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Archives de Catégorie: 7 Idéaux et débats

«Lanceurs d’alerte». Écriture, Mise en scène Florence Camoin. Avec Olivia Demorge, Marie Broche, Zoon Besse, Louis Caratini. Par la «Compagnie Scène et Cies». (Avignon, 14-07-2019, 15h35)+++

«Un calmant, c’est une petite main tendue»   
«Pour sauter un fossé un peu trop grand». Vendu
A travers une publicité mensongère,
Son labo falsifie les effets secondaires.
La mort n’est qu’un accident de parcours prospère.

«Espace Roseau Teinturiers», règne le mal
Bien caché dans les notices à l’aspect banal
Servant à couvrir les arrières des labos
Qui vivent de l’argent des rêves et placebos
Ou produits nocifs, tels «Grivolax, Calmatan»,                 
Que l’on ne dépiste que lorsqu’il n’est plus temps.   

«Chasse à la molécule, en international»,                
Dans un texte qui en appelle à la morale.
Il est conçu comme un acte de résistance,
Un éveil des consciences face aux maltraitances
Qui sont infligées par voie médicamenteuse,
Masquant la réalité de façon menteuse.  

Quand la mentalité douteuse       
Est une maladie honteuse               
Qui fait un tabac, un succès,          
Et qui a beaucoup de cachet,             
La pilule devient amère          
Et peut conduire au cimetière.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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«Le Petit Boucher». De Stanislas Cotton. Mise en scène Agnès Renaud. Chorégraphie Marjory Duprés. Avec Marion Bottolier. Par la «Compagnie L’Esprit de la Forge». (Avignon, 12-07-2019, 13h50)++++

Poésie vitale et champêtre qui se danse,
S’accouche dans la blancheur de tissus qui lancent
Leur clarté vers les figurines qui s’accrochent
Aux fils de l’existence pour que rien ne cloche.

L’emploi du temps immuable des lourdes tâches
S’articule sans paresse et nulle relâche.
Une histoire trépidante où les mots se fâchent
Au «Théâtre Onze-Gilgamesh» quand les freins lâchent.

S’y écrasent les corps sous les coups des massacres
Bien organisés avec la piété d’un sacre.      
L’homme tue l’homme, répandant son odeur âcre
Avec la servile bénédiction des diacres.   
Femmes piétinées, au cœur de toutes les luttes,
Par des hommes qui ne pensent qu’à la turlutte.         

Quand vient le jour où la parole se libère,          
Le corps, prisonnier à jamais, se désespère.        
Meurtries, rejetées et condamnées par avance,     
On leur inflige une réelle déchéance.            

Victimes de toutes les guerres et incapables             
De se défendre, elles deviennent des coupables         
Pour que les hommes puissent vivre dans la paix,         
A l’abri des lois pour commettre leurs forfaits.              

Le corps de «la femme comme champ de bataille»,         
De Visniec à Cotton, dans conflits en pagaille;            
Criminalité engendrée par les racailles        
Au cerveau pas plus gros que celui d’une caille.           

Texte fort, qui déchire comme des écailles            
Recouvertes du sang laissé dans les entrailles.          
Une interprétation viscérale et glaçante,            
Tout aussi brûlante qu’une flèche traçante.  

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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«Pronom». Texte Evan Placey. Traduction Adélaïde Pralon. Adaptation, Mise en scène Guillaume Doucet. Par «Le Groupe Vertigo» (sept acteurs). (Avignon, 11-07-2019, 18h30)+

La femme qui est en elle doit disparaître                 
Au profit du garçon qu’elle est convaincue d’être.         
L’entourage familial pourra-t-il admettre             
La transition qui bouleverse l’apparence,            
Pour enfin être en accord avec ses tendances ?           

Les personnalités s’affrontent et se déchirent ;           
Les amitiés s’effritent découvrant le pire          
Des mentalités, entre sérieux et sourire.           
Un texte troublant où s’échangent les soupirs …         
Quand il est «question d’identité séculaire»,     
Que «la dysphorie du genre» à nouveau éclaire …     

Qu’est-ce qui choque dans le changement de sexe ?          
Pourquoi a-t-on besoin d’inventer des prétextes …       
Pour se sentir exister, avec ou sans texte      
Approprié aux conditions sociales en vogue ?         
Au «Onze-Gilgamesh», entre une humeur de dogue             
Et un essai de compréhension où la drogue,            
Qu’est la testostérone, transforme l’humeur               
Et le caractère, qu’en est-il de l’ardeur               
De ce désir de vivre en tout bien tout bonheur ?

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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«A ceux qui nous ont offensés». D’après «Le Collège de Buchy», de Jérémie Lefebvre. Mise en scène Carine Bouquillon. Interprétation Bruno Tuchszen. Par la «Compagnie Grand Boucan». (Avignon, 11-07-2019, 15h35)+++

Coincé dans une immense toile d’araignée,
Toute sa scolarité, il s’est fait saigner
Par l’animalité sauvage de sa classe
Qui le laisse exsangue et noyé dans sa détresse ;
Humilié, roué de coups et couvert de crasse
Déversée sur lui par une inhumanité
Condamnant le souffre-douleur à végéter.
Au«Théâtre Onze-Gilgamesh»,il se redresse.

