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Archives de Catégorie: Avignon 2018

«L’Avalée des Avalés». D’après Réjean Ducharme. Direction artistique Lorraine Pintal. Par le «Théâtre du Nouveau Monde». (Avignon, 26-07-2018, 12h50) +

«Neurasthénique», onze ans, tête de «cendrier»
A la fièvre prête à brûler le sang grillé.
Un récit qui flotte entre la vie et la mort
Revêtue d’une blancheur osseuse qui mord.

Son cerveau, où s’est étendue la haine, dort.
L’anorexie se cache sous les gris-gris d’or.
Au «Petit Louvre, salle Van Gogh», «Chameau mort»,
Sa mère, surnage au-dessus des plans retors
De ses enfants qui font le compte de ses torts.

Une voix éraillée
S’embarque au Canada
Pour ne pas dérailler
Parmi tout le fracas.

La «quête d’amour absolu»,
Celui de l’amour défendu,
Est une recherche éperdue,
Un combat, d’avance, perdu.

Quand la morale judéo-chrétienne éclate,
On croit à tout lorsqu’on nous sert ce qui nous flatte,
Une confusion où règne le mille-pattes.
«Tous les dieux sont de la même race» qui rate.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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«Les Années». D’Annie Ernaux. Adaptation, Mise en scène Jeanne Champagne. Avec Agathe Molière, Denis Léger-Milhau. Par la «Compagnie Théâtre Écoute». (Avignon, 26-07-2018, 10h50) +++

En classe, on parle de la vie, de l’écriture,
De la condition féminine du futur.
«Les Années» d’espoir défilent sur un écran
Tandis que, sous l’occupation, ils sont à cran.

Une remontée jusqu’au début de la guerre,
Collabos, bombardements, peines d’ouvrières,
Le manque, les débordements et la misère.
La fillette s’interroge sur ces mystères.

Au «Petit Louvre, Chapelle des Templiers»,
A leur désir de partage il faut se plier.
Est-il à croire que «l’amour de la famille»
«Conduit à l’amour de la patrie» ? Des guenilles
Dont on s’affuble pour cacher la vérité
Et, d’un semblant d’existence, se contenter.

«On vivait dans la rareté de tout», donc rien.
Enfin, le moment de la reconstruction vient.
La grande traversée, imagée et ironique,
Se fait dans un langage poli et véridique.
On ne dit pas M … mais Flûte, quand on communique.

L’actrice invite à son délicieux tour de France,
Du temps des initiations de l’adolescence.
Piqûre de rappel de l’enfance oubliée
Et, à chaque époque, une musique est reliée.

Avec leur interprétation irrésistible,
Ils visent près de soixante-dix ans de cibles.
Elle campe divinement ses personnages
Avec la justesse appropriée à chaque âge.

«C’est à nous d’arrêter la mort rouge des femmes»
Et retrouver un peu de pureté de l’âme.
On a envie de leur faire de la «réclame»
Tant le spectacle pétille en regard de flamme.

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«Le Bac 68». De et avec Philippe Caubère. Par la compagnie «La Comédie Nouvelle». (Avignon, 25-07-2018, 21h30) +

«Les Jésuites, pour apprendre aux élèves à mentir»,
«Leur enseignaient le théâtre» pour y réussir.
Un récit qui séduit les souvenirs d’enfance
Qu’il ravive avec emphase et forte éloquence.
Ménestrel des temps modernes, partout il témoigne
D’une société qu’à pleine voix il empoigne.

Style qui éclate en fleuve tumultueux
Drapé dans un phrasé qui se veut victorieux.
Au «Chêne Noir», le rythme galope, furieux,
Grandiose et moqueur, sur les chemins tortueux
D’un long discours talentueux et vertueux.

