RSS

Archives de Catégorie: Avignon 2018

«Un Garçon d’Italie». D’après Philippe Besson. Mise en scène Mathieu Touzé. Par le «Collectif Rêve Concret». (Paris, 13-05-2019, 19h00) + (Avignon, 07-2018 / 2019)

Un texte intéressant, plein de pensées d’automne,
Qui, mis en bouche, devient lisse et monotone.
Une interprétation, quelque peu uniforme,
Qui respecte l’œuvre à la ligne et dans ses formes.

«Théâtre de Belleville» et au «Transversal»,
Thème et écriture passionneront la salle.
Les propos ont de la tenue, de la teneur
Et mériteraient d’être mieux mis en valeur.

Des monologues et des dialogues bien construits
Qui ménagent le suspense que l’on instruit.
De l’équilibre au déséquilibre, le pas
A franchir interroge avec perte et fracas.
La voix féminine crée le lien en tous cas.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
https://bclerideaurouge.wordpress.com
http://bclerideaurouge.free.fr
Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

 

« Sixième Festival A-oût ». Du 4 au 11 août 2018. Conférence de presse. (Avignon, 01-08-2018, 10h30)

Afin d’inciter les compagnies d’amateurs
A se démarquer du « Off », se mettre en valeur,
Bénéficier des conditions professionnelles
Dans un cadre mis à disposition pour elles,
Quinze pièces viennent de façon officielle.

Un festival pour les aoûtiens en chaleur,
Désireux de se frotter avec grand bonheur
A la comédie estivale et culturelle
Qui parle, « Théâtre aux Vents », d’amour essentiel.

« Festival A-oût »,
Amateurs, sans doute,
Mais bien éclairés
Pour être admirés.
A découvrir vite …
Une ou deux pépites ??

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
https://bclerideaurouge.wordpress.com
http://bclerideaurouge.free.fr
Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

 

«Vous avez dit Broadway ?» 45 comédies musicales en 90 minutes. De et avec Antoine Guillaume. Mise en scène Michel Kacenelenbogen. Piano Julie Delbart. (Avignon, 29-07-2018, 22h35) +

Retenir le nom de ceux qui nous ont émus
Ne devrait pas être une tâche bien ardue
Pour que notre amour ait langue bien pendue
Autour d’anecdotes où le souffle est suspendu.

Plus de deux siècles de comédie musicale
Sortent de l’oubli en murmure sépulcral.
«La vie réelle n’est pas assez musicale»,
C’est pourquoi nous avançons de façon bancale.

C’est, d’abord à «La Luna», puis au «Lucernaire»,
Que l’évocation de «Broadway» prend tous les airs
D’une visite guidée en voix, et piano,
Revêtue d’un flashant costume à grands carreaux.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
https://bclerideaurouge.wordpress.com
http://bclerideaurouge.free.fr
Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

 

«Petit Cheval hors du temps enfui». Seule en scène d’Emilie Hamm. Co-écriture Erwan Rodary. Mise en scène Manon Rony. Par la «Compagnie Les Productions électriques». (Avignon, 29-07-2018, 17h45) +

Elle explique la distorsion de l’espace temps,
Le «trou noir, objet spatio-temporel» avalant
Tout, ne laissant pas même l’ombre d’un embryon.
«L’oubli est le vide par lequel nous respirons» …

Un texte savoureux
Qui mériterait mieux
Que la voix monotone
Empêchant que foisonnent
En nous toutes ramifications scientifiques
Et détourne notre attention de l’authentique
Intérêt que l’on voudrait porter au récit
S’il était avec un plus juste ton servi.

