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Archives de Catégorie: Avignon 2016

« Hugo, l’interview ». Conception, Montage et Jeu Yves-Pol Deniélou. Mise en scène, Voix off Charlotte Herbeau. Par « Merci la Prod Compagnie ». (Paris, 05-02-2018, 19h30) +

« Un jour, une légende »,
L’émission qui demande
La plus grande attention
Dans les situations
Tragiquement vécues.
« L’enfant rit quand il tue »
Dans un monde empli de laideur.
« L’horreur contemplait la splendeur » …

En « utilisant les textes de Victor Hugo »
Pour illustrer « l’actualité contemporaine »,
L’acteur fait revivre les « combats fondamentaux »
Qui valurent au poète une gloire souveraine
Sans oublier quelques démonstrations de haine.
L’interview sert à placer différents extraits
D’une vingtaine d’œuvres soulignant les traits
Essentiels d’écrits connus, et d’autres, plus secrets.

Sa « puissance d’évocation »
Qui fait surgir les vocations
Littéraires et politiques
Garde une lumineuse éthique.

Face au fanatisme enraciné, hébété,
Il étanche sa grande soif de liberté,
S’abreuvant à la source de « paix en société ».
Sacrilège, exil, désir de justice et bonté
Se mêlent, avec courage, en infinie clarté.

Un échantillonnage de pensées profondes
Affleure au « Théâtre Essaïon » en belles ondes
Pour mieux réveiller les consciences endormies.
Son interprétation ne fait rien à demi
Et s’engouffre dans nos oreilles ébahies.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« Le Bal », d’Irène Némirovsky. Adaptation, Mise en scène Virginie Lemoine. (Avignon, 21-07-2016, 14h35) ++ (Paris, 25-04-2017, 19h00) ++

Un intérieur cossu
Où la bourgeoisie pue
De toute l’arrogance
Et de l’impertinence
De leur insignifiance.

« Appartement doré »
Pour se faire adorer.
Nombreux tableaux de Maîtres
Pour le laisser-paraître.

Des parvenus, nouveaux riches grossiers, incultes » …
Dans une pièce de boulevard qui exulte.
Écrite en mille-neuf-cent-trente elle dénonce
Les faux-semblants, cinglants comme un coup de semonce,
Prélude aux divers événements qui s’annoncent,
Sertis de vérités criantes qu’ils énoncent.

Peinture des méfaits,
Pittoresque à souhait.
Quand le vernis s’effrite,
C’est alors qu’on se fritte.

Scènes basées sur d’irrésistibles mimiques
Qui valent tous les discours quand ça se complique.
De la belle ouvrage, finement travaillée,
Où tout une époque se voit déshabillée
Et, dans les moindres recoins de l’âme, fouillée.

Que ce soit « Théâtre La Luna » d’Avignon,
Ou « Théâtre Rive Gauche » en ébullition,
C’est une vue rétrospective capitale
Qui pousse et déboule en fine lame fatale.
Un collier de mots sur sautoir original,
Biface, cousu main, avec du double sens,
Surtout quand il blesse profondément l’enfance.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« Michael Kohlhaas. L’Homme révolté ». D’après la nouvelle de Heinrich Von Kleist. Interprétation Gilbert Ponté. (24-04-2017, 1945) ++

« Kohlhaas », des plus beaux chevaux, est un éleveur.
Il se fait abuser par un noble seigneur.
« Cent aiguilles enfoncées dans l’enclos de son cœur » …
En quête de justice il se veut redresseur.
A « L’Essaïon », la colère s’enfle, sans peur,
Orchestrée par un intrépide et fin conteur.

Au croisé de la légende et de l’épopée,
On assiste à de fulgurantes échappées
Où se dessinent les brillantes arabesques
D’une interprétation, ample et chevaleresque,
Qui « referme le cercle » des pensées d’avant …
Et « il ne resta plus que son nom dans le vent ».

En deux-mille-seize une envolée théâtrale
Vers Avignon, où le comédien fut martial
Dans ce très beau rôle à « L’Espace Saint-Martial ».

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« D’autres vies que la mienne ». D’après le roman d’Emmanuel Carrère. Adaptation, Mise en scène Tatiana Werner, David Nathanson. Par la compagnie « Les Ailes de Clarence ». (04-01-2017, 20h45) +

A Paris, au « Théâtre de la Reine Blanche »,
« L’impuissance à aimer » grossit en avalanche,
Submerge tout et rend les sentiments étanches.
C’est aussi l’amour qui maintient les rescapés
Que la vie a sournoisement handicapés.
L’histoire des deux Juliette nous a happés.
Fillette et Mère, par la mort, furent frappées ;
Et, par-delà, la vie va reprendre sa revanche.