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«Tziganes !» L’invitation qu voyage. Création, Chorégraphie Pétia Iourtchenko. Mise en scène Johanna Boyé. (Avignon, 25-07-2018, 18h20) +++

Campement nomade
Où un peintre en rade
Dessine les traits
Toujours si parfaits
De la vie tzigane
Et quelques gitanes.

Leur danse si fière
A du caractère.
Figures en colère
Pleines de mystère.

Toute la séduction passe par la cadence
Que leurs pas impriment dans toutes circonstances.
Toutes ces dames rivalisent d’élégance ;
Envolée de multicolore effervescence,
Les jupes tourbillonnent en soleil d’arrogance.

Les mâles, en taureaux furieux, s’affrontent à outrance
Dans des bagarres pour sauver les apparences.
Ils se battent pour des questions d’appartenance.
La vie d’un vieux rom a-t-elle de l’importance ?

Dans l’exil, un beau chant d’amour, grave et farouche,
Avec la joie de vivre et la ferveur manouche.
Sur la piste du «Théâtre du Roi René»,
C’est l’âme bohémienne qui meurt et renaît.

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«Variations Enigmatiques». D’Eric-Emmanuel Schmitt. Mise en scène, Jeu Gilles Droulez. Avec aussi François Tantot. Par la «Compagnie Les Affamés». (Avignon, 25-07-2018, 15h10) +++

La limite entre la légitime défense
Et l’assassinat n’est qu’une question de sens.
Un huis-clos où tout tourne autour des contresens
Entre un journaliste et un auteur prix Nobel.
Joute oratoire qui l’entretien renouvelle
Et fuse en partie de ping-pong émotionnel.

Répliques claquant comme des coups de fusil,
Rafales de piques acérées en vis-à-vis.
Quelle est la frontière entre Vérité, Mensonge ?
Démêler le faux du vrai, serait-il un songe ?

Entre besoin de parler, désir de se taire,
Un très grand écrivain, dans son île, se terre.
«Frustration amoureuse», au «Théâtre Corps Saints»,
Disséquée par un esprit lucide et peu sain.

«Ce n’est pas Hélène que vous aimez»,
«Mais l’intensité de votre souffrance».
Dans l’autre, profondément s’abîmer
Et pouvoir se délecter de l’offense.
C’est ainsi qu’on va jusqu’à sublimer
Les sentiments qui rongent le bon sens.

Une rivalité pleine d’ambiguïté,
Grandiose douleur chargée de deux vérités.
«Songes et silences» emplis de rebondissements,
Cri de haine et d’amour écrit passionnément,
Interprété avec un immense talent ;
Absence et vide sont joués superbement.

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«Plaire. Abécédaire de la séduction». Écriture, Conception, Jeu Jérôme Rouger. Par la «Compagnie La Martingale». (Avignon, 25-07-2018, 12h40) +++

«Les nuits sont enceintes»
«Et nul ne sait le jour qui naîtra».
Écriture emprunte
D’idées qui mettent dans de beaux draps …

Sa parodie du théâtre intellectuel
Pseudo avant-gardiste et d’un ennui mortel
Est hilarante et n’a rien de superficiel.
Ce véritable humoriste tombe du ciel
Et saupoudre chaque mot de son grain de sel.
Une chevauchée langagière qu’on veut éternelle.

Un spectacle qui nous séduit de A à Z
Et contribue à nous rendre la vie moins laide.
Discours profond et durable comme des leds.
Part de manipulation dans la séduction ;
«Singularité»,
«Excentricité»,
La bonne formule pour sa composition.
Contre «la folie des hommes», le «rire armure»
Nous protège et la fureur devient un murmure.

«Théâtre Gilgamesh»,
Il allume la mèche
S’engouffrant dans la brèche
Des souvenirs revêches
D’un alphabet qu’il pêche.

