux ?    
«Mise en abyme» du «mythe de la banlieue»     
Qu’il faut considérer avec de nouveaux yeux.          

«Peut-on parler à la place des autres» ? Est-ce     
L’aveuglement, la surdité, qui n’ont de cesse     
De stigmatiser la compréhension des maux     
Qui blessent la société prise dans l’étau …      
L’empêchant de saisir la puissance des mots.    
Or «cette langue, c’est la langue de ma peau» !    
«Théâtre Paris-Villette, Onze Gilgamesh»,     
De l’intelligence, ils vont ranimer la mèche.


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«Saint-Ex à New-York». Écriture, Mise en scène, Décor, Lumières Jean-Claude Idée. Avec Gaël Giraudeau, Adrien Melin, Alexandra Ansidei, Roxanne Bennett. (Paris, 08-06-2021, 19h00)

Un quatuor     
Qui vaut tout l’or     
De la planète     
Où il s’apprête     
A atterrir     
En larmes et rires.     

«Écrire avec son corps» chargé des expériences,     
La peau marquée du vécu et des défaillances ;     
Entrer en littérature en vrai sacerdoce,     
Sentir craquer aux jointures chaque bout d’os.     

Ses propres aquarelles     
Font découvrir un ciel     
Où les milliards d’étoiles     
Rêvées au creux des pages     
Décorent les nuages,     
Dévorent les usages.     
Détournant les passages     
Les portant aux rivages,     
Leurs secrets se dévoilent.      

L’aéropostale     
Sur l’écran s’installe,     
En toute exubérance     
Et avec insolence.      
«Je ne le trompe pas, je meuble son absence» …     
Magnifique expression en tous sens de décence.

Quand, «tombé» sur une planète en plein délire,     
Perdu dans ses pensées et son désir d’écrire,     
Il n’a qu’une envie et c’est celle de s’enfuir     
Loin des conversations stériles à trop ouïr.      

A la croisée de l’avion et du paquebot,     
Une joute spirituelle à fleur de mots     
Surexpose de contradictoires propos     
Où l’on y évoque Breton, Dali, Miró.     

En déflorant la conception du «Petit Prince»,     
C’est tout un pan de mystère qui, l’âme, pince.      
«La mort est une énigme qui les résout toutes».     
Ne soyons pas si pressés, restons dans le doute.      

«Je n’ai pas envie de connaître l’avenir»     
Mais, simplement, sur mon étoile, repartir.     
Rupture de charme quand le voile on déchire     
Pour l’originalité du monde y transcrire.     

Une plongée dans l’univers de l’aviateur     
Qui, à sa chère carlingue, donna son cœur.     
A nous faire pénétrer la vie de l’auteur,     
Le rêve perd de sa valeur et puis il meurt.     

Découvrir l’intimité, l’envers du décor,      
Fait ressortir les axes faibles et puis l’effort      
En ligne droite jusqu’au point de non-retour          
D’où s’envolent les anecdotes du parcours     
Aux passions démesurées dans l’enivrement     
De l’exaltation, siège de tous les tourments.     

Avec le jeu de l’amour et de la victoire,     
On reçoit la rançon de la posthume gloire ;     
De son vivant, elle était déjà méritoire,     
Tant son «Petit Prince» irradie et offre espoir,     
Nous prenant le cœur en otage à chaque histoire.
        
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«Main basse sur le magot». Texte Arnaud Cassand. Inspiré de l’œuvre d’Edouard Bourdet. Mise en scène Jacques Décombe. (Paris, 06-06-2021, 17h30)★★★

Au «Funambule»,
L’action circule.
Gare aux mégots,
Pièges aux gogos.

Quantité de bons mots
À tire-larigot ;
Brillants sur des chicots
Aux six bons numéros.

Tirer sur le gros lot
À coups de chalumeau,
Ce n’est pas du gâteau !
Casse plutôt costaud
Bien que très peu réglo.

Ils crachent le morceau
Et c’est très rigolo ;
Ça carbure à plein taux.
A voir le vrai du faux,
Soirée au grand brio.

Fourrure sur le paletot,
Pour protéger sa propre peau
Qui lui court  sur le haricot.
Mais «la bande à Pierrot»
En a dans l’ ciboulot ;
A faire ce boulot,
N’est pas de tout repos.      

Petit bijou que ce magot     
Où nulle scène n’est de trop.     
Ils sont tous un peu paranos     
Dans leur tenue pas comme il faut.       

Lorsqu’ils se font prendre en défaut,     
Ils volent en délire très chaud.     

Bien ficelé, ce scénario     
Batifole au trot puis galop,     
Rubis sur l’ongle, et au grelot.     
Venez découvrir leurs tuyaux     
Garantis cent pour sans bobos.


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«Charlie Poppins fait son cirque». De et avec Débora Roquebrune. Par la «Compagnie Du Cœur sur les Planches». (Paris, 06-06-2021, 15h30)

Dès que tu as trois ans,
Il est alors grand temps,
D’aller au «Funambule»,
Rêver parmi les bulles
D’histoire colorée
Qui va te rassurer.