En fond de scène un rideau, comme un code barre,
Évoque un découpage de vies qui se barrent.
Il raconte ses déchirures et puis la vague
Qui emporte tout, ne laissant qu’un terrain vague.

« Théâtre du Centre », s’installe le séisme
Où le comédien nous plonge sans héroïsme.
Son jeu précis,
Simplement, dit
Le tsunami
Qui engloutit
Toutes ces vies.

Les cellules cancéreuses attaquent … offensives,
Laissant les corps éreintés, sur la défensive.
Une bataille juridique jouissive
Contre des pratiques financières agressives,
Cousues dans un matelas de clauses abusives.
Au fil de ces récits, l’attention progressive
Des spectateurs soutient la tension qui est mise.

Quand l’acteur « emprunt »e une « réserve d’argent »
De mots à « crédit : facilité de paiement »,
Sa parole vaut tout l’or de certaines banques
Qui l’encaissent … puis, subrepticement, le planquent.

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« Evita. Amour, gloire etc … » Ecrit et dirigé par Stéphan Druet, pour Sebastiàn Galeota. (21-12-2016, 21h00) ++++

Une apparition grandiose en robe insensée,
Blancheur immaculée et corsage froncé.
Son ambition ? « Se voir sur du papier glacé ».
Ne plus « jouer les grandes femmes de l’histoire »
Mais en être « une » que le monde entier va voir.
« Comédie Bastille », son destin est tracé.

Avec cet « amour politique et stratégique »,
Eva sera Perón pour une vie publique.
Dans un texte spirituel et savoureux,
L’interprétation prend un tour miraculeux.

Fortement armée d’un caractère incendiaire,
Dotée d’une volonté extra-ordinaire,
Son habileté est devenue légendaire.
Un spectacle puissant qui ne peut que nous plaire …
Somptuosité et déclin d’une carrière.
Aux « Trois Soleils » d’Avignon, les passions brûlèrent
Les planches qu’Eva et son double martelèrent.

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« Le Secret de Fabula ». Spectacle de Marjorie Garcia et Aude Sappey-Marinier. Théâtre musical et Création Vidéo. (20-12-2016, 16h00) ++

Quand les légendes ne sont plus ce que l’on croit,
On les retrace en pointillé, au point de croix,
Pour que l’imagination fasse un nouveau choix,
Libérant l’histoire des secrets d’autrefois.

On joue à cache-cache avec les personnages,
Les remettant au goût du jour et leur message
Traverse les siècles et les multiples usages
Que l’on peut faire de leur caractère et âge.

Tout se déclenche par un fabuleux orage
Qui magnétise à fond, déchire les ouvrages.
C’est la disparition des principales pages,
Précipitées à travers un étroit passage ;
Le code, ainsi volé, finirait son voyage,
Détourné de ses ambitions louables et sages.

Une réécriture des « contes de fées »
Avec projection ciné du plus bel effet.
« Ce sont nos différences qui font notre force » …
Avec le « philtre de gentillesse » on s’efforce
De retrouver et mettre dans le droit chemin
Les responsables du vol du vieux parchemin.

« Merlin, le désenchanté » et anti-héros,
Est entouré d’héroïnes au mental costaud,
Leurs pouvoirs dissimulés sous un paletot.
« Seuls les actes décident de ce que l’on est »
Et c’est ainsi qu’à une autre vie l’on renaît.
Au « Théâtre Les Feux de la Rampe » on termine
En beauté les contes … à la plume ou à la mine.

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« Une Saison en Enfer – L’expérience intime ». Arthur Rimbaud. Mise en scène, Interprétation Jean-Baptiste Forest. Sound Design en Live. Par la « Compagnie Kâdra ». (19-12-2016, 19h30) ++++

Partir vers « des contrées lointaines et exotiques »,
Fuir vers des régions « merveilleuses et authentiques ».
Voyage fait de rêves et de divagations
A travers des lumières de rouge passion.
« Une Saison en Enfer » tout en séduction
Où l’on perçoit à chaque instant les vibrations.

« La clef du festin ancien » … où « s’ouvrent les cœurs »,
Se fraye un chemin dans le dédale de fleurs
D’un langage qui sème la joie et les pleurs.
Un équilibre qui se fait dans la douceur.

Le comédien émerge doucement de l’ombre,
Nous laissant flotter au-dessus du cercle sombre
De la débauche de vices et de mots qui tombent
Rondement de ses lèvres en mélodies profondes
Et suivent les cours de ses pensées et de l’onde.
Ivre de poésie, sa poitrine se bombe
Pour recracher les délicieux propos qui grondent,
Le transformant en orgiaque bête de scène
Qui exulte et sublime l’œuvre rimbaldienne.

Gestuelle qui, avec art, chorégraphie
Les textes qu’il interprète comme un défi.
Un fameux spectacle enrichi d’inattendu
Se joue, se danse comme sur un fil tendu
Entre deux mondes étranges aux âmes suspendues.

