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Archives de Catégorie: Avignon 2019

«Elle gagne sa vie en volant». Texte, Interprétation Marie-Stéphane Vaugien. Adaptation, Mise en scène Moussa Lebkiri. (Avignon, 23-10-2020, 20h00)+

Une incursion au «Passage vers les Étoiles»,
Puis «Au Magasin» elle lève un coin de voile
Pour atterrir à la «Boîte à Rire» à Paris
Après un périple où elle engagea sa vie
À flirter avec les nuages de tous poils.
Du choix de sa carrière elle fait le récit ;
Son partage de souvenirs est réussi.

Musique entraînante, évoquant action, voyage,
Et l’on part au quart de tour avec son bagage.
Trente ans d’anecdotes avec leur plein d’amassage
Des clichés dont elle moque le rabâchage.
«Dans le ventre des albatros» de cinq cents tonnes,
Ce sont les refrains de sa vie qu’elle fredonne.
Plaisirs, terreurs, à cœur joie elle s’abandonne
Aux réminiscences surprenantes qui donnent
Du corps aux abondants faits divers qui foisonnent,
Comme dans un feuilleton auquel on s’abonne.

«J’ai des heures de vol et ça se voit», dit-elle,
Le regard qui s’évapore au-dessus des ailes
Et le nez qui se ferme aux odeurs des aisselles,
Contant le café renversé et la vaisselle
Un one woman show qui swingue au vent rituel
Des accords du jazz éternel
Et de la musique sérielle
Surgis de sa mémoire aux quatre coins du ciel.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

 

«Gaby, Mon Amour ! La Naissance du Music-Hall». Conception, Mise en scène, Interprétation Jean-Christophe Born (Ténor). Et avec Clémentine Decouture (Soprano), Mark Nadler (Piano, Arrangements musicaux). (Avignon 2019, 20h30), (Captation vidéo vue le 10-08-2020)★★★

Le piano dévoile une apparition bleutée,
Vaporeuse, glissant avec étrangeté
Et le puissant rêve devient réalité
Entre les touches de la virtuosité.                    

Du music-hall, dans la plus pure tradition
Française, nous transporte avec délectation
An dix-neuf-cents, moment de la révélation
De celle dont c’est bientôt la consécration.                 

Fine réincarnation de «Gaby Deslys»,
Entendre la cantatrice est un vrai délice.
Paris, Londres et puis Broadway, la couvrent de lys.
Les hommes qui la convoitent sont au supplice.
La vedette internationale aux fiers caprices
Ne rend les armes qu’aux moments les plus propices.                

Accord parfait entre ténor et soprano,
Entre défilés de danseurs et de cadeaux.
Parures, fourrures et incroyables chapeaux
Pimentent le récital de jolis morceaux.                 

Élégance raffinée de la lingerie,
Des habits et déshabillés, qui font furie.
La Revue, agréablement revisitée,
Dévoile harmonieusement la complicité
De ces plumes qui déplument l’intimité
À travers des chansons où la frivolité
Épouse toutes notes avec jovialité.                     

Star de la «première descente d’escalier»,
Dans un show à l’américaine par paliers
Qui se succèdent d’une manière déliée.            

Cabotinage réussi avec grand art
Pour la conquête du «Théâtre du Rempart»,
Après celle du «Dejazet» pour quelques soirs.                           

«Théâtre Odéon» de Marseille, ils joueront car
C’est de cette ville que tout le projet part.
Un coquin bijou à découvrir sans retard.


Béatrice Chaland / BC. Le Rideau Rouge
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«Pyramid», vingt ans déjà, en rétrospective. (Captation vidéo vue le 27-05-2020)+++

«Pyramid», vingt ans déjà, en rétrospective !
Une sacrée mise en scène très inventive
Sert leur imagination toujours aussi vive.
Deux décennies de performances décisives
Où l’on admire autant la gestuelle active,
Hip-hop acrobatique en danse créative.

De la pantomime à l’expression corporelle,
L’originalité se pare d’irréel.
Tout est superbement travaillé, détaillé,
Sur une musique, sur mesure, taillée.
Des variations adaptées selon les publics
Renforcent les représentations dynamiques.