L’hippocampe conseille l’oubli comme filtre
Des peines qui, au fond du subconscient, s’infiltrent.
«Théâtre Le Cabestan», par les mots, conquis,
On vagabonde dans son passé, bien surpris
De s’attarder sur un vocabulaire exquis.
Interprétation enfantine en rêve d’espace
Qui laisse à l’imagination une belle place.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
https://bclerideaurouge.wordpress.com
http://bclerideaurouge.free.fr
Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

 

«Chacun sa Famille !» Conception, Interprétation Enzo-Enzo, Laurent Viel. Guitares Thierry Garcia. Textes Pascal Mathieu. Musiques Romain Didier. (Avignon, 29-07-2018, 15h50) ++

«Y’a pas pire que» les histoires de «famille»
Où les petits mots colorés fusent et fourmillent
D’idées loufoques au «Théâtre Le Cabestan».
Un récital intimiste qui prend le temps
De faire le tour des relations familiales
Auxquelles il faudrait dresser le grand mémorial
De la patience. On adore l’impertinence
De leurs accords qui font mouche avec pertinence.

Quand, «au rayon des doutes», avec joie, ils s’égarent,
Le triangle amoureux (deux voix, une guitare)
Compose et recompose, pour «la terre entière»,
Des refrains dont ils peuvent être vraiment fiers.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
https://bclerideaurouge.wordpress.com
http://bclerideaurouge.free.fr
Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

 

«Au-delà des Mères». Procréation Publiquement Assistée. Premier volet du «Dyptique – Histoires de femmes». De et par Michelle Brûlé. Mise en scène Chantal Deruaz. Par la «Compagnie Electron Libre». (Avignon, 29-07-2018, 14h20) +

Généalogie d’arbre aux racines perdues …
«Une femme de cent-vingt ans, enceinte, en crise,
Mère d’un monde d’où fuit la matière grise,
Cherche à répondre aux conflits les plus répandus.
Une réflexion sur l’avenir qui défrise.

La fécondité et le temps qui vagabonde
Nous sont jetés en pleine face comme fronde.
C’est la «matrice du devenir» qu’elle engendre,
Mère de générations qui n’ont plus de gendre.

Enceinte d’une procréation furibonde,
Fruit d’une gestation quelque peu moribonde,
Au «Théâtre Au Bout Là-Bas», elle accouche d’ondes
Faisant trembloter la terre à chaque seconde.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
https://bclerideaurouge.wordpress.com
http://bclerideaurouge.free.fr
Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

 

«Rue de la Belle Écume». Spectacle musical. De Christian Faviez. Direction Roland Romanelli. Compositeur Philippe Brami. Avec aussi Emily Pello, Laurent Viel, … (Avignon, 29-07-2018, 12h05) ++

«Avant la cornette, j’ai porté vos baisers»
Qu’au «Rouge-Gorge », je suis venue déposer.
A nos pieds, «la Belle Écume» aime à arroser
Les orchestrations des chansons recomposées.
Un cabaret envoûtant qui a transposé
Paroles et auteurs qu’il a métamorphosés.

Un spectacle hommage qui fortement décolle
Pour suspendre notre cœur, le temps d’un envol.
On se laisse surprendre par l’accordéon
Et le piano qui réveillent en nous les démons
Émoustillant les cordes de guitare à fond.

Un bon quatuor qui ranime l’écriture
De très grands paroliers, leur offre une parure
De nouveaux arrangements et de tendres mots
Qui les rhabillent joliment de bas en haut.
Deux voix qui s’accordent pour tutoyer le beau
Débitent les perles d’intéressants morceaux.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
https://bclerideaurouge.wordpress.com
http://bclerideaurouge.free.fr
Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

 

«Anquetil tout seul». De Paul Fournel. Adaptation, Mise en scène Roland Guenoun. Avec Matila Malliarakis, Clémentine Lebocey, Stéphane Olivié Bisson. (Avignon, 29-07-2018, 10h30) +

L’intense solitude d’un coureur de fond
Qui, tout au long des routes et dans sa roue, se fond,
Éclaire les «Trois Soleils» de ses lumignons.
Tout un univers constitué de pignons
Qui défilent quand s’écrase le champignon.

Sur scène, les coups de pédale se succèdent
Sans que la performance physique ne cède.
C’est un contre la montre en quatre-vingt-minutes
Où l’effort se matérialise à l’état brut.

