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« La Première Pierre ». Texte, Mise en scène, Lumières : Jean Chollet-Naguel. Avec Nathalie Pfeiffer, Pauline Klaus. (Avignon, 26-06-2017, 14h10) +++++

26 Juin

La configuration de la « Salle Molière »,
Cette « Salle Ronde », qui respire la pierre,
Se prête à la situation d’enfermement
Où la prisonnière est confinée brusquement.

Le plafond, en voûte bombée, est recouvert
D’une multitude de briques réfractaires
Et quelques-unes ont la couleur des sacrifices
De sang dont elles pourraient devenir complices.

Illusion parfaite d’un immense bunker
D’où le salut ne pourrait venir que d’en l’air
Et c’est de là qu’on jette « La Première Pierre ».
Les mots lâchés, on ne revient pas en arrière.

On se sent pris en otage dans cette sphère,
Car de plus en plus étouffante est l’atmosphère.
Interprétation bouleversante et amère
D’un trio d’acteurs pour une vie éphémère
Qui remet à l’heure pendules et repères.

Coup de cœur 2015 et 2013,
Coup de poing sur la conscience que rien n’apaise.
Quand nos pensées deviennent brûlures de braise,
C’est notre lâcheté à réagir qui pèse.

++++++++++++++++++++++

Quand au Yémen
L’amour la mène,
Elle ignore la peine
Qu’elle encourt et la haine.

Il lance « Entre ou je te tue »
A Anneke, ingénue.
Le bonheur qu’elle a connu
En lapidation se mue.

Bien que médecin elle n’a pas retenu
Que le respect de la femme est terre inconnue
Dans certaines contrées où rien ne lui est dû.
Un mot de travers, soudain l’on n’existe plus.

« Condition des Soies », on a le cœur qui se serre
Dès la première vision de cave d’enfer.
Texte puissant, sobre et fort, qui laisse sans voix
Face à toutes ces femmes qui n’ont d’autre choix
Que d’obéir aveuglément et de se taire
Sous peine de franchir la case mortuaire.

La légitimation du crime envers les femmes
Est décrite avec discernement, bien qu’infâme.
Les mots sonnent toujours justes et à bon escient.
De la salle on ressort bouleversé, conscient

Que ça ne doit plus durer. Submergés d’horreur,
Pétrifiés, on ne peut que ravaler nos pleurs,
Si longtemps gardés en soi, qu’une grosse boule
Empêche les commentaires et nous rend maboule.

Spectacle d’une simplicité émouvante
Qui percute notre cerveau et l’épouvante.
Dans une attention soutenue et éprouvante,
On se sent la poitrine emmurée et vibrante.

Grâce à ce témoignage inespéré, poignant,
Il n’est plus question de rester indifférent.
Le jeu des actrices est si sincère qu’il laisse
Le cœur au bord des lèvres en frissons de détresse.

L’émotion est au comble et la tension palpable
Par cette interprétation qui tire l’alarme.
Par pudeur, on a du mal à stopper ses larmes.
Belle leçon d’humanité, c’est indéniable,
Pesée, mesurée, sans appel à la vengeance.
Pièce pleine de retenue, à voir d’urgence.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
https://bclerideaurouge.wordpress.com
http://bclerideaurouge.free.fr
Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

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