Partout, que ce soit
Confiné chez soi,
Sous la couverture,
Ou dans la nature,
Le miracle dure.

Tableaux élaborés avec intelligence.
Des spectacles qui ont un véritable sens,
Mûris par leur réflexion et leur expérience,
Content l’humanité telle qu’ils la voudraient,
Nous font progresser dans chacun de nos souhaits.

Ils nous «invitent» à partager leurs «états d’âme»,
Avançant leurs pions comme dans un jeu de dames,
Choisissant bien les trajectoires stratégiques
Pour qu’on prenne la vie de façon moins tragique,
Que l’on comprenne mieux leur vision artistique.

Ils dénoncent les conflits internationaux
En chorégraphies aux regards originaux
Qui bouleversent notre perception du monde.
Saynètes sans paroles où le bon sens abonde.

On se sent intellectuellement plus riche
En nous imprégnant de leurs postures fétiches.
«Sous le poids des plumes» ils volent vers la victoire,
Nous faisant partager quelques morceaux d’Histoire.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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«Un burnout presque parfait !». De et avec Greg Genart. Mise en scène Denis Glayzal. Par «L’After Work Théâtre». (Avignon 2019, «Clash Théâtre», 16h45) (Avignon 2021, du 03 au 26-07, «Sham’s Théâtre», 16h00) (Captation vidéo vue le 06-05-2020)+

G.G., au «travail», se voudrait «presque parfait»
Et, pour la «solidarité», il semble fait.
Seul sur scène, sa quête d’emploi dégénère
Face aux difficultés qui lui mettent les nerfs.

Le mensonge, hissé au sommet des qualités,
Dans l’art des contrefaçons va se déliter.
Au «Sham’s Théâtre» d’Avignon, ce one man show
Grille les planches, soufflant le froid et le chaud.

Pour peindre le saugrenu, il n’est pas manchot
Et se donne à fond pour décrire les tableaux.
«Ragots», virus de la réunionite aigüe,
Greg dévoile tout ce devrait être tu.

Il s’amuse comme un fou furieux à conter
Les anecdotes et les enjeux à surmonter.
Il a «soif» de réussite et de «promotion».
Déchiffrez le «pneumatique» de ses actions,
Qu’il adresse avec toutes ses salutations,
Si vous aussi vous voulez une «augmentation».

Il dénude «performance» et relationnel
Face au miroir aux alouettes ouvrant leurs ailes,
Détrônant la concurrence mise au tapis ;
Et, derrière son expérience, il se tapit.
Au «Clash Théâtre», aussi, il relate sa vie.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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«A tire d’elle». Concert du groupe «Freddy and Co». Bitan et Co : Batterie, basse, guitare et saxo. (Avignon, Festival A-oût, 04-08-2019, 17h00)+

«Théâtre des Vents», souffle de façon divine
Un parfum de nostalgie que l’on déracine
Bien au-delà des terres et des mers assassines,
«Là-bas, loin», où l’on baisse les yeux sur ses bottines,
Profil bas, ombre qui rase les murs et trottine.

De doux airs, des paroles sensibles et sensées,
Vont délicatement se poser, enlacer
Nos épaules et nous rappeler qu’il fait bon vivre
Au pays où les notes, joliment, enivrent.

Un bon groupe vocal
Et aussi orchestral ;
Ils sont sept au total,
Chansons originales.

Maîtriser l’infernal
Geste osé, anormal.
Liberté éternelle
D’élan «à tire d’elle»
Sur bol d’air rationnel ;
Un survol fraternel.

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«La grand-mère de Jade». D’après Frédérique Deghelt. Adaptation, Jeu : Etiennette Liénard, Frédérique Flèche. (Avignon, Festival A-oût, 03-08-2019, 18h00)+

«Vivre, c’est la moindre des dignités» ; les larmes
Creusent des sillons où s’enterrent les alarmes.
«Vallée de l’Arve»
Vallée des larves,
Vallée des armes
Vallée des larmes.
Une fois versées, il ne faut pas s’entêter
A détourner leur cours qu’on ne peut arrêter.