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«Les Monstrueuses». Pièce de Leïla Anis. Mise en scène Karim Hammiche. Création musicale Clément Bernardeau. Par la «Compagnie L’Oeil Brun». (Avignon, 25-07-2018, 11h25) ++

Ce texte, d’une éclaboussante poésie,
Chevauche allègrement les âges de la vie,
Galopant à travers la généalogie
De mère en fille, se heurtant à l’amnésie
Pour réveiller la mémoire qui soudain gît
«Sur la terre des femmes coupées», en survie.

«La bouche de la mère se scelle» … en folie
Qui s’incarne dans «la Magnouna» en furie.
«Ses yeux sont des volcans de peur» qui la saisit
Et empêche les pleurs tant elle est affaiblie.

«Mettre un enfant au monde», c’est comme une «mort»
Partagée dans le renouveau du sang du corps.
«Magnouna, la femme folle, a mis le malheur»
«Dans mon ventre et c’est ton visage» qui se leurre.

Alors, «ne vous approchez pas du ventre froid».
Entraîner l’enfant vers l’oubli est ce que croient
Toutes ces femmes maintenues dans un silence
Bridant leur évolution avec insistance.

«Prénom pour hurler à la gueule de l’oubli»,
Mais «Joséphine ne sait pas porter la vie» …
Qu’elles se nomment Jeanne, Rosa, Zeïna,
Célestine, Awa, ou nouvelle née Ella,
Elles sont les filles d’«Eve, en hébreu, la vie».

Du Yémen, elles ont parcouru des pays,
Toujours, par le «montre Magnouna», poursuivies.
La «Magnouna, l’errante aux pieds nus», les ravit
Dès leur berceau et les formate également
Dans le labyrinthe de l’esprit qui sévit.

Elle nous «parle de l’autre côté du temps»
Par la voix de toutes celles qui l’ont précédée
Et qui, un jour, peut-être, n’auront plus à céder.
Lumineuse interprétation. Très belle écriture
Qui nous met face à notre conscience au pied du mur.

Allers-retours sollicitant notre attention ;
Ne pas se perdre dans le dédale des noms.
Ce spectacle sonne en véritable défi,
Bouleverse convictions et ordre établi.
«Théâtre Onze-Gilgamesh», on y réfléchit.

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«Je t’aime papa, mais … merci d’être mort !» Écriture, Mise en scène Philippe Saumont. Musique en direct Yann Honoré. Jeu Christophe Ecobichon, Geoffrey Saumont. Par le «Théâtre des Tarabates». (Avignon, 25-07-2018, 10h00) +

Des nuages sucrés pour une enfance acide
Traumatisée de coups et réflexions perfides.
Un décor rose bonbon de barbes à papa
Noyées de vapeurs d’alcool et baffes à papa.

La tête dans les nuages et le corps qu’on claque ;
Le visage qui se liquéfie tombe en flaque,
Comme le rideau, en fin de la tragédie,
Emporte les souvenirs que l’on congédie.

L’ombre du père plane et s’invite toujours,
Étouffant en force les sentiments d’amour.
Comment devenir adulte lorsqu’un ivrogne
Titube sur le dos de femme et fils qu’il cogne.

L’orchestration en musique live résonne,
Masque en pudeur, grâce aux marionnettes friponnes,
Les bleus à l’âme qu’au «Théâtre Gilgamesh»,
On donne, ravivant les plaies à coups de mèche.

Tout est suggéré en mélodie et bruitages
Pour qu’on ne voit jamais les marques du carnage.
La mise en scène cache, sous les friandises
Et l’illusion d’un manège, les grosses crises.
La douceur apparente des lieux cristallise
Le sang et les pleurs disparus avec la rage
Que l’on devine un peu à travers le langage.

Texte où filtrent la naïveté, l’innocence
Enfantine. Témoignage fait de décence
Et qui peut être porté à la connaissance
De la jeunesse en simplicité et confiance.

