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«Je m’appelle Adèle Bloom». Écriture, Mise en scène Franck Harscouët. Avec Armelle Deutsch, Sophie-Anne Lecesne, Philippe d’Avilla, et Laure Elko au piano. Par la «Compagnie L’Affabulerie». (Paris, Phénix Festival, 17-06-2022, 21h00)★★★★★(Festival d’Avignon 2022)

17 Juin

Un thriller mental, romanesque et historique     
Qui interroge le bien-fondé de techniques     
Ahurissantes,    
Abrutissantes,      
Avilissantes    
À faire froid dans le dos     
Quand on transperce les os.     

Ambiance rustique qui respire le bois      
Bien brut cachant les états d’une âme aux abois.    
«Fissures de l’esprit» suite aux électrochocs     
Pour un «cortège de miracles» tout en toc.    
Des révélations à la «Condition des Soies».   

«Entre eux et moi, une vague sortie de la brèche»    
«Pour m’isoler des autres» et de leur regard revêche.    
Pourtant «tout le monde en parle et personne ne sait»    
Que les neurologues font de nous ce qui leur plaît.     

Tient-elle tête à l’autorité doctorale ?    
On lui inflige une solution radicale.     
«Pas le droit à l’erreur, sinon vous serez punie».    
Récit criant de vérité et sauvagerie.     


«Sourire forcé à l’asile Providence»    
Où les traitements sont signes de décadence.     

Remarquable interprétation d’Armelle en Adèle    
À qui on a rogné les émotions et les ailes.    
Les rôles de composition le sont avec zèle     
Pour Sophie qui les endosse en toute indépendance. 
Un texte qui met de la poésie dans l’horrible     

Et du rêve pour éloigner le déséquilibre.     

«Comme si s’ouvrait une trappe sur les ténèbres»,    
L’électricité se charge d’éloge funèbre.     
Comme «une disparition de sa propre existence»,    
Le monde qui l’entoure perd de son importance.      

À coups de lobotomie     
On perd son autonomie.    
Un spectacle d’une détresse    
Si poignante qu’elle nous blesse.     
Notre écoute attentive laisse    
Place à une réflexion    
Profonde en ébullition.      

L’internement psychiatrique     
Et ses dérives physiques     
Torturent à mort le psychique.    
Pratique de «la lobotomie transorbitale»    
Moyennant l’usage d’un «pic à glace» fatal    
Qui mutile pour toujours l’apparence faciale.   

La sortie par l’écriture libératoire,     
Livre révélant un terrible moratoire.     
«Mes souvenirs débordent des gazouillis d’oiseaux»
Des compagnes d’infortune. Au «Studio Hébertot»,    
Huit ans d’une vie volée, à l’abri d’un cachot     
Médical où les blouses blanches ont le dernier mot. 
        
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  

http://bclerideaurouge.free.fr
https://bclerideaurouge.wordpress.com
Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

Note : 5 sur 5.
 

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