Cerceau aérien et magie des marionnettes
Entraînent petits, moyens et grands à la fête.
Un voyage à travers lampions et balancelles
Pour que la comédienne en tire les ficelles,
Libérant les étoiles
S’imprimant sur la toile.

Des bolas lumineuses      
En jolies voyageuses      
Font le tour de la Terre,      
Vitesse de l’éclair.      
           
Distance année-lumière ?      
On oublie ce mystère      
Dans le jeu des repères.     
Moins d’une heure, c’est clair …           
Pour que nos yeux s’éclairent !
         

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«Solaris», d’après le roman de Stanislas Lem. Adaptation, Mise en scène Pascal Kirsch. Par la «Compagnie Rosebud». (Paris, 05-06-2021, 17h00)★★

Au «TQI, Manufacture des Oeillets»,
Se déploie une vision fantastique et vraie,
Dans un absolu
D’étrange inconnu.

Aux confins d’un «soleil rouge» et d’un «soleil bleu»,
L’irréelle aventure nous plonge au milieu
De phénomènes incroyables et malencontreux,
Émergeant d’un univers composé de creux
Impossibles à combler. Les chemins tortueux
De la raison parcourent la glace et le feu.

Au contact de découvertes qui rendent fou,
L’hallucination peuple les pensées taboues.
Les situations s’imbriquent, dessus, dessous,
Dans un terrain instable et parsemé de trous
Qui piègent les pieds et les cerveaux coup par coup,
Compliquant les consciences et la station debout.     

Dans une quête de leur propre intégrité,     
Ils explorent les fonds en intégralité,     
Cherchant d’insondables et logiques vérités     
Échappant de plus en plus aux réalités.     
    
Faisceaux lumineux soumis à l’intelligence     
Créatrice qui bouleverse toutes sciences.     
D’un soleil à l’autre, quel est notre avenir     
Dans la perception inaboutie à venir ?     

Entre l’original et sa pseudo-copie,     
Qui gouverne la volonté qui s’accomplit ?     
Dans l’imprévisible Ava, coule une autre vie,     
En lettres de feu sur nuages elle se lit.     

Est-ce que tout s’inscrit     
Dans d’autres galaxies ?     
Est-ce une vue d’esprit
Nourrie de l’infinie
Vision imaginaire
D’un monde solitaire ?     

Quand la peur se matérialise en forme humaine,     
Il peut en découler un océan de haine     
Qui ravage l’entendement tant il déferle     
Emportant le bons sens en une pluie de perles     
D’acier qui anéantissent la volonté.     
Quand remonte à la surface notre entité,     
Savons-nous analyser nos sombres côtés ? 

Un champ magnétique et solaire     
(Un chant profond plein de mystères)
Se répercute dans les airs ;
Délire d’étoiles qu’éclaire
Un futur passé légendaire.
La vaste installation spatiale
Favorise le rêve astral.

Au croisement sociologique
Des données de mathématiques
Entrecoupées de la physique,
Toutes les équations s’appliquent.
Dans cette expérience psychique …
Est-ce que tout cela s’explique ?         
       
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«Où les cœurs s’éprennent». D’après Eric Rohmer. Diptyque : «Le Rayon Vert» et «Les Nuits de la Pleine Lune». Adaptation, Mise en scène Thomas Quillardet. Par la «Compagnie 8 avril». (Paris, 04-06-2021, 18h00)

Quand la notion de l’amour, mise à rude épreuve,
Fait que les réflexions, de part et d’autres, pleuvent,
La solitude partagée requiert des preuves
De sollicitude et des tourments qui s’émeuvent.

Un jeu de pièges démontés
Où l’on peut tout se raconter
Pour, le moral, se remonter.
Une désespérance drôle
Où se disputent plusieurs rôles.

Se sentir seul parmi autrui,
À dessécher comme un vieux fruit ;
Jeu du désir et de l’ennui,
Du cache-cache jour et nuit
Où le silence fait grand bruit
Comme le vide au fond du puits.

En partance pour un ailleurs,
Elle vit comme un dérailleur
Qui se déroute tout le temps
Quand l’aiguillage vole au vent.
Mise en scène jubilatoire
Aux couleurs franches de l’espoir.

Avec un train sur le départ
Qui décale tous les hasards,
Les allers-retours sans retard
Sonnent le glas à «La Tempête»,  
Quand les sentiments s’y reflètent.                  
       
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«L’arbre, le maire et la médiathèque». D’après Eric Rohmer. Adaptation, Mise en scène Thomas Quillardet. Par la «Compagnie 8 avril». (Paris, 04-06-2021, 16h00)★★

Une élection cantonale à la cantonade,
Commencée dans la joie, s’achève en débandade.
Entre député dépité, maire marri,
Relevons les défis au-dessus des paris.