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«Les Demoiselles du K-Barré … sont sur le pont !» Écriture, Mise en scène, Chorégraphie Pauline Uzan. Avec aussi Vanessa Ghersinick, Roxane Merlin, Harold Simon. (Avignon, 24-07-2018, 22h20) +

«Théâtre Arrache-Cœur», un «burlesque déjanté»
Est servi en cabaret complètement «barré».
Une soirée pour totalement se marrer …
On en sort le sourire et le regard dorés.

Venez vous décomplexer dans la bonne humeur,
Effeuiller la marguerite de ses rondeurs
Offertes sur zeste de drôle de pudeur.
Découverte d’un geste qui frôle l’ardeur.

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«Fluides». De et par Esteban Perroy. Mise en scène William Mesguich. Avec aussi Guand. Musique Maxime Richelme. Par la «Compagnie Étoile de Lune». (Avignon, 24-07-2018, 20h40) ++

Large baie vitrée surplombant les toits de Paris ;
Quelques lueurs rougeoyantes aux fenêtres lointaines,
Comme des yeux exorbités crachant la lumière.
Une nuit orageuse transpercée d’éclairs
Endiable la vie d’un éditeur très prospère.
Question de vie ou de mort, on fait le pari
De détourner le sort, loin de l’hypocrisie.
Questions existentielles pour une vie sereine.

«L’homme arrive à intégrer le concept de la mort»,
«Dès l’instant où ce n’est pas la sienne» qu’on déplore.
«Poursuivi par une ombre sans identité»,
Leur confrontation s’annonce très agitée ;
Rencontre hallucinée de deux diversités
Qui n’ont pas l’habitude de cohabiter.

«Au Coin de la Lune», le cauchemar s’installe
Quand un visiteur inopiné, en cavale
De l’Enfer, utilise sa voix sépulcrale
Pour ébranler les certitudes et la morale.

Un suspense que la mise en scène amplifie.
«J’oublie que je suis la mort, pour supporter ma vie !»
Un échange où les dialogues sonnent en défi
Aux réalités qui, sur les chemins, dévient.

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«Nous sommes les petites filles des sorcières que vous n’avez pas pu brûler !» De Christine Delmotte. Par la «Compagnie Biloxi 48». (Avignon, 24-07-2018, 18h05) +++

«Ne pas oublier que nos acquis sont fragiles»,
Qu’on peut les couper comme des tiges graciles.
«Chaque femme mérite d’être une combattante»
«Et de changer sa vie» de façon fort évidente.

Les suffragettes étaient représentées en singes
Pour qu’on ne puisse faire appel à leurs méninges.
Préférer «être rebelles», plutôt «qu’esclaves»,
Pour que tombent les chaînes et toutes les entraves.

«Exécuter une femme, parce que violée»,
«Pour restaurer l’honneur de la famille» envolé.
«Ce prétendu érudit enseigne l’ignorance»
Qui tire des balles à vue, détruisant les consciences.

«Une société n’est pas démocratique»
Si elle ne respecte pas le droit des femmes.
Quatre actrices s’emparent des mots critiques
«Dont elles portent avec fougue la juste flamme.

«On me traite de féministe chaque fois»
«Que mon comportement ne permet plus»
«De me confondre avec un paillasson».
Pour de loyaux combats, elles donnent leur voix,
Parlant du cas de Malala, en plus
De celui des Femen aux fortes actions.

Spectacle passionnant au «Théâtre Episcène»
Où elles sortent bien leurs griffes dans l’arène,
Arborant leurs seins comme des armes en Ukraine.
Découvrir cet ensemble, vaut vraiment la peine.

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«Rire Barbelé». Théâtre musical d’après le «Verfügbar aux Enfers» de Germaine Tillion. Adaptation, Mise en scène Charlotte Costes-Debure. Musique Amelia Ewu. Par la «Compagnie Tout et Versa». (Avignon, 24-07-2018, 15h50) +++

Au «Théâtre Au bout là-bas», c’est la fin du monde,
Mais la victoire contre les souffrances immondes.
Entrevoir l’avenir entre les barbelés
Grâce au spectacle musical bien ficelé
Et qui nous fait trembler face à la cruauté
De Ravensbrück, de l’atroce réalité.