La terreur enfantine jamais ne s’efface,
Surtout quand on lui assène le coup de grâce.
Réfugié dans l’imagination qui rumine,
Il échafaude de nobles plans qui fulminent
De rage afin de briser le cercle vicieux
Qui reproduit sans fin le piège désastreux.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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«La Magie lente». De Denis Lachaud. Mise en scène Pierre Notte. Interprétation Benoît Giros. Par la «Compagnie L’Idée du Nord». (Avignon, 10-07-2019, 19h20)+++++

Une représentation qui laisse sans voix.
Comment trouver les mots pour parler de ce poids
Étouffant bouche et poitrine sans aucun choix.
Témoignage bouleversant, qui jette un froid,
Réfléchit aux comportements sans foi ni loi.

A «L’Artéphile»,
Les maux s’enfilent
Et déchirent la vie
En force et à tous prix.

Une interprétation d’une simplicité
Désarmante, si criante de vérité,
Qu’à ses lèvres on est suspendus, dans le récit
De cette conférence aux termes si précis.

Quand un faux diagnostic aggrave un traumatisme,
La vie n’est que secousses d’un profond séisme
Qui enferme dans un insondable mutisme.
Pour s’en sortir, il faut identifier les failles.
Est-ce possible quand, dans l’enfer, tout déraille ?

Pour tenter de survivre aux sévices subis,
Ce fut une vingtaine d’années de déni.
«Devenir fou», était la seule solution,
«Face à l’absurdité de la situation».
C’est encore l’enfant innocent qu’on punit :
«Lourde peine pour un crime», sur lui, commis.

Un texte percutant, qu’il est indispensable
De découvrir ; on se sent alors responsable
Du sens que l’on veut donner à son existence.
Brillante analyse qui sert de référence.

Vingt novembre au sept décembre, à «Paris-Villette»,             
Venez recevoir en plein cœur et dans la tête            
L’écriture chargée de lourdes gouttelettes             
Pénétrant le corps comme armée de baïonnettes.            

Tir incisif avec précision d’arbalète        
Qui décoche des flèches sans bavure et nettes.           
«La magie» d’une reconstruction «lente», en fait.       
Une psychanalyse qui se hausse au faîte          
D’une arborescence échevelée et parfaite.

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«68 Mon Amour». De Roger Lombardot. Mise en scène Chantal Péninon. Interprétation Ludovic Salvador. Par la «Compagnie Vue sur Scène». (Avignon, 02-07-2019, 15h15)+++

Une jolie réflexion, inhabituelle      
Sur le «Mai Soixante-Huit» qui libéra ses ailes.          
Un texte abordable aux jeunes générations,        
Pour saisir le langage et sa libération.         

«La parole est arrivée, débridée, déchaînée»          
Et elle pénétrait aussi chez nos aînés.     
Dès lors, «elle était là, notre révolution»,          
«Dans l’extension du langage» et sa permission.

Écrit, ni revanchard, ni revendicateur,       
Pertinent, en aucun cas moralisateur.        
Le propos s’attache au fond plutôt qu’à la forme,           
Aide à comprendre le sens tandis qu’il informe.       

Il ne se nourrit pas d’anecdotes infâmes,     
Prend conscience de l’importance de la femme.          
Dans l’art, il découvre «l’Origine du monde»,      
Reconnaissant que «sa mère l’avait mis au monde»         
Mais que «Soixante-Huit lui avait donné accès»          
«A la vie», expliquant les aspects des excès.          

Réappropriation du corps en nudité,              
Ton grave et émerveillé de simplicité.           
L’écrivain analyse guerre et servitude,            
Extermination et monstruosité rudes.       
C’est une étude approfondie du peu de gloire        
Que les hommes tirent d’absence de victoire.

«Un unique programme, tuer pour survivre» ;      
«La guerre était une institution» rendant ivre.       
«Personne ne songeait à la remettre en question»,          
On n’y prêtait guère «sérieusement» attention.   

«De cette parole étincelante, on avait fait»    
«Un culte de la mort» … qui était presque parfait !          
«Jusqu’à ce que je comprenne que la vie»          
«N’était pas au programme» … un simple sursis.          

Il se dégage une joie de vivre et l’espoir          
Naissant, étouffé dans l’œuf planqué au tiroir.        
Une œuvre aboutie, à «La Croisée des Chemins»,     
Qui ouvre la porte à l’avenir féminin.        
Un travail précis et intelligent, très fin !   

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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«36è Dessous». Chronique d’un désastre écologique annoncé. Texte, Mise en scène Odile Macchi. Avec Daniel Azélie et Lucie Boscher. Par la «Compagnie Si et Seulement Si». (Paris, 06-06-2019, 19h00) ★★

L’engrais poudreux de «l’usine Fertiladour»
A pollué les terres partout alentour ;
Sols chargés d’uranium et autres métaux lourds.
A Boucan, les blocs de minerais ont détruit
L’environnement et des dizaines de vies.
«Les matériaux inertes» se sont enrichis
De produits toxiques qui ont anéanti
Les normes de sécurité mal définies.