«Lire, chez nous, était signe de fainéantise».
Se faire démasquer accroissait doute et hantise.
Une ode à la lecture et à la discussion
Qui ouvre l’esprit et suscite les passions.
Sa sagesse venue de la terre et des livres,
«Mamoun» faisait partager tout ce qui délivre.

«Réussir sa vieillesse»,
«C’est avoir une seconde jeunesse».
Réunir sans paresse
Ce qui à quelques souvenirs s’adresse.
Au «Théâtre du Rempart», l’aïeule raconte.
Pour gagner de l’énergie face à ce qu’elle affronte,
Alors «Elle a écrit pour ne pas mourir de honte».

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«La Sirène des Abysses». Conception, Réalisation Fabrice Benoit. Danse expérimentale Azusa Karukawa. (Avignon, Festival A-oût, 03-08-2019, 11h00)++

Cet univers, où la roche se fait cristal,
Où l’espace se fait liquide et digital,
Et où la mer devient le quartier général,
Se déploie en immense féerie totale.

Plongés dans un océan très original,
On baigne dans une atmosphère méconnue
Où l’éclairage des profondeurs met à nu
Des bribes de vie, tourbillons de désarroi.

Cette création, à la «Condition des Soies»,
Se pare de matériaux d’un genre nouveau,
Réalisant des costumes subliminaux
Qui captent la lumière émise d’un vaisseau
Imaginaire qui rase le fond de l’eau.

Sur bruitages avec musique psychédélique,
Se découvrent en beauté les formes aquatiques,
Moulages mousseux éveillant la symbolique
Des couleurs et des sons dans un monde onirique.

C’est une invitation
A la méditation
Et une incitation
Détente à l’unisson.

La récupération
Des plastiques qu’on sort
Se révèle de l’or
Pour de nouveaux décors.

Plasticien, sculpteur, calligraphe du réel,  
Il transforme les déchets en une éternelle
Vision injectée d’amour et d’un peu d’espoir.
C’est la phosphorescence qui surgit du noir,
Explore les éléments, en met plein la vue
En construction au fil des mots et résidus.

Mers et baleines sont pleines, n’en jetez plus
Afin que la Sirène ne soit pas perdue
Sous un tas d’immondices qui, sur elle, ont chu.
Danse de liberté dans un monde déchu
Où l’œil fera naître de nouvelles vertus.

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«Septième Festival A-oût du théâtre amateur». Du 3 au 10 août 2019. Conférence de presse. (Avignon, 31-07-2019, 11h00)

«De véritables résistants de la culture»,
Au mois d’août, tentent de poursuivre l’aventure
Magique de l’incroyable plongée en scène.
Dix théâtres, soit deux fois plus que l’an dernier,
La main au cœur, sachant qu’ils risquent leurs deniers,
S’ouvrent au Festival Amateur qui étrenne
Trente pièces briquées semaine après semaine.
De fidèles troupes, depuis sept ans, reviennent,
Plébiscitées, donnant naissance à des boutures
S’attaquant à la composition, l’écriture.

Bénéficiez «des Vents» tout le long «du Rempart»,
Montrez votre «Adresse» à l’«Atelier Florentin»,
Jouez, du «Grand Petit Théâtre» au «Castelet»,
A l’«Episcène» et à la «Condition des Soies»,
Ou encore dans l’un des deux «Pixel», au choix.
Tout un programme, pour mettre l’eau au palais,
Concocté avec amour et esprit mutin.
Que vos vacances prennent un nouveau départ !

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«Célestin». Sortie du Premier Album. Guitare, Voix Sébastien Rambaud (des «Fills Monkey»). Musicien Thierry Tonelli. (Avignon, 28-07-2019, 22h25)++

Petit méli-mélo des titres du CD
De Sébastien, des «Fills Monkey», bien décidé
À nous proposer, en parallèle du haut
De ses baguettes, un répertoire pour duo.
Cet auteur-compositeur-interprète, dose
Sa tendresse glissée dans l’enveloppe rose
De ses espoirs cachés sous cachet de la poste
Et qui s’épanouissent en fleurs de compost.