«Gestapiste mâle et résistance femelle»
Ont engendré le «Verfügbar», frêle et rebelle.
Être déchaîné, totalement disponible
Pour effectuer les tâches les plus pénibles.

Camps de concentration où, lutter par le rire,
Est la seule manière de ne pas périr.
Femmes en camisole rayée, crâne rasé,
D’innommables tortures leur sont imposées.
D’innombrables larmes de sang vont arroser
Ces «verfügbars», squelettes métamorphosés.

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«La Poupée Sanglante». D’après l’œuvre de Gaston Leroux. Comédie musicale de Didier Bailly et Eric Chantelauze qui signe la mise en scène. Par «Le Théâtre du Palais-Royal». (Avignon, 24-07-2018, 13h45) +

«Paris est en nuisette»
«Et la vie est parfaite».
Parodie d’opérette,
De quoi perdre la tête.
Un mystère à perpète
En chansons et claquettes.

De Frankenstein à Dracula,
C’est aux «Trois Soleils», en éclats,
Qu’on avance à grands pas
Vers la fin du fracas
Sacrifié à Dorga.

Sa «face est un chaos»
En grimace de trop.
«Les rires des enfants»
«Sont des crachats» gluants.

Dans ce pieu labyrinthe
Sont d’étranges étreintes.
Sang d’immortalité,
Mécanique éreintée.
Piano aux airs hantés
Pour comédie hachée
Et tarabiscotée.

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«Gitans». De Nino Noskin. Mise en scène Nikson Pitaqaj. Par la «Compagnie Libre d’Esprit». (Avignon, 24-07-2018, 12h10) ++

A travers la double rangée de barbelés,
Seule la pensée vagabonde à s’envoler.
«Pris au piège entre rouges et gris», la tension monte
Et, avec le colonel, se règlent les comptes.

Gitan et «fossoyeur» des idées de tous bords
De cette guerre, il ensevelit tous les corps.
«Tout le monde veut travailler pour notre bien»,
Mais, au bout du conte, il ne reste jamais rien.

«Vivre dans un camp, comme un animal en cage»,
A tourner sans cesse sa veste, ça engage.
«Les assassins d’aujourd’hui sont les innocents»
«De demain». D’un côté ou l’autre, c’est le sang.

«Combien nous a coûté votre guerre»,
«Pour nous ramener la paix», naguère ?
Quel est le prix de l’humaine chair ?

Un mélange entre la vie d’artiste et la rage
Des massacres dont on ne peut tourner la page.
Vision du cauchemar de l’ex-Yougoslavie,
Aux «Trois Soleils», où ils ne rêvent que de vie.

Mais est-ce encore possible après tous les cris
Qui hantent les nuits et que l’Histoire transcrit
En théâtre d’action et feu de non-oubli ?

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«Est-ce que je peux sortir de table ?» Cirque musical. Écriture, Mise en scène Stéphane Fortin. Jeu Claire Auzanneau. Par le «Théâtre Bascule». (Avignon, 24-07-2018, 10h00) ++

Comment s’évader discrètement de son assiette
Quand on a envie de jouer et faire la fête ?
Rêveuse sortie de table, très remarquée.
Dans son imaginaire on va vite embarquer.

Elle explore les barreaux de l’obéissance,
Laissant libre cours à sa désobéissance.
Fourchette et petit pois invitent à tous les sens
Dans un combat verdoyant plein d’effervescence.

Au mât chinois, un joli jeu d’acrobatie
Pour ouvrir grand les papilles de l’appétit.
Musique en direct, console, guitare et scie,
Afin d’émerveiller les grands et les petits.

«Présence Pasteur»,
Ils offrent leur cœur
Et pois de senteur,
Avec grande ardeur.