Nombreux «effets des particules de silice»
Qui s’incrustent, mettant les poumons au supplice.
Mais, «combien de temps peut-on détourner les yeux»
«Et prétendre qu’on n’a rien vu» de dangereux ?

Sous forme de reportage radio … actif,
Montage vidéo des risques intempestifs
Gérés à vue, d’une main de maître, au plateau
Sur lequel défilent les différents tableaux.

Sur une console tournante, se construit
Le décor projeté sur une toile blanche,
Immense écran vertical à «La Reine Blanche»
Où un plasticien propose son fameux tri.

Un spectacle où la scénographie évolue
Au fur et à mesure que le dévolu
Se jette en vol de poussières contaminées
Qui s’abattent sans cesse sur les nouveaux-nés.
Au «trente-sixième dessous» de l’épaisse croûte,
Y aura-t-il encore des animaux qui broutent ?

Béatrice Chaland / BC. Le Rideau Rouge
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«Les Monstrueuses». Pièce de Leïla Anis. Mise en scène Karim Hammiche. Création musicale Clément Bernardeau. Par la «Compagnie L’Oeil Brun». (Avignon, 25-07-2018, 11h25) ++

Ce texte, d’une éclaboussante poésie,
Chevauche allègrement les âges de la vie,
Galopant à travers la généalogie
De mère en fille, se heurtant à l’amnésie
Pour réveiller la mémoire qui soudain gît
«Sur la terre des femmes coupées», en survie.

«La bouche de la mère se scelle» … en folie
Qui s’incarne dans «la Magnouna» en furie.
«Ses yeux sont des volcans de peur» qui la saisit
Et empêche les pleurs tant elle est affaiblie.

«Mettre un enfant au monde», c’est comme une «mort»
Partagée dans le renouveau du sang du corps.
«Magnouna, la femme folle, a mis le malheur»
«Dans mon ventre et c’est ton visage» qui se leurre.

Alors, «ne vous approchez pas du ventre froid».
Entraîner l’enfant vers l’oubli est ce que croient
Toutes ces femmes maintenues dans un silence
Bridant leur évolution avec insistance.

«Prénom pour hurler à la gueule de l’oubli»,
Mais «Joséphine ne sait pas porter la vie» …
Qu’elles se nomment Jeanne, Rosa, Zeïna,
Célestine, Awa, ou nouvelle née Ella,
Elles sont les filles d’«Eve, en hébreu, la vie».

Du Yémen, elles ont parcouru des pays,
Toujours, par le «montre Magnouna», poursuivies.
La «Magnouna, l’errante aux pieds nus», les ravit
Dès leur berceau et les formate également
Dans le labyrinthe de l’esprit qui sévit.

Elle nous «parle de l’autre côté du temps»
Par la voix de toutes celles qui l’ont précédée
Et qui, un jour, peut-être, n’auront plus à céder.
Lumineuse interprétation. Très belle écriture
Qui nous met face à notre conscience au pied du mur.

Allers-retours sollicitant notre attention ;
Ne pas se perdre dans le dédale des noms.
Ce spectacle sonne en véritable défi,
Bouleverse convictions et ordre établi.
«Théâtre Onze-Gilgamesh», on y réfléchit.

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«Nous sommes les petites filles des sorcières que vous n’avez pas pu brûler !» De Christine Delmotte. Par la «Compagnie Biloxi 48». (Avignon, 24-07-2018, 18h05) +++

«Ne pas oublier que nos acquis sont fragiles»,
Qu’on peut les couper comme des tiges graciles.
«Chaque femme mérite d’être une combattante»
«Et de changer sa vie» de façon fort évidente.

Les suffragettes étaient représentées en singes
Pour qu’on ne puisse faire appel à leurs méninges.
Préférer «être rebelles», plutôt «qu’esclaves»,
Pour que tombent les chaînes et toutes les entraves.

«Exécuter une femme, parce que violée»,
«Pour restaurer l’honneur de la famille» envolé.
«Ce prétendu érudit enseigne l’ignorance»
Qui tire des balles à vue, détruisant les consciences.

«Une société n’est pas démocratique»
Si elle ne respecte pas le droit des femmes.
Quatre actrices s’emparent des mots critiques
«Dont elles portent avec fougue la juste flamme.

«On me traite de féministe chaque fois»
«Que mon comportement ne permet plus»
«De me confondre avec un paillasson».
Pour de loyaux combats, elles donnent leur voix,
Parlant du cas de Malala, en plus
De celui des Femen aux fortes actions.

Spectacle passionnant au «Théâtre Episcène»
Où elles sortent bien leurs griffes dans l’arène,
Arborant leurs seins comme des armes en Ukraine.
Découvrir cet ensemble, vaut vraiment la peine.

