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« Une vie bouleversée ». D’après le Journal intime d’Etty Hillesum. Traduction Philippe Noble. Conception, Interprétation Roxane Borgna. Mise en scène Jean-Claude Fall. Création Vidéo Laurent Rojol. (27-05-2016, 20h30) +++

27 Mai

Pour le sacrifice « d’une vie bouleversée »,
Le compte à rebours peut finalement commencer.
Une « musique très douce » berce son âme
Soudain envahie de « mélancolie » en flammes.
Des visages de femmes toutes interchangeables,
Fondu enchaîné où tout est envisageable.

« Savoir retrouver le contact » de pureté
« Avec un (tout) petit morceau d’éternité ».
Devenir celle
Qui est en elle
« Et qui cherche son plein épanouissement »
Avant de sombrer dans l’évanouissement
D’une existence enlevée prématurément.

Au « Théâtre La Tempête »,
Elle « sait et elle accepte »
« L’extermination complète »,
Du sang-froid dedans sa tête.
Et, plutôt que de s’enfuir,
Elle préfère obéir,
Puis soutenir ses compagnes
Quand la détresse les gagne ;
Aider les autres déportées,
Leur permettre de supporter.

Un montage vidéo intersidéral
Qui sert, englobe les sonorités spatiales
Constituant un décor tout à fait spécial.
L’ensemble monte en nous de façon viscérale,
Et puis martèle notre vision cérébrale,
Où les couleurs et tous les numéros s’emballent
Si vite que le tournis, notre esprit, avale ;
Vision qui s’apprête à sa « toilette morale ».

Les projections lumineuses et les écritures
Cernent l’actrice et auréolent sa figure.
Toute la beauté des paysages défile
Sur l’écran, mêlée aux visages qui rutilent.

Le sang coule des mots, en lettres qui s’égouttent.
Ils s’effacent, un à un, dès qu’on les écoute,
En soubresauts qui s’entrechoquent dans le doute
De l’horreur et la destruction que l’on redoute.

« Prendre en charge la souffrance » et s’en affranchir,
Pour libérer la force vitale et franchir
Les obstacles tant que l’on peut encore agir.
Tenir le corps quand vers un ailleurs il s’étire
Et que le regard ne cesse de s’agrandir.

La mise en scène, brillante « comme les étoiles »
« Scintillant sur le velours sombre de sa mémoire »,
Éclabousse de stupéfaction et d’espoir
Projeté en feu d’artifice sur la toile,
Tandis que le corps se tord, s’accrochant au voile.

Elle « porte en elle toute l’humanité »,
Ce « soupçon d’éternité » qu’elle fait sentir
Jusqu’à la dernière seconde où le partir
S’étouffe dans la gorge pour en ressurgir
Dans la plénitude et le don d’humilité.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
https://bclerideaurouge.wordpress.com
http://bclerideaurouge.free.fr
Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

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