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«Accords Nomades». De Bach à Django … Textes Alexandre Romanès. Par le Quatuor Anouman et Jérôme Brajtman. (Avignon, 23-07-2018, 22h00) +

Une formation classique bat la campagne …
Sur la route, «leur liberté» comme compagne.
Violons, alto, violoncelle … les accompagnent ;
Et, bien entendu, l’inséparable guitare
Chevauche à leurs côtés, d’un galop sans écart.

Avec un peu de chant, beaucoup de poésie,
Des anecdotes et quelques proverbes tziganes
Comme celui-ci : «si tu veux dire la vérité»,
«Assure-toi d’avoir un bon cheval» à tes côtés,
Ce spectacle musical comble nos envies
D’une agréable soirée aux couleurs gitanes,
«Théâtre des Amants», place «Grand Paradis».

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«Zwäi». Pièce circassienne suisse. De et avec Jonas et Esther Slanzi. Par la «Compagnie Einz». (Avignon, 23-07-2018, 20h20) +++

Spectacle, sans paroles, qui laisse sans voix,
Tant leurs prouesses inventives mettent en émoi.
A «Présence Pasteur», ils font valser les tables
Dans le pur art de l’équilibre véritable.

On se sent pris au piège dans leurs nœuds de cordes
Qui se déroulent autour de tout ce qui s’accorde
Avec le plus grand sérieux du monde et fait rire.
Leurs acrobaties ont tout pour nous éblouir.

Un régal lorsqu’ils apprivoisent les bouteilles
Qu’ils câlinent si bien du bout de leurs orteils.
Ils charment aussi bien balles et diabolos,
Sortant de leurs tiroirs, des effets rigolos.

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«L’Herbe de l’Oubli». Écriture, Mise en scène Jean-Michel d’Hoop. Par la «Compagnie Point Zéro». (Avignon, 23-07-2018, 17h00) +++

Montage vidéo de la désolation,
«Théâtre des Doms», proposé en projection,
Afin que nous soyons mis en situation
De bien saisir toute la signification
Des propos et images de démonstration.

A Tchernobyl, il ne reste que des photos
D’enfants sur un vaste mur de lamentations,
«Sorte de mort omniprésente», vue rétro.
De vivant, n’est que la mémoire en réaction.

«Enfants hérissons considérés comme monstres»,
Atteints de problèmes intestinaux, sanguins,
Oncologiques, à cause de l’appât du gain.
Système respiratoire détruit qui montre
Toute la «tension morale et psychologique»,
Continuellement exercée, qui s’applique.

Enfants décharnés, corps de marionnettes à fil,
Brûlés, méconnaissables ; c’est à «Tchernobyl»,
«Devenu le cataclysme de la conscience».
«Tout l’univers a explosé», dans tous les sens.

Seize villages enterrés, noyés dans l’absence,
Rayés de la carte d’un monde de silence
Qui prospère par l’exploitation du césium
Et qui ne jure que par celle du strontium.

«Tchernobyl, c’est l’absinthe, l’herbe de l’oubli»,
«Nous, on prie pour qu’on n’oublie pas», quand on faiblit.
«L’homme est ébranlé dans toutes ses certitudes»,
Mais acceptera-t-il de changer d’attitude ?
C’est avec «cent mille ans» qu’il faut désenchanter,
Durée de vie de la radioactivité.

Masques fabriqués, plus expressifs que jamais.
Ils exercent sur nous un terrifiant effet
Qui impressionne la rétine et c’est parfait.
Carcasse du cheval qui revêt tous les traits
De ce que l’on n’ose pas regarder en face
Mais qui, au fond de notre cœur, pleure et grimace.

Incroyables masques aux expressions déchirantes,
Papier mâché d’une souffrance indescriptible.
Décor et marionnettes rendent perceptibles
Le drame et réveillent une vision alarmante.