Comment vivre vite «une vie exceptionnelle»
Quand on a le postérieur vissé sur la selle ?
«La solitude est mon royaume» et ne me pèse,
Ainsi «je peux rêver, m’évader à mon aise».

Puis «j’achète le bon coureur, au bon moment»,
«Au bon prix». Fabrique de champion dans un temps
Où tout se monnaie, avec, voire, sans argent.
«Poulidor se fait payer au tarif de l’amour»,
C’est ce qui s’appelle être payé sans vrai retour.

L’intensité des efforts aimante les deux hommes,
Leur souffrance les lie en leur ôtant jusqu’au somme.
«Anquetil puise ses forces au puits de mystère»,
Maîtrisant la douleur, sachant la faire taire.

Les affres anormales
D’intense froid glacial ;
Écraser la pédale,
Il en faut du moral !

Tout le corps et la selle
Ne font qu’un et ruissellent
Dans la compétition,
Sous le feu de l’action.

Spectacle au pas de course
Où toutes les ressources
Jetées dans la pagaille
Sont un enjeu de taille.

Un «outil de travail»,
Qui, au cerveau, déraille,
Nous prend dans sa tenaille.
Une idée encanaille
La nouvelle trouvaille.

Prix de la descendance,
L’enfant de l’indécence
Retourne à l’innocence.
Son enfant, sa bataille,
Solitaire, il défaille.

«Je suis pas superstitieux, ça porte malheur».
Prestation qui met du baume au muscle du cœur.
C’est un maillot jaune qui vaut son pesant d’or
Sur bicyclette et vidéo en fond sonore,
Au «Théâtre des Trois Soleils», comme décor.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
https://bclerideaurouge.wordpress.com
http://bclerideaurouge.free.fr
Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

 

« Dedans Dehors ». Dédié à la petite enfance. Conception, Mise en scène Laetitia Desplanque. Par la « Compagnie Encima ». (Avignon, 29-07-2018, 09h40) +

A l’abri d’un cocon
En tissu de coton,
Les jumelles découvrent
Un monde qui s’entrouvre.

En joie, elles explorent
L’univers de leur corps
Se mouvant en rondeurs
D’innocente blancheur.
Musicale fraîcheur,
Bruissement d’eau sonore.
« Théâtre Transversal »,
Petit moment fœtal.

Environnement neuf
De douceur d’albumine,
Le mystère de l’œuf,
La journée, illumine.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
https://bclerideaurouge.wordpress.com
http://bclerideaurouge.free.fr
Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

 

«Un an dans une baignoire». Comédie musicale. De et par Aurore Pinoque, Gaëlle Alméras. Mise en scène Kévin Lévy. Par la «Compagnie Bain’s Aurore et Gahm». (Avignon, 28-07-2018, 21h15) +

Un récital qui prend l’eau … de vie naturelle
Qui coule dans les veines de deux demoiselles
Au «Théâtre de l’Ange» où elles se révèlent,
Espérant un succès qui leur donne des ailes
Et la force de construire un spectacle à elles,
Afin d’immortaliser leurs joies, leurs querelles.

Elles content une année de leur vie à Paris.
A dix-sept ans, elles n’ont qu’une seule envie,
Briller en étoiles ! Elles en font le pari …
Au piano et au violon, elles se confient.
Moment, à la fois gai et plein de nostalgie,
Où fraîcheur et candeur sont joliment servies.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
https://bclerideaurouge.wordpress.com
http://bclerideaurouge.free.fr
Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

 

«Café Polisson». Conception, Texte, Chant Nathalie Joly. Mise en scène, Chant Jacques Verzier. Danse Bénédicte Charpiat. Par la «Compagnie Marche la route». (Avignon, 28-07-2018, 18h00) +

Tout en comptant leurs souvenirs de maison close,
Ces dames évoquent en chansons les jolies choses
Qui leur ont valu bijoux et boutons de roses.
A l’«Espace Roseau», elles prennent la pose.
Entre quelques airs de trompette qui s’imposent,
Ce sont de beaux pas de danse qu’elles exposent.