En pleine nature, à vélo ou sur la paille,
L’action municipale sème la pagaille
Parmi les arbres fruitiers et puis les semailles.
Le débat s’agite autour de propos canailles
Pour que le village sorte de la grisaille
Intellectuelle élevant une muraille
Abritant une bibli et tout l’attirail
D’une grande médiathèque au vaste éventail.
Un projet qui suscite de belles batailles …

Débats animés pour oublier les échecs
Enfouis dans les urnes bourrées de coups de becs.
Au «Parc Floral», fleurissent les mots qui tempêtent
Sur les saules cachant le bois aux alouettes.
C’est une belle campagne sans O.G.M.
Où une brassée de neuf acteurs sème … s’aime …      
       
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«Il y a une Fille dans mon arbre». De et avec Natalie Rafal. Jeu Roxane Driay. Acrobatie Julian Peres. Mise en scène Cécile Rist. Musique, Bruitages en direct Michel Thouseau. Par la «Compagnie Les Chants de Lames». (Paris, 03-06-2021, 14h00)★★★

Au «Théâtre du Vésinet»,
La féerie branchée renaît
Pour les jeunes Syd et Lucille,
A se découvrir, très habiles.

Pas de «boule de feu», juste un dragon en colère,
Empêchant de traverser le centre de la Terre
Pour qu’il puisse rejoindre, en Australie, père et mère,
Au travers d’acrobaties virevoltant en l’air.
Mise en évidence des détails par la lumière
Qui fragmente les scènes auréolées de mystère      
En les plongeant dans un subtil jeu d’ombres et de clairs.

Les tissus aériens figurent la verdure
Des arbres déployant leur auguste ramure.
Des lianes tissées de matériel circassien
Envahissent l’espace en y créant des liens.

«Le dragon se nourrit de la colère des hommes»
Entre de longues périodes de calme et de sommes.
L’aventure se poursuit au fil des grands nœuds
Qu’ils enchaînent et défont tour à tour tous les deux.

Par des artifices sonores, puissants et beaux,
Un musicien bruiteur accompagne le duo
Dans ses déplacements, du bas jusque vers le haut.
«Un sourire, ça sert partout». Rêve éveillé
Qui prend racine dans un monde émerveillé
Où un tube de rose aux joues et de rouge au cœur
Dessine et illumine les lèvres du bonheur.

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«Aux poings». Écriture, Mise en scène, Jeu Alix Andréani, Bruno Blairet, Julie Duval. Et avec Ary Gabison. Par la «Compagnie du Flamant noir». (Paris, 02-06-2021, 18h00)★★★★

Une boxe thaïlandaise au féminin,     
Toutes catégories de paroles au venin     
Afin d’éliminer l’«ennemi intérieur»     
Ne cherchant qu’à se payer notre postérieur.     

Une magnifique leçon de savoir-vivre     
Pour échapper à la violence qui rend ivre.     
Dans cette vindicative «boxe éloquente»     
Elles combattent tout de manière insolente,     
Avec un vif humour flambant qui pulvérise     
Les propos scabreux subis et qui agonisent. 


Un excellent duo,      
Dans des couleurs fluo,      
Qui désherbe et défriche      
Un tas d’idées en friche.      

Un championnat du monde      
Où les vérités grondent,      
Tuant les mots immondes      
Qui pullulent à la ronde.     
Martiale faconde      
En richesse profonde.      

Un chant qui bouleverse
Les termes qu’on déverse
Sur les têtes innocentes
Et que l’on rend sanglantes.     

«Cartoucherie», au «Théâtre de La Tempête»,     
Cette mise en scène dynamique reflète     
Les travers qu’on nous lance au visage qui pète.     
«La France au féminin, c’est un maillot de bain»     
Ne cachant pas grand chose et laissant voir les reins.     

Reconquête et ode à la femme libérée,     
(Simple poupée à maquiller, considérée),     
Masque sur lequel s’inscrit le désir de l’homme     
Ne cherchant qu’à s’approprier l’antique pomme     
Pour réduire au silence celles qu’ils dégomment.     

Représentation claire au langage étudié     
Pour que plus jamais elles ne soient répudiées.     
Vertueuse et spirituelle réflexion     
Dans un beau texte intense et sans génuflexion.     

A voir et à bien écouter, sans aucun frein,     
Et puis à remettre en boucle comme un refrain.     
C’est une danse d’émotions à partager     
Pour vous mettre en garde contre les préjugés.            
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  
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«Rabelais». Texte Jean-Louis Barrault. Mise en scène Hervé Van der Meulen. Avec E. Blanco, L. Carcassès, A. Carrez, G. Decléty, I. Do Nascimento, P.-M. Dudan, V. Fruitier, C. Guiouillier, T. Hurel, P.-A. Lenfant, O. Lugo ou T. Navarro-Mussy, J. Malfray, M. Maréchal, U. Mengue, F. Otalora, P.-N. Sassetti, J. Torres, A. Vandame. (Paris, 01-06-2021, 18h00)★★★

La somptueuse fresque théâtralisée     
Reproduit une œuvre déjà sacralisée.     
Dans des costumes superbement stylisés,     
Le noir s’y mise en l’argent comptabilisé     
Par dix-huit brillants acteurs, tous synchronisés.      