On tire un rideau sur la monstruosité,
Pour éviter d’affronter la réalité.
«Un pays dont on dit que ce n’est plus une terre»,
«Mais un laboratoire» qui, la conscience, enterre.

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«Drôle d’Histoire». Écriture Sacha Danino, Juliette Galoisy qui interprète le rôle. Mise en scène Jean-Philippe Azéma. Par la «Compagnie Les Productions de la Fabrique». (Avignon, 23-07-2018, 15h15) +

Égarée, votre bonne conduite historique ?
Venez récupérer votre permis à points
En remontant jusqu’à l’ère mégalithique.
Elle se saisit de l’Histoire aux quatre coins
Et, avec nous, s’amuse à reconsidérer
Ce qui, parfois, a ennuyé ou sidéré.

«Carbone quatorze» et «thermoluminescence»
N’auront pas plus de secret que l’effervescence
Mise à comprendre les effets du «potassium».
Pour nous éduquer elle fait le maximum.

Intéressante leçon où trône fraîcheur,
Une dose d’inattendu et de candeur,
Dans la petite annexe de «La Condition»
«Des Soies» où le rire s’ajoute aux réflexions.

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«Les Misérables». D’après Victor Hugo. Adaptation, Mise en scène Manon Montel. Par la «Compagnie Chouchenko». (Avignon, 23-07-2018, 12h45) ++

L’adaptation resserrée va à l’essentiel
Et retrace simplement les faits démentiels,
Laissant grande place aux examens de conscience,
Dans de sublimes tirades que l’expérience
Donne à méditer à «La Condition des Soies»
Où ce spectacle, un chaleureux accueil, reçoit.

L’économie de décors recentre le texte.
Libre cours à notre imagination, prétexte
A faire exister ce qui n’est que suggéré.
Fil conducteur de la narration, bien géré.

Il relie harmonieusement toutes les scènes
Pour que tout se déroule de façon sereine.
Représentation auréolée de lumière,
Prochainement au théâtre du «Lucernaire».

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«T’es toi !» De et avec Eva Rami. Mise en scène Marc Ernotte. Par la «Compagnie Bord de Seine». (Avignon, 23-07-2018, 11h10) +

En longs fils de lumière elle tisse sa toile,
Espérant, un beau jour, devenir une étoile
Et jouer, entre autres, à «La Condition des Soies».
Constamment, on lui rappelle qu’elle déçoit …
Donc, «quand on veut, on peut, et quand on peut, on doit».

Se faire remarquer en osant tout tenter ;
Mais, «jusqu’à quand, je vais m’excuser d’exister ?»
«T’es rien, t’es toute petite dans ce grand tout».
«L’argent, ça retourne les gens» et les rend fous.

«La matière, pour enrichir un personnage»,
Se travaille à fond, jusqu’à ce qu’il en dégage
La concrétisation portée par un nuage
Qui efface les sombres et pénibles passages.

Si l’on dit qu’un «pessimiste est un optimiste»
«Bien informé», on devient vite réaliste.
Elle donne envie, d’enfin se réaliser,
De se sortir d’ornières et ne plus s’enliser.

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« Loin et si proche, perdre, chercher, trouver ». Cirqu’aérien, Mise en scène André Mandarino. Musicien compositeur Ya-Ourt. Chorégraphie Sibille Planques. Par la « Compagnie Les Escargots Ailés ». (Avignon, 23-07-2018, 09h30) ++

Si « loin », dans la lumière du haut de son mât,
« Si proche » de nous, seulement à quelques pas,
Qu’on pourrait le toucher en élançant nos bras.
Un duo qui nous fait voyager dans les sons
Et bruitages créés devant nous sur un bon
Nombre d’objets hétéroclites, collection
Qui flatte la mémoire et l’imagination.

Il vit à l’abri de sa forêt de trapèzes,
Voletant de branche en branche et toujours à l’aise.
Grâce à leur magie, on retrouve notre enfance
Extirpée des « souvenirs » en convalescence.

