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« L’Ingénu de Voltaire ». Adaptation : Jean-Christophe Barbaud (Mise en scène) et Thomas Willaime (Interprétation). Par la compagnie « Théâtre Odyssée ». (Paris, 23-06-2018, 19h45) ++

« Elle aimait le plaisir et était dévote »
Cette phrase, à elle seule, tout, sabote
Et met en lumière les contradictions
Et la lutte entre les diverses passions
Exercées à l’Église ou dans la Cité.
Cette satire est une nécessité
A fin de révéler notre cécité.

Tristement d’actualité, ce fort pamphlet
Sur la corruption des puissants est le reflet
D’une société malade de ses abus
De fanatisme politique ou religieux.
Pour oser le dire il fallait un « Ingénu »
Semblé tombé des nues,
Le regard vers les cieux.
Au « Théâtre Essaïon », la pensée est à nu.

De tous temps, la femme est doublement punie.
Pour l’homme, toujours, elle se sacrifie.
Elle doit le taire, ce qu’elle subit.
La victime expiatoire des infamies
Regarde en face les injustes interdits.
Le prix d’une existence salie est la vie.

« Je vous ai adoré en vous trahissant »,
Des maux contés en un étourdissement.
Un immense bonheur d’entendre Voltaire
Par la bouche d’un acteur qui se libère
Des contraintes scéniques en rebondissant
Partout, sur tout, dans un jeu primesautier.
Une expression qui ne fait rien à moitié,
Tout en candeur et effets rafraîchissants.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

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« C’est dans la tête »d’Alexandra. Ecriture, Interprétation Alexandra Pizzagali. (Paris, 22-06-2018, 20h00) ++

C’est de l’humour
Carrément lourd
De conséquences
Tout en substance.

« Théâtre du Marais »,
Un spectacle qui plaît.
La salle est plus que pleine
Côté cour, côté plaine.

Côté jardin sur scène,
Parlant de choses obscènes
De façon si naïve,
Drôle et joliment vive,

Elle tire en force à coups de gros boulets rouges
Sur tout ce que l’on n’ose plus dire et qui bouge.
Réflexions incisives et tellement tranchantes
Qu’elle fait mouche à chaque parole troublante.

Elle dit les pires horreurs avec sourire
Et sérieux qui déclenche un grand nombre de rires.
Elle allume la notion de « respect » qu’elle perd,
« D’agressivité » qui désespère les repères.

Un spectacle cinglant qui rebondit sur tout,
Dans une écriture alerte et inattendue.
Un langage direct et sans sous-entendus
Qui crache son venin salutaire partout.

« Les Amazones », désirées parce que craintes,
Savaient utiliser toutes les belles feintes.
L’excuse de la folie pour une expression libre
Égale un jeu d’ivresse en rupture d’équilibre.

Pour qu’on puisse avaler toutes ses vérités,
Se peaufine un bon stratagème à découvrir,
In extremis, qu’elle révèle avec plaisir,
En étrange finesse et beaucoup de doigté.

+ + + +

Cette valeur sûre sévira au « Palace »
Le vingt-trois juillet. Réservez votre place.
Son humour noir ne vous laissera pas de glace.
Venez réfrigérer votre cerveau, de grâce !

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« L’Établi ». D’après le roman de Robert Linhart. Adaptation Marie-laure Boggio, Olivier Mellor. Mise en scène Olivier Mellor. Par « La Compagnie du Berger ». (Paris, 21-06-2018, 20h30) ++

L’après mai soixante-huit, dans l’usine Citroën
Où les ouvriers assemblent les Deux-Chevaux en chaîne,
Un brillant intellectuel, engagé volontaire,
S’identifie à eux, se frotte au travail terre à terre.

Une étude sociologique approfondie,
D’une grande tenue littéraire, décrit
Une « organisation dans la classe ouvrière »
Infiltrée par celui qui dévoile l’enfer.

« Pour construire des objets et broyer des hommes »,
On les parque dans des entrepôts où la somme
Des gestes répétitifs détruit et assomme.
Orchestre, montage sonore et vidéo
S’allient pour animer les différents tableaux.

« Salle en Pierre » au « Théâtre de l’Épée de Bois »,
Un impressionnant décor se déplace en roi
De la ferraille. Scénographie que l’on croit
Réelle par quelques artifices de choix.

La mise en scène au mécanisme bien huilé
Fracasse tout et se fait fort de contrôler
Chaque objet qui va et vient au rythme frappé
Par les cadences infernales au son martelé.

La musique et la tôle explosent jusqu’au sol,
Dans une gamme majeure, unis sans bémol.
« La production écrase la matière humaine »
Dans une accélération où la grève est vaine.

Si l’ambiguïté règne autour de « L’Établi »,
C’est qu’à la double-tâche, un double-sens s’inscrit,
Distinguant ou bien confondant l’homme et l’outil.
La porte passée, son humanité s’oublie.

+ + + +

Avignon, Grande salle, « Présence Pasteur »,
Venez vous faire vacciner contre la peur.
Limpide écriture aux judicieuses remarques
Décochées, façon habile tireur à l’arc,
Sur l’écran des revendications où défilent
Les têtes grossies des patrons qui défilent.

Témoignage qui claque
Quand les jointures craquent
Dans le vent de l’arnaque
Sociale qui se plaque
Aux faces mises en vrac
Des grévistes qu’on traque.
Mouvement mis à sac
Dans un récit qui sacque.