Un texte fidèle et très bien argumenté,     
Dans un bon ordre de passages agrémentés.     
Des coupes franches dans l’écrit ont augmenté     
La joie condensée que l’on prend à l’écouter.
     
La mise en scène souligne et soigne la verve     
D’un Rabelais cru et bien cuisant qui innerve          
De son rayonnement spirituel acerbe.       
«Les moines mangent la merde du monde» en herbe,     
«C’est-à-dire tous les péchés» qui les énervent     
Afin que les âmes redeviennent imberbes.     

Alors, «quand les rois philosopheraient»          
«Et que les philosophes régneraient» …      
En attendant     
L’événement,     
En espérant     
L’avènement     
De ce prodige     
Anti-litige,        
«Buvez la vie»     
Jusqu’à la lie.     

«Théâtre Treize»,     
Prenez vos aises     
Pour accueillir     
Leur élixir     
Qui fait frémir     
De doux plaisir.    
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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«Le pari de la Commune».1871-2021. Sur une idée originale de Gabriel Debray. Co-Mise en scène Cathy Couronne. D’après écrits et témoignages d’acteurs de la Commune. Par l’association «Ombre en lumière», théâtre local. (Paris, 28-05-2021, 19h00)★★     

«Spectacle de rue», rue de la Fontaine-au-Roi,
Fêtons ensemble la «Commune de Paris».
Cent-cinquante ans après, c’est un nouveau pari
Que de redécouvrir les barricades en bois.

Dix-huit musiciens qui claironnent
Tandis que les chanteurs entonnent
De vaillants refrains qui résonnent     
Aux oreilles des travailleurs
Qui suent et se tuent au labeur     
Sous les pleurs du soubassophone.     
Unique représentation     
Pour susciter de l’émotion.     

«On force la femme à se vendre en mariage»,    
Privée d’études et soumise à cet esclavage ;    
Elle n’a aucun droit, réduite à l’état d’objet.     
Plus de trente milles morts au joli mois de mai.          
«L’affiche rouge» du sang de ces Parisiens,      
De ces Parisiennes, de l’injustice, provient.      
«Le cri du peuple» rugit avec grand fracas.      
«Nous mangeons de l’inconnu, peut-être du rat».     

Nous leur devons de grandes avancées sociales      
Qui découlèrent de la «Semaine sanglante».
C’est une épopée populaire et éloquente
Qui, ce vingt-huit mai, joue sa fanfare en rafale.      

«Vivre libre ou mourir»,     
Il va falloir choisir
Dans un proche avenir.
Mais va-t-on ramollir ?     
Les acquis démolir ?
A vos livres d’histoire
Pour garder de l’espoir.      

C’est «le Temps des cerises»     
Qui souffle en une brise,     
Forte et dévastatrice,     
Aux idées créatrices.     

Un beau chant guttural      
Fait revivre les râles     
Des heures mémorables     
Aux souvenirs durables.     

Une fresque grandiose     
Qui, sur les pavés, ose     
Hurler la liberté     
Qui fut longtemps ôtée     
Et toujours sabotée.     

Qu’en est-il maintenant,     
Après cent cinquante ans ?     
Un envol de drapeaux     
Pour sauver notre peau     
Couverte d’oripeaux.     
Quand on casque plein pot,     
Où s’en vont nos impôts ?                  
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  
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«Je suis encore en vie». Spectacle muet de Jacques Allaire. Très librement inspiré de la vie de Nadia Anjuman, poétesse afghane battue à mort par son mari  et de «Syngué Sabour» de Atiq Rahimi. Avec Jacques Allaire et Anissa Daoud. (Paris, 26-05-2021, 18h00)★★

Au «TQI, Manufacture des Œillets»,
La robe rouge masque le sang qui effraie.
La tension monte grâce aux gestes ralentis
Rendant poignantes les situations saisies
Et amplifiées par l’affrontement musical
Entre les bombes, les cris, la vie anormale
Sous la prise d’oxygène au son guttural.

La prière a une importance capitale
Pour sortir des tourments du vécu infernal.
Foulard, signes de croix, marques de soumission,
Au chevet des mourants privés d’absolution.
«Aucune différence entre rire, parler»,
«Mourir, exister» … quand on se met à râler.
 
Chapelet égrené comme des notes ou perles     
Quand l’univers sonore et obsédant déferle.     
Comment trouver sa place dans ce tournoiement
De pensées obsessionnelles et de mouvements
Lorsque souffle un vent de folie et de tourment
Et que les corps luttent avant le renoncement …

C’est le dessin d’une vie inhospitalière
Qui emplit nos yeux de façon particulière,
À travers les mots, dits par l’enregistrement
De voix parlées, chantées, en accompagnement.
Un hymne poétique du corps et du cœur,      
Une danse qui laisse perplexe et songeur.     

«Tout un travail avec la densité de l’être»     
Qui apporte la sensation de se connaître.     
Une construction en étapes du bien-être     
Qu’on aimerait étendre sur l’enfant à naître.          
       
