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Archives de Catégorie: Avignon 2012

« îlo, théâtre gestuel sans parole ». De et par la « Compagnie ChaliWatE ». (Avignon, 21-07-2012, 14h15)+

Univers poétique
Pour un moment unique.
Une bouffée d’air vrai
Sème du guilleret.
Pur instant de fraîcheur
Irradiant de bonheur.

La quête de l’or bleu
Rend enfin généreux.
De la danse, découlent
Des sourires qui coulent.
De l’eau, la vie renaît,
Est-ce qu’on le promet ?

Désert de sentiments
Qui s’arrache aux tourments
Muets et implicites
Repoussant les limites
Du « Théâtre des Doms ».
A quand le second tome ?

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

 

« La Veuve, ou le traître trahi ». Comédie de Corneille. Mise en scène et adaptation Marion Bierry. Par la « Compagnie Le Rouge et Le Noir ». (Avignon, 21-07-2012, 11h30)+

Dans l’authentique « Théâtre du Roi René »,
L’ancienne comédie est nouvellement née.
De Pierre Corneille, « La Veuve » est peu connue,
Il est alors grand temps qu’elle soit reconnue.

Avec une version quelque peu ironique,
Brûle la panoplie de l’amour platonique.
Une œuvre de jeunesse, aussi de dérision,
Préfigurant les tragédies de la raison.

Farce où pointe déjà la « comique illusion ».
Aux œuvres plus mûres, on note les allusions.
L’éternelle duperie en confrontation
Suggère aux acteurs la double interprétation.

« Un ami tel que toi, m’est plus que cent maîtresses » …
S’élevant au-dessus de toutes les bassesses,
D’une « sotte franchise » son âme traîtresse,
A trahir les uns et les autres, n’a de cesse.

A démêler toutes sortes de tromperies,
A faire le tri parmi tant de railleries,
A force de ruses et de pseudo-sacrifices,
S’envole un tourbillon de ces feux d’artifices.

« Ne punis point la sœur, de la faute du frère » …
Une analyse de tout et de son contraire,
Finement adaptée, en de bien jolis vers,
Résolument moderne, qui a l’heur de plaire.

           

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« L’homme semence », de Violette Ailhaud. Par « Base Art Compagnie « . Récit, chant et harpe. (Avignon, 21-07-2012, 10h00)+

Dans le « Théâtre Au Bout là-Bas »,
Une remontée pas à pas
Depuis le fond de la vallée
Qui a tous les hommes avalé.

Mille-huit-cent-cinquante-deux,
D’hommes il n’en reste plus que deux,
Jeunes, mais déjà enterrés
« Dans le silence et la mort » et

Puis plus aucun autre à la ronde.
Tous envoyés dans l’autre monde,
Tous disparus au fil de l’onde
Ou exilés en cas de fronde.

Des guerres aucun n’est revenu,
Sous la terre ils sont retenus.
Trop plein de larmes contenues
Pour des absences reconnues.

Quand, dans ce village de femmes,
Elles guettent la moindre flamme
Perdue depuis des décennies,
Comment combler la pénurie ?

Naît alors l’idée de partage,
Enfin repeupler le village.
« Toute cette force de vivre »,
Une liberté qui rend ivre.

Quand, alentour, la terre est devenue aride,
« Pour nous femmes il n’y a pas victoire, mais vide ».
Car « nos ventres, (c’est) notre terre à nous les femmes ».
Un témoignage délivré du fond de l’âme.

           

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« La Nuit des Dupes, ou comment d’Artagnan fut promu Mousquetaire ». Une comédie de cape et de canapé, signée Michel Heim. Par « Les Amis de Monsieur ». (Avignon, 20-07-2012, 15h50)+

C’est au « Théâtre de l’Étincelle »
Que sur scène ils font des étincelles.
Le bruit leur étant « insupportable »
Ils nous prient « d’éteindre nos portables ».

L’Histoire revisitée en vers,
A travers quelques calembours verts.
Anne d’Autriche, aussi Richelieu
Et Louis Treize, s’égaient en ces lieux.