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«Rire Barbelé». Théâtre musical d’après le «Verfügbar aux Enfers» de Germaine Tillion. Adaptation, Mise en scène Charlotte Costes-Debure. Musique Amelia Ewu. Par la «Compagnie Tout et Versa». (Avignon, 24-07-2018, 15h50) +++

Au «Théâtre Au bout là-bas», c’est la fin du monde,
Mais la victoire contre les souffrances immondes.
Entrevoir l’avenir entre les barbelés
Grâce au spectacle musical bien ficelé
Et qui nous fait trembler face à la cruauté
De Ravensbrück, de l’atroce réalité.

«Gestapiste mâle et résistance femelle»
Ont engendré le «Verfügbar», frêle et rebelle.
Être déchaîné, totalement disponible
Pour effectuer les tâches les plus pénibles.

Camps de concentration où, lutter par le rire,
Est la seule manière de ne pas périr.
Femmes en camisole rayée, crâne rasé,
D’innommables tortures leur sont imposées.
D’innombrables larmes de sang vont arroser
Ces «verfügbars», squelettes métamorphosés.

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«Gitans». De Nino Noskin. Mise en scène Nikson Pitaqaj. Par la «Compagnie Libre d’Esprit». (Avignon, 24-07-2018, 12h10) ++

A travers la double rangée de barbelés,
Seule la pensée vagabonde à s’envoler.
«Pris au piège entre rouges et gris», la tension monte
Et, avec le colonel, se règlent les comptes.

Gitan et «fossoyeur» des idées de tous bords
De cette guerre, il ensevelit tous les corps.
«Tout le monde veut travailler pour notre bien»,
Mais, au bout du conte, il ne reste jamais rien.

«Vivre dans un camp, comme un animal en cage»,
A tourner sans cesse sa veste, ça engage.
«Les assassins d’aujourd’hui sont les innocents»
«De demain». D’un côté ou l’autre, c’est le sang.

«Combien nous a coûté votre guerre»,
«Pour nous ramener la paix», naguère ?
Quel est le prix de l’humaine chair ?

Un mélange entre la vie d’artiste et la rage
Des massacres dont on ne peut tourner la page.
Vision du cauchemar de l’ex-Yougoslavie,
Aux «Trois Soleils», où ils ne rêvent que de vie.

Mais est-ce encore possible après tous les cris
Qui hantent les nuits et que l’Histoire transcrit
En théâtre d’action et feu de non-oubli ?

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«L’Herbe de l’Oubli». Écriture, Mise en scène Jean-Michel d’Hoop. Par la «Compagnie Point Zéro». (Avignon, 23-07-2018, 17h00) +++

Montage vidéo de la désolation,
«Théâtre des Doms», proposé en projection,
Afin que nous soyons mis en situation
De bien saisir toute la signification
Des propos et images de démonstration.

A Tchernobyl, il ne reste que des photos
D’enfants sur un vaste mur de lamentations,
«Sorte de mort omniprésente», vue rétro.
De vivant, n’est que la mémoire en réaction.

«Enfants hérissons considérés comme monstres»,
Atteints de problèmes intestinaux, sanguins,
Oncologiques, à cause de l’appât du gain.
Système respiratoire détruit qui montre
Toute la «tension morale et psychologique»,
Continuellement exercée, qui s’applique.

Enfants décharnés, corps de marionnettes à fil,
Brûlés, méconnaissables ; c’est à «Tchernobyl»,
«Devenu le cataclysme de la conscience».
«Tout l’univers a explosé», dans tous les sens.

Seize villages enterrés, noyés dans l’absence,
Rayés de la carte d’un monde de silence
Qui prospère par l’exploitation du césium
Et qui ne jure que par celle du strontium.

«Tchernobyl, c’est l’absinthe, l’herbe de l’oubli»,
«Nous, on prie pour qu’on n’oublie pas», quand on faiblit.
«L’homme est ébranlé dans toutes ses certitudes»,
Mais acceptera-t-il de changer d’attitude ?
C’est avec «cent mille ans» qu’il faut désenchanter,
Durée de vie de la radioactivité.

Masques fabriqués, plus expressifs que jamais.
Ils exercent sur nous un terrifiant effet
Qui impressionne la rétine et c’est parfait.
Carcasse du cheval qui revêt tous les traits
De ce que l’on n’ose pas regarder en face
Mais qui, au fond de notre cœur, pleure et grimace.

Incroyables masques aux expressions déchirantes,
Papier mâché d’une souffrance indescriptible.
Décor et marionnettes rendent perceptibles
Le drame et réveillent une vision alarmante.

On tire un rideau sur la monstruosité,
Pour éviter d’affronter la réalité.
«Un pays dont on dit que ce n’est plus une terre»,
«Mais un laboratoire» qui, la conscience, enterre.

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« Mais comme elle ne pourrissait pas … Blanche Neige ». Texte Angélica Liddell. Mise en scène, Interprétation Claudia Lapisardi, Madalen Larvor. Par la « Compagnie Au temps pour moi ». (Avignon, 22-07-2018, 15h00) ++++

Deux-mille-quatre, en ce pays, on tue encore.
« Chaque événement du quotidien, par la mort »,
« Était précédé », … et les chairs tombaient à verse.
« Les guerres sont comme les marâtres perverses »,
« Elles veulent être la plus belle » que l’on berce.

