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Archives de Catégorie: Avignon 2018

« Comment on freine ? ». De Violaine Schwartz. Mise en scène Nathalie Dutour. Par la « Compagnie Chantier Public ». (Avignon, 10-07-2018, 19h00) +

Dans la famille tout en cartons d’emballage,
Demandez le couple qui va faire naufrage,

Dans le train de la vie où tout va de travers.
Trier et ranger le passé pour voir plus clair.

Ils fuient leurs démons pour échapper à l’enfer

Qui les force encore à changer de lieu et d’air

Puis à tout renouveler jusqu’aux étagères.

« Je me suis jeté dans les cartons », sans fléchir,

« Comme toi dans le mur, pour ne pas réfléchir.
Ouvrières en confection, Bengladesh, ou ailleurs,
« Un grain de sable et tout s’écroule » avec horreur.

« A Dacca, l’usine de textile s’effondre »

Et les marques des grandes chaînes vont se fondre

Dans les décombres où les femmes meurent au bout du monde.
Un double accident sans lien … et l’univers gronde.

Une allergie au travail forcé se déclare

« Bourse du travail » où tous deux sont en pétard

Contre l’exploitation qui s’accroît, dare-dare.
Un parallèle entre deux types de sociétés

Celle qui exploite et celle qui est exploitée,

Lorsque l’utilisation de la sous-traitance

Devient l’affreux synonyme de mal-traitance.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

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« Europe Connexion ». Pièce d’Alexandra Badea. Mise en scène Vincent Franchi. Jeu Nicolas Violon. Par la « Compagnie Souricière ». (Avignon, 07-07-2017, 19h05) ++

Vivre du fruit des « étiquettes alimentaires »,
C’est la tâche d’un « assistant parlementaire »
Surpayé pour rendre la vie « toujours plus chère »,
Quand les engrais engraissent son argumentaire.
« Une larme pour les victimes du cancer »,
« Une larme pour les victimes de la faim »,
Et « la destruction de la planète », pour fin.

Et … « Bienvenue dans le monde des pesticides » !
Tu relis la liste des substances nocives
Et puis tu hiérarchises les plus agressives
Afin de faire passer la graine offensive
Enrobée de miel qui masque le fiel acide.

A « L’Artéphile », ça bourdonne en vidéo !
Ouvrir l’œil en conscience n’est jamais trop tôt.
Un texte qui fait réfléchir à tous les maux
Que l’a-culture intensive prend à défaut.
Quand la diffamation détruit le sens des mots,
Que les lobbies infâmes affament jusqu’aux os,
Comment ne pas avoir de frissons dans le dos …

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« Gainsbourg for ever, Gueule d’Amour ». Conception, Ecriture, Interprétation Myriam Grélard. Mise en scène François Cracosky. Par la « Compagnie Les Scènes d’Argens ». (Avignon, 03-07-2018, 16h15) +

La face cachée de Gainsbourg, au « Chapeau Rouge »,
Est révélée par sa jumelle au chapeau noir.
Les péripéties de la famille Ginsburg
Passent toutes les frontières, de bourg en bourg,
Se masquant derrière une fumée de rouerie
Vaporisant sa sensibilité nourrie
D’exubérante timidité aguerrie.

Promenade voluptueuse et délicate,
Des origines de la famille de Serge
A sa mise en boîte et au vingt-sixième cierge
Que l’on ranime avec grand plaisir et sans hâte.
Vertiges et coups de « Gueule d’amour », on en tâte.

Présence et nombreux souvenirs incandescents,
Racontés avec un talent toujours décent,
Vêtus de l’âme des femmes ayant traversé
La vie d’un poète sulfureux et versé
Dans la beauté qui met le cœur à feu à cent.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« Et Soudain dans la Tourmente ». Commande d’écriture à Magali Mougel. Mise en scène, Interprétation Claudine Van Beneden. Travail d’acteur Raphaël Fernandez. Par la « Compagnie Nosferatu ». (Avignon, 02-07-2018, 19h00) +++

Claudine s’attaque à des textes d’envergure
Qui ont quelque chose de fort dans l’écriture.
Dans « Darling », incomparable de vérité,
Sa souffrance est criante d’authenticité.
Campa aussi une ouvrière « Lejaby »
Avec un réalisme qui nous éblouit.
Elle nous revient avec une arme fatale :
« Refus de l’oppression familiale et sociale » …

Et c’est, tout naturellement, qu’elle se glisse
Dans l’uniforme de ces femmes Peshmergas
Pour tenter d’arrêter Daesh dans ses dégâts ;
Personne ne peut plus compter sur la police
Pour détourner le cours de tous les attentats.

C’est dans « un hôtel du sud de la Turquie »,
« Tout près de la frontière syrienne » en sursis,
Que l’héroïne prend conscience de la vie
De combat qu’elle doit mener contre l’avis
De tous et de sa décimée famille proche.
Elle fuit, sans retour possible, leurs reproches,
Prête à défendre l’honneur bafoué, violé,
De ces femmes martyrisées puis enlevées.

« Le monde n’est fondé que sur la domination »
« Des hommes sur les femmes », objet(s) de la narration.
« La question n’est plus : Que faire ? »
« Mais (savoir) qui va le faire ! »

Lorsque le viol et le rapt sont monnaie courante,
Qu’on en rejette sur la femme l’infamie,
Il n’y a que la mort qui ait encore un prix.
Faut-il tuer pour échapper à la tournante ?
Ou se jeter à corps perdu « dans la tourmente » ?
Un seul en scène où elle est sobre et convaincante.