« Anne d’Autriche effarée
Sans ses ferrets s’enferre »
Et tout le monde est dupé
Par la cape et l’épée.

S’il n’est pas nécessaire
De décrire l’atmosphère
Pour vous donner l’envie
De les rejoindre en amis,

Il est chaudement recommandé
De découvrir l’Histoire amendée
Par eux, si gaiement désaccordée
Et avec grand talent sabordée.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« Zorozora, Un Concert pas classique ». Par la « Compagnie Les Inédits ». (Avignon, 20-07-2012, 14h00)++

Dans le « Théâtre du Bourg-Neuf »,
Avec du rien, ils font du neuf.
Ils nous embarquent dans leur délire,
Oh oui, très franchement, ça déchire !

« Avignon, tout le monde tracte »,
« Je suis en retard », dès qu’on tracte.
Mais y’a pas le feu, « décontracte »,
Car le rock enlève le trac.

Quand le classique est détourné
Au profit de rythmes endiablés,
Un concert de sincérité
Va totalement éclater …

Jeu complètement déjanté
Qui nous a vraiment enchanté
De complexe simplicité,
D’expression et de liberté.

Avec une guitare
Qui met bien du bazar,
Un inquiétant violon
Nourri aux champignons,
Alors la clarinette
S’envole et perd la tête …

Des « visions apocalyptiques »
Où leur univers névrosé
Va soudain tout faire exploser.
Un trio barge et romantique !

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« Allure verticale », cirque aérien par la « Compagnie Alto ». (Avignon, 20-07-2012, 12h00) +

C’est dans une pyramide de solitude
Que la déshumanisation se fait plus rude.
Au « Collège de La Salle » ils ont fière allure
Dans un tourbillon les portant haut vers l’azur.

Dans un triangle infernal,
Un trio phénoménal
Jette le sentimental
Pour des relations bancales.

Entre l’enfermement, le train-train, le métro,
Ils se heurtent sans s’apercevoir. Au boulot,
Tout s’emballe et devient très vite inévitable.
Dès lors, bien sûr, c’est la révolte des portables
Qui, subrepticement, s’échappent des cartables.

Comment se libérer des cordes
Et fuir les pommes de discorde ?
Alors on se pend à la corde
Qui se dresse au-dessus des hordes.

La corde sera un soutien
Vertical pour briser ses liens.
Trapèze et cerceaux aériens
Et leur rire soudain revient.

Oubliant la circulation
Et puis toutes les pollutions,
Rompant le cercle de leur course,
Ils voleront vers la grande ourse.

Enchaîner des acrobaties
Pour donner un sens à leur vie.
Quand finit l’individualisme,
Place au hip-hop de surréalisme.

Rechercher « sa verticalité intérieure »
« Pour ne pas se faire happer par le tourbillon »
Du « déséquilibre » de la vie et ses peurs,
« Se recentrer » sur la recherche du bonheur.
Venez, si vous êtes en quête de frissons.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« La Jeune Fille et la Mort », d’Ariel Dorfman. (Avignon, 19-07-2012, 11h00)++++

Enfin, « Théâtre Arto »,
Révolver ou couteau,
La pure vérité
Devra bien éclater.

Atmosphère tendue
Et ce, dès le début,
On se sent pris au piège
Comme en état de siège.

La tension est extrême
Et l’attention idem.
Climat de suspicion
Entraînant des torsions.

Face à son tortionnaire,
Ne sachant plus que faire …
L’atmosphère de fer
S’alourdit et s’enferre.

Le suspense est intense,
Pour un jeu précis, dense.
Même la présidence
Des enquêtes entre en transes.

Dans un récit d’effroi
A en demeurer coi
Suspendue à sa voix,
La peur est aux abois.

Sujet toujours brûlant,
A glacer os et sang.
Dictature et bourreau,
Aux femmes … ont fait la peau.

Une infinie pudeur,
Malgré toute l’horreur.
Des rôles convaincants,
Très justes tout le temps.