Temps où la monnaie d’échange était le nouveau-né
Et les « victoires, au nombre d’enfants assassinés »,
Se comptaient. On légitimait la cruauté
« Fragilisant le moral » de l’autre côté.

« Les femmes se pendaient aux arbres avec leurs bas »,
Pour en finir avec l’horreur, au cas par cas.
Jusque dans le ventre, tout fut exterminé.
Jusqu’où la vérité est-elle condamnée ?

Leurs histoires sont des contes de cauchemars.
« Les soldats violèrent douze fois la fillette »,
« Une fois par année de vie ». Morte conquête
Où plus précieuse est la vie des vers et cafards
Que celle des humains, reléguée au placard.

« L’épouse de guerre, la plus belle » saisie,
Blanche-Neige, droguée, fut tout le temps choisie.
« Cogner la tête jusqu’à ce qu’ils crachent la vie »
« Par la bouche », voilà ce qu’on fit de ces petits.

« J’ai chauffé mon couteau dans le sang d’autres enfants ».
On lui apprit à aimer poignarder tout le temps.
« Qu’avez-vous fait de ma bonté ? »
Pour toujours elle fut ôtée.

« Les enfants-soldats torturent tout en riant »,
Se repaissant du « massacre des innocents ».
« Les enfants qui dormiront seront fusillés ».
Une enfance détruite, à jamais bousillée …

Dans le « Théâtre des Amants »,
De terribles événements
Nous touchent très profondément.
A découvrir absolument,
Il ne peut en être autrement !

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«Questions de vie et de mort» avec Vladimir Jankélévitch. Adaptation, Mise en scène Avner Camus Perez. Création musicale, piano Théodora Carla. Par la «Compagnie du Visage». (Avignon, 21-07-2018, 15h45) +

Quand la philosophie questionne la raison,
On s’interroge sur le lointain horizon.
Le «paradoxe de la morale et de l’amour» …
File inexorablement vers le temps sans retour.

Les sujets s’accompagnent de notes, de chants
Élargissant la vision, poétiquement.
«La musique est le silence des paroles» qui osent,
«Comme la poésie est le silence de la prose».

Guerre, résistance, antisémitisme et mort,
Sont thèmes que Jankélévitch, à fond, explore.
Ils sont restitués sur scène avec ferveur,
Accompagnés avec des citations d’auteur.

Musique au piano, accordéons les violons
Et les réflexions sur l’essence des passions.
Une œuvre immense consacrée à la recherche
Du fondement de la raison. Il tend des perches
Afin que l’on s’interroge sur nos actions.

Bref, «le pardon est mort dans les camps de la mort».
«La violence ? une force faible» qui a tort.
«Janké» fut l’un des grands penseurs de notre temps.
Ses idées fusent dans des livres percutants
Revus au «Théâtre de la Carreterie»
Où l’on disserte sur la liberté, la vie.

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«Le Dernier Jour d’un Condamné». D’après Victor Hugo. Mise en scène François Bourcier. Interprétation William Mesguich. Par le «Théâtre de l’Etreinte». (Avignon, 17-07-2018, 14h45) +++

Un halo lumineux soulève le plateau,
Mettant de la légèreté dans le cachot.
Les éclairages et la musique s’accélèrent
Dans l’immense rougeoiement des barreaux de fer.

L’omniprésent et palpable univers sonore
Accompagne les résonances de la mort ;
«Une maladie faite de la main des hommes»
Prend naissance sur le mur écran et l’assomme.
Les mains du tueur s’y impriment en empreintes
Molles, traversant la paroi qu’elles empruntent.

A «La Condition des Soies», l’interprétation
Se fait l’écho du propos de dénonciation
Du système judiciaire de punition.
Les réflexions sur la vie défilent en images
Qui seront bientôt effacées par le carnage.

La scénographie sépare le condamné
En deux : côté cellule pour les émotions,
En bord de scène pour la parole donnée
Par l’auteur, en témoignage du plus profond
Sens humain et de son intime conviction.
Réquisitoire contre la peine de mort,
Qui nous saisit, et nous brûle à travers le corps.

Peu importe le crime,
Ce qui Hugo anime,
C’est son vrai rejet de la peine capitale
Et l’ultime combat contre l’issue fatale.
Remarquable mise en scène avec vidéo
Où les ombres planent au-dessus de l’échafaud.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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«Yankov». De Rachel Hausfater. Adaptation Nicole Gros. Mise en scène Marie Dupleix, Marie Véronique Raban. Interprétation Anne Barthel. Par la «Compagnie Les Mistons». (Avignon, 17-07-2018, 11h00) ++

Il a onze ans. S’ouvre la porte de sa cage ;
«Yeux bleus, non glacés», d’un soldat qui le dégage.
L’Américain soulève son corps décharné,
Petit être sur lequel on s’est acharné.

Yankov plonge «en leurs yeux, leurs sourires ont des larmes»
Qui l’enveloppent de chaleur, enfin désarment.
«Je voudrais un bain qui me lave de ma vie»,
Ôte la crasse des uniformes nazis.