Dès que vient la nuit, leurs sens en éveil explosent
Pour oublier que la vie n’est pas du tout rose.
Piano, bandonéon, effacent le morose.
Un petit coup d’absinthe et une bonne dose
D’airs complices qui, tout le spectacle, composent.

Un superbe décor orne toute leur prose
Au cabaret qui tient bien la route et s’arrose.
Ambiance Toulouse-Lautrec en bonne osmose.
Voix et costumes épousent avec art leur cause.
«Théâtre de l’Epée de Bois», bientôt, ils osent …

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
https://bclerideaurouge.wordpress.com
http://bclerideaurouge.free.fr
Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

 

«Chat Noir ! Cabaret des poètes et des gueux». Conception, Mise en scène Etienne Luneau. Par la «Compagnie Grand Théâtre». (Avignon, 28-07-2018, 15h40) +++

«Chat Noir ! Le cabaret des poètes et des gueux»
Ouvre à Montmartre, tout grand, la porte des cieux.
Le roi des rimes y offre des vers délicieux.
Une mise en scène du tonnerre de feu.
De la gouaille et du talent, crénom de Dieu !

«Car toujours ils naîtront»,
«Comme naissent d’un étron»,
«Des roses».
«Dès que je fais un vers»,
«Rodolphe m’en sert un»,
«Aussi je persévère»
«Et j’en fais un quatrain».
La prose,
Aussi, fera son chemin …

Leur reconstitution, digne et voluptueuse,
Est pavée de bonnes intentions fructueuses.
Une parodie de haut vol, très vigoureuse,
Où chaque lanterne a sa place rigoureuse.
Aux «Trois Soleils», se réverbère leur lueur.

Que du bonheur dans leur visite aux «Années Folles» ;
Dans leur joli Paris, c’est fou ce qu’on rigole.
Tout une batterie d’instruments de musique
Pour sept artistes polyvalents qui s’appliquent
A nous séduire de manière savoureuse.
Ensemble chatoyant pour langue langoureuse.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
https://bclerideaurouge.wordpress.com
http://bclerideaurouge.free.fr
Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

 

«L’Histoire d’une Femme». Écriture, Mise en scène Pierre Notte. Interprétation Muriel Gaudin. (Avignon, 28-07-2018, 13h40) +

Une pièce troublante sur les états d’âme
Qu’un auteur débite en la bouche d’une femme.
Aux «Trois Soleils», un déshabillage verbal
Mélange les fils de l’histoire qui se trame
Dans un assemblage de petits bouts de drame.
L’ensemble fait un canevas original.

Un flot de paroles ponctué de départs
Incessants et de retours tournant la morale.
Face aux agressions, qu’est-ce qu’une vie normale ?
Éluder les maux devient défense banale
Et repli dans un psychologique placard.

Un spectacle d’un «état de choc» qui répare
Les plaies d’une société qui a le cafard.
Excellent jeu qui, profondément, interpelle
Notre conscience désireuse d’un rappel.

Une ambiguïté de sens
Qui carburent sans essence.
Les propos du texte
Laissent un peu perplexes.
L’écriture est si dense,
Qu’encore on y repense.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
https://bclerideaurouge.wordpress.com
http://bclerideaurouge.free.fr
Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

 

«Le cas Martin Piche». De Jacques Mougenot. Mise en scène Hervé Devolder. Par la «Compagnie Aigle Noir». (Avignon, 28-07-2018, 12h10) ++

L’éternel indécis, à qui tout est égal,
Se perd aux doubles-sens de sa vie inégale.
Atteint d’ennui mortel qu’il communique, Piche,
De tout ce qui l’entoure, et du reste, s’en fiche.

Le rire naît de la confusion des degrés,
L’un parle au second, l’autre comprend au premier.
Un passionnant patient qui tourne en rond, malgré
Une psychanalyse couchée sur papier.