Infliger des blessures,
A entendre c’est dur.
Effacer les morsures ?
Oublier les souillures ?

Dépossédée de son nom,
Être livrée sans merci,
« Vous ne pouviez dire NON,
Vous deviez dire MERCI. »

Le public en alarme
Retient souffle et puis larmes.
Que la mémoire dure
Par-delà les tortures.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« La Jeanne en concert ». Avec Jane Bréduillard. (Avignon, 18-07-2012, 22h30)+

Au « Théâtre des Carmes »
« La Jeanne » nous y charme,
Dégageant une aura
Qui la révélera.

Quand elle interprète « Je ne suis pas docile »,
On sent que la suivre ne sera pas facile.
Un très particulier timbre de voix
Qui accroche et nous attache à ses choix.

Variant rythmes et thèmes,
C’est ainsi qu’on les aime,
Elle et sa formation,
Guitare, accordéon,

Basse aussi batterie
Et voix qui s’amplifie
Mais rien ne simplifie.
De vie elle irradie.

Pas de monotonie
Dans les sons qu’ils manient.
Savoir vaincre l’ennui
Reste son parti-pris.

Jeune talent,
Tout plein d’élan,
Sa joie inonde
Tout à la ronde.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« L’Ultime Cri de Frida Kahlo ». De Anne-Marie Cellier. Par la « Compagnie La puce qui renifle ». (Avignon, 18-07-2012, 13h30)+

« Hommage à l’icône mexicaine »
Dont le drapeau est fait d’arc-en-ciel
Pour mieux peindre sa révolution.
Poésie et élucubrations
Qu’elle nous délivre, face au ciel,
Incarnent ses amours et ses haines.

« La peinture
Ruisselle »
Hors d’elle,
Ouverture …

« Sous une pluie de sang,
Sous une pluie d’or pur »,
Elle parle d’ordures
Et de combats sanglants.

« Ma poitrine explosée saigne
Ma toile qui s’ouvre enfin ».
« Fleur carnivore, je suis poulpe »,
« Chantant pour mieux vivre et peindre encore ».

Une violoncelliste
Accompagne la liste
Des récits flamboyants
Aux couleurs rouge sang.

Les sons roulent,
Déferlent tout le long de son corps.
« Le sang coule,
Inonde les vallées de la mort ».

Elle exprime toute sa souffrance
En vivant et peignant à outrance.
A travers de superbes poèmes
Elle retrace la vie qu’elle aime.

« Que se taisent les ombres,
Que se taisent les guerres,
Pour un instant au moins ».
« Que sur ma toile folle
S’enlacent les couleurs,
Que jamais ne s’arrête
La palette du ciel ».

Théâtre du « Grand Stress »,
Théâtre qui agresse
Les spectateurs à tort,
Les calomnie très fort,
Les humilie encore,
Sans présenter d’excuses.
Je pense qu’il abuse …
Et que cela l’amuse !

Oza /b.c.lerideaurouge
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« Résistances, Féminin Pluriel ». « D’après Moi, Ulrike, je crie …, C’est arrivé demain, Le Viol, Une mère ». De Franca Rame et Dario Fo. Par la « Compagnie des Nuits Partagées ». (Avignon, 18-07-2012, 10h00)+++

C’est dans le « Théâtre de l’Adresse »
Qu’à notre conscience elles s’adressent.
Elles racontent tout ce qui blesse,
Avec lucidité, sans faiblesses.

Diminuer le côté tragique
En mêlant la danse et la musique
A la performance théâtrale
D’une création originale.

Deux comédiennes vêtues de blanc
Parlent du terrorisme semblant
Rester dans leurs souvenirs sanglants.
Elles dissèquent les faits sans gants.

Elles crient la douleur qui oppresse,
Dansent la torture qui agresse.
L’une dit la souffrance éternelle,
L’autre délivre une gestuelle,

S’accrochant aux arêtes d’un cube,
Roulant sur ses faces comme un tube
Qu’on aurait vidé de l’essentiel
Pour l’infiltrer de poison mortel.

Des victimes de viol accusées
D’avoir été de force abusées.

Interrogatoires humiliants
Qui ajoutent au côté dégradant.

Dans un récit sobre et terrifiant,
Au-delà de l’évanouissement,
Elle revit ses affreux tourments,
Les supplices infligés savamment.

Danse de mort commuée en vie …
Récits poignants qui donnent envie
De s’interroger profondément
Sur l’existence et ses fondements.

Entre être la mère d’un terroriste,
Ou prisonnières qu’à la mort on incite,
Ou révolutionnaires en bout de piste,
Ou violées par des exhibitionnistes,

Quand « votre cerveau éclate »
Et que « votre cœur s’arrête »,
« Soyons vigilants » … alors,
« Tant que nous le pouvons encore ».

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« El Flamenco », Hommage à Paco de Lucia, par Antonio Negro. (Avignon, 17-07-2012, 22h30)++

Au « Théâtre Thy »,
Viennent deux gentils
Guitaristes de talent,
Pour nous donner de l’élan.

Un cadre intimiste,
Pour eux, seuls en piste.
Des sons qui coulent comme l’eau,
Faisant naître des émotions par flots.
 

Antonio Negro
Tire vers le haut
L’art du Flamenco
Et de ses impros.

C’est avec beaucoup d’élégance
Qu’il met une sacrée ambiance.
Sans nous faire offense,
Il nous plonge en transes.

Avec précision, sans hasard,
Ses doigts courent sur la guitare,
Plaquer de subtiles accords
Si vibrants, en un temps record.
Aucun désaccord,
On en veut encore !

On l’écouterait,
Çà, on le pourrait,
Jusqu’au bout de la nuit
Et sans aucun ennui …
Avec ravissement,
Dans un embrasement.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« Albert Meslay », dans « L’Albertmondialiste ». (Avignon, 17-07-2012, 19h30)+++

C’est au « Théâtre Thy »
Qu’il donne son avis
Sur la mort et la vie.
L’ambiance est bien partie !

Albert Meslay,
Les mots, il les mêlait,
Et nous, on s’emmêlait
A démêler

L’écheveau de ses fils d’esprit,
Traits d’un humour fin qui ravit,
Nous met soudain au vrai défi
De saisir ses mots de magie.

« Au départ était le silence ».
Albert, avec toute sa science,
Le peuple en son âme et conscience
Et avec beaucoup d’efficience.

Irrévérencieux,
Très respectueux
Du joli langage
Dont il fait usage,
A travers les âges.

Sa définition du durable,
Entraînant le renouvelable,
Est pour le moins équitable.
Son grand humour est impayable.

Il tourne tout en dérision,
Toujours pour de bonnes raisons.
Aux mots, il fait une oraison,
Ses propos ouvrent l’horizon.

Grammaticalement correct,
Politiquement incorrect.
Un comique jamais abject,
Même lorsque tout il objecte.

De Devos, fils spirituel,
Il fait un pied de nez au ciel,
L’éclairant de mots arc-en-ciel,
Ouvrant, tous azimuts, ses ailes.

Un héritier des chansonniers,
Un talent que l’on ne peut nier.
Un brillant Albert, mondialiste,
Amoureux des mots et humaniste.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« 69 minutes de Plaisirs », par « La Brigade Lyrique ». (Avignon, 17-07-2012, 18h00)++

Dans le tout petit « Thy Théâtre »,
On brûle d’amour fou dans l’âtre,
Pour ces comédiens enchanteurs
A la bien frénétique ardeur.

Un trio,
Un piano,
Rigolo
Et très beau.

L’amour dans les airs d’opéra,
Bien décortiqué pas à pas.
C’est un drôle de duo, très en voix,
Qui, de magnifiques notes, envoie.

L’opéra, mis à la portée
De tous, pour bien nous transporter
De plaisir à le découvrir
Et, au grand art vocal, s’ouvrir.

Une mezzo-soprano qui donne le ton,
Surpassant en coffre le joyeux baryton,
Démocratise le lyrique et le classique,
Rendant l’art dramatique tout-à-fait comique.

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« Hé ! Toi, Gervaise … »,de Pierrette Dupoyet. Avec Christiane Tortosa. (Avignon, 17-07-2012, 16h00)++

Au « Théâtre Au Bout Là-Bas »,
Dans un claquement de draps,
A travers l’œuvre de Zola
Elle fait revivre autrefois.

« Il disait que j’étais une sale gosse
« Parce que j’avais des rêves d’avenir. »
Quand la vie vous cabosse,
Il faut savoir en rire.

Gervaise se remémore,
A l’approche de sa mort,
Les joies et le déshonneur,
La misère et le labeur.

« Malgré son pied bot
« Et ses deux marmots »,
« Ça été comme un trait de lumière
« Dans toute cette noirceur » … d’éclairs.

Adaptation de « L’Assommoir »,
Pour linge blanc et idées noires.
Des hommes, vient son désespoir,
La déchéance et sombres soirs.
« Je finissais toujours par le voir,
« Le coude levé, en train de boire. »

Donc, « Il va falloir frotter la vie
« Pour qu’elle soit propre ». Belle envie,
Que voir ce spectacle plein de vie !

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« Operetta », de Jordi Purti. Par la « Compagnie Cor de teatre ». (Avignon, 17-07-2012, 10h30)+++++

On fonce au « Théâtre des Béliers »
Voir vingt-cinq chanteurs fous à lier
Qui, échappés de leur lourd piano,
A bâtir, se mettent aussitôt.

Des décors portés à bout de bras
Deviennent eux aussi des acteurs
Que l’on guette et suit avec bonheur.
Interprétation a capella
Dont bien longtemps on se souviendra.

Une scénographie impeccable
Pour une chorale remarquable.
Toutes leurs trouvailles incroyables
Font une mise scène impayable.

D’originales chorégraphies
Burlesques et tellement réussies
Que l’on reste subjugués, surpris,
Face à leur création de génie.

Il nous faudrait plus de mille yeux
Pour tout voir, tant c’est curieux.
Ils sont partout et au milieu
De nulle part, surgis des cieux.
On les suivrait à mille lieux,
Tant c’est grandiose et ingénieux.

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« Sarah et le cri de la Langouste », d’après John Murell. Par « La Compagnie Bafduska Théâtre ». Avec Maria Naudin et Sylvain Savard. (Avignon, 16-07-2012, 19h00)++++

C’est bien au « Théâtre du Balcon »
Qu’un mythe vivant sort de ses gonds
Pour révéler enfin les mystères
De ses belles scènes et de sa mère.

La Sarah Bernhardt vieillissante,
Totalement envahissante,
Personnalité fascinante,
Va rejouer sa vie ardente.

Avec son secrétaire Pitou,
Contraint de lui obéir en tout,
Elle répète une ultime fois
Les grands rôles qui ont fait sa joie.

Dictant ses incroyables mémoires
Qui reflètent sa vie en miroir,
Jusqu’au bout, elle veut toujours croire
Que jamais ne finira sa gloire.

Diva à la volonté de fer,
Pour son entourage c’est l’enfer.
Face aux épreuves, son optimisme
Aura eu l’effet d’un magnétisme.

Sarah, une artiste d’exception,
Est superbement réincarnée,
Avec bonheur, sensibilité,
Par une actrice au généreux don.

Un brillant duo,
Quel joli cadeau
Dans un bel écrin.
Un portrait bien peint
De sentiments feints.
Beaucoup de brio !

Une imposante scénographie,
Auréolée d’un feu de lumières,
Pour une femme qui nous confie
Sa prestigieuse et longue carrière.

Une interprétation des plus fines,
Pour faire revivre « La Divine »,
Parée d’une éternelle jeunesse
Qu’aucune fausse note ne blesse.

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« Chroniques d’une croqueuse », un « one-woman-cabaret », de et avec MariSoa Ramonja. (Avignon, 16-07-2012, 17h30)+

Au « Théâtre de l’Atelier Quarante-quatre »,
Elle jubile avec d’autres chiffres que quatre.
« Au nom de la femme », aussi « de son désir »
« Et de sa liberté » à laquelle elle aspire.

Femme et assumer son plaisir.
Peut-on affirmer son désir,
Qu’il soit physique ou littéraire,
Pour se libérer et tout faire ?

« Que faisons-nous de notre désir … »
C’est suggéré avec le sourire.
Sa jolie voix nous fait découvrir
Plaisir et désir de l’applaudir.

« Show complètement déglingué »
Qui devrait être rallongé.
Le public participe à fond,
Avec entrain et émotion.

« Mes petites vierges,
« Mes petits cierges,
« Entrons dans la messe,
« Célébrons la fesse,
« Je suis votre déesse. »

Elle rejette les tabous.
Tous ses couplets, mis bout à bout,
Sont de jolis petits bijoux
Qu’elle dépose sur nos joues.

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« Le Pianiste aux 50 doigts ou l’incroyable destinée de György Cziffra ». Conçu et interprété par Pascal Amoyel. (Avignon, 16-07-2012, 12h00)+++

Au « Théâtre Les Trois Soleils »,
Un envoûtement sans pareil
Apprivoise tant nos oreilles
Que tous nos sens sont en éveil.
Ses doigts ? De petites merveilles …

« Le pianiste aux cinquante doigts »,
Par son jeu nous met en émoi.
Ils courent, partout à la fois,
En féerie sortie des bois.
Un frisson jusqu’au bout des doigts …

Un talent à portée de voix
Qui restera gravé en soi.
C’est l’histoire de György Cziffra,
Régal qui est si bien conté, là,
Par un virtuose de choix
Dont chaque note nous échoit.

Afin d’échapper aux conflits cyniques,
Pleuvent des « acrobaties » pianistiques.
« La puissance des accords de la musique »,
« Sentiments oubliés depuis longtemps »,
Rattrape son héros à chaque instant.

Sa magie conjure l’effroi
Des camps de guerre et du froid.
Doué d’un grand talent, ma foi,
C’est l’éblouissement d’un roi
Qui nous met tous le cœur en joie.
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« Le Travail expliqué à mon chef ! », « Comédie sonore politico-poétique », de et avec Cécile Canal. Par la « Compagnie CRSE », « Création Richesse et Sécurité de l’Emploi ». (Avignon, 15-07-2012, 18h30)+

Aux « Ateliers d’Amphoux »,
Tout le monde s’en fout,
Et, pour la décroissance,
C’est pas une évidence.

Dans le « Ministère de l’Intérieur », la nuit,
« Le dernier café philo, où l’on cause » et nuit
A l’immobilisme et à toute régression,
Engendrés par toutes formes de répression,
S’ouvre à diverses objections et réflexions.

 

« Et si on se mettait à payer le sommeil
Et non pas le travail », serait-ce alors pareil ?
Quand Cécile invente le « contrat de sommeil »,
C’est pour maintenir les salariés en éveil.

 

« Croire aux utopies, c’est déjà s’autoriser
A les vivre un jour ! » quitte à être la risée
De ceux qui fonctionnent en pensées inactives.
Pistes de réflexions sur les alternatives,
Car, vouloir « changer les vieux schémas de pensée »,
N’est peut-être pas un projet si insensé.

 

Militante du bon droit à la liberté
De toutes formes d’expression dé-ligotées,
Cécile ne fait que ce en quoi elle croit
Et, de spectacle en spectacle, sa passion croît.

 

En lutte contre la déshumanisation,
Cécile signe aussi deux autres créations :
« La Démocratie expliquée à mon Député ! »,
« La Dette expliquée à mon banquier ! » Dépité ?

 

Intéressante trilogie faite d’urgences
Revues en conceptions tissées d’intelligence.
Sans oublier les lettres où elle met son âme
Dans « La Guerre n’a pas un visage de femme ».

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« Bonheur titre provisoire », inspiré par l’œuvre de Robert Misrahi. Mis en scène par Alain Timar. (Avignon, 15-07-2012, 16h30)+

Au « Théâtre des Halles »,
Si le bonheur s’installe,
C’est après un dédale
De réflexions totales
Qui se pourraient fatales
Si on ne se régale
De pensées bien égales …
Morales et normales ?

Un agréable jeu
Sur la notion des mots,
La signification
Que nous leur accordons.
Un mot en entraînant un autre,
S’éprend d’un sens que l’on fait nôtre.
Alors nous répondons
Que l’on peut, peu à peu,
Détourner les propos
Regorgeant d’émotions.

Les mots arrosent notre vie,
Ils retombent sur nous en pluie
D’une peinture qu’on étale
Sur tout le décor, en rafales.

Et l’être illustre ses propos
Avec un énorme pinceau.
Puis, se saisissant d’un rouleau,
Il parachève le tableau …

Qui encadre deux des acteurs,
Créant de nouvelles valeurs.
Du jaillissement des couleurs,
Viendra peut-être le bonheur …

C’est « au bout de ses rêves »,
Où « la raison s’achève »,
Qu’il faut lutter sans trêve,
Sinon l’utopie crève.

Une autre vision des « Propos sur le bonheur »,
Une révision des thèses avec quelques heurts,
Une relecture d’essais avec ferveur,
Servis dans la douleur et aussi la douceur.
Alors, après réflexion, « c’est quoi le bonheur » ?


Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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« Colorature, Mrs Jenkins et son pianiste ». De Stephen Temperley. Avec Agnès Bove et Grégori Baquet. (Avignon, 15-07-2012, 12h25)++

Au « Théâtre du Chien qui fume »,
On hume des airs qui s’embrument
Puis s’envolent faire des blagues
Au « Théâtre Le Ranelagh ».

Vivre une vie de leurre,
Nager dans le bonheur,
A croire que sa voix
N’a d’égale que soi.

Chanter dans le bon air,
Quand tout est de travers,
Il suffit pour cela
De devenir diva.

Difficile exercice
De dévisser la vis
De tout ce qui est juste
Et de faire l’auguste

Avec de fausses notes
Qu’il faut que l’on pianote,
Afin d’en retirer
Du bon vin à tirer.

Comment être attiré,
Quand on est atterré
Par un chant dépeuplé
De sons organisés ?

Bizarres mélopées
Qui deviennent beauté,
Quand cette cantatrice
Devient la créatrice

D’un art soudain très beau
Dont tous les trémolos
Portent le rigolo
A son point le plus haut.

Sans la moindre fadèse,
Ses couacs au Fa Dièse
La propulsent au niveau
D’un genre tout nouveau.

Quand sa voix est sublime,
La plonger dans l’abîme,
Faut-il que l’on s’estime
Pour tomber de sa cime …

Quand la chute est réelle
On redevient mortelle
Et en ouvrant les yeux
On se sent vide et creux.

Le côté prétentieux
S’est perdu dans les cieux.
Triste réalité,
Qu’il faut bien affronter !

Fini l’esprit naïf
Qui fait que tout est vif
Et toute l’amertume
N’est que bruit et écume.

Un piano qui rend compte,
Une voix qui raconte.
Ce duo périlleux
Nous a rendus heureux.

C’est un don prestigieux
Et presque merveilleux
De pouvoir détraquer
Tous les sons sans craquer.

C’est à mourir de rire
Quand les chansons empirent.
Prenons sur nous l’empire
D’apprécier sans maudire.

Tous les gens insensés
L’ont bien vite encensée
Pour d’elle se gausser,
Médire et l’agacer.

Son passé retracé,
Le faux s’est effacé
Pour enfin déclencher
L’ultime air enfanté.

« La Jenkins » est touchante,
Tellement attachante ;
Même lorsqu’elle chante
Vraiment faux, elle enchante …

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« La Passion de Médée », d’après Euripide. Texte et mise en scène Sarkis Tcheumlekdjian. Par « La Compagnie Premier Acte ». (Avignon, 15-07-2012, 11h00)++

Au « Chien qui fume »,
C’est sous la brume
Que la Médée d’Euripide
Devient aussitôt limpide.

La purification
Par la fumigation
Mêlée d’incantations
Invoquant « Le Soleil Noir »,
Convoque le désespoir
Et le temps de « l’expiation »,
Sur fond de mutilation.

 

A travers un beau texte fluide,
Fort et sans jamais être insipide,
Médée, brûlée de passion avide,
Se dévoile entière et intrépide.

 

Une fin d’éblouissement,
Afin de conjurer le sang,
En immense drapé sanglant
D’un chef-d’œuvre bouleversant.

 

La lucidité d’Euripide
Dans sa modernité réside.
Une profonde ode à la Femme
Qui, sa soif de liberté, clame.

 

« Hommes insensés, que faites-vous
« De vos femmes et de vos filles ?
« Qu’espérez-vous en leur vidant le ventre ?
« Vers quel monde vous dirigez-vous,
« Vos dieux assoiffés de sang ? »

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« Flamenco pa mi Granà », avec Luis de la Carrasca et la « Compagnie Flamenco Vivo ». (Avignon, 14-07-2012, 20h30)+++

Quand tombe le soir au « Théâtre de l’Oulle »,
Au Flamenco le tapis rouge on déroule.

Dans une superbe plastique,
Le corps, instrument de musique,
Toujours dans l’inventivité,
Fait ici sa joie éclater.

Dans un retour à la terre,
Ils utilisent des pierres.
Apprivoiser le mystère,
L’ancrer dans l’imaginaire.

Des sonorités envoûtantes
Et des danses ensorcelantes.
Comme dans une incantation,
Avec eux on entre en fusion,
Dans une belle communion.

Les femmes éplorées,
Les combattants brisés,
Toute l’humanité
Est ici figurée.

Il chante Garcia Lorca Federico,
Toute l’Histoire et l’âme du flamenco.
Avec un spectacle entièrement nouveau,
On redécouvre les « Flamenco Vivo ».

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« Dissident, il va sans dire », de Michel Vinaver, par « La Compagnie des Langages ». (Avignon, 14-07-2012, 18h30)+

Une mère, un fils, se déchirent
A « L’Albatros », comme un délire.
Il se dégage une violence
Qui fait perdre toute patience.

Quand le désespoir est dansé,
La sensation d’étouffement
S’accélère dans nos pensées,
Par la batterie, agressées.

En fin de journée, épuisés,
Ils se heurtent aux percussions
Qui vont les tympans exploser,
Électriser les relations.

La recherche des solutions
A leurs problèmes quotidiens
Se complique avec chaque rien,
Pèse sur les conversations.

Le texte ainsi décomposé,
Par des danses, entrelardé,
Par les cymbales, amplifié,
Résonne de façon hachée.

Sous des sous-entendus cachés,
La tension ne fait que grimper.
Malentendus non dissipés,
Par les tambours, exacerbés.


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« Chronique d’une mère ordinaire », de et par Véronique Daniel. (Avignon, 14-07-2012, 16h45)+

« Tout une vie qui défile et semble »
« Se résumer à [bien] peu de choses ».
« Théâtre Albatros », elle rassemble
Quelques souvenirs pas toujours roses.

C’est après le décès de leur mère
Que deux sœurs vont régler leurs affaires.
Un monologue et quelques chansons
Pour achever la contemplation.

Blessures profondes de l’enfance
Ressurgissent sans extravagances.
Puis vient le temps de l’adolescence
Désarticulée avec patience.

Si le texte est articulé sans fausses notes,
Les airs, chantés comme sur un disque rayé,
Nous font soudain comprendre que l’on a pris note
Qu’il s’agit d’une époque déjà dépassée.

Une tranche de vie
Qu’aussitôt on oublie,
Afin de fissurer
Un carcan trop serré.
« On devient adulte lorsqu’on a pardonné »
« A ses parents », un exemple souvent donné.

La complexité des relations mère-filles,
Comme la boule qui frappe le jeu de quilles,
Se révèle tantôt coulée ou explosive,
Mais c’est la clef d’une construction positive.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
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