Disent : «si on est vivant, c’est qu’on est méchant».
«La tendresse, ça ment, ça fait croire aux mamans».
«Ils nous ont séparé par âge»,
«Alors qu’on n’a pas d’âge»,
«On est des vieux enfants morts».
«La guerre elle est autour de moi»
Et «même aussi au fond de moi»
Et partout lorsqu’on dort.

«Ma guerre elle ne s’arrêtera jamais, mais»
«Je veux essayer»
«De profiter un peu de ma petite paix»
Et tout essuyer.
Il n’y a que maintenant, alors je renais.

«Y’a plus d’avant, j’ai tout oublié» … «Sans maman»
Pour nous protéger, «on peut pas être un enfant».
«On est de la même race, celle des camps»,
«Pas même survivants, juste des morts vivants».

On se résigne,
Puis on met l’habit de mort aux boutons nazis
Qui nous désigne
Et nous marque comme des rebuts de la vie.
On est «des miettes d’enfant»,
«Mais vivant et rigolant».

«Comme si on avait tous la même tête»,
«Une tête de mort».
«Quand Donna me nomme, j’existe un peu».
«Je ne savais pas que j’étais toujours vivant».
«Quand on a une maman»,
«On n’a pas le droit de se laisser tuer».

«Donna ne nous force pas à parler»,
«Elle reste sur le bord de nos vies».
«Elle a percé un petit trou»
«Par lequel elle fait couler le passé».
«Elle tire un fil de notre passé»
«Et elle nous retricote».
«Elle nous a redonné notre nom»,
«Notre visage»
«Et un petit peu d’espoir».
«Libre et seul, les deux me font peur».

«Comment me pardonner d’être toujours vivant» !
«De ma sœur»,
«Il ne reste qu’un petit sourire parfait»
Et la peur.
C’est terrible de mourir de trop plein, muet,
Après être mort de faim, tout ce temps durant.

On ne sait plus pleurer. «C’est quoi la Libération ?»
«Libre, mais jamais libéré». Toujours sous tension.
«On sait plus ce que c’est la vie en liberté».
Au «Pixel», plein cœur, l’Histoire nous a frappés.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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«Je vole … et le reste je le dirai aux ombres». Conception, Écriture Jean-Claude Dollé. Mise en scène, Interprétation Clotilde Morgièvre et l’auteur. Avec aussi Julien Derivaz. Par la compagnie «F.o.u.i.c. Théâtre». (Avignon, 16-07-2018, 18h25) ++

Chacune de ses pièces est un événement
Qui s’inscrit sur notre peau dans un tremblement
Et éveille l’acuité de notre réflexion.
Tuez-moi «avant que j’accomplisse ma mission».
Texte dénonçant de monstrueuses aberrations.

La seconde d’éternité qui a brisé
Le rêve de tuerie et d’immortalité,
«Cette seconde vaut mieux que toute ma vie»
De destruction programmée de celle d’autrui.

«On ne peut pas forcer une mère à aimer»
«La mauvaise herbe qui a poussé dans l’ivresse» …
«Une tache qui grandit et qui ne part pas».
«Il m’en a fallu du courage pour t’aimer» …
Dans l’ignorance de la douceur des caresses.

«Srebrenica, toutes les femmes du convoi»
«Ont été violées, avant et après leur mort».
La souffrance redouble quand on les implore.
«Ce n’est pas la cible que tu vises, c’est toi» !

La société n’est que l’assemblage hasardeux
De deux folies qui se rencontrent, entre deux feux.
Pas crever avant d’avoir connu la beauté
Et la possibilité de pouvoir l’ôter.

«Je te haïrai si fort»
«Que même la mort»
«Ne sera pas un refuge».
Une analyse où ressort
Le hideux ressort
Des croyances et subterfuges.
«Comment peut-on se rêver Gandhi»
«Et puis agir comme Kouachi» ?

«Onze-Gilgamesh», l’érotisme au bout de l’arme,
Dans une précision qui déclenche l’alarme,
Dans une évocation qui déchire de larmes.
Écriture qui déchire, comme une lame.

Emma / b.c.lerideaurouge
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« La Putain Respectueuse ». Texte Jean-Paul Sartre. Mise en scène Gérard Gelas. (Avignon, 15-07-2018, 19h15) ++++

Un texte éblouissant, superbement joué,
Au nom d’un lavage de cerveau bien mené.
La peur au ventre tendu d’injuste arrogance
Laisse éclater la chasse de l’extravagance,
Est palpable d’une actualité brûlante
Au pays d’inégalité lourde et criante.

Des dialogues corrosifs, qui n’ont pas vieilli,
Soulèvent les armes du racisme en treillis
Où, seuls ceux qui ont tous les droits, sont les nantis.
Assurant leur toute puissance, ils ont menti
Et, par d’habiles manœuvres, piégé Lizzie
Et Lui qui, parce qu’il était Noir, a péri.