A « L’Hôtel d’Europe », les femmes fracassées
Lèvent la tête et prennent en main leur destinée.
« Et soudain », comment cela va-t-il se passer ?
Que retiendra l’Histoire de ce pied de nez ?

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« Robert est en examen.Tragimonomédie. Texte, Jeu Robert Valbon. Mise en scène Floriane Zeisser et l’auteur. (Paris, 24-06-2018, 20h00) +

C’est « l’auto-guérison »
Par « l’auto-dérision ».
Examen médical ?
Somme toute, banal !

Au « Guichet Montparnasse »,
Il prend la décision
De nous faire la classe
De son introspection.

Examen de routine
En quittant la tétine ;
C’est l’enfant qui butine
Et ses doigts qui lutinent.

Examen sexuel
Chimie donnant des ailes.
Examen de conscience,
Mathématiques et science.

Examen textuel
Pour intellectuels
Et examen intime
Pour le rire et la frime.

Examen théâtral
Pour la quête du Graal
Ou celle d’Hernani
Relevant son défi.

Il court après son sort,
Interrogeant la mort.
« Il n’a jamais cédé »,
« Il en est décédé.

Sur ses doutes il s’endort,
Écrasé de remords.
Et la vie ? Il la mord !
Rimes et livres, il dévore …

+ + + +

« L’Entrepôt » d’Avignon
Réveillera ses dons
D’examen musical
Sur pupitre bancal.

Portée originale
D’opéra commercial.
Spectacle peu banal,
Fourre-tout intégral.

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« C’est dans la tête »d’Alexandra. Ecriture, Interprétation Alexandra Pizzagali. (Paris, 22-06-2018, 20h00) ++

C’est de l’humour
Carrément lourd
De conséquences
Tout en substance.

« Théâtre du Marais »,
Un spectacle qui plaît.
La salle est plus que pleine
Côté cour, côté plaine.

Côté jardin sur scène,
Parlant de choses obscènes
De façon si naïve,
Drôle et joliment vive,

Elle tire en force à coups de gros boulets rouges
Sur tout ce que l’on n’ose plus dire et qui bouge.
Réflexions incisives et tellement tranchantes
Qu’elle fait mouche à chaque parole troublante.

Elle dit les pires horreurs avec sourire
Et sérieux qui déclenche un grand nombre de rires.
Elle allume la notion de « respect » qu’elle perd,
« D’agressivité » qui désespère les repères.

Un spectacle cinglant qui rebondit sur tout,
Dans une écriture alerte et inattendue.
Un langage direct et sans sous-entendus
Qui crache son venin salutaire partout.

« Les Amazones », désirées parce que craintes,
Savaient utiliser toutes les belles feintes.
L’excuse de la folie pour une expression libre
Égale un jeu d’ivresse en rupture d’équilibre.

Pour qu’on puisse avaler toutes ses vérités,
Se peaufine un bon stratagème à découvrir,
In extremis, qu’elle révèle avec plaisir,
En étrange finesse et beaucoup de doigté.

+ + + +

Cette valeur sûre sévira au « Palace »
Le vingt-trois juillet. Réservez votre place.
Son humour noir ne vous laissera pas de glace.
Venez réfrigérer votre cerveau, de grâce !

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« L’Établi ». D’après le roman de Robert Linhart. Adaptation Marie-laure Boggio, Olivier Mellor. Mise en scène Olivier Mellor. Par « La Compagnie du Berger ». (Paris, 21-06-2018, 20h30) ++

L’après mai soixante-huit, dans l’usine Citroën
Où les ouvriers assemblent les Deux-Chevaux en chaîne,
Un brillant intellectuel, engagé volontaire,
S’identifie à eux, se frotte au travail terre à terre.

Une étude sociologique approfondie,
D’une grande tenue littéraire, décrit
Une « organisation dans la classe ouvrière »
Infiltrée par celui qui dévoile l’enfer.

« Pour construire des objets et broyer des hommes »,
On les parque dans des entrepôts où la somme
Des gestes répétitifs détruit et assomme.
Orchestre, montage sonore et vidéo
S’allient pour animer les différents tableaux.

« Salle en Pierre » au « Théâtre de l’Épée de Bois »,
Un impressionnant décor se déplace en roi
De la ferraille. Scénographie que l’on croit
Réelle par quelques artifices de choix.

La mise en scène au mécanisme bien huilé
Fracasse tout et se fait fort de contrôler
Chaque objet qui va et vient au rythme frappé
Par les cadences infernales au son martelé.

La musique et la tôle explosent jusqu’au sol,
Dans une gamme majeure, unis sans bémol.
« La production écrase la matière humaine »
Dans une accélération où la grève est vaine.

Si l’ambiguïté règne autour de « L’Établi »,
C’est qu’à la double-tâche, un double-sens s’inscrit,
Distinguant ou bien confondant l’homme et l’outil.
La porte passée, son humanité s’oublie.

+ + + +

Avignon, Grande salle, « Présence Pasteur »,
Venez vous faire vacciner contre la peur.
Limpide écriture aux judicieuses remarques
Décochées, façon habile tireur à l’arc,
Sur l’écran des revendications où défilent
Les têtes grossies des patrons qui défilent.

Témoignage qui claque
Quand les jointures craquent
Dans le vent de l’arnaque
Sociale qui se plaque
Aux faces mises en vrac
Des grévistes qu’on traque.
Mouvement mis à sac
Dans un récit qui sacque.

Afin de rester zen,
Ne plus avoir la haine,
Voyez-les sur la scène
Ne pas être à la traîne.
Les carcasses s’enchaînent,
Les autos se déchaînent.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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