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«Gelsomina». De Pierrette Dupoyet. Adapté du film «La Strada» de Federico FelliniMise en scène Driss TouatiAvec Nina Karacosta. Par la «Compagnie La double spirale». (Captation vidéo vue le 25-12-2021)

25 Déc

Une voix de conteuse emplie de poésie …     
Une fois que l’on s’habitue à son accent,     
Les mots deviennent compréhensibles enchantant 
Le récit dont toute la force nous saisit.     

«Gelsomina», une enfant de la pauvreté,     
Brutalement jetée dans la gueule du loup     
Pour dix mille lires afin de suivre partout     
Un maître rigide heureux d’avoir acheté     
Une petite esclave qui soit attachée   
Au service artistique sans s’y arracher.     

Une route sinueuse et pleine d’embûches    
L’attend, comme la prisonnière d’une ruche.     
La naïve fillette obéit ; n’a nul choix     
Que de suivre, sans issue possible, la voie     
Familiale dictée    
Par la fatalité    
Qu’on n’ose réfuter       
Pour la vie affronter.    

Un apprentissage vu par d’innocents yeux     
Jamais découragés par un sort malheureux.      
«Je cherchais à lui ouvrir un œil pour voir si»       
«Sous ses paupières il ne cachait pas des images».    
Musicalité du texte accordée aussi     
Aux péripéties d’initiatique voyage.        

Laissant dans la terre «quinze graines orphelines»,     
Elle pousse la carriole, dès l’origine     
Du matin jusqu’à la nuit, sans récréation.     
Les «Ateliers d’Amphoux», puis «Comédie Nation», 
Accueillirent ce spectacle plein d’émotion.      

Un jeune «fruit, petite erreur de l’existence»,    
«Honte pareille … qui doit mourir en silence»    
«Comme un chaton n’ayant pas demandé à vivre»       
Dans un monde déglingué de violence ivre.     

C’est un langage qui, dans le crâne, tempête      
Ainsi que sons stridents, percutants, de trompette.   
Elle espère, dans son rêve de somnambule,    
Être sauvée par l’arrivée du funambule.    

Ses «ailes en tissu», pliées sous les bras du «fou», 
Lui font imaginer un avenir plus doux.    
«Il avait des mains à caresser tout l’espace»       
Et qui n’étaient pas faites pour gifler la face.     
De son violon, il «tirait la langue à la vie»     
Suspendue au mystérieux fil de la survie.      

Sous son physique d’«artichaut»,     
Elle cache un cœur en morceaux,      
Quand s’effondre le chapiteau     
De ses idées sous son chapeau.      
«Même un petit caillou, ça sert à quelque chose»,  
Mais «Gelsomina» compte bien moins qu’une rose. 

Tragédie où plane la mort     
Au-dessus d’un gouffre d’où sort,      
Vertigineusement tranché,  
Un paquet de larmes séchées.       

C’est une réflexion mûrie     
Au-delà des âmes pourries.   
La petite a vite grandi     
Et, dans la douleur, tout appris.                
       
Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge  
http://bclerideaurouge.free.fr
https://bclerideaurouge.wordpress.com                        
Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

Note : 1 sur 5.
 

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