Au « Théâtre du Chêne Noir », la vie s’enfuit
Quand la haine du « sous-être » n’a pas de prix.
C’est une excellente et féroce mise en scène
Qui nous agrippe fort et nous tient en haleine.
Une leçon d’humilité contre la haine,
Débordante d’humanité emplit les veines.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« Les Carnets d’Albert Camus ». Adaptation, Mise en scène, Interprétation Stéphane Olivié Bisson. Collaboration artistique Bruno Putzulu. (Avignon, 15-07-2018, 16h45) ++

Au « Théâtre du Chêne Noir »,
Des mots en forme de victoire
Sortent les « Carnets » des tiroirs ;
Vingt-cinq ans de notes d’histoire.

« Mer et sable, ces deux déserts » tout en lumière …
Dans « la plénitude et la beauté » de ces pierres,
Camus grandit, gorgé de réflexions amères,
Dans « la nostalgie d’une pauvreté perdue »,
Du soleil littéraire trop tôt disparu.

« La pluie lourde et verticale d’Alger » retombe
En gouttes de plomb sur la familiale tombe.
Ses carnets débordent d’affection pour sa mère
Et de propos sur la liberté éphémère.

Parmi les « mots préférés » de Camus : la Terre,
Le Monde, la Douleur, les Hommes, aussi la Mer,
Sans oublier : l’Été, l’Honneur et la Misère.
Albert Combat et débat de façon sincère :
Vérité, Politique, Paix, Argent et Guerre ;
Parle de Libération, du peuple en Colère.

Leur vision du monde oppose Sartre et Camus
Dans des échanges acerbes de haute tenue.
C’est Camus, vu sous un angle inhabituel,
Dans un « morceau d’éternité » grise du ciel.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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«Sang Négrier». De Laurent Gaudé. Mise en scène Khadija El Mahdi. Interprétation Bruno Bernardin. Par la «Compagnie Les Apicoles». (Avignon, 14-07-2018, 13h15) ++++

«Occupé à lutter»
«Contre les choses qu’on ne voit pas» …
Invite à méditer
Sur ce qui, dans le dos, jette un froid.

«J’ai fui comme un lâche le malheur»
«Que j’avais moi-même apporté».
Réflexion qui soulève le cœur,
Chavire dans les profondeurs.

C’est un navire qui charge le bois d’ébène,
Flotte négrière malade jusqu’aux veines,
Qui appareille vers des côtes plus sereines.
«Théâtre Al Andalus», crissent les planches pleines
Du cadavre de Feu Bressac, le capitaine.

Cinq nègres échappés de la cale du bateau
Tentent la fuite vers les rues de Saint-Malo.
Course effrénée pour se trouver le bec dans l’eau.
Sonne l’hallali pour chasser la noire peau.

La ville entière se délecte du carnage
Dans la nuit où les blancs se repaissent en sauvages.
Spectacle des corps immolés dans la démence
D’une «battue lente et systématique» en transe.

Un texte d’une puissance étrange qui vibre
Dans l’âme d’un être qui devrait être libre.
Interprétation forte qui touche au sublime
Dans la descente aux enfers au fond de l’abîme.

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« Monsieur Agop ». Texte, Mise en scène Jean-Charles Raymond. Par la « Compagnie La Naïve ». (Avignon, 11-07-2018, 11h00) ++

« Histoire triste et violente » où Monsieur Agop
Fait le choix, pour l’Arménie, de quitter l’Europe.
« Azad », en arménien, ça veut dire Être « Libre ».
« Aucune guerre n’est juste », on est tous la cible.
Au « Théâtre du Chêne Noir » tout est crédible
Et basé sur des faits réellement audibles.

« Ils adorent être les victimes de l’Histoire ».
Le lourd secret déchire la conscience noire.
« Le génocide est l’alibi de ta bêtise ».
Refus de reconnaissance dans la hantise
D’inconnues conséquences face à la traîtrise.

« La peur de la différence de ceux d’en face »
Plombe les yeux de ceux qui les suivent à la trace,
Aveugle ceux qui voudraient qu’ils quittent la place,
Que, de tout l’Azerbaïdjan, on les efface.

Mais, comment peut-on se regarder dans la glace
Quand c’est son frère ou son voisin que l’on menace
Et qu’on élimine de toute la surface.
Sur l’Arménie, le génocide est un rapace
Qui, contre chaque village, se lance en chasse.

Texte où tout est finement remis en question,
Montrant la stupidité des situations,
L’horreur des massacres sans signification
Commis au nom d’incroyables aberrations.
C’est au nom de la paix qu’est cette invitation
Au voyage et rencontre des populations.

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« Hugo, l’Exil, la Rage, le Rêve ». Adaptation, Jeu Paul Fructus. Création musicale Marie-Claire Dupuy. Mise en scène Bernard Colmet. Par la « Compagnie Le temps de dire ». (Avignon, 10-07-2018, 17h00) +++

Embarquons avec lui dans son « Hugomanie »,
A bord de l’immense vaisseau d »Hugolâtrie »,
Pour un périple à travers l’œuvre littéraire
Et poétique de celui qui fut le père
Des écrits contestataires sur terre et mer.