A l’«Arto», «les facteurs»
«Sont des briseurs de cœurs»  
Qui courent les rues aimées tout au long du jour.
«Champion de natation», «Quand est-ce qu’on respire ?»
«Vendredi 13», «Lune de miel en montgolfière».
«Eva», «Le monde est sourd», alors «Reste sur terre».
Ta «Poussière de luxe», tes «Poignées d’amour» …
«Sors de ma tête» avant que ça n’empire, faut fuir …

«Célestin», héros des rêves et liaisons manquées
A, momentanément, sa batterie, troqué,
Pour la guitare, la flûte et autres surprises
Dont archet, percus et cent manières qu’on prise,
Contrebasse et voix dynamique qui nous grisent.
Un spectacle bien arrangé et qui défrise.

J’ai la chance de terminer le festival
Avec une demi-portion des «Fills Monkey»,
Mais on tire le gros lot avec ce ticket
Qui nous fait miroiter une soirée de bal.
C’est dans une ambiance de féerie totale
Entre pizza de fête et vin original.
Chantons, dansons, célébrons notre carnaval …
Que vive l’art dans sa conception intégrale !

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«In Vino Délyr». Duo Vocal Décalé. Conception de la «Compagnie Les Allumés». Mise en scène Luc Chareyron. Chant Sylvie Marin. Chant, Guitare Bruno Duchâteau. (Avignon, 28-07-2019, 20h45)++

«A cette nuit d’amour», humons pour «le plaisir»,
Boire un peu pour «le goût» et beaucoup pour «l’ivresse».
Spectacle à siroter pur, sans eau dans son vin,
Sur robe rouge et sur guitare passionnée.
Ce soir, ils «célèbrent le vin» dans le délire
D’airs d’opéras et chansons en délicatesse.
Apéritif gorgé d’une infinie tendresse.

Un joyeux festival du breuvage divin
En concert versé en cristal non bouchonné
Qu’on sert en récital à l’«Atelier 44».
Délaissez au garage votre quatre-quatre
Et puis, à sa voix de diva, enivrez-vous ;
De vos peines et de vos soucis, délivrez-vous !

Joli cocktail d’amour à base de fou rire,
Bouquet de notes florales pour soprano
Qui les déguste du goulot jusqu’au culot.
Ça a de la bouteille et c’est peu de le dire.
Douceur poétique où aucun mot n’est de trop.

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«Tendresse à quai». Texte, Interprétation Henri Courseaux. Et avec Marie Frémont. Mise en scène Stéphane Cottin. Par le «Léo Théâtre». (Avignon, 28-07-2019, 18h50)++

«La magie c’est du détournement d’attention»
«Et rien d’autre». Il suffit de trouver l’émotion.
Au «Roseau Teinturiers», une psychanalyse
Tente de réparer les dégâts d’une crise.

«Je ne vous demande pas de jouer, mais d’être»,
Dit-elle à l’écrivain avant de disparaître.
Ils font rêve commun, guidés par l’écriture,
Qui les embarque en une drôle d’aventure.

Le souffle court, les deux personnages se grisent
Et se débattent dans leur petite entreprise.
Sauts de puce entre littérature et vraie vie
Qui se confondent en des moments de jalousie.

Le goût de la contradiction
Poussé jusqu’à l’extrême onction,
«C’est l’histoire d’un homme qui n’existait pas»
«Et qui voulait que ça se sache», pourquoi pas.
«Les femmes vous regardent et on existe(ra)».
Grandiloquence dans la rédaction précieuse
Qui vagabonde entre illusion simple ou sérieuse.