«Des moments d’absence dans son inattention»
Lui laissent, parfois, capter la conversation.
L’analyste est curieux de tout, le patient, de rien.
Quel type de thérapie peut lui faire du bien ?

Les meubles rouges illuminent les «Trois Soleils» ;
La simulation de cure fait des merveilles.
«L’ennui, c’est le fond de la condition humaine».
Lequel, de l’un ou de l’autre, l’ennui, malmène ?

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
https://bclerideaurouge.wordpress.com
http://bclerideaurouge.free.fr
Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

 

«Pasolini Musica». Théâtre musical. Textes de Pier Paolo Pasolini. Conception, Mise en scène André Roche. Par la «Compagnie L’Arsenal d’Apparitions». (Avignon, 28-07-2018, 10h40) ++

«Espace Roseau», «une force du passé
Revit, scène après scène, ses pas effacés.
Il projette sur écran sa «lucidité»
«Critique», montrant «les choses» en totalité.
Il décrit «les êtres dans leur réalité».

Un spectacle qui, sa double face, dévoile.
Deux pianos, deux chanteuses, deux acteurs, deux toiles ;
Foule à cent voix et celle de la cantatrice
A l’enveloppe corporelle tentatrice.

Les voix contrastées, tonalité haute ou basse,
Virginité d’ange ou de démoniaque crasse,
Sont à la mesure du bel accordéon
Et de «la lumière déchirante» au violon.

Un «fol amour» meurtrit l’esprit, le corps astral,
S’échappe en de sublimes notes musicales.
«Salle Jacques Brel», l’émotion gagne les cœurs
Pour y imprimer de déroutantes valeurs.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
https://bclerideaurouge.wordpress.com
http://bclerideaurouge.free.fr
Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

 

«DID’H, du Club Med à la scène». De Didier Guenaou. Sketchs, Stand-up. (Avignon, 27-07-2018, 23h00) +-

Double faciès, côté ombre et côté lumière,
Le corps qui balance en équilibre précaire
Comme sur un fil tendu d’infini mystère,
Cherchant le bon angle pour mettre pied à terre.
C’est ainsi qu’il s’affiche dans un obscur clair,
Flyers noirs et blancs qu’il nous propose au grand air.

Au club de vacances, pour garder le moral,
Il s’essaie à l’humour qu’il veut original.
«Au Chapeau Rouge» il extirpe son arsenal,
«Toutes classes sociales, du classe au social».
Pour toutes les couches, ses salades il étale,
Distribuant quelques aquatiques pétales.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
https://bclerideaurouge.wordpress.com
http://bclerideaurouge.free.fr
Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

 

«Cavale». Cirque équestre. Par la «Compagnie Jehol». Direction artistique Benjamin Cannelle. Mise en scène Christophe Chatelain. (Avignon, 27-07-2018, 21h00) ++

Le bar du port ouvert …
Dans le fond de son verre,
Tourbillonne la mer.
Lueurs de réverbères
Et le passé s’éclaire.

Elle voit l’univers
Et les galops d’enfer.
La mémoire se perd
En voltiges d’éclairs.

Cavaliers, cavalières
Montrent un amour sincère
Aux bêtes partenaires.
S’embarque la galère,
Haussée haut dans les airs ;
Voile triangulaire
Qui s’enfle de mystères.

Freinant des quatre fers,
Petit âne obtempère.
Touchant à peine terre,
Les chevaux accélèrent.
Acrobaties super
Sur montures en colère.

Voyage planétaire
Dans le sud hémisphère.
Le bateau fend l’eau claire.
Cascades animalières,
Belles envolées fières
Quand gicle la poussière.

Les corps sous le tonnerre
S’échouent, se désespèrent.
Tour du cercle polaire
Pour grand écart lunaire.

Se ferment les paupières,
Se claquent les portières
Sur le rideau de fer.
De véritables airs
Enchantent l’atmosphère.