« Théâtre La Jonquière » et « Ateliers d’Amphoux »,
Son interprétation sincère nous rend fous
De bonheur. L’ouïr est un pur enchantement
Qui nous berce d’un mélancolique moment.
Une belle surprise à voir absolument.

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« Le Chien ». D’Eric-Emmanuel Schmitt. Mise en scène M.F. et J.C. Broche. Par la « Compagnie Roseau Théâtre ». (17-12-2016, 15h00) +

« Le Chien », complément du Médecin de campagne,
Ne le quitte jamais et partout l’accompagne,
Que ce soit à « L’espace Roseau-Teinturiers »
Ou « Théâtre Rive Gauche » où ils sont liés.

« Si les Hommes ont la naïveté de croire en Dieu »,
« Les Chiens », eux, ont la naïveté de croire en l’Homme ».
Cette fusion avec l’animal a, en somme,
Quelque vérité qui tient du « miraculeux ».
C’est aux côtés de son chien Argos, le fidèle,
Que va s’humaniser le sombre Samuel.

Camp de concentration,
Suite aux dénonciations,
Et la vie qui bascule,
Mélangeant le recul
Au manque d’avenir
D’un jeune homme à flétrir.
Le chien va convertir
Cette pensée stagnante
De façon souriante.

Ce récit à deux voix nous trotte dans la tête,
Ranimant l’espoir sur les débris que l’on jette.
Le chemin parcouru pour réapprendre à vivre
S’éclaire dans les dernières pages que livre
Le vieil homme, quand il entrouvre l’épais voile
Pour qu’apparaisse enfin la véritable étoile …

Celle tapie au fond des yeux de l’orphelin
Face à la détresse des jours sans lendemain
Où le cœur se ferme, se protégeant d’humains
Dont l’âme ne vaut guère plus d’un fifrelin.
Une histoire contée en lignes parallèles
Dont le cours s’achève en métaphores très belles.

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« Le Bestiaire des Filles Foraines ». Théâtre musical de la « Compagnie Bec et Ongles ». Mise en scène Mikaël Fasulo. Au chant Sarah Bloch, au piano Charlotte Gauthier. Par la « Compagnie Deux Croches Rondes ». (16-12-2016, 15h00) +++

« Bec » en avant
Et bien pensant,
« Ongles » dehors
Qui griffent fort
Le temps qui passe,
Saisit, enlace
Notre cervelle …
Qu’elle révèle.

Une musique qui subjugue
Et avec la voix se conjugue
Au présent féminin pluriel
Dans une douceur d’éternel.

A la rencontre des »créatures qui hantent »
« Les recoins de leur imagination » géante.
« La femme qui se barbe » et brise le silence
Nous enveloppe des sursauts de sa conscience.
Avec art, elle fait croire au Père-Noël
Nous offrant ses friandises au goût d’irréel.

« Affronter les peurs et les pires cauchemars »,
Devient avec elles un jeu d’enfant sans cafard.
Au « jeu de massacre » universel elles gagnent
Notre infini respect et le mât de cocagne.

C’est au « Théâtre Notre-Dame » d’Avignon
Qu’en juillet on put découvrir leurs premiers gnons.
Leur spectacle, façon cirque a évolué,
Grisant de frissons qui laissent éberlués.
Un « pied de nez » clownesque pour évaluer
Le chemin parcouru où tout a basculé.

« Comédie des Trois Bornes » elles donnent à cœur joie
Leur récital intelligent et plein d’émois.
Mise en scène en métamorphoses originales
Qui construit de graves instants de carnaval.
Avec un joli brin d’humour tout en finesse,
On est touchés par leur talent et leur hardiesse.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« Rhinocéros ». La Nouvelle d’Eugène Ionesco. Mise en scène Catherine Hauseux. Avec Stephane Daurat. Par la « Compagnie Caravane ». (28-11-2016, 19h30) +

Le caractère humain, version « Rhinocéros »,
Se plie à toutes les ambiguïtés féroces
Sur le devenir d’une humanité atroce
Qui, au sommet du front, voit pousser une bosse.
Prolongement en une consistance d’os
Qui laisse le champ libre aux discussions véloces.

Au « Théâtre Essaïon », c’est un portrait qu’on brosse
D’une animalité mâtinée d’homme rosse.
« Psychose collective » que l’esprit cabosse,
Métamorphose en tragi-comico négoce.
Réflexions sur des transformations que les gosses
S’imaginent en mutations pour les sacerdoces
Dans un « monde malade », tremblant sous sa cosse.
A « L’Arrache-Cœur », ont déboulé, en molosses,
Tous ces bipèdes mués en « Rhinocéros ».

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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