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«Terreur». Un procès-fiction de Ferdinand von Schirach. Traduction Michel Deutsch. Mise en scène, Jeu Michel Burstin, Bruno Rochette, Sylvie Rolland. Et avec Frédéric Jeannot, Céline Martin-Sisteron, Johanne Thibaut. Par la «Compagnie Hercub». (Paris, 26-05-2021, 15h00)★★★★ (Festival d’Avignon 2021)

«Théâtre Belleville» et «Onze Gilgamesh»,      
Afin de vous prendre à témoin ils sont de mèche.     
Un grand procès haletant et spectaculaire     
Où sont mises à vif les vérités éphémères.     

«Laura Khor, Commandante dans l’Armée de l’Air»,    
Se voit accusée d’«homicide volontaire»      
«Avec préméditation», ayant provoqué     
La destruction d’un Airbus, ce qui a choqué.     

Mais quelle autre possibilité avait-elle,     
Face au terroriste, à sa menace réelle ?     
Quand les tirs de sommation n’intimident pas     
Et que l’avion ne réagit en aucun cas …
     
«Si je ne tire pas maintenant, des milliers»          
«De personnes vont mourir». Comment concilier     
Les soixante-dix mille vies à épargner,     
Et celle des cent soixante-quatre passagers ?     

Mais aucun «ordre d’évacuation du stade»     
Ne vint. Tous se turent face à leurs dérobades.      
En cas d’urgence, seulement quinze minutes     
Suffiraient pour vider les lieux sans heurts ni luttes.     

«Laura Khor avait-elle le droit de tuer» ?     
Question pernicieuse qui peut perpétuer     
Tous les doutes     
Qu’on redoute.     

Femme brillante et extrêmement compétente     
Qui sait garder son sang-froid contre toute attente.     
Posée et réfléchie, elle fait son devoir.     
Pour le démontrer, du courage il va falloir.     

«Même si je n’avais pas tiré, ils seraient tous morts»,     
Les passagers et les supporters, bien qu’on le déplore.     
Sur scène, un procès de haute voltige explore     
Morale et esprit de justice qui déflorent     
Les intimes convictions,     
Les profondes réflexions.     
Constante interrogation     
De valeurs en perdition.     

C’est un spectacle formidablement conçu,     
Admirablement interprété, au vécu     
Surprenant. Aucune expression n’est superflue     
Dans ce texte dense au solide contenu.     

Il n’existe pas de certitude en morale.     
Principe de dignité de l’homme normal     
Qui, au nom de la Constitution, donne aval,     
Ou non, aux préjugés de cette issue fatale.     

En «plaçant les principes au-dessus de la vie»,     
On met en balance deux modes de saisie     
Dans l’interprétation qu’un procureur induit.     
La manière de poser les questions réduit     
Les possibilités du jugement acquis.     
  
«Une condamnation de Laura Khor»      

«Ne protège pas» du tout «nos vies»,     
«Elle protège nos ennemis»     
Lancés dans un éternel corps à corps.     

«Laura Khor est laissée seule avec sa conscience» …     
Au procès du «moindre mal» au-dessus des sciences     
Incapables d’arriver à l’équivalence     
D’un jugement sur d’hypothétiques «miracles»     
Et sur des faits ne relevant pas d’un oracle.      
Peut-on rester sans réponse aux provocations ?     
Avez-vous des propositions de solutions ?

                     
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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«Françoise Sagan. Chroniques 1954-2003». Cabaret littéraire. Mise en scène Anne-Marie Lazarini. Musique Andy Emler. Piano Guilherme de Almeida. Scénographie François Cabanat. Avec Cédric Colas, Coco Felgeirolles, Frédérique Lazarini. (Paris, 25-05-2021, 19h00)★★

Bien installés dans un «cabaret littéraire»,
Afin d’apprécier les chroniques il faut du flair
Pour naviguer dans l’entrelacs des pensées
Qu’à l’«Artistic Théâtre» on pourrait encenser.

«Il était une fois une petite fille»
Qui, de sa plume dorée, les pages, titille
Jusqu’à ce que de signifiantes lignes brillent,
La consacrant auteur aux idées qui fourmillent.

«On ne sait jamais si ça ne vaut rien ou pas»,
Coup de poker que peut-être on validera …
Une mise en jeu qui, comme sur des roulettes,
Pose, carte sur table, ses multi-facettes.

Des essais de chroniqueuse ;     
Françoise  est une croqueuse     
Des grands plaisirs de la vie ;     
Sagan livre ses envies.      

Suite au prodigieux succès de «Bonjour tristesse»,      
New York et Paris la sollicitent sans cesse.      
Une croisière à travers ses écrits toniques     
De ses pacifiques tournées transatlantiques.      
A l’aise en critiques cinématographiques,     
Elle pérégrine en ses visions artistiques,     
Laissant apparaître un talent journalistique.

La musicalité des mots     
S’harmonise aux sons du piano.     
Un quatuor talentueux
Réveille les esprits curieux.