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«Misérables». Théâtre musical d’après Victor Hugo. Adaptation Charlotte Escamez. Mise en scène William Mesguich. Composition musicale, Jeu Oscar Clark. Et avec Estelle Andréa, Magali Paliès, Julien Clément. Par «Scène & Cies», en accord avec «Coïncidences Vocales» et «Le Théâtre de l’Etreinte». (Avignon, 28-07-2019, 17h20)++

Au «Roseau Teinturiers», au cœur d’une forêt,
L’enfance martyrisée, Cosette souffrait.
Sur la tombe de son père, elle racontait
La vie des «Misérables» qui, mourant, chantaient.

L’idée d’une composition originale
Vient illustrer en force la vie marginale
D’un héros au grand cœur qui fut mis en prison
Sur guitare, flûte traversière et violon.  

«Faire des compliments,»    
«C’est comme donner un baiser à travers un voile.»  
Et c’est dans ces moments    
Que la tendresse ainsi que la douleur se dévoilent.
«Misère est mon trousseau» …
«C’est la faute à Rousseau».
     
«Si la liberté est le sommet,»        
«L’égalité est la base.»  
Et les lois auxquelles on se soumet      
Complètement nous écrasent.  

La voix de la sagesse guide pas à pas,    
Enchantant par ses vocalises le trépas.
Car «il n’y a guère autre chose que cela»        
«Dans le monde, s’aimer. Je meurs heureux.» Voilà ! 

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«Un Soir chez Renoir». Texte, Interprétation Cliff Paillé. Mise en scène Morgane Touzalin. Avec aussi Maialen Balédent, Pauline Phélix, Romain AK, Alexandre Cattez, Arthur Schmitt. Par la «Compagnie Hé ! Pssst !» (Avignon, 28-07-2019, 14h50)++++

Au «Roseau Teinturiers», des peintres d’un génie
Encore méconnu dissertent avec esprit.
Dans une mémorable reconstitution
S’empoignent les idées en mode rébellion.
«Ton pinceau est un sabre et tu pourfends»
«L’ordre social». Chaque mot se défend.

Brillamment interprété dans la mise en scène
Qui laisse libre cours aux bagarres et aux scènes.
Ce nouvel impressionnisme
Fait preuve d’un réalisme
Qui nous surprend, nous subjugue et surtout passionne.
Une argumentation solide qui résonne
Au plus profond de nous, autant qu’elle raisonne. 

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«J’arriverai par l’Ascenseur de 22h43». (Chronique d’un fan de Thiéfaine). Texte, Jeu Philippe Soltermann. Mise en scène Lorenzo Malaguerra. Par la «Compagnie de la Misère». (Avignon, 28-07-2019, 13h00)+

Fan de Hubert, jusqu’au délire il le vénère.
Sa vie entière tourne autour de son idole.
Une folle exaltation coule des paroles
Eructées par l’auteur qui plonge en ses viscères
Pour en extirper ses pensées profondes, amères.
«Et je demanderai ta main … pour la couper»,
Les doigts courant sur le cœur à l’envelopper.

Le fil conducteur, tout autour de lui, resserre
Sa poésie, et celle de Thiéfaine en vers.
Au «Théâtre Arto», à l’endroit comme à l’envers,
«Il pédale dans les nuages» puis décolle,
Porté par le rythme qui, à la peau, lui colle.
A l’automne aux «Déchargeurs» puis au «Funambule»,
Sa passion renaît chaque soir au crépuscule.

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«Mimosa». Texte, Mise en scène Amandine Raiteux. Interprétation Julie Cavanna. Par «YdB»et «Nouvelle Scène». (Avignon, 28-07-2019, 11h25)++

«Je suis née Mimosa, fleur des champs, jungle des villes».
Boulimique de chiffres et de mots qu’elle compile,
Elle rumine les douleurs de l’adolescence
Qu’elle dissèque en l’assiette de la bienséance.

C’est un costume de gras, puis d’air, qu’elle enfile
«Théâtre Arto» où ses jeunes années défilent.
Elle y découpe en tranches les peurs qu’elle empile
Sur des tartines recrachées pour être un fil,
Une liane qui rase les murs sans idylle …
Puis, le sourire coup de pouce, coup de fil.

