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Archives de Catégorie: Avignon 2016

« Les Zinédits d’Edith ». « J’suis pas née à la bonne époque ». Conception, Écriture, Mise en scène Delphine Gustau, Johnny Prieur. Arrangements, Piano Matthieu Michard. (Avignon, 28-07-2016, 17h15) +

Pastiche fort drôle des chansons d’Édith Piaf,
Et de différents chanteurs, sur lesquelles on piaffe
D’impatience, attendant les nouvelles mesures.
Détournements d’airs pour une réécriture
Où l’on prend à certains ce que l’on distribue
A d’autres dans un émouvant tohu-bohu.

Robe noire à l’instar de la femme fatale ;
« Chapeau Rouge », c’est un étonnant récital
Qui mêle des textes intergénérationnels,
Réinterprétés de façon spirituelle.
S’épousent parfaitement la part masculine
De l’acteur, qui se fond dans sa part féminine.

« Âme de boule à facettes » au grain de « folie »
Qui nous jette dans un « tourbillon » de furie
Sentimentale et rétrospective jolie ;
Il a « le look coco » qui lui « colle à la peau ».
Vêtement moulé d’où l’on devine les os,
Il se marrie à la voix d’Édith et c’est beau.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« Dreyfus, l’Amour pour résister ». Inspiré de « Ecris-moi souvent, écris-moi longuement … » Correspondance d’Alfred et Lucie Dreyfus, établie par Vincent Duclert. Adaptation, Interprétation Joël Abadie. Mise en scène Gilbert Ponté. (Avignon, 28-07-2016, 10h50) +++

« Journal de sa triste et épouvantable vie »,
Où il « croyait enfin dans la justice humaine » …
De leur correspondance, Joël Abadie
S’appuie sur le soutien de sa femme Lucie
Et met bien en lumière
Leur regard sur l’Affaire
Et le contexte antisémite de la haine.
C’est donc du point de vue d’Alfred et de Lucie
Que l’auteur se place et c’est plutôt réussi.

Une mise en scène, sobre et très efficace,
Met en valeur l’excellent acteur qui fait face
A l’injustice que, sur des feuillets, il trace.
Jeu vibrant de sincérité où feu et glace,
Au cœur « d’un terrible cauchemar », prennent place.
Sachant « son âme pure de toute souillure »,
Alfred se jette à corps perdu dans l’écriture.

Un visage … à la fois, rieur et solennel,
Lumineux d’espoir, ou grave et intemporel,
« Débarque à L’île du Diable aux pluies torrentielles ».
Laver son honneur volé devient essentiel.
Il se donne la force pour être capable
De rechercher la vérité et le coupable.

« Laissant un lambeau de cœur à chaque chemin »,
Refusant sa dégradation du genre humain,
A « L’Albatros », « brisé de corps et d’âme », il crie
Son innocence dans les lettres qu’il écrit.

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« Y a du Courcirkoui dans le Cabaret ». Cirque déjanté. Création collective de la « Compagnie du Courcirkoui ». (Avignon, 27-07-2016, 19h30) ++++

Des portraits de famille aux équilibres instables,
Photos d’instantanés pour souvenirs durables.
Circassiens ayant le sens de la repartie
Au brillant texte où l’humour est bien réparti.

« On s’en remet à deux mains pour prendre son pied »
Dans un très original numéro de corde
Sensible où son destin, à trois clowns, est lié.
Entre eux, très joliment, leurs prouesses s’accordent.

Un spectacle festif autour de nouveautés
Présentées avec grande virtuosité,
Que ce soit à l’échelle ou à la jonglerie.
Tout coulisse et s’enchaîne avec espièglerie.

Poésie et immense créativité
Des enchaînements plein de sensibilité.
Avec la finesse des tissus aériens,
Se dévoile en harmonie la beauté des liens …
Qui unissent quatre hommes à une femme agile
Tout au long de figures où ils sont très habiles.

Ni le trapèze ni la roue n’ont de secret
Pour ces acrobates au charme et talent discret.
A « L’Ecole du Spectateur », leur bel effet
Mérite admiration et notre grand respect.

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« Combat (1944-1945), Albert Camus et la pratique de l’idéal ». De Denis Randet. Mise en scène Clémence Carayol. Par la « Compagnie Et plus si affinités … » et la « Compagnie des Barriques ». (Avignon, 27-07-2016, 16h05) ++++

Entrée fracassante du monde de la Presse
Où la typographie idéale s’empresse
De partager avec nous un idéalisme
Incarné par sept comédiens pris au séisme
De l’urgence journalistique en héroïsme.

C’est un spectacle d’une rare intensité
Où les propos, avec justesse, sont cités.
La ferveur des comédiens a ressuscité
Ce qui a fait de « Combat » la nécessité.

Le moindre rôle, avec brio exécuté,
A maintenu en état de fébrilité
Un public attentif, à leurs mots, suspendu
Et, par la force de leurs actions, retenu.

Mise en scène rapide, efficace et concise,
Qui balaie une époque de façon précise,
Dans un décor complet, sobre et si réaliste
Qu’on emboîte leurs pas et, qu’avec eux, on piste …

Se recrée l’essentiel de leurs drames vécus,
De leurs combats quotidiens, sur un fil tendu
De noirceur historique,
De ferveur symbolique,
« Théâtre des Barriques ».

Un spectacle, tout en grandeur,
Servi par d’excellents acteurs,
Nous laissant vraiment médusés
Mais aucunement abusés.
En ne tombant jamais dans la facilité,
Ils gravent, dans notre cerveau, leur vérité.

Leur sincérité nous donne la chair de poule,
Revivant leurs activités qui se déroulent
Sous nos yeux ébahis par ce qu’ils nous confient.
Ils relèvent magnifiquement le défi !

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« Gris-vert et Azur ». Ecriture, Mise en scène Olivier Gorichon. Musique Arnaud Zeller. Silhouettes, décors Christophe Carmellino. Par la « Compagnie la Boîte à Trucs ». (Avignon, 27-07-2016, 13h00) +++

Quand « Mes deux grands-pères sont partis à la guerre »,
« L’un était français, l’autre allemand ». Comment faire ?
L’auteur réveille les souvenirs de famille
Qui ont éclaté comme dans un jeu de quilles.
Dans cette vaste hécatombe, tout part en vrille
Et les marionnettes de carton tombent à terre.

Ses soldats empruntent le chemin des damiers,
Se mouvant de case en case sur l’échiquier
Qui met en échec l’armée de ces branquignols,
Ces généraux irresponsables ou grands guignols
Qui firent tuer ceux qu’ils prirent pour pantins
Servant leur gloire et rejetés comme fretin.

Petit théâtre tout en créativité
Qui moule ses papiers d’originalité,
Dans une saisissante reconstitution,
Délicatement imagée d’opérations
Militaires d’une découpe ciselée
Où chaque figurine est joliment collée.

Avec un remarquable souci du détail
Dans l’agencement et déroulé des batailles,
La manipulation d’objets et le bon jeu
Ont su mettre en évidence l’absurdité
Des décisions générant les atrocités
Qui ont mutilé en perdant de vue l’enjeu.

On est suspendus au fil de la narration
Richement documentée, pleine d’émotion.
Un travail d’artiste, minutieux et précis,
D’immense variété, illustre le récit,
A « La Tache d’Encre » où coule « L’écrit de guerre »
Qui fige éternellement tous « Les cris de guerre ».

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« La Statue de la Liberté s’épile-t-elle sous les aisselles ? » La Philo Foraine, d’Alain Guyard, en sept leçons apéritives. (Avignon, 27-07-2016, 11h20) +++

Leçon différente, chaque jour, en trois coups
Frappés, bien frais, « sans faux-col », surtout sans faux-cul
De bouteille, bien rouge d’émotion vécue,
Où l’on apprend à réfléchir à chaque bout
De philosophie, servie ras bord au cerveau
Qui se délecte des conseils au moindre mot,
Dans un langage direct, sans aucun détour.
Longtemps encore on médite sur ses bons tours
De force où nous marque chacun de ses propos
Qu’il distille avec conviction, « Théâtre Arto ».

Si « le poil est le refus de l’ordre établi »,
Il repasse les concepts sur son établi
Et les met à poil devant nos yeux éblouis.
« Thèse, antithèse, foutaise », revues sans pli
Et l’on boit ses paroles sans modération,
Guettant impatiemment la prochaine leçon.

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« La Chanson d’un gâs qu’a mal tourné ». Textes et Chansons de Gaston Couté. Mise en scène, Chorégraphie Warren Bauwens. Avec Julien Huet et Alexis Tripier. Par la « Compagnie Issue de Secours ». (Avignon, 26-07-2016, 20h55) +

Deux gars qui n’ont d’autre patrie que la grand’route
Tournent en rond, à contresens et en déroute.
Récital où s’inverse le sens de la vie
Et qui met en lumière les plus démunis.
Entre un rouge et pomme, ces deux « clochards célestes »,
De leur fardeau quotidien, en chants, se délestent.
Ils le font avec joie et de façon fort leste.

L’accordéon, le piano du pauvre, s’affaire
A soutenir les chansons contre la misère
Qui crie famine le long des diverses scènes
Du théâtre réaliste aux jolies rengaines ;
Poésie qui s’échappe des carrioles pleines
Pour venir se déverser à « L’espace Alya »
Où, aux refrains, un percutant humour s’allia.

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« Simone Weil 1909-1943. La Passion de la Vérité ». Conception, Mise en scène, Interprétation Danièle Léon. Et avec Valentin Martinie. Par la « Compagnie Atelier du Verbe ». (Avignon, 26-07-2016, 17h15) ++

C’est au « Centre Européen de la Poésie »
Que la sérénité du propos nous saisit.
Avec un calme, et une force peu commune,
Elle transporte sa pensée à la tribune.
Elle incarne en humilité la philosophe
Qui sut faire face à toutes les catastrophes.

« Et cette eau devient, par le sacrifice d’un seul »,
« Désaltérante pour tous », évitant le linceul.
Citation, d’Alexandre Le Grand et « L’Eau du Casque »,
Illustrant la goutte d’eau dans la mer, qui démasque
Le travail de fourmi qu’Une Femme accomplit
Pour que renaisse « La Vérité » sans un pli.

Distribution, étonnante en simplicité,
Qui laisse toute la place aux grandes idées.
Servant une exaltante reconstitution,
Les acteurs retracent l’intense et brève vie
D’une humaniste au cœur enrobé de génie.

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« Fukushima, terre des cerisiers ». D’après « Fukushima, récit d’un désastre », de Michaël Ferrier. Mise en scène, Interprétation Brigitte Mounier. Chorégraphie Antonia Vitti. Par la « Compagnie des Mers du Sud ». (Avignon, 26-07-2016, 14h00) +

Fukushima s’annonce par une fêlure
Qui enfle jusqu’à la profonde déchirure.
« Présence Pasteur », l’actrice incarne un séisme
Dans un jeu qui image bien le cataclysme.
« La lame fait beaucoup plus de mal quand on la sort »
« Que quand on la plonge » brutalement dans le corps.

« Langage de termites » en « bruit de mandibules »
Dévorant la terre, arrachant ses ventricules.
La danse de mort d’une ville qui ondule
Soulève les maisons vers un ciel incrédule
Dans une chorégraphie qui, sous l’eau, circule.

Les soudains et monstrueux tremblements de terre,
Devenus eux-mêmes centrale nucléaire,
Soulevèrent de gigantesques murs de mer
Y mêlant ciel et terre en chaos de poussière.
Le Japon fut déporté de plus « de trente mètres »,
L’axe du globe « déplacé de dix centimètres ».

Un tsunami d’émotion et de poésie
Gestuelle émerge en crachant l’hypocrisie.
Alors, « la Terre, la Mer et le Ciel » fusionnent
En une dimension où tout se contorsionne.
Formes et couleurs s’entremêlent comme un automne
Qui rougeoie, juste avant de disparaître, atone.

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« Les Contes du Santour ». Conceptrice, Conteuse Nathalie Prokhoris. Compositrice, Musicienne Ouriana Lampropoulou. Par la « Compagnie Trois … Six … Neuf ». (Avignon, 26-07-2016, 12h00) +

« Petite Caserne », « Les Contes du Santour »,
D’une mystérieuse mélodie, s’entourent.
Les légendes grecques ressuscitées d’amour
Salent et puis sucrent trois d’entre elles au goût du jour.

C’est un beau concert
De notes légères
Qui vont dans les airs
Servir les récits.
C’est la poésie
Qui transforme en vie
Les rêves choisis.

Les larmes du désir
Et les roses du rire
En perles et pierres
Filent en rivières
Précieuses au sourire
De délicatesse
Et de folle ivresse.

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« J’ai hâte d’aimer ». Composition, Mise en scène André Pignat. Chorégraphie Géraldine Lonfat. Textes Francis Lalanne. Par la « Compagnie Interface ». (Avignon, 26-07-2016, 10h30) +++

Au « Théâtre du Balcon », l’amour retentit.
Danse initiatique au cœur de sorcellerie
Qui s’embrase en un long tourbillon de furie
S’alternant avec de magiques ralentis.

Dans la bouche des danseurs, le texte se gorge
D’intensité. Il emplit d’émotion les gorges
Qui vibrent « en quête de leur enfant intérieur,
Le laissant s’exprimer d’un ton sensible et rieur.

Après « Teruel » et « L’Oubli des Anges », ils sèment
Le soleil en fleurs et grains de folie qui s’aiment
Du fond du « corps qui bat ».
« Je suis mon cœur qui bat »
« Et le mur tu l’abats ».
« Rien d’impossible à qui va au bout de sa folie »,
« Interface » le démontre sans mélancolie
Dans une grandiose ode à l’amour et à la vie.

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« Les Stradivarias ». Humour musical. Direction Edouardo Egea Ortega. Arrangements Juan Ramos, David Ottone. Avec M.Castillo, I.Pastor, I.M.Pulet, I.Rouco. (Avignon, 25-07-2016, 21h00) ++++

L’excellence faite Femmes …
Dans un spectacle « haut de gamme ».
A les ouïr on se pâme !
Une virtuosité
Avec un divin doigté.
Des morceaux à déguster
Toutes notes confondues
Auxquelles on est suspendus.

Un splendide quatuor,
Décliné en touches d’or,
Au « Gymnase de La Salle »
Où la musique s’emballe.
Grande originalité,
Tout en finesse et beauté.

Contrebasse et percussions,
Alto pour l’un des violons,
Et bien sûr le violoncelle
Qui, ses trésors, nous révèle.

Du classique au flamenco,
Du pop au soul à gogo,
C’est l’époque
Du baroque
Et du rock.

Mise en scène et mise en jeu
Superbement efficaces.
Un talent fou, plein de grâce,
Qui risque tous les enjeux,
Qui tout ose et se surpasse.

Plus d’une heure
De bonheur.
Savourez
La soirée.

Des surprises
Qui nous grisent …
Un pur éblouissement
Que ce divertissement !

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« Elixir ». Zombie Circus Show. Head First Acrobats. Rip it Up. Melbourne. Australia. Par la « Compagnie The Garage International ». (Avignon, 25-07-2016, 18h30) ++

Cirque bâti autour d’une histoire d’humains
Victimes de tests pharmaceutiques témoins.
C’est un « élixir » qui réussit néanmoins
A leur donner la force d’un beau main à main.

Au « Globe Circus du Collège de La Salle »,
Les numéros se succèdent en un festival
De curiosités athlétiques originales
Où se mêlent para-normal et médical.

Prouesses acrobatiques et à la courte échelle
Que le labo mesure en effets bien réels.
Les tubes à essai regorgent de malice
En provoquant une force libératrice
Qui inspire les équilibres et le trapèze
Où ils se révèlent de plus en plus balèzes.

Transformés en zombies, ou bien en morts-vivants,
Ils décuplent leur zèle dans l’art de la bascule
Où s’enchaînent leurs jolis défilés d’hercules.
La roue tourne et le cirque loufoque circule
De ville en ville avec leurs brillants revenants.

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« La vie de Jacques Brel au travers de ses chansons ». Par Philippe Callens. Orchestrations Patrice Mazmanian. (Avignon, 25-07-2016, 17h00) +

Une voix de miel râpeux s’élève du noir
Au « Théâtre Laurette » où il fait bon s’asseoir.
Il évoque la vie de Brel, son désespoir,
Noyé d’un puissant accent de brume du soir.

Un fil conducteur, de l’enfance à la vieillesse,
En passant aussi par des chansons de jeunesse ;
Et certaines voguant moins souvent sur les ondes
Mais dont les paroles s’écoulent en secondes
Qui se gravent en nous et, de joie, nous inondent.

« Le talent de chanter les mots dans la tendresse »,
La révolte qui gronde au bord du cœur qu’on presse,
Le fidèle admirateur de Brel rend hommage
A Jacques afin qu’on ne tourne jamais la page
Et qu’on pense toujours à lui dans les ménages.
Récital sur bande son mais tout en promesse,
Aux arrangements qui, les mélodies, caressent.

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« Arsène Lupin ». D’après l’œuvre de Maurice Blanc. Adaptation, Mise en scène Delphine Piard. (Avignon, 25-07-2016, 10h40) +

Aux « Trois Soleils », Arsène Lupin piège et gagne
Notre sympathie. Notre soutien l’accompagne
Quand, de façon farfelue, il bat la campagne,
Avec plus ou moins de bonheur et grande hargne.

Son double se dévoile derrière le pagne
De postiches pileux, chevelus, qui épargnent
L’arrestation et l’enfermement dans un bagne.
Les perles se dérobent en souriant, sans castagne,
Sautoirs sautant comme des bulles de champagne.

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« La Fin de Satan ». Extraits de l’œuvre épique de Victor Hugo. Création musicale Jean Beauchamps. Mise en scène, Interprétation Marc-Alexandre Cousquer. Par « Le Théâtre de l’Homme Inconnu ». (Avignon, 24-07-2016, 22h05) +

L’écorce de la terre grince sous l’archet
Du violoncelliste et se déchire à jamais.
L’ombre sans fin, ni forme, s’enfle du néant
Que les hommes nourrissent en se combattant.

« Le soleil était là qui mourait dans l’abîme »,
Recouvrant les cadavres d’humains qui s’abîment ,
Se querellant encore
Au-delà de la mort.

Et Satan, « le misérable à perpétuité »,
Entraîne le monde dans son obscurité,
Éteignant l’humanité pour l’éternité
Fondue dans l’absence d’existentialité,
Coulée « dans l’eau marbre et dans la mer granit(é)e.

Mise en scène mouvante en luminosité
Qui traverse l’acteur avec fébrilité.
Ayant épuisé la pensée et ses enjeux,
L’homme ne sera plus qu’un « squelette de feu »
Qui se figera en pierre d’éternité
Quand la dernière bombe aura tout emporté …
Au nom d’une incompréhensible liberté
Recherchée dans la finale uniformité
A la gloire de ce qui n’a pas existé
Et qui a péri à force d’être inventé.

Avec une étonnante musicalité,
Le poème est avec lyrisme interprété,
A la « Fabrik’ Théâtre », dans la gravité
Et le recueillement funeste médité.
L’humain n’aura eu que ce qu’il a mérité.

« Hors de la Terre : Glaive, Gibet ou Prison »
Constituent les trois Livres écrits avec raison.
« Depuis quatre mille ans il tombait dans l’abîme ».
« Il vola dix mille ans. Pendant dix mille années » …
« Son glaive nu donnait le frisson à la terre ».
« L’embrasement sans fin naîtra du vil charbon ».
« Mort, l’homme va crouler sur l’homme en avalanche ».
« L’infini se laissait pousser comme une porte ».
« De vos ennemis morts, les plaines sont couvertes ».
« Ô troupeau de moutons d’où sort un tas de tigres » …
« j’effare l’eau sans fond sous des gouffres de grêle ».
« Dieu passe dans le cœur des hommes, j’y séjourne ».
« Le monde gouverné par un double invisible » …
Voilà quelques citations d’Hugo susceptibles
De nous séduire de façon irrésistible.

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« Un Bon Copain ». Poèmes de Robert Desnos. Conception, Interprétation Armelle Chitrit. Par la « Compagnie du Labo De Lettres ». (Avignon, 24-07-2016, 16h30) +

Illuminée d’un intense feu poétique,
Elle cuisine avec bonheur vers et métrique
Qui mijotent avec les pommes et les carottes
Dans un subtil mélange au fond de sa cocotte.

A « La Maison de la Parole » elle nous donne
Un aperçu des propos qui en nous chantonnent,
Piaffent, se faufilent quand l’âme déraisonne
Dès qu’on pense que nos rêves nous abandonnent.

Les mots de Robert Desnos dansent dans son corps
Qui s’abreuve des doux sons qu’elle écoute encore
Sur son poste qui trône au milieu du décor.
Petite ambiance charleston pour les raccords.

Il devient un des lutins du surréalisme
Puis se jette à mots perdus dans le journalisme.
La liberté chevillée au corps, il embrasse
De nouvelles formes d’écriture qui passent
Les imperceptibles frontières du lyrisme.

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« Piano Furioso, Opus 2 ». De et avec Gilles Ramade. Co-écriture, Mise en scène Jérémy Ferrari. (Avignon, 24-07-2016, 14h20) ++

Gilles Ramade
Nous fait l’aubade.
D’un esprit fin, il cuisine divinement
Les clefs de sol qu’il nous sert harmonieusement.
Avec amour, sa superbe lettre à Elise,
Le côté conventionnel, élégamment, brise.

On est accro à son ragoût de très bon goût
Sans accroc. On reste accroché à son bagout.
C’est furieusement bon ce qu’il nous interprète
Quand, avec son piano, il part à la conquête
De nos cœurs qu’il ne cesse de mettre à la fête.

Il nous offre un régal étoilé de grand chef
Qui mijote en toute humilité, derechef.
La musique, c’est « le discours d’un homme libre »
Qui nous laisse en suspens son secret équilibre
Parfait entre classique et rêve d’évasion.
Tous ses cocktails arrivent en une livraison
De nouveaux arrangements dans « Le Pandora »
Où, note après note, son jeu éblouira.

Vivant concert débordant d’imagination,
Dirigé avec dextérité et passion
Au fur et à mesure que les gags surgissent
Dans la chaude ambiance où son grand humour se glisse.

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« Résistantes ». D’après une histoire vraie. Pièce de Franck Monsigny. Mise en scène Stanislas Grassian. (Avignon, 24-07-2016, 12h35) ++++

« On tue au nom d’un idéal »,
« On est tué au nom d’un autre ».
Un texte où tout est capital,
Où les réflexions se font nôtres.

Alors, « qu’est-ce que me coûtent des mots »
Théâtre Le « S’ils ont le pouvoir de sauver des vies ? »
Des phrases coupantes, comme une faux
Tranchant « l’ignorance, problème » à vie.

Le bruit des bottes résonne toujours aux têtes.
Tout se brouille et met le cerveau en omelette.
« Puiser la force en soi pour résister aux épreuves ».
Trahir ? Dénoncer ? Et sauver sa peau grâce aux preuves
Réelles ou fabriquées avec complicité.
« Aider les autres, c’est ça la laïcité ».

Un spectacle qui prend aux tripes,
Un fil conducteur qui s’agrippe
A la mémoire qui se fripe
Au « Théâtre Le Petit Louvre »
Où la page d’Histoire s’ouvre
Sur ce remarquable travail
Qui met à nu bien des trouvailles.

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« Les Vitalabri ». De Jean-Claude Grumberg. Mise en scène Lisa Wurmser. Création musicale Eric Slabiak. Marionnettes Pascale Blaison. (Avignon, 24-07-2016, 11h00) ++

Ils sont vite à l’abri derrière leur violon,
Avec les courants d’air pour unique maison.
« Petit Louvre »,
Chacun l’ouvre
Pour les mettre dehors, au-delà des frontières
D’un inaccessible ailleurs où ils seraient fiers
De leur musique et pouvoir poser leur derrière.

Quand les nostalgiques notes vitalabraises
Mettent jaloux et racistes fort mal à l’aise,
Leur création « sème ses enfants à tous vents »,
Les entraînant à contre-courant, contre-temps,
Un V marqué sur le front, brûlant comme braise
Qui étouffe les consciences sous la fournaise.
Les mauvaises pensées puent comme les punaises.

« Pays où les mots viennent de perdre leur sens »,
Où les êtres se meuvent en plein contre-sens.
Marionnettes et ombres se jouent des lendemains
Du conte où la musique relie les humains.
« Fable universelle drôle et mélancolique »
Où l’égalité reste à l’état utopique.
Réflexion profonde qui, au bon endroit, pique.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
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« Le Porteur de Vie ». D’après l’œuvre de Leny Escudero. Conception, Mise en scène Kevin et Lisa Escudero. Par la « Compagnie des Arts Animés ». (Avignon, 23-07-2016, 15h00) ++

Une comédie musicale fait revivre
Les chansons qui ont rendu une jeunesse ivre
D’envie d’aimer au grand jour les tendres paroles
Qui, au-dessus des montagnes d’injures, volent.

C’est au « Théâtre de la Porte Saint-Michel »,
Que les descendants de Leny Escudero
Catapultent leurs réflexions en ribambelles
De morceaux d’actualité et de bons mots.

« On a cru prendre la Bastille, on a pris froid » …
La liberté cueille à chaque génération
Les fleurs que l’on fauche à travers les effractions
Qui ne laissent dans nos mémoires que l’effroi.

« Le jour où je suis venu au monde, »
« J’avais déjà un chagrin d’amour ».
Puis, Leny Escudero vagabonde
De mélodies en refrains de toujours.
« Juif et gitan, il a fallu courir deux fois »
« Plus vite pendant la guerre » ; Pas d’autre choix !

Ses « racines », il les a depuis longtemps « coupées »,
Pour en faire des gerbes de vies rescapées.
Un spectacle fait de rosée et de fraîcheur
Posées sur des notes de guitare et piano,
Mêlées au talent des jeunes Escudero.
Ils nous font partager l’élan de leur bonheur.

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« C’est (un peu) compliqué d’être l’origine du monde ». Conception, Création collective des « Filles de Simone ». (Avignon, 23-07-2016, 12h10) ++

Et si tout commençait par un test de grossesse …
Au début de l’humanité, comment était-ce ?
« Le portant, elle se sent vaste comme le monde »,
Gonflée de cet avenir qui la fait toute ronde.

Spectacle, nourri de placenta et de lait
Maternel, qui accouche d’esprit aux fins traits.
Les joies et les affres de la maternité
Dans du second degré et pour l’éternité.

« On considère qu’une femme se distrait »
« En écrivant » ; Très réducteur comme portrait !
« La Condition des Soies » présente ce projet
Pour que les mentalités fassent des progrès.

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« Sur les traces d’Arsène Lupin ». Entre magie et mentalisme. De et avec Jean-Michel Lupin. Association « Hommes aux mille mains ». (Avignon, 23-07-2016, 10h15) ++

Le « Laurette » est le théâtre de la magie
Qu’exerça Arsène Lupin toute sa vie.
Cette fascination, ardente et populaire,
Brillamment incarnée par Georges Descrières,
Sert de fil conducteur à Jean-Michel Lupin
Qui met à l’honneur le gentleman galopin,
Cambrioleur, au grand cœur, comme gagne-pain.

L’utilisation de la numérologie,
Et de grandes capacités d’observation
Développées par l’art de la psychologie,
Rationalise pensée et divination.

Le mentaliste offre la reconstitution
Du puzzle de la vie du héros légendaire
Qui s’est bien servi de la manipulation,
Distribuant du bonheur à ses congénères.

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« Titi tombe, Titi tombe pas ». Création circassienne de Pascal Rousseau. Mise en scène Ami Hattab. Par la « Compagnie Pascal Rousseau ». (Avignon, 22-07-2016, 16h25) ++

Titi fait feu de tout bois au « Chapeau d’Ebène »,
Menant à la baguette les bâtons qu’il traîne.
Dans une partie où il joue contre lui-même,
Il mate sa solitude en cherchant l’extrême.
Ce dresseur d’objets dompte tous les éléments,
Petits ou grands, leur insufflant du mouvement.

Il explore les limites de l’équilibre ;
C’est à leur point de rupture qu’il se sent libre.
Dans son jardin secret, il construit un abri
D’illusions boisées, quand survient, comme un cabri,
Une oiselle dérangeant son monde établi,
Papillonnant, tourbillonnant dans les débris.
Dans leur détermination, aucun ne faiblit.

Il aime l’ordre, elle y met un grain de folie
Lorsqu’elle abat les murs de sa mélancolie.
Un monde en construction où l’imprévu surgit,
Où il lui faut mettre toute son énergie,
Rétablir ce qui tient de la sorcellerie
S’écroulant dans une ahurissante furie.

Vont-ils se tolérer, même s’apprivoiser ?
Mais en attendant ils ne font que pavoiser,
Se jaugeant au-dessus de l’instabilité
D’une envolée en souplesse et festivité.

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Au prochain Avignon,
Des trois, le compte est bon.
« Théâtre des Lucioles »,
C’est pascal qui s’envole
Pour faire le mariole
Avec sa roue au sol.

« Cercle de l’équilibre »,
Troisième volet d »Ivre »
Afin qu’à nouveau vibre
Tout ce qui le fait vivre.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« Assoiffés ». De Wajdi Mouawad et Benoît Vermeulen. Mise en scène collective. Par la « Compagnie Le Bruit de la Rouille ». (Avignon, 22-07-2016, 13h20) ++

« Derrière l’argent »,
« Il y a les gens ».
Texte intelligent
Qui se veut singeant
Le monde changeant.

Et, quand vient la rouille,
Notre vue se brouille,
Notre esprit s’embrouille
Sitôt qu’on le touille.

On se laisse prendre dans ce vif jeu de piste
Comme une traversée d’esprit surréaliste
« En milliers de mots qui n’attendent que l’automne »
« Pour nous tomber dessus » sans être monotones.

Au « Théâtre Alizé » souffle un vent de révolte
Adolescente qui sème, mais sans récolte.
Histoire piquante où l’on cultive l’accent
Du terroir québécois, pur sang à cent pour cent.

Puis, « Le Bruit de la Rouille » va fouiller le sol
D’un autre théâtre, celui du « Girasole ».
Alors, à l’ombre des immenses parasols,
Refleuriront les bouquets de bonnes paroles.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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