Ils développent le conte des apparences ;
On joue, on fait le compte
De ce qui se raconte.
Chant de l’espace, du fond de notre conscience,
Du passé, il remonte.

Féerie moderne venue d’un autre monde
Qui se situe quelque part sur leur mappemonde.
« Caserne des Pompiers », s’enflamme le public
Pour ce spectacle créatif et poétique
Qui nous transporte hors du temps devenu classique.
On en prend plein les yeux
Et ça nous rend heureux !

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«Virage à Droite. La Tournée des Enculés». «Ensemble, ravivons la flamme de la chanson de droite !» Mise en haine Eric Zammour, alias Eric Toulis. Avec Nicolas Bacchus/Sarcchus, Patrick Laviosa/Balkaniosa, Stef !/Stéphanie de Morano, Gilles Roucaute/Scardestaing. (Avignon, 22-07-2018, 22h30) +

«Les escrocs du cœur» promettent tous les bobards
Dans une drôle de soirée lâchant pétards
Et feu d’artifice en bons mots pour les fêtards.
Virer de bord, en humour, n’est jamais trop tard.

«La chanson de qualité française de droite»
Est remise en couleur de façon très adroite.
Ce spectacle hilarant, second degré, sans doute,
Tient rageusement son rôle, a le vent en poupe.

Chanté de manière sérieuse, ce «merdley»
Dégage une ambiance au fameux fumeux fumet
Qui sonne à nos oreilles comme l’hallali
A pourfendre à «L’Arrache-Cœur» tous les délits.

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«59». De Christian Siméon. Mise en scène Vincent Messager. Chorégraphies Mado Cervellon. Par la «Compagnie Les enfants terribles». (Avignon, 22-07-2018, 20h25) ++

Conviés à la «soirée papilles et dégustation»,
Salivons sur les morceaux avec délectation.
Un «squelette enveloppé d’une peau de haine»
Et c’est le village en entier qui se déchaîne.

«Réfléchir, c’est chercher des raisons pour ne pas faire».
La solution est-elle dans ces contes d’enfer ?
Que peut-on «devant la colère de la foule» ?
Qui gronde plus fort qu’une mer gonflée de houle ?

La lâcheté et les visions cauchemardesques
Entrouvrent un monde sans amour chevaleresque.
Il y plane des accents démoniaques, ou presque,
Qui nous donnent des frissons d’horreur ubuesque.

Un maquillage à réveiller les morts, d’envie,
En ombres et lumières comme pour un défi.
«Théâtre Arrache-Cœur», le sang file en débit
Conducteur sur quelques mains pleines de dépit.

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«Aux deux colombes». De Sacha Guitry. Mise en scène Thomas Le Douarec. Avec M.Delaroche, C.Devismes, M. Le Cam, M-H.Lentini, K.Lyachenko, S.Riaboukine. (Avignon, 22-07-2018, 18h10) ++

Un intérieur bourgeois et africanisé,
Tendance, où l’on se sent bien pour ironiser.
Version très théâtrale au « Théâtre Alizé »
Où les acteurs s’y donnent à fond en cœurs brisés.

L’emphase bienveillante permet de criser
Dans une harmonie où l’avenir est misé.
L’auteur se taille la part belle. Entouré
De femmes qu’il ne peut décemment raturer,
Les stratagèmes vont bon train pour aviser.

Mise en scène où il est plaisant de se pâmer
Quand on ne sait plus si l’on est encore aimé.
Costumes criards qui haussent encore le ton,
Mettant une ambiance printanière en boutons
D’où éclosent des situations volcaniques
Qui chamboulent tout et provoquent la panique.

C’est peut-être la pièce la moins misogyne
Où il devient le pantin désarticulé,
Tiré entre quatre intelligentes coquines,
A hue et à dia, finement écartelé.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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