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«Les Mille et Une Nuits». Les Cœurs Jumeaux. Adaptation et Mise en scène Sophie Tonneau. Avec Sabrina Manach, Emmanuel Strauss, Samuel Zucca. Par la Compagnie «Tabasco». (Avignon, 28-07-2019, 10h00)+

Nouraldine, le cœur brisé, fuit au désert,
Suite à la trahison du Vizir, son grand frère.
Sur trois générations, se conte leur enfer
Par le biais de marionnettes et ombres chinoises ;
Trois véritables personnages aussi les croisent.  

Au «Théâtre Arto», l’accordéon accompagne
L’histoire de famille à travers la campagne.
Shéhérazade retrace ainsi un mystère
Quelque peu confus, en costumes légendaires.

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«L’Effleure du mot». De et avec Mathieu Cohin. Direction artistique Laetitia Villemaux. (Avignon, 27-07-2019, 20h40)++

L’amoureux des mots ne tarit pas de paroles
Qu’il accommode avec de l’esprit qui rissole
En salle garnie d’un tas de têtes d’hilares
Fondues de plaisir, fendues d’un rire qu’homard
Aurait aimé en sauce américaine au lard.
Très bien servi à «L’Atelier Quarante-Quatre»
En savoureux plat sans cheveux coupés en quatre.

Ce spectacle modèle    
Livre quelques mots d’elle        
Qui ne la mêlent au drame        
D’un joyeux mélodrame  
De maux que l’on immole,
D’écrits dont on raffole.
C’est fou ce qu’on rigole
Des cris de ras le bol  
Du dessous des rigoles. 

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«Une Vie». De Guy de Maupassant. Mise en scène Arnaud Denis. Interprétation Clémentine Célarié. (Avignon, 27-07-2019, 19h10)+++

«La lumière, l’espace et l’eau», au «Chien qui fume»
Englobent la falaise élevée sous la brume.
«Parce qu’il était gentil», plus rien ne le freine ;
«Ses larges yeux, miroirs d’amour» de châtelaine,
Transforment Jeanne en femme revêtue de peine.

Une interprétation sensible et émouvante,
Qui insuffle au texte une dimension charnelle,
Donne vie à l’écriture spirituelle,
Tant la comédienne a la grâce captivante.

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«La Green Box». Théâtre d’objets. Ecriture, Mise en scène Claire Dancoisne. Interprétation Olivier Brabant. Par le «Théâtre La Licorne». (Avignon, 27-07-2019, 18h00)+++

Une superbe remontée préhistorique
Désosse
La barbarie qui mutile, en raison du fric,
Un gosse.

«Les Comprachicos» les transforment en «jolis monstres»
«Pour rire» d’eux, de leurs corps déformés qu’on montre.  
«L’Homme qui rit est un distributeur d’oubli».
«Le rire est-il synonyme de joie ?» Un masque  
De douleur cousu sur la peau des affaiblis,
Rejetés, en déséquilibre sous leurs basques.

Un spectacle d’une extrême ingéniosité
Avec de véritables squelettes animaliers.
Manipulation de spécimens familiers,
Assemblage d’ossements inhospitaliers
En rictus découpés dans la férocité.

«Vous avez tout et ce tout se compose»
«Du rien des autres».
Magnifique interprétation qui ose
Affronter notre
Vision dans sa compréhension des choses.

«Saltimbanque» ou «loup sauvage» vaut beaucoup mieux
Que l’Humain déshumanisé au cœur vicieux.
«Théâtre Présence Pasteur», aucun vaccin
Contre la rage de l’Homme et son esprit ceint
D’un serre-tête qui le décérèbre et brise
Son bon sens. Des sculptures qui désacralisent
L’Homme. Puissantes constructions qui symbolisent
Le bestiaire que l’Humain en crise organise. 

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«Sur le fil …» Création collective de la «Compagnie Pyramid». Avec Michaël Auduberteau, Jamel Feraouche, Dylan Gangnant, Fouad Kouchy, Nicolas Monlouis Bonnaire, Rudy Torres. (Avignon, 27-07-2019, 15h45)+++

Le «Théâtre des Lucioles» écrit sur ardoises
Quelques phrases bien senties et toujours courtoises.
J’adore leurs toilettes pour l’intelligence
De leurs propos qui affinent nos connaissances.
Ainsi, leurs WC revêtent un tout autre sens.