Musique en direct coule,
Forces notes s’écoulent.
«Black Kelpie» sous la houle,
Navire tangue et roule.
«Carré d’Honneur de l’Oulle»,
Il y a grande foule.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
https://bclerideaurouge.wordpress.com
http://bclerideaurouge.free.fr
Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

 

«Le Double». D’après Fiodor Dostoïevski. Adaptation, Mise en scène Ronan Rivière. Piano Olivier Mazal. Par le «Collectif Voix des Plumes». (Avignon, 27-07-2018, 19h00) +++

«Nul en thé et ménage, prince de débrouille»,
Un serviteur, dans la vie d’un homme, farfouille …
Et l’existence du fonctionnaire se trouble,
Tandis que le poursuit, et le hante, son double.

Le dédoublement de la personnalité,
Analysé avec une grande acuité,
Dévore de folie un paisible employé
Qui, sous les intrigues, va finir par ployer.

Pris dans l’engrenage d’une machination
Infernale, il se perd dans la fascination
De ce qui peu à peu le quitte, aux «Trois Soleils»,
Terminant sa course dans un trou sans sommeil.

«Vous dépérissiez et je vous ai réveillé»,
Dit le nouveau venu, sans jamais sourciller.
«La saleté» de son «cœur lui sort par la bouche»
Pour qu’il la desserve sur le faible à la louche.
«Théâtre Quatorze», il en mettra une couche
Supplémentaire. Les six comédiens font mouche
Dans l’interprétation qui, joliment, nous touche.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
https://bclerideaurouge.wordpress.com
http://bclerideaurouge.free.fr
Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

 

«Verlaine, d’ardoise et de pluie». D’après le roman de Guy Goffette. Adaptation, Mise en scène Richard Violante. Interprétation Alain Leclerc. Accordéon Didier Buisson . Par la «Compagnie Théâtre du Passage». (Avignon, 27-07-2018, 17h00) +++

«Trois fœtus, trois bocaux remplis d’esprit de vin»,
Rappellent à Paul l’infortune du divin
Qui joue avec la mère en donnant du chagrin,
Et attendent d’être ressuscités, en vain ;
Ils trônent sur une étagère «Au Magasin».

«Je suis un féminin» ; on voulait une fille ;
Pour le laideron, la vérité se maquille.
De «la rencontre du féminin, du viril»,
«Du schiste et de la pluie» qui, dans les yeux, rutile,
Va naître la poésie qui lui est utile
Pour conjurer les démons de sa vie futile.

Rimbaud se rêvait «l’époux infernal du fils»
«Du soleil», mais Verlaine vieillit et dévisse.
Le feu qui les dévore finit dans la main
Ensanglantée de Rimb’, percée du fer tant craint.

Du cul de la bouteille au cul de la beauté,
Lélian, par l’absinthe trop verte, est dévasté.
Des «sonnets à quatre mains», instants de bonheur,
Sur les boutons d’accordéon, se font coureurs.

«L’enfant du diable, qui lui a griffé le cœur»,
Porte en sa main les stigmates de la fureur.
Une ardente interprétation, d’un bon un acteur
Accompagné par un musicien de valeur.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
https://bclerideaurouge.wordpress.com
http://bclerideaurouge.free.fr
Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

 

«Mademoiselle Molière». De Gérard Savoisien. Mise en scène Arnaud Denis. Avec Anne Bouvier, Christophe de Mareuil. (Avignon, 27-07-2018, 14h50) +++

La vie privée de Jean-Baptiste Poquelin
Se déploie comme une tapisserie en lin.
Deux comédiens, sensibilité de félin,
Se lovent brillamment dans une pièce écrin,
Précieuse par les mots qu’elle délivre enfin.
Du grand art enveloppé d’un esprit très fin
Sur papier glacé qui flambe sur lie de vin.
«Rupture déchirante» d’amour qui s’éteint.