En ce soir, Valérie Pécresse lit «Le Lit».
A son tour, que choisira Sarah Biasini ?
Car, chaque jour, un nouvel invité surprise
Nous fera partager sa chronique reprise.

Voyage en train, tous azimuts, à toute allure
Dans les chemins sinueux de son écriture ;     
Intéressante découverte textuelle
Au style descriptif et intellectuel
Toujours à la portée des oreilles fidèles.

Spectacle en forme de piqûre de rappel
De prises de position plus que naturelles.      
Un combat contre la torture criminelle
Dans un engagement de défense charnelle,
Palpable dans un déluge et dans un vertige
De propos de tout ce qu’elle aime ou bien fustige.

Un vaste tour d’horizon du siècle passé
Auquel on peut avec tendresse rêvasser …
On se laisse bercer par ce «temps ralenti»     
Qui, peu à peu, emporte dans son ressenti.     
    
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge 
 
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«Le monde est rond». D’après le livre de Gertrude Stein. Conte musical pour petites et grandes personnes. Mise en scène Christian Germain. Avec Jehanne Carillon, Vincent Granger, Laurence Vielle. Par les compagnies «Même les Anges» et «L’Amour au travail». (Paris, 25-05-2021, 14h00)★★

Au «Théâtre Antoine Vitez», tout tourne rond
Autour d’un monde circulaire où il fait bon
Vivre tous ensemble entre animaux et humains
Dans un présent qui construira les lendemains.

La jolie musicalité des gouttes d’eau
Arrondit les angles de l’univers si beau
Qui projette ses tons colorés sur écran,
En performance unique produite en l’instant
Où se déroule la scène sur le devant.
Effets spéciaux, guitare et bruitages en direct
Dans la mise en scène où tous, enfin, se respectent.

Le «chien Amour» et puis le lion ont l’avenir
«Rose» de la petite fille en devenir.
Lorsqu’ils franchissent la «porte du souvenir»,
Par monts et vaux, la montagne va éblouir,
Permettant aux doux rêves de se reproduire,
Quand les clarinettes accompagnent les délires.

Harmonie dans le jeu puissant des trois acteurs
De tous les phénomènes stimulant l’ardeur
Du jeune public à découvrir le bonheur
De s’approprier la féerie du conteur
Ou conteuse aux arbres d’une si grande ampleur.

Un trio qui offre un arc-en-ciel de saveurs
Pour contempler un paysage haut en couleurs
Où soufflent les airs des chansons pleines de cœur
Sous l’influence d’instruments venus d’ailleurs.            
       
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«Dans les bois». D’après «Walden» de Henry David Thoreau. Adaptation, Mise en scène, Jeu Stella Serfaty. Danse Lora Cabourg. Par la compagnie «Théâtre des turbulences». (Paris, 24-05-2021, 15h00)★★(Avignon, 07-2021, 12h30).

«Théâtre Marcellin Berthelot» de Montreuil,
La curiosité s’apprivoise et se recueille
Dans un déferlement de verdure et de feuilles,
De planches, brindilles et coques qui nous accueillent.

Un appel au «voyage de dépouillement»
Où l’on se promène bien naturellement
Pour «affronter les faits essentiels de la vie»,
À travers et autour du décor qui s’inscrit
Dans divers matériaux
Issus de végétaux.
Deux ans d’unique contact avec la nature,
En tracer la vivante et sauvage peinture
Que les spectateurs contribuent à façonner
Dans une cohésion un peu désarçonnée.

Nous entrons de plain-pied dans le monde du bois
Et dans l’enchevêtrement de la danse en soi.
Tournant, pour se sortir de son propre repli,  
La ronde boisée se forge un nouvel esprit.

Participation active à la construction
De ce spectacle où se nouent avec conviction
Les relations entre univers dansé, conté,
Et regardé, dans une parfaite unité.

Nous vivons l’expérience très originale
Qui se reproduira l’été au Festival
D’Avignon dans l’espace «Cour du Spectateur»
Où chacun découvrira ses propres valeurs.

Une belle ouverture
À la grande aventure
Développant les sens
En retrouvant l’essence
Des racines et des fruits
Et des réflexes enfuis.

Comme les arbres, on se sent poussés vers le haut,
Vibrant aux sons qui se font l’éternel écho
D’une volonté perdue pour garder le beau
Et le pur d’une terre dévastée trop tôt.

Concert de sensations dans une gestuelle
Qui invite à une création naturelle
Et à l’osmose de tous les participants
Qui s’ouvrent à la réflexion en prenant leur temps
Pour ne pas détruire l’ambiance du moment.         
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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«Le Chômeur». Écriture, Mise en scène Arnaud Patron. Par la compagnie «Faits d’art scénique». (Paris, 21-05-2021, 19h00)★

«Le bonheur est le fruit du travail» de bureau,
«Malo n’en a plus» … de bonheur ou de boulot ?
Entre les deux, l’hypocrisie met en balance
Des situations dans un monde sans défense.

Monsieur Malo Lecœur
A toujours mal au cœur ;
De rester sans emploi,
Jette sur lui un froid,
Le condamne à l’effroi.

«Mon cœur est disharmonique, Mon cœur est prose.»
«Mon cœur diaphonique, mon cœur ecchymose.»
Autour de passages à vide et en chœur,
La quête d’amour et de job, soudain l’écœure,
Laisse un goût amer entre deux moments de peur.

Des sujets sérieux abordés légèrement ;
Il s’y glisse un sourire dans l’énervement.
Une dédramatisation dans l’ironie
Du sort où l’auteur décortique les manies
Dans une mise en scène active et rajeunie
Par ses contrastes de formes et de coloris.

Par une opération à sentiments ouverts,
Ils scrutent l’intérieur des êtres découverts.
Un délire furieux entre slam et phrasé
Traditionnel où tout cas est analysé.

«Théâtre Le Guichet Montparnasse», ils parient
Sur le détournement des affects en sursis.
A travers les jeux de piste autour des envies
De s’en sortir, ils lancent un appel à la vie.
  
       
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«A ces idiots qui osent rêver». Comédie romantique à l’américaine, inspirée des films «La la land» et «Quand Harry rencontre Sally». Écriture, Mise en scène, Jeu Céline Devalan. Co-Mise en scène René Remblier. Musiques Adriel Genet. Et avec Marc Pistolesi. Par la compagnie «La petite Vadrouille». (Paris, 17-05-2021, 15h00)★ (Avignon, 07-2021, 21h30)

«A ces idiots qui osent rêver», «La Luna»
Et le «Théâtre Essaïon» leur tendent les bras
Pour les consoler de leurs déboires amoureux
Entre deux «risques à prendre» à tenter d’être heureux.

L’imagination aide à supporter la vie.
Le couple d’acteurs cherche à découvrir l’avis
Qui va leur permettre de dénouer l’envie
De faire coïncider films avec magie.
Distrayant, bien joué, sur l’amour en repli.

Faut-il oser dire ses sentiments ou pas ?
Mettre ses claquettes et faire le premier pas ?
Un romantisme à l’américaine qui s’use
Sur les comédies qui encore un peu amusent
En décortiquant les scénarios qui abusent
Du gnan-gnan Land faisant rire des moindres ruses.

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«Tueurs en série». Collection «Sur le divan» : Michel Fourniret, Guy Georges, Thierry Paulin, Marcel Petiot. De Jean-Benoît Dumonteix et Joseph Agostini. Publication 2021. Editions «Envolume. Des auteurs pour des lecteurs». (16-05-2021)★★★

Le décès de Michel Fourniret coïncide,     
Comme par la magie qui, du plein, fait le vide,     
Avec l’«Envol» du livre sur les homicides
Perpétrés par quatre meurtriers impavides.
De la souffrance qu’ils procurent, ils sont avides.

Cette mort surprise remet «sur le divan»
Du psychanalyste et pousse sur le devant
Une actualité macabre qui suspend
Le procès et laisse les réponses en suspens.

La transgression des interdits ? Un jeu d’enfant
Pour un manipulateur assoiffé du sang
De la virginité juvénile innocente,
Traquant des victimes nullement consentantes.
Des chasseurs de proies dans une quête constante,
A l’affût de la moindre piste, dans l’attente
De la jouissance ultime, si révoltante.

Monstres fascinés par leurs manipulations,
Fiers de leurs machiavéliques machinations,
Érigeant leur délire de domination
Au-delà des lois, vautrés dans l’exultation.

Les deux auteurs analysent à fond les carences
Qui mènent les «Tueurs en série» aux déviances
Les incitant à commettre l’irréparable
Dans une cruauté perverse intolérable.
Criminels endurcis, ne passant pas à table,
Niant pour rendre l’ignorance insupportable.

Quatre essais bien documentés pour clarifier
Les discours et les démonstrations falsifiées,
Percer à jour les personnalités immondes
Des hommes qui n’auraient pas dû venir au monde
Dans le but d’étendre leurs maléfiques ondes.

Une étude instructive et digne d’intérêt
Qui va droit à l’essentiel et approfondit
Les déclarations d’expertises sur des faits
Au caractère atroce enfoui dans le non-dit.
On voit un peu plus clair au milieu des dénis
Décortiqués en déshabillant les manies.      
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

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«Pour unique soleil». Roman de Joseph Agostini. Publication 2021. Editions «Envolume. Des auteurs pour des lecteurs». (Lecture achevée le 08-05-2021)★

Une vie gâchée pour une «fascination»     
Qui la déroute et mène à l’hallucination     
Provoquée par une insurmontable obsession.     
Plus rien ne compte que l’étrange succession :      
Coïncidences éveillant l’imagination     
Malsaine d’une adolescente en perdition.     

L’intéressante séance en psychanalyse     
Ponctue, relève le récit de mignardises     
A la recherche du double qu’on vandalise         
Se l’appropriant si bien qu’on le vampirise.     
De jolis passages où la poésie irise     
Les «grosses commissions de larmes» qui épuisent.     