Colosse qui déclencha toutes les fureurs,
Génie au front social qui martèle les cœurs.
Au « Théâtre Bourse du Travail CGT »,
Les idées politiques et les dés sont jetés,
Contre vents et marées, dans la fosse au progrès
Où Victor Hugo édifia des mots de grès.

Aux beaux morceaux choisis, l’acteur fait bonne place.
« La mort stupide eut honte et l’officier fit grâce ».
Vibraphone, percussions, tôle, aussi piano …
Un océan de musique sert les propos …

« Où l’homme dit Amour ! le ciel répond Péché ! »
« L’homme qui ne médite pas vit dans l’aveuglement. »
« L’homme qui médite vit dans l’obscurité. »
« Nous n’avons que le choix du noir » pour que s’éclaire
La pensée des hommes à travers tous les mystères.
Brillante démonstration pour nous satisfaire.
Un spectacle où éclate tout l’art d’un esprit vibrant.

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« Europe Connexion ». Pièce d’Alexandra Badea. Mise en scène Vincent Franchi. Jeu Nicolas Violon. Par la « Compagnie Souricière ». (Avignon, 07-07-2018, 19h05) ++

Vivre du fruit des « étiquettes alimentaires »,
C’est la tâche d’un « assistant parlementaire »
Surpayé pour rendre la vie « toujours plus chère »,
Quand les engrais engraissent son argumentaire.
« Une larme pour les victimes du cancer »,
« Une larme pour les victimes de la faim »,
Et « la destruction de la planète », pour fin.

Et … « Bienvenue dans le monde des pesticides » !
Tu relis la liste des substances nocives
Et puis tu hiérarchises les plus agressives
Afin de faire passer la graine offensive
Enrobée de miel qui masque le fiel acide.

A « L’Artéphile », ça bourdonne en vidéo !
Ouvrir l’œil en conscience n’est jamais trop tôt.
Un texte qui fait réfléchir à tous les maux
Que l’a-culture intensive prend à défaut.
Quand la diffamation détruit le sens des mots,
Que les lobbies infâmes affament jusqu’aux os,
Comment ne pas avoir de frissons dans le dos …

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« Mirad, un garçon de Bosnie ». Texte Ad de Bont. Mise en scène Christophe Laluque. Regard extérieur Simon Pitaqaj. Avec Robin Francier, Serge Gaborieau, Chantal Lavallée, Céline Liger. Par la « Compagnie Amin Théâtre ». (Avignon, 07-07-2018, 14h05) ++++

« Le vent de feu » l’a « emporté comme une feuille »
Morte balayée en vue d’un pseudo-accueil.
« La guerre entre la Serbie et la Croatie »
Déchire et viole jusqu’au fond de la Bosnie.
En « cadeau d’anniversaire », il voulait « la paix ».
Les lumières s’éteignent en signe de respect.

Journaliste indépendant à Sarajevo,
Il témoigne de la guerre civile en haut
Lieu. Femmes disparues dans les « camps de viol » au
Service de tortionnaires qui ouvrent les dos.

« Torturés, massacrés » pour ce qu’ils ne sont pas,
Pour la religion à laquelle ils ne croient pas.
Dans un jeu d’échecs où l’on court entre les mines,
Giclent sang et morceaux au milieu des ravines.

Au « Théâtre Artéphile » se reconstitue
L’histoire de populations qui s’entre-tuent.
« La guerre a les traits d’un beau jeune homme » qui viole
Puis jette l’objet de sa jouissance en rigole
Ou au fond d’un camion en vue d’internement.
Prison avec les risques de l’enfantement.

« Dans mon ventre, je couvais un abcès » de vie,
Soit « un enfant de la guerre » et de l’ennemi.
« Un fruit et un silence inhumains » viennent au monde,
Immonde bain de sang, de sueur, qui l’inonde.

« Décidée à mettre au monde cette tumeur »
« En silence », pour conjurer toute l’horreur.
Un nouveau-né innocent vous ouvre son cœur,
Alors renaît une minuscule lueur.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« Suite Française ». 1941 / 1942. D’après le roman d’Irène Némirovsky. Adaptation, Mise en scène Virginie Lemoine. Avec Florence Pernel, Béatrice Agenin, Christiane Millet, Samuel Glaume, Emmanuelle Bougerol, Cédric Revollon. Par la « Compagnie ASK US, Théâtre du Palais-Royal ». (Avignon, 06-07-2018, 19h00) ++++

Une écriture faite de « lave brûlante »
Qui écorche à vif une époque purulente.
Portraits de famille superbement brossés,
Ornés de caractères fortement trempés
Dans un acier fait de sursaut patriotique.
Se combattent des tempéraments héroïques
Et des comportements de bassesse encrassée
Où se découvrent des voisins prêts à tromper.

Au « Théâtre du Balcon », plein feu sur l’horreur
Et les contradictions
Dues à l’Occupation.
La pièce sert de bombe et de révélateur
Entre ceux qui vont perdre ou garder leur honneur.
Sans nulle fausse note, la distribution
Impeccable jouit d’une bonne élocution
Qui, dans le décor, franchit toutes les cloisons.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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