Afin de rester zen,
Ne plus avoir la haine,
Voyez-les sur la scène
Ne pas être à la traîne.
Les carcasses s’enchaînent,
Les autos se déchaînent.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« Notre cher Anton ». D’après les écrits de Tchekhov. Conception, Mise en scène, Interprétation Catherine Salviat. (Paris, 20-06-2018, 19h00) +

Dans l’intimité des écrits du dramaturge,
Elle sélectionne en vue d’une sacrée purge.
Fouillant les mémoires de l’écrivain, elle opère
Des coupes franches pour affiner les repères,
Choisis, qu’elle décide de mettre en lumière.

Pour son récit, elle s’appuie sur la charnière
Élégamment construite et qui lui fait plaisir.
Elle chante ou joue les extraits, selon ses désirs,
En partageant ses émotions au gré des lectures.
C’est la traversée de sa nouvelle aventure
Que l’on suit avec un rafraîchissant sourire.

Un peu à la façon d’une conférence,
Le phrasé de Catherine Salviat danse
Au « Théâtre Artistic » ; Notre cœur balance
Entre évocations littéraires et romance.

Elle campe avec soin un « éternel nomade »
Qui s’oublie pour consacrer sa vie aux malades.
Il tente de triompher de l’ennui mortel
Qu’il décrit abondamment à coups de scalpel.

C’est l’âme russe qui se donne en confidences
Et nous engage sur un terrain de confiance
Où entrent en lice quelques-uns des plus grands auteurs
Dont elle célèbre les œuvres avec belle ardeur.

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« La Cerisaie, variations chantées ». D’après Anton Tchekhov. Adaptation, Mise en scène Susana Lastreto. Musique Annabel de Courson, Jorge Migoya. Par « La Compagnie GRRR ». (Paris, 19-06-2018, 20h30) +

Si, enlever les pavés de la salle en bois,
Était un jeu « Théâtre de l’Epée de Bois »,
Il mènerait à la vie de Tchékhov, tout droit,
Et à ses carnets intimes, dignes de foi.

Grâce à l’évocation des cerisiers en fleurs,
Naissent des refrains que tous connaissent par cœur.
La blancheur du jardin et des robes s’étale
Ainsi que les chemises comme des pétales.

Les scènes semblent parachutées sur la toile
Qui recouvre l’hiver en un immense voile.
Les coutures craquent un peu dans cet assemblage
Où se succèdent moments d’espoirs et de rage.

Nouveaux arrangements pour succès d’autrefois
Qui s’accordent parfaitement aux jolis chœurs.
La maîtrise du chant porte de la douceur
Au montage semblable à un chemin de croix.

Des règlements de comptes qui pèsent leur poids
En douloureux souvenirs enrobés de poix.
Bandonéon, guitares, percussions, piano,
Règnent seuls en maîtres tout au fond du plateau.

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« Vivre ne suffit pas ». De Jean-Mary Pierre. Mise en scène Hélène Darche. Avec Pernille Bergendorff, Philippe Nicaud. Par la « Compagnie du Passage ». (Avignon, 19-06-2018, 11h45) ++

« Être heureuse, j’y ai droit ». La soif de bonheur,
Après la maladie, doit rejeter « la peur »
« De perdre tout ce que l’on a ». « Tout doit changer »,
« Aujourd’hui ». La vie revient et Anna veut ranger
Son existence et élargir son horizon.
Son couple cogite à en perdre la raison.

« Espace Roseau », un « mécanisme infernal »,
Ronge leurs deux cœurs et, dans leurs pensées, s’installe.
Faut-il encore partager les mêmes râles
Pour que les visages ne soient plus jamais pâles ?

Pour relever les couleurs de la guérison
Et échapper à la conjugale prison,
Confidences sur canapé, en oraison
Funeste, brûleront par simple dérision.
Ils remettent en question toutes leurs décisions,
Leur amour en jeu de petites trahisons.

Commence à courir le temps de la rémission,
Alors s’instaure celui de la confession.
Dans un dialogue qui frappe sans concession,
Se soulève le voile de la suspicion.

A travers leurs échanges, ils vont se découvrir.
La connaissance de soi fait toujours souffrir.
Doit-on, continuellement, à tout, s’ouvrir ?
Jusqu’où aller pour faire face à l’avenir ?

Vouloir « vivre plusieurs vies en une », c’est fou !
Il faudrait déjà « en vivre une jusqu’au bout ».
Cette écriture incisive accuse les coups
Et les griffures profondes au cœur et au cou
Qui se serrent quand la « lassitude » est à bout.

Un crédible duo
Qui mesure ses mots.
Répliques percutantes
Qui comblent les attentes.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« Le Bord », d’Edward Bond. Traduction, Mise en scène Jérôme Hankins. Avec Françoise Gazio, Yves Gourvil, Hermès Landu. Par « L’Outil Compagnie ». (Paris, 18-06-2018, 20h30) +

Sur « Le Bord » de la route,
Au bord de la déroute,
Basculent dans le doute
Trois êtres qu’on redoute.

Au bord de tout, jusqu’à l’évanouissement,
Au bord du déséquilibre et du caniveau,
Au bord de la rupture de l’humanité,
Au bord du précipice en toute humilité,
Au bord de la déchéance et des coups de trop,
Au bord de ce qui éteint le discernement,
Au bord des règlements et de l’affrontement.

Au bord des plats sans aucun goût,
Au bord de l’éclatement, instants de dégoût,
Au bord de la perte des repères et du sens,
Au bord des limites de vie à contre-sens,
Au bord de l’absurde et des accès de folie,
Au bord de la bascule d’étranges envies,
Au bord du trottoir et de la mort … dans un lit ?

« Théâtre Épée de Bois »,
L’argent n’est pas le roi,
Mais il pèse son poids
Dans les choix qui échoient.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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