«Sur le fil» prend la peur au cœur et la recentre
Dès que la porte s’ouvre sur quelqu’un qui entre.
Quelques chorégraphies à vous couper le souffle
Sur musique classique aux magiques pantoufles.
Beau duo dont les mains s’attirent et se repoussent,
Mettant habilement en valeur leurs frimousses.

Un joyeux spectacle aux surprises acrobatiques
Orchestrées «Sur le fil» du rasoir symbolique ;
Inclassable, qui touche à tant de disciplines
Conjuguées mode impératif qui se décline
Sur des variations inventives et éclectiques. 

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«Est-ce que j’ai une gueule d’Arletty ?» Spectacle musical de Eric Bu, Elodie Menant. Mise en scène Johanna Boyé. Par la «Compagnie Carinae». (Avignon, 27-07-2019, 13h45)+++

Arletty, «ce soir, passe sa vie en revue».
«Théâtre du Roi René», elle est bienvenue.
«Voix et diction comiques», excès au naturel.
«Les rêves, c’est un luxe pour les riches». Celle
Qui enflamma «la Belle Epoque et Années Folles»,
Nous entraîne dans un tourbillon qui affole.

«Faisons un rêve» …
«Le jour se lève» …
«Je paradais au paradis que j’ai perdu» …
A ses réminiscences, on reste suspendu.
Des personnages incroyablement bien campés
Virevoltent en cette musicale épopée.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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«Gustave Eiffel. En fer et contre tous». De et par Alexandre Delimoges. Par la «Compagnie Les Cousins d’Arnolphe». (Avignon, 27-07-2019, 12h00)++

Petit retour à l’origine du projet
De la construction de la Tour avec effets ;
«Près d’un tiers du poids de la Tour sont des rivets»
D’un kilogramme chacun. Quel poids cela fait ?

Au «Théâtre de la Tache d’Encre», il s’attache
A transcrire, blanc sur noir, ses calculs qui fâchent.
Jalousé, harcelé sans aucune relâche,
Sa main gantée de fer, il s’attèle à la tâche.

«On ne me pardonne pas d’avoir réussi».
«Corruption, suicides, meurtres» ont anéanti
La réputation d’Eiffel, brisant son génie.
Un sujet forgé d’esprit et d’espièglerie,
Condamné pour des crimes qu’il n’a pas commis.

Ses réalisations furent enfin blanchies.
Traité avec l’humour fantasque qui sévit
Avec des aphorismes à simplifier la vie,
Dans un euphorisme mesuré, réfléchi.    

Colossal «suppositoire truffé de trous»      
Qui laisse passer l’air de tous les rendez-vous    
Au sommet de son inégalée armature    
Que tant de touristes admirent dès l’ouverture. 

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«Le tout petit prince minuscule». Ecriture, Mise en scène Yves Cusset. Interprétation Ernaut Vivien. Par la «Compagnie Un Jour, J’irai». (Avignon, 27-07-2019, 10h05)++++

«La mort, c’est pas rien,»
«Ça n’arrive qu’une seule fois dans la vie».
Ça nous fait du bien
De saisir comment l’auteur plonge en la survie
D’un être sans défense
Et plein d’une présence        
Qui nous subjugue et étonne par sa prescience ;
Il nous émeut jusqu’au fond de notre conscience.

Le comique surgit du décalé des mots.
Raisonnement naïf, subtil, fort à propos.
On attend telle hypothèse et l’autre est choisie.
Regard d’enfant sur un monde d’adultes pris
Dans la tourmente d’une pensée qui s’enfuit.

On a l’impression d’être en la tête de l’homme
Diminué. Alors on comprend tout, en somme,
De cas spéciaux, d’un certain type de folie,
Sorte de génie, source de mélancolie.    

«Optimisme triste» ou «pessimisme joyeux» ?
Penchons pour le deuxième, quand la joie aux yeux
Décille notre esprit
Afin que l’on sourie.