Délicat livre grand public, facile à lire,     
Pour rêver à la plage entre deux souvenirs.     
De brefs témoignages qui bercent entre deux rires.     
Pensées qui se décomposent et se recomposent     
Au rythme des souffrances et des joies qui s’y posent.     

Il suffit d’une parole pour que bascule     
L’estime qu’on a de soi et que se bousculent     
Les idées contradictoires dues à l’erreur     
D’identification dans des propos mineurs.     
Un cercle vicieux où les rencontres s’enchaînent     
Pour rompre ou corrompre les maillons d’une chaîne     
Qui cherchent à s’agripper mais jamais n’y parviennent.     

On s’aventure en des cas poussés à l’extrême.     
Quand tout fleurit et sourit à ce que l’on aime,     
C’est inconsciemment qu’on se torture soi-même,     
Détruisant malgré soi la preuve irréfutable     
D’un malentendu se révélant dommageable.     
Une lettre déchirée détruit à jamais     
Les doux sentiments qui, in petto, s’exprimaient.     

Des ressemblances en cascade, face au miroir     
Aux alouettes se trompant de trajectoires,     
Qui se cristallisent en obsessions dérisoires,     
Enflent jusqu’à éclater en maints désespoirs.     

Après les banalités du début du livre,     
La seconde moitié, son intérêt, délivre.     
On se plonge dans l’écriture et dans le jeu     
Psychologique s’affinant de mieux en mieux,     
Prenant plaisir à la découverte du texte     
Qui rebondit sur les situations prétextes     
Au développement de l’argumentation.     
Analyse de folie en augmentation.     

Trois femmes vivent dans l’ombre de Daniela     
Qui est la seule à ne pas s’exprimer par la     
Voix traditionnelle car elle n’est pas là.     
C’est aussi l’histoire de deux mères éperdues     
Dont la fibre maternelle fut suspendue.     

Le tout, bien huilé par la patte médicale     
Du psy qui tire les cartes de son bocal     
Et lie les ingrédients jusqu’au bout du normal,     
L’émulsion variant selon l’état du moral.     
Un reflet de femmes en quête d’identité ;     
Le mensonge y fait éclore la vérité.    

    
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«Y’a pire !» Écriture, Interprétation Coralie Mennella, dans son Seule-en-scène. Mise en scène Kadia Ouabi. Par la «Compagnie Les Visiteurs». (Captation vidéo vue le 01-05-2021)★

Une «putain de journée de merde» s’annonce,     
A laquelle il va falloir trouver des réponses …     
Une touche-à-tout qui toque un peu à l’humour     
En glissant deux, trois pointes, à jardin et à cour.     
Elle passe en revue «addictions» et «mensonges»,     
«Colère, amour, argent» et quelques autres songes.     

Dans une succession de sketches de la vie     
Courante, elle exprime ses affres et son dépit,     
Recherchant un remède à ses désillusions.     
Avec grand dynamisme elle fait allusion     
A la quantité d’émotions qui la submergent     
Tandis, qu’en sa tête, des solutions gambergent.     

Dans un détour de ce qui est inaccessible,     
Elle scrute l’impossible et le prend pour cible ;     
Aberrations sociales qu’elle passe au crible,     
Filtrant tous les problèmes en quête de plausible.     
Quand les soucis d’autrui mettent de bonne humeur,     
S’oublie l’absence de sous et le goût du beurre.     

Filmée au «Théâtre Montmartre Galabru»,     
Elle délivre aversions, versions de son cru.     
Spectacle qui court dans toutes les directions     
Bien jouées en tentatives de dissection.     
Que restera-t-il après ses confrontations     
Où elle relève bien haut son front d’actions ?                    
       
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«Beyrouth Hôtel». De Rémi De Vos. Mise en scène, Interprétation Olivier Douau. Et avec Nathalie Comtat. Par la «Compagnie du nouveau monde». (Captation vidéo vue le 25-04-2021)★

Captation d’Avignon «Théâtre du Rempart»,     
Turbulente actualité dont il s’empare     
Et où se confrontent deux pensées qui s’égarent     
Dans une opposition d’idées, dès le départ.     

C’est dans l’attente d’un «échange culturel»     
Que, pour passer le temps, ils vident leurs querelles.     
Il «écrit du théâtre», elle vide les poubelles     
De l’hôtel et réceptionne la clientèle.     

«Les espions sont dans les ambassades»,     
Car «les hôtels, c’est pour le business».     
Son rendez-vous le laissant en rade,     
Il converse alors avec l’hôtesse.     

Dans la ville, attentats et bombes qui explosent     
Pendant que dans sa chambre enfin il se repose.     
Sur fond de guerre et de profonds malentendus,     
Leur vie bascule et cherche un nouveau contenu.     

Dans une difficile remise en question,     
De la neurasthénie, il se fait le champion.     
Chacun imagine une fin à sa façon     
Et en tire prudemment sa propre leçon.


Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  
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