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« Les Fêlés ». De Philippe Sohier. Mise en scène Delphine Gustau, Serge Bonafous. Par la « Bonaf Company ». (16-06-2017, 20h00) +-

C’est une drôle d’atmosphère hyper-tendue
Qui se déguste, façon dîner confondu,
Assaisonné de propos un peu graveleux
Où se fissure mal la coquille des œufs.

Ils déballent leur salade aux petits oignons
Et les mots, quelquefois, font plus mal que les gnons.
Au moindre prétexte ils grattent jusqu’au trognon,
S’épluchant la pomme, voulant être mignons.

Ils se sucent la moelle et les os sans vergogne
Puisque leur couple bat de l’aile à pleine pogne.
Comment pimenter un mariage si l’on rogne
Les habitudes qui donnent envie que l’on grogne.

« Théâtre du Marais » puis « Théâtre des Brunes »,
Dix ans de vie commune, pèsent-ils des prunes ?
Et, quand tout le repas s’en va à la poubelle,
Reste-t-il des reliefs d’amour sous les querelles ?

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« L’Illetric ». Texte, Mise en scène Moreau. Avec Anne-Laure Sanchez. Festival de caves, douzième édition. (15-06-2017, 20h00) +-

Attention, pas de panique !
Naissance de « L’Illetric »
Sous des faisceaux électriques.
Commence l’apprentissage de l’écriture
Quand viennent les pensées à travers la lecture.
Dans l’impossible déchiffrage des rayures
D’encre, les lettres ne semblent que des griffures
Dont le sens incertain reste lointain, obscur.

On reste égarés dans les profonds souterrains,
Dans une cave où les mots heurtent les parpaings.
Les phrases hachées suintent des murs dégoulinant
De sens pratique issu du métropolitain.
Par saccades elles arrivent en wagons pleins
De réflexions qui voyagent par points communs,
Bercés de rythmes particuliers, lancinants.
Narration de l’ennui d’une fuite en avant
Dont le corps se fige dans le petit matin.

Alors s’accélère le flot
Dans une succession de mots
Qui se bousculent aux portillons
Et se changent en postillons
Chargés de lourdes impressions.
Il découvre et prend possession
Des lignes donnant le frisson.

« Je vois ma fêlure en éclat sur ton visage »,
Dit l’homme en pensant à celle qui l’envisage.
Et lorsque la vérité lui saute au visage,
La réalité le pénètre d’une rage …
Comment faire pour prendre un nouveau virage,
Lorsqu’un amour surgit à l’ombre d’un passage ?

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« Les Flottants ». De et avec Sonia Némirovsky. Mise en scène Bertrand Degrémont. Pièce contemporaine pour cinq acteurs. Par la « Compagnie des Traversés ». (14-06-2017, 21h00) +

Mine d’enterrement pour la fête de noce
Où l’on sent que, quelque part, il y a un os.
Au « Paradis du Théâtre Le Lucernaire »,
Les mariés dansent sur quelques langoureux airs.

Fin de repas où trône encore le gâteau,
Des reliefs épars et des monceaux de cadeaux.
Ballons de baudruche formant des gouttes d’eau …
Dans un combat marin où perlent les sanglots.

La nostalgie grandissante épouse le drame
Qui couve au-dessous d’une avalanche de larmes.
Et puis soudain « La Sirène » donne l’alarme
Dans un blancheur immaculée qui désarme.

Une tristesse propice aux réminiscences
Flotte autour d’âpres réflexions sur l’existence.
Quand plusieurs histoires se croisent à la sauvette,
Leurs routes plongent entre les crabes et les crevettes.

L’orage des sentiments éclate entre fées
Des temps modernes où la concurrence se fait.
La voix off envoie des ondes dans le courant
Qui s’enfle sous la pression de tout ce qui ment.

Une romance entre les bulles et le piment
Qui reste en travers de la gorge de l’amante
Se débattant dans un océan qui la tente,
Où elle a envie de se glisser entre attentes …

« Car le plus important était de s’embrasser » :
Un leitmotiv dont elle ne peut se lasser.
Avec de profondes bouffées d’air pour brasser
Le fond des flacons et, leurs débris, ramasser.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« Madame Bovary ». De Gustave Flaubert. Adaptation, Interprétation André Salzet. Mise en scène Sylvie Blotnikas. Par le « Théâtre Carpe Diem ». (14-06-2017, 18h30) +++

Au « Lucernaire » … avec une infinie tendresse,
C’est le portrait du couple « Bovary » qu’il dresse
D’un immense talent et légendaire adresse ;
Il met en valeur les détails qui intéressent.

Avec passion, il tient bien le fil de l’histoire
Et manie l’art du raccourci sans décevoir.
Le récit se lit dans le regard malicieux
Que l’acteur pose sur des discours chaleureux.

« La fenêtre en province remplace un théâtre » …
Et l’on observe, caché derrière les plâtres …
L’interprétation, savoureuse et passionnante,
Jette sur l’ouvrage une vision rayonnante.

De l’ennui d’Emma, naissent mensonges d’amour
Conduisant au vertigineux compte à rebours.
Tout le désespoir de l’œuvre figure en scène
Dans une admirable version, fine et humaine.

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« La Violence des Potiches ». D’après Marie Nimier. Adaptation, Interprétation Isabelle de Botton. Mise en scène Jean-Pierre Hané. Gestuelle scénique Philippe Fialho. (13-06-2017, 20h00) +

« Deux façons de se taire »,
L’une est de ne rien faire,
L’autre étant « de saturer l’espace de mots »,
Technique souvent utilisée, par défaut.

Du bon usage d’un mot et de son contraire,
De l’inertie ou du mouvement, elle espère
Que le juste milieu trouvera son repère
Tandis qu’elle peint, dépeint, son art littéraire.

« La colère d’une godiche »
Fait « La violence des potiches ».
Sa révolte ordinaire
Devient vite exemplaire.

Quand il lui prend l’envie
De partager l’avis
Qu’elle cogite sur la condition des femmes,
Elle les défend avec son cœur qui s’enflamme.

« Potiche » à l’intérieur joliment décoré
Dans le but final d’être cassée, dévorée.
Une mise en scène qui va tout dépoter
En comblant les vides quand la terre est ôtée.

« La tête dans les étoiles » au « Studio Raspail »
Et « les pieds sur terre » un brin ancrés dans la paille,
C’est au petit « Pixel » que s’embrayent et déraillent
Les habitudes à remettre sur les droits rails.

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« L’infiniment dedans ». Création chorégraphique de Christine Bastin. Musique originale Olivier Gailly. Danse Ariane Derain. Roue Cyr Théo Touvet. Par la « Compagnie La Folia ». (13-06-2017, 12h00) ++

« Son corps est une île (…) dans le champ des étoiles » …
Et c’est le sens mystérieux qu’elle en dévoile
A travers des mouvements d’une éternité.
Le temps, ralenti, vient doucement s’y heurter.

Tandis que la « Roue Cyr »
Le sol pour en roussir
Le parquet, sur la cire
Glisse leur avenir.
Cubes blancs pour partir
Et tout redécouvrir …

Le monde pris dans l’engrenage de la roue
S’affole pour trouver l’équilibre à la proue
D’un navire
Qui chavire
Pour qu’éclose la vie
Dans un berceau d’envie.

Les corps venus se lier
Ont la roue pour alliée
Et quand le violoncelle
Y met son grain de sel
Très vite il ensorcelle.
La bande-son recèle
Un pouvoir irréel
Pour accompagner celle
Dont le talent ruisselle.

Dans la fureur des éléments qui se déchaînent,
Vont-ils enfin réussir à briser leurs chaînes …
Se libérant du cercle qui les emprisonne
Dans de jolies postures où ils se contorsionnent.
« Studio-Scène La Briqueterie », ils fusionnent.

Une chorégraphie pour « redire la beauté »
« Du vivant tant qu’il est encore temps », et ôter
La noirceur remplacée par la luminosité.
C’est ce monde, qu’en douceur, ils nous ont présenté,
Un monde qui tourne enfin rond et plein de gaîté,
Un monde où il fera bon de venir s’abriter,
Un monde qui respire la musicalité,
Même lorsque les doigts ont cessé de pianoter.

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« La Goulue ». Le destin de Louise Weber, Reine du Moulin Rouge. Texte Delphine Gustau. Mise en scène, Jeu Delphine Grandsart. Musique, Accordéon Matthieu Michard. Par « La Compagnie Les Petites Vertus ». (12-06-2017, 21h30) +

Après « L’Essaïon », elle s’en va aux « Barriques »
Y mettre le feu et descendre quelques litres.
La vieille pocharde a gardé le sens pratique …
Quand défilent les amants, les chapeaux, les mitres.

Elle brade l’écharpe rouge d’Aristide
Bruand, se parfumant pour masquer la fétide
Odeur des bas-fonds, vendant souvenirs et loques,
Se parant toujours de jupons et de breloques.

« Louise Weber » croque goulûment « Le Moulin Rouge »
Avec son bagout et ses guibolles qui bougent.
De la « Butte Montmartre » elle a gardé la gouaille
Et à la baguette elle fait marcher ses ouailles.

En chantant sa jeunesse et « Toulouse-Lautrec »,
Elle raconte ses coups de griffes et de bec.
De son franc-parler elle sert des anecdotes
Sur une collection d’alcools et d’antidotes.

C’est un récital gai où les chiffons blanchissent
Dans un baquet d’idées sous les meilleurs auspices.
Et le spectacle s’achève sur son enfance,
Ses trois ans, dans une fraîche et blanche décence.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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