Quand un comportement moisi
Manque un peu de courtoisie,
On déguste avec frénésie
L’humour noir de la jalousie.

«L’amour, médicament pour oublier la vie» …  
«Ou la mort» … suspendue dans un dernier sursis ?
L’amour est l’attente du prochain rendez-vous
Et le reste n’a plus d’importance du tout.

Cet essai, d’une immense sensibilité,    
Dévêt l’humanité avec humilité.
Eblouissante interprétation. Rôle phare
Qui livre le fond de l’âme sans aucun fard.

Son écriture m’a totalement bluffée ;
A voir absolument ! Comme un conte de fée  
Très puissant et terrifiant de sincérité.          
Ce texte profond, emprunt de légèreté,
D’une incroyable force, crie sa vérité.  

«L’essentiel est invisible pour les oreilles».
Dire «je veux» est une nouvelle naissance.
C’est prendre possession de ce qui a un sens
Particulier ; et plus rien ne sera pareil.

«Le petit prince ridicule»
S’écrit en lettres majuscules
De poésie philosophique
Qui produit un effet magique
A l’«Atelier Quarante-Quatre»,
Sympathique petit théâtre.

Il est tout petit,
Son Q.I. aussi ;
Mais sa drôlerie
S’emplit d’infini,
De vitalité,
De grande gaieté,
Comme ce qui suit :

«L’amour, ça remplace la vie,»
«Comme si on flottait par-dessus»
«Et qu’on la regarde de loin.»
«Que la vie ne nous dérange pas,»
«Et nous laisse seul»
«Avec notre amour tout entier.»

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«The Primitals». Comédie a cappella. Conception «Yllana» et «Primital Brothers». Mise en scène Joe O’Curneen. (Avignon, 26-07-2019, 20h05)+

«Théâtre Le Rouge-Gorge», un curieux concert,
En grande partie a cappella, qui libère
La mémoire tribale qui sommeille en nous,
Réveillant le primitif que l’on désavoue.

Inspiration variée, depuis les Maori,
A la musique de cinéma de Taxi.
Un quatuor qui entre en vibrations de transes,
Un contre-ténor grimpe au sommet des romances.

Borborygmes et onomatopées nous incitent
A les rejoindre dans leur délire explicite.
Ils s’attaquent à tous les registres musicaux
Repris après découpages chirurgicaux.  
Ces acteurs-chanteurs, complètement déjantés,
Nous ont amusés et aussi désorientés.

Trituré du bocal,
Leur trafic d’art vocal
Se normalise
En vocalises
D’Opéra … tionnel
Certes émotionnel. 

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«Genoma». D’après Federico Garcia Lorca. Adaptation libre de «La Casa de Bernarda Alba». Mise en scène Juan Antonio Moreno. Chorégraphies Angeles Vàzquez. Par la «Compagnie Albadulake». (Avignon, 26-07-2019, 18h15)++

Une maison endeuillée de grande douleur
Se chante en lamentations et se danse en pleurs
De flamenco au «Théâtre du Girasole»
Où la mère tient ses filles courbées au sol,
Les protégeant de l’extérieur et des paroles,
Provoquant un psychodrame à vitesse folle.

Spectacle sous le signe boisé du cercueil
Ecartant toute possibilité d’écueil.
Une tension silencieuse montée au recueil
Et c’est la dureté du regard qui accueille.
Pour leur survie, elles se livrent une bataille
En rouge tournoiement, froissement d’éventails.

Un jonglage en parfaite synchronisation
Accouche une performance lavant la faute.
Murées sous le joug de l’aïeule autoritaire,
Piégées dans leur noir carcan qui soudain sursaute,
D’une grâce lente et tendre, elles s’en libèrent,
Prêtes à voler vers le drame en préparation.    

De Lorca,    
Bernarda    
Se nomma        
Genoma ;  
La Alba  
Surnomma
Ses nanas.  
Au fond de la Casa,        
L’honneur s’y immola ;    
Naïveté brûla          
Les planches sous les pas. 

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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