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« Aucun de nous ne reviendra ». Extraits de la trilogie « Auschwitz et après » de Charlotte Delbo. Adaptation, Mise en scène, Récit Heidi Brouzeng. Par la « Compagnie L’Escabelle ». (18-06-2015, 20h30) ++

18 Juin

Au « Théâtre L’Échangeur »,
Se soulève notre cœur.
Chaque palpitation est un heurt
Qui sans notre conscience se meurt,
Qui dans l’indifférence se pleure.
Solitude des sons amplifiée d’écho vide,
Lumière blanche ou noire, semant le morbide.
Rien qu’un bout de pain à se mettre dans le bide.

Musique discordante,
A la fois dérangeante,
Obsédante,
Lancinante,
Symbole d’épouvante,
Aux vibrations stressantes.

« Nous nageons dans la boue »,
Contractées de dégoût » ;
Vision cauchemardesque,
Lugubre et gigantesque.

Faire du feu d’une jambe arrachée, flottante ;
« Rats qui attaquent les lèvres encore vivantes » …
Sur quelques cuivres aux sonorités inquiétantes,
Aux