Au «Théâtre Buffon», ainsi qu’au «Lucernaire»,
C’est, fidèles à l’avis de l’immense Molière
Qui, sur scène, «ne sert pas les grands», mais «s’en sert»,
Qu’ils font revivre «une vocation qui vous tombe»
«Dessus comme une foudre de glace», une bombe
Qui éclate au cœur en cristaux d’étoiles et bombe
Le torse d’un amour illuminant les planches
Et vous submerge comme une belle revanche.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
https://bclerideaurouge.wordpress.com
http://bclerideaurouge.free.fr
Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

 

«Au Nom du Pèze». Le syndrome de Richard. De Carole Greep, Stéphane Guignon. Co-écriture, Jeu Christophe de Mareuil. Mise en scène Anne Bouvier. Par le «Théâtre Comédie Odéon». (Avignon, 27-07-2018, 12h45) +++

«Au nom du pèze, du fisc et du Saint Débit»,
C’est sa fille qui, les conséquences, en subit.
Anorexique, elle perd père et tous repères.
Plus l’argent grossit et plus elle désespère,
Maigrissant, devenant de plus en plus légère.

Une équation inversement proportionnelle
Coupe l’herbe sous les pieds, de façon mortelle.
Comment «rompre le cercle infernal de la gagne»
Pour qu’enfin, sa fille, quelques kilos, regagne ?

Shooté au succès, à la puissance et au fric,
Le père ne réalise pas le lourd drame
Que vit sa fille et la situation critique
Dans laquelle elle s’enferme et ses veines enflamme.

«Manager du siècle» en «syncope financière»,
En «surdose de dividendes» qui rend fier,
Il a besoin d’une «détoxe monétaire»
Pour la sauver de la maladie qui prospère.

«Toi qui es près de fermer les yeux», de détresse,
«Tu as ouvert les miens» vers l’amour, la caresse
De la vie. Renoncer au pouvoir du business
Pour que d’authentiques valeurs, enfin, renaissent.

«Syndrome de Richard», «Théâtre Pandora»,
Diagnostiqué avec succès dans l’apparat
De la boulimie de la richesse bancaire
Qui ruine l’avenir et flanque tout par terre.

Ce sujet sérieux, traité de façon amène,
Dans les coulisses de la monnaie, nous entraîne,
Laisse en famille des cicatrices certaines.
«Au nom du pèze, fisc et Saint Débit, AMEN».

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
https://bclerideaurouge.wordpress.com
http://bclerideaurouge.free.fr
Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

 

«Tu parles Charles !» Les Grandes Gueules, a capella, invitent Charles Baudelaire pour célébrer «Les Fleurs du Mal». (Avignon, 27-07-2018, 11h00) ++++

Pénétrons dans l’intimité de Baudelaire
Par un biais inhabituel, peu ordinaire.
Pour évoquer le grand poète visionnaire,
Il fallait de singuliers, magnifiques airs.

On est saisi par leur musical univers.
Ils emportent notre esprit, qu’avec joie l’on perd
Aux méandres de leurs vocalises d’experts.
Plaisir à l’état pur … à brûler en enfer.

Leurs voix divines subliment les précieux vers,
«Théâtre Notre-Dame» où l’âme se libère
Pour communier dans les vapeurs de l’atmosphère
Sur des arrangements que le ciel leur fait faire.

Compositions originales que l’on cueille
Avec dévotion sur le bord de chaque écueil.
Ils ont choisi douze poèmes d’un recueil
d’une inestimable valeur que l’on accueille.

Des sonorités aussi belles que les mots
Auxquels elles font harmonieusement écho.
Voyage initiatique en l’ivresse du beau,
Récital où l’émotion coule à fleur de peau.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
https://bclerideaurouge.wordpress.com
http://bclerideaurouge.free.fr
Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

 

«Le plaisir de rompre. Le pain de ménage». Deux pièces de Jules Renard. Mise en scène Edgar Givry. Avec Claire Guyot, Tristan Petitgirard, Geoffroy Guerrier. Par la «Compagnie La Vallée des Arts». (Avignon, 26-07-2018, 21h35) ++

On dit … rompre le pain ; il était donc logique
Que «Le plaisir de rompre … Le pain de ménage»
Fussent liés par le fil ténu de l’ouvrage
Proposé à l’«Espace Roseau». Magnifique
Démonstration de séduction, de badinage,
Sensualité verbale que l’on partage.

Comme il est agréable de conter fleurette,
De prendre du plaisir à une cour discrète,
Tout en se jurant que l’on va rester honnête.
«Flirt» sans passer les bornes de la bienséance
Et convoiter tout en ayant bonne conscience.
Avec un jeu raffiné, plein d’intelligence,
Les trois comédiens ont dans l’âme l’élégance
Des sentiments sous-entendus en pertinence.

Jouer avec le feu et s’y brûler les ailes
Dans des répliques échangées avec un grand zèle,
C’est «salle Jacques Brel» que le jeu se révèle
«Acerbe, intelligent, magnifique, cruel».

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
https://bclerideaurouge.wordpress.com
http://bclerideaurouge.free.fr
Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

 

«Regardez la neige qui tombe … Une promenade dans la vie et l’œuvre d’Anton Tchekhov». Conception, Adaptation, Mise en scène et Jeu Philippe Mangenot. Collaboration et Jeu Rafaèle Huou. Par la «Compagnie Théâtres de l’Entre-Deux». (Avignon, 26-07-2018, 15h50) +++

Que signifie : ronfler en toute tranquillité ?
«Suivre le spectacle entre songe et réalité».
Présentation humoristique de la pièce
En laquelle le public acquiesce.
Maintenant que c’est la «fin» des préliminaires,
Le «commencement», «Petit Louvre», peut se faire.

«Remords, cafard, ennui, amour avec préface»,
Traversent Platonov qui se grise la face.
«Promenade» entrecoupée de répétitions
Qui sont pour nous des moments de prédilection.
Tchékhov dit : «je veux juste écrire et non prêcher» ;
La morale, c’est au lecteur de la chercher.

Un jeu «joyeux et désespéré, comme j’aime» …
De brillantes tirades où musique et chansons
Coulent dans nos oreilles comme leur boisson.
Au cours de ce passionnant périple, on rencontre
Une quinzaine de personnages qui montrent
Leurs griffes comme le bon «Ours». Tout un poème …

Leçon de théâtre que l’on prend avec plaisir
En fidèles spectateurs de leurs ardents désirs.
«La grandeur de la mort» versée du champagne
Emprunte les chemins neigeux de la campagne.

Le sang dans la bouche,
Des œuvres, il accouche ;
Tiraillé de mort,
Il écrit encore.

«La médecine est ma femme»
«Et la littérature ma maîtresse».
«Quand l’une m’ennuie, je couche chez l’autre».
«Qui, du vent ou du jeune homme, déclarait son amour» ?
Ces pensées d’écrivain forment un bien joli détour.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
https://bclerideaurouge.wordpress.com
http://bclerideaurouge.free.fr
Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

 

«Cherche jeune fille pour baby-sitting». D’après le roman d’Eva Kavian. Mise en scène, Adaptation Franck Jublot. Interprétation Juliette Allain. Par la «Compagnie du Chat Pitre». (Avignon, 26-07-2018, 14h30) +

Du haut de ses quatorze ans, Camille accompagne
La fin de vie d’une vieille dame et y gagne,
Outre un peu d’argent, beaucoup de maturité
Et le sens aigu des responsabilités.

Au «Théâtre Isle Quatre-Vingt», elle fait mouche,
Découvrant une réalité qui la touche.
Pour grandir, rien ne vaut le contact des anciens
Qui met justement bout à bout les petits riens,
Permet de rétablir, consolider les liens …
Égarés au fil des ans … et ça fait du bien !

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
https://bclerideaurouge.wordpress.com
http://bclerideaurouge.free.fr
Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés