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Archives de Catégorie: Avignon 2015

« Cabaret drôlatique ». Conception, Jeu Pierre Azaïs, Stéphane Roux. Par la « Compagnie Un peu de poésie ». (Avignon, 19-07-2015, 20h45) +

« Parti de tous ceux qui n’ont pas pris de parti »,
Mais du « Parti d’en Rire » ils ont fait le pari.
Nous, le public, on en a pris notre parti.
Simplement, avec eux, on est là, on sourit,
Prêts à affronter l’enfer ou le paradis.
Pour passer un bon moment en leur compagnie,
On brave le « Théâtre des Vents » dégourdis
Qui soufflent du Gainsbourg, du Brel, du Reggiani, …
On ressort, un peu plus heureux, quand c’est fini,
Quelques refrains ressuscités dans notre esprit.
Ce duo burlesque les a bien rafraîchis,
En y joignant leur enthousiasme et sans chichis.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« Jazz club et Talons Aiguilles ». Jazz vocal et humour par les « Sweet System ». Conception Martineke Kooistra. Mise en scène Flannan Obé. (Avignon, 19-07-2015, 17h25) ++

Une ambiance « Jazz Club » chaudement garantie
S’annonce very hot
Dès les premières notes,
Donnant la fièvre à la contrebasse, au piano.
L’atmosphère s’électrise et est bien partie
Pour de sympathiques et rougeoyants numéros.

« La Veuve Noire » au « Théâtre Les Trois Soleils »,
« La Mante Religieuse et Reine des Abeilles »,
Servent des mélanges franco-américains,
Savoureux cocktails détonants, sans aucun frein,
Accompagnant leurs énigmatiques refrains.

Un trio bourré de talent bien féminin
Règne sur ses joyeux complices musiciens
Pour proposer un spectacle international
Dans un éclectique style super vocal.

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« Kokdu ». Ecriture, Mise en scène Jungnam Lee. Chorégraphie Soona Hong. Par la « Compagnie Mac Theatre ». Busan – Corée du Sud. (Avignon, 19-07-2015, 16h00) +

A la cérémonie du défunt,
Tous les esprits s’invitent au festin.
Les visions de la mère sénile
Ont convoqué tous ces inutiles.
Disputes et autres déchirements
Familiaux autour du testament.

Quelques ombres chinoises,
Toute la maison, toisent.
C’est la cupidité
Et la stupidité
Qui tant anéantissent
Les nombreux « sacrifices »
Supportés par la mère
Qui part au cimetière,
Toutes voiles dehors,
Rejoindre tous ses morts.

Du théâtre animé
Et bien déterminé.
Un spectacle fécond,
« Théâtre du Balcon » ;
C’est la résurrection
Des mythes et traditions.

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« Femme non-rééducable ». (Mémorandum théâtral sur Anna Politkovskaïa). Pièce de Stefano Massini. Mise en scène Vincent Franchi. Par la « Compagnie Souricière ». (Avignon, 19-07-2015, 14h00) ++

Déportation des « sujets non rééducables »
Dont le temps brisera les mots inconfortables.
Sous une tête coupée, ils montent la garde.
Tandis qu’elle s’égoutte, les gens la regardent.
Tchétchénie, gens « rebelles à dompter dans le sang » ;
Russie, terre de chefs à chasser par le sang.
En Tchétchénie, pays où le viol est légal,
D’aucun homme une femme peut être l’égale.

Dans un furieux déluge de glace et de sang,
La journaliste dit tout ce qu’elle ressent.
Mais « celui qui dit la vérité est un fou »
« Et celui qui ment, un héros » qui reçoit tout.

Ses opinions, reportages sans concession,
Ses critiques argumentées font sensation.
Au « Théâtre du Balcon », avec conviction,
S’exprime sa lutte contre la corruption.

A son enterrement,
Nul du gouvernement,
Aucun ne fut présent.
Bref, Ils n’avaient jamais entendu parler d’elle.
Pour eux, elle ne fut qu’une simple mortelle.
Quelle journaliste ? L’inconnue qui révèle …
Quoi ? Les complots, les secrets les plus indicibles.
Son audace fit d’elle une brûlante cible
A exterminer de façon irrépressible.

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« Réparer les Vivants ». D’après le roman de Maylis de Kerangal. Adaptation, Mise en scène et Jeu Emmanuel Noblet. (Avignon, 19-07-2015, 12h00) +++

Pour « étirer l’espace » et « allonger le temps »,
Le surf, mêlé au rock, devient déferlement.
La « Condition des Soies » utilise le sang
Des accidentés pour « Réparer les Vivants ».

Prendre la vague de plein fouet,
Prendre le poteau de plein fouet,
Et la vie de Simon bascule,
N’est plus que dans les ventricules.

« L’abolition des fonctions cérébrales » tend
A redéfinir la notion de mort, donnant
De nouvelles possibilités pour les greffes
D’organes et tissus prélevés au plus tôt. Bref,
Quand on n’a pas vingt ans, offrir son jeune cœur
Ouvre des perspectives par-delà la mort.
« Cœur-reins-poumons-foie », pièces détachées d’un corps
Qui, désormais, voguent sur les ondes d’ardeur.

Un jeu précis, très juste et taillé au scalpel,
Répond à l’attente médiatique et appelle
Les applaudissements, suite à l’intervention
Qui, sur le plateau, a déclenché les passions.

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« L’Oubli des Anges ». Opéra-danse contemporain. Version multiculturelle de Géraldine Lonfat et André Pignat. (Avignon, 19-07-2015, 10h45) +

Dans le « Théâtre du Balcon », « L’Oubli des Anges »
Distille son nectar au-dessus de la fange
Et donne naissance au mouvement qui se venge,
Libérant l’ardeur des morts-vivants qui dérangent
L’ordre établi de toute éternité d’archange.

Leurs chœurs emplissent le cercle de la danseuse
En incantations au-dessus de l’amoureuse.
La parole confuse
Éclate sur le monde
Et lentement diffuse
Sa prière à la ronde.

Le linceul blanc, avec la robe, vole au vent,
Dans la vision d’un cauchemar éblouissant
En marche vers une révélation divine,
Satanesque où le corps à l’ondulation fine
Électrise les passions qui pour lui se ruinent.

Alors … « Et si la vie pouvait se toucher du doigt »,
Ce serait à son calice que le sang se boit.
De la sombre caverne de la destinée,
Surgit un brillant opéra, fraîchement né,
Où renoue la passion dans un bain bouillonnant.
Dès lors, dans ce sacrifice tourbillonnant,
Se perdent les illusions et le souvenir
Dans l’espoir qu’ils se noient dans un autre avenir.

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« Contrebrassens ». Pauline Dupuy en concert. (Avignon, 18-07-2015, 22h30) ++

Brassens au féminin,
Nouveau plaisir malin.
Une voix cristalline
Qui s’écoule, féline,
Le long des graves cordes
Qui entre elles s’accordent
Pour que la contrebasse
Et la voix haut perchée
Toutes deux s’y enlacent
Pour une belle nichée.

Une infinie douceur
Nous berce jusqu’au cœur,
Tant l’interprétation
Se charge d’émotion.

La superbe voix de Pauline
Se fait tendre et douce, câline
Notre âme qui résonne
Sur ses notes qui sonnent.

Immense personnalité
Et respect des tonalités.
C’est un Brassens revisité
En concert de toute beauté,
« Théâtre Carnot », cet été.

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« Le Frichti de Fatou ». De et par Faïza Kaddour. Contrebasse et violoncelle Agnès Doherty. Mise en scène Jean-François Toulouse. Par la « Compagnie Tombés du ciel ». (Avignon, 18-07-2015, 19h40) ++

Au « Théâtre Présence Pasteur »,
On apprend à ne plus avoir peur,
A rompre le silence,
Dénoncer les offenses.

« Le Frichti de Fatou »
Touche vraiment à tout,
Aux choses cachées, que l’on ne dit pas,
A la vie esquintée jusqu’au trépas ;
Puis à l’obéissance absolue au papa,
A l’interdiction d’écarts et de tous faux pas.

« Le Frichti de Fatou »
Fait mouche à tous les coups.
« Réponse sexuelle »
Aux « zones érogènes »,
Rapport consensuel,
Leçon donnée sans gêne.

« Le Frichti de Fatou »
S’attaque aux grands tabous.
« Jouissons sans entraves »,
Mais pas en fond de cave.
Quand les maris sont caves,
Que sur les femmes ils frappent,
Que sans relâche ils tapent
Celles qui se rebiffent,
Les traitant en bourre-pif,
De la vie, on les biffe.

Pour une fille … entre cimetière et cuisine,
Voilà le chemin tout tracé qu’on lui destine.
C’est tout naturel que sur scène elle cuisine
Les préjugés et les faux-semblants qui tout ruinent
Et qu’elle nous serve un plat garni qui débine
L’hypocrisie qui lui déchire la poitrine.

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« Le Lexique en vrac », de Lionel Epaillard. Mise en scène par la Compagnie « Les Arts Paisibles ». (Avignon, 18-07-2015, 13h45) +++

Leur « Lexique en vrac »
Nous donne le trac
Quand ils ont le truc
Pour que tout ils truquent,
Pour que les mots qu’ils traquent,
Pour que les sens qu’ils troquent,
Reviennent patratrac,
En nouvelles flaques
Se frotter au roc
Des mots d’esprit qui cliquent
Dans un joyeux déclic.
De petites perles magiques
Qu’un trio sympathique,
Au « Verbe Fou », rend magnifiques.

Leurs « oiseaux de papier »
Vont, les langues, délier.
Ils ressuscitent les jolis mots disparus,
Offrent avec délicatesse leur meilleur cru
Qu’il faut vite acheter et déguster tout cru ;
Ne faire qu’une bouchée des « Apérimots »
Et, sans s’étouffer, leur crier un grand BRAVO !

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« Les Mots Passant ! » de Guy de Maupassant. « Le Signe, Le Baiser, Le Condamné à mort, La Rempailleuse ». Mise en scène Bernard Lefrancq. Avec Frédérique Panadero. (Avignon, 18-07-2015, 12h20) ++

On retrouve avec plaisir Guy de Maupassant,
Sa langue superbe qui s’en va traversant
Ces quatre nouvelles qui nous envoient un « Signe ».
C’est, avec « La Rempailleuse », que l’auteur signe
Au bas d’un inconditionnel amour … glissant
Le long d’une vie où « Le Condamné à mort »,
De son éternelle prison, tout à coup sort,
S’exécutant de bonne grâce et renaissant.

La comédienne relève bien le défi
Et, d’une fine prestation, nous gratifie.
Sa façon de dire est un « Baiser » qui se pose
Avec délicatesse sur la jolie prose.
Elle maîtrise à la perfection ce qu’elle ose
Nous dévoiler avec une diction qui dose
Judicieusement chaque phrase qu’elle impose.
C’est au « Verbe Fou » que « Les Mots Passant » reposent.

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« Horovitz X3 : L’Amour à temps, L’Audition, Cat Lady, Le Cadeau promotionnel, Poèmes ». D’Israël Horovitz. Traduction, Adaptation Léa Marie-Saint Germain. Mise en scène, Bernard Lefrancq. (Avignon, 18-07-2015, 10h45) +

Si « L’Amour à temps » se fait lentement cosmique,
Les pulsions, élégamment, surgissent caustiques.
Au « Théâtre littéraire, Le Verbe Fou »,
On s’en vient, du beau langage, prendre le pouls.

« La pulsion de prendre en photo » des vies,
« C’est la pulsion de ralentir la vie ».
« La combinaison du génétique »
« Et du conditionnement »
Devient naturellement
Surréaliste dans son optique.

A l’identique de son vieux chat, « Cat Lady »
Profite-t-elle aussi du pouvoir de neuf vies ?
Un peu sorcière, un peu vampire, elle s’accroche
A ses souvenirs et conte tout ce qui cloche.

« Le Cadeau promotionnel »,
Cet enfant providentiel,
Trait d’union entre deux vies,
Donne un espoir qui ravit.

Horovitz à la puissance trois, multiplie
Les petits textes qui s’alignent sans un pli,
Jolis hors-d’œuvre qui nous ouvrent l’appétit,
Agrémentés de fins « Poèmes » bien choisis.

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« Dakh Daughters Band ». Freak Cabaret d’Ukraine. Mise en scène Vladislav Troitskyi. (Avignon, 17-07-2015, 23h23) +

« Hymne à la femme, à la liberté, à l’espoir » ?
A travers un concert qui donne le cafard,
Des punks, sous un visage de clown blanc, qui cognent
Et lèvent vers le ciel leurs dynamiques pognes.

« Je suis une prostitudiante »,
Dans une version détonnante,
Où défile « la fée des bars »
Qui se veut « une mite noire ».
« Je suis une chauve-souris »
Qui s’exprime à corps et à cris.

Leur musique lancinante et incantatoire
Met mal à l’aise et inflige le désespoir.
« Manufacture » et « Théâtre du Chêne Noir »,
Elles portent sur nous un intense regard
Évoquant la violence des sombres bagarres
Entre cygnes noirs et vilains petits canards.
Une version spéciale qui se laisse voir,
Rien que pour la révolte sortie des tiroirs.

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« Haine des Femmes, Laissées pour Mortes ». Un témoignage de Rahmouna Salah et Fatiha Maamoura, retranscrit par Nadia Kaci. Adaptation, Mise en scène Mounya Boudiaf. Par la « Compagnie Kalaam ». (Avignon, 17-07-2015, 21h35) +

« Si tu me fais honte, je te suce le sang ».
Le ton est donné dans un message sanglant.
« L’Affaire Hassi Messaoud », les viols impunis,
Perpétrés sur les ouvrières démunies.
Par trois centaines de tortionnaires … abusées,
Une centaine de femmes martyrisées …
Et seulement trois hommes à trois ans condamnés.
C’est ce qui fait à la justice un pied de nez.

La torture de cent femmes laisse sans voix.
Elles ne peuvent échapper à ce convoi
D’hommes barbares que l’obscurantisme envoie
Leur infliger les pires sévices qu’on voit,
Tout une nuit, les détruire sans autre choix
Que subir des atrocités, les bras en croix.

Un témoignage essentiel, mais si difficile
A mettre en scène, tant l’écriture défile
Sur un fond d’horreurs qui ne tiennent qu’à un fil,
Celui d’un vif récit où les émotions filent,
L’haleine suspendue, à « Présence Pasteur »,
S’insinuer au plus profond de notre cœur.

La « Compagnie Kalaam »
Libère la parole
Et met du baume à l’âme,
Devenant un symbole
Qui ranime la flamme
De l’être qu’est la femme.

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« La Sorcière », d’après Jules Michelet. Adaptation, Mise en scène, Jeu Julie Timmerman. (Avignon, 17-07-2015, 19h15) ++

A la question du droit de cuissage
Qui est cet affreux droit de passage
Obligé par le puissant Seigneur
Qui prive le mari de la fleur
D’innocence de sa jeune femme
Dont la vertu est réduite en flammes,
On se doit de découvrir le réquisitoire
Qui ravive en nous des lambeaux de notre Histoire.

« Présence Pasteur », une écoute religieuse
Pour s’imprégner de « La Sorcière » belliqueuse,
Celle qui s’indigne, résiste et se révolte,
Qui ne se résigne et amasse des récoltes.

« Colossale beauté de triomphe » insolent,
« D’une beauté horrible », celle de Satan,
Michelet en élève un conte flamboyant
Dont la comédienne s’empare brillamment.

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« Femmes de Fermes ». Création collective, adaptée de l’ouvrage de Marie-Anne Dalem, par la Compagnie « Paradoxe(s) ». Mise en scène, Masques, Scénographie Henri Dalem. Avec Muriel Racine, Paméla Ravassard, Marie-Aline Roule. (Avignon, 17-07-2015, 11h30) ++++

« Les anciennes sont la mémoire de la ferme ».
Elles racontent le travail qui les enferme
Dans un horizon restreint « qui se vend, s’achète »
Au prix du dur labeur qui use et qui endette.

Tous ces portraits de femmes au « Théâtre Alizé »
Sont brillamment interprétés. Utilisées
Dans les exploitations, ces femmes avisées
Font discrètement,
Silencieusement,
Les tâches les plus ingrates et sont la risée
Des envieux. C’est une écriture stylisée
Aux situations finement analysées,
Simplement, saisissantes de sincérité.
Un langage direct, criant de vérité,
Précis et qui s’exprime avec simplicité.
Il présente des scènes de vie incisives,
Montrant des prises de position décisives,
Tranchant des avancées dans la vie collective.

Piliers d’une société aux idées lavables,
Ces femmes anonymes, hautement remarquables,
Portant sur leurs épaules un destin ravivé,
Remettent à leur place les esprits lessivés.

Dans une très belle leçon d’humanité
Où les masques affichent une forte volonté
De s’affirmer, autant dans la neutralité
Que dans leur indéniable personnalité,
On ne peut qu’être ému devant tant de bonté,
L’immense talent et leur générosité
Pour se livrer, en toute sensibilité.

Mention spéciale pour Paméla Ravassard
Qui, au chef-d’œuvre « EVES », apporta son regard.
Inoubliable spectacle qu’il faut revoir
Et qui devrait se jouer sans fin, eu égard
Aux thèmes traités, restant gravés en mémoire(s).

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« D’un retournement l’autre ». De Frédéric Lordon. Mise en scène Luc Clémentin. Par la compagnie « Ultima Chamada ». (Avignon, 17-07-2015, 10h00) +++++

Une tragi-comédie pleine de panache
Se joue de la crise financière en relâche.
Au « Théâtre Alizé » souffle un vent de panique
Subtilement versifié et humoristique.

Traitée, écrite à la façon des grands classiques,
La superbe parodie de la politique
Se nourrit de l’actualité et critique
Avec pertinence
Et impertinence
L’univers des stocks-prime qui emplit les poches
De ceux qui nous pompent, jusqu’au fond, la caboche.
Neuf acteurs portent en scène les plus grands fantoches
Qui nous gouvernent sans se gouverner eux-mêmes.
Spectacle d’utilité publique et qu’on aime.
Sans monnaie, des paquets de bonne humeur, ils sèment.

Petit bijou, truffé de perles prodigieuses
Que l’on considère de façon élogieuse.
Travail d’une riche écriture pamphlétaire
Et les pauvres en esprit n’ont plus qu’à se taire.
Un chef-d’œuvre qu’il est urgent de découvrir,
Avant que la grave situation n’empire.
La société, rongée de si beaux vers, ou pire,
Croule sous les attaques des divers empires.

Tous les protagonistes ont brillamment osé
Déverser leur farce boursière à « L’Alizé ».
En alexandrins, les pantins sont la risée
Du public subjugué qui se voit arrosé
D’excellents discours sachant métamorphoser
Les réflexions subtilement analysées.
Immense moment théâtral à diffuser,
Afin que dans nos têtes il puisse s’infuser,
Accompagné de chant lyrique bien dosé
Avec au piano quelques figures imposées
Pour laisser leur argumentation se poser.

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« En passant par là … » Chorégraphie Stephane Ripon. Création sur la musique des Pink Floyd : The Wall. Par la « Compagnie F2B ». (Avignon, 16-07-2015, 16h30) ++

Comme balayée par un orage, la scène
Se charge d’électricité qui les entraîne
Dans un monde parallèle où les sensations
S’évaporent sous un ciel empli d’émotions.

La douceur et l’agressivité se côtoient
Tandis que la musique des Pink Floyd nettoie
La violence qui fige, les êtres, d’effroi,
Semant, en pleine confusion, le chaud, le froid.

Un mur d’incompréhension sépare trois êtres
Qui se frôlent, se cherchent avant de disparaître.
Au « Théâtre Golovine », leur quête d’être
Se fraye un chemin à travers les bombes à soumettre
Tous les polichinelles que la guerre excite.
Ensemble, à soutenir leur action, ils nous invitent.

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« Index ». Pièce chorégraphique pour 5 danseurs et 351 livres. Par la « Compagnie Pyramid ». (Avignon, 16-07-2015, 16h30) +++

Le livre, comme bagage intellectuel
Ou bien comme arme de destruction culturelle,
Se situe au cœur de leurs préoccupations.
Au « Golovine » il fait l’objet de leurs passions.

Retournement de fauteuils, de situations,
Dans un monde où l’objet de la déflagration …
C’est les livres … qui remettent tout en question.

En évoluant sur un globe d’écriture,
Ils se forgent une carapace, une armure,
Un rempart, contre tous les feux de l’ignorance.

Le livre attire et repousse, sangsue de sens
Qui les inspire,
Qui les aspire
Et qu’ils respirent
Dans une généreuse et triomphante danse !

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« Au nom de … » (Enfance maltraitée). Conception, Texte, Mise en scène, Interprétation Pierrette Dupoyet. (Avignon, 16-07-2015, 14h30) +++++

La Grande Dame du théâtre universel,
Là où c’est nécessaire, met son grain de sel,
Décapant les idées reçues et défrichant
Les terrains minés, humains, à tout bout de champ.

Soixante-dix pays lui ouvrent grand leur porte.
Ses sujets brûlants, partout, le succès remportent.
Son œuvre, d’utilité publique, éclaire
Sur ce que les hommes sont capables de faire
Quand il s’agit d’asservir et de se complaire
Dans tout ce qui pourrait déclencher une guerre,
Physique ou psychologique, peu leur importe.

« Au nom de … » Au nom de quoi ? Mais au nom de tout
Ce qui blesse l’humanité, abat partout
Le droit d’exister, de s’exprimer … Au nom des …
Grands principes bafoués dans un jeu de dés
Lancés à la face du monde pour détruire
La brève vie qui ne demande qu’à s’instruire.

Une chambre d’enfants où la petite fille
Tente de colmater les trous de la famille.
« Y’a des trous comme ça qu’on peut pas réparer »,
Même si l’enfant est, du bourreau, séparée.

« Toi, papa, tu vas bien »,
« Et moi, je suis plus rien ».
« Vivement que je sois grande »,
Et, qu’à mon tour, je commande !

« Je ferai tout ce qu’on m’a fait subir »,
S’écrie la pauvrette, « en bien plus pire ».
« Je vais te montrer comment on fait quand »
« On est grand et qu’on (ne) fait plus semblant ».

« Ils sont venus chez mes parents »,
« Ils leur ont donné de l’argent ».
« Dans le village, y’en a plein »
« A qui il manque (une ou deux) mains ».
« On voit du sang tout le temps » et à chaque pas.
« Y’en a qui pleurent à l’intérieur et ça s’voit pas ».

« Quand je serai grande, j’aurai des tas d’enfants »,
« Je ferai ce que je veux avec eux » … et vlan !
« Les voisins, ça dit rien »,
Et, en plus, « ça voit rien ».
« Si quelqu’un cherche à intervenir »,
Pour le coup, « alors, ce sera pire ».

« Ils ont creusé dans nos vies des sillons profonds »,
« Semé une envie de se venger », tout au fond
Du cœur des enfants battus, humiliés, violés ;
Envie qui explose et voudrait se dévoiler.

« Tous les milieux sont touchés »,
Il faut pas se rassurer ».
Aux enfants, on a volé
La terre de l’innocence,
La terre de l’espérance.
« Osons signaler, sinon nous sommes complices »
De tout ce qu’on leur inflige comme sévices.

Ce texte, vibrant appel à notre conscience,
Se veut une tentative pour la défense
Des Droits de l’Enfant qu’on oublie de respecter.
Ils sont écrits mais il faut les faire accepter
Pour que l’humanité puisse enfin progresser
Et cesser d’éternellement les transgresser.

Mise en scène, Jeu, Décors … à couper le souffle ;
Récit clair et précis, qui jamais ne s’essouffle …
Au « Théâtre de l’Albatros », il faut foncer
Et les portes de l’obscurantisme enfoncer.
Que l’enfance ne soit plus jamais cabossée …
Un spectacle qui invite au recueillement
Et qui nous met dans la gorge un nœud de tourments
Dont on ressort complètement bouleversé.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« Ici et là ». Danse urbaine. Chorégraphie Milène Duhameau. Par la « Compagnie Daruma ». (Avignon, 16-07-2015, 12h30) +

Elles nous offrent quelques forts instants fugaces …
Trois femmes tentent de s’approprier l’espace,
De délimiter un territoire qui passe.
En cherchant à réconcilier urbanité
Avec le peu qui reste d’une humanité,
Elles quittent inhibitions et refoulements
Par le biais de toutes sortes d’affrontements,
Et elles s’apprivoisent au-delà des tourments,
Réapprenant le sens de nouveaux sentiments.

Du hip-hop, et de la danse contemporaine,
Au « Golovine » elles deviennent souveraines.
Par elles surgissent les passions souterraines
Et les battements de cœur que cela entraîne.
Elles font des émules dans la salle pleine.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« Nikita ». Pièce chorégraphique. De Pantxika Telleria. Par la « Compagnie EliralE ». (Avignon, 16-07-2015, 10h45) +

Une ode au bourgeon,
A sa floraison,
Se danse à l’orée du « Théâtre Golovine »
Dans un décor vêtu d’une blancheur taquine.
Entrelacement de jeunes pousses coquines
Qui s’échangent des pétales vestimentaires
Pour ensemencer les quatre coins de la terre.

Un cache-cache subtil
Avec un joyeux pistil
Et quelques jeux connus de tous
Donnent aux fleurs un coup de pouce.

Une approche des mystères de la nature
Présentés par un danseur et deux ballerines,
Tout en douceur, grâce à d’élégantes postures,
Avec simplicité et expressions mutines.

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« Paradis Lunaires » d’Abélard. Cabaret rock, poético-lyrique. Avec Abélard, Thomas Fogel, Thierry Reichmuth. (Avignon, 15-07-2015, 22h30) +

Dans sa danse avec la mort
Qu’il saisit à bras-le-corps,
Passent des éclairs de pop,
De musique qui galope
Sur rythmes d’électro-rock
Pour textes durs comme rocs.

A « L’Albatros », les ténèbres s’envolent
Vers d’épais nuages aux vapeurs d’alcool.
Tout une sensualité à fleur de peau,
Cachée dessous la batterie et le piano,
Enveloppe la voix de grave volupté
Qui s’accorde avec la guitare du trio,
Mêlant la légèreté à la gravité.

« Je ne suis plus grand chose »,
Et « je me décompose » …
Univers inquiétant
Et esprit combattant,
On embarque en leur train
D’ivresse et de refrains.

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« Femmes de l’Être ». Textes de Alexandra David-Néel, Elsa Triolet, Virginia Woolf, Valérie Solanas, etc. Mise en scène Cloé Rollin-Dargent. Par la « Compagnie de l’Heure bleue ». (Avignon, 15-07-2015, 20h35) +

Soirée où la poésie est mise à l’honneur,
Revêtue d’oripeaux et baignée de chaleur.
Une succession de petits plats pour gourmets,
Bouts rimés, versés pour accompagner les mets
Servis sur un lit de salade littéraire
S’exprimant sur des choix et thèmes très divers.

Au « Théâtre Au Bout Là-Bas » c’est un festival,
Paroles de Femmes aux aurores boréales,
Où la prose disserte sur le bien, le mal,
Dans un monde où rien ni personne n’est égal …

Et où « le mâle est un accident biologique ».
Mais inutile d’engager la polémique.
« Hors la mienne, vous n’avez pas de volonté »,
Dit la femme dans sa généreuse bonté.

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« Kaputt ». D’après le roman de Curzio Malaparte. Mise en scène Pascal Adam. Adaptation, Interprétation Fred Pougeard. Par la compagnie « L’Allégresse du Pourpre ». (Avignon, 15-07-2015, 18h30) +

Des « murmures de rats ou d’enfants affamés »
Bruissent aux oreilles au passage des armées.
C’est un texte coloré d’hallucinations,
Parsemé de charognes de révolutions.

Récit intemporel de la Seconde Guerre
Mondiale en une chevauchée de puanteur
Qui accompagne les morts et les déserteurs.
Les restes d’humanité ne sont qu’œil de verre.

« Des deux, c’est le seul qui a une expression humaine ».
C’est ainsi que l’enfant le reconnaît sans peine,
Car l’autre œil de l’officier est empli de haine
Métallique qu’aucun sentiment ne trouble ou gêne.

Réalité figée en conte délirant,
Dans un bain d’horreur glacée et d’humour grinçant.
On entre dans une troisième dimension
Où la « pêche à la grenade » contre un saumon
Prend d’irrésistibles et saugrenues proportions.

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« La Maladie de Sachs ». D’après le roman de Martin Winckler.Adaptation, Mise en scène, Interprétation Marion Coutarel et Nicolas Heredia. Par la compagnie « Le Théâtre de la Remise ». (Avignon, 15-07-2015, 16h45) +

Cabinet du Docteur Sachs, « Présence Pasteur »,
Sa patiente vient pour une douleur au cœur,
Et c’est le défilé incessant des visites
Dans une salle d’attente où tous cohabitent.
Spectateurs et patients, côte à côte, s’invitent
A la découverte de diagnostics frappeurs.

Se croisent des caractères et autres symptômes
Qui, de la vie, s’évanouissent en fantômes
Dans le « service d’orthogénie » autonome.
Galerie de portraits bien taillés au scalpel ;
Aucun mal dans cette piqûre de rappel
Pour dédoublements qui, notre attention, appellent.
La crédibilité est effroyablement
Totale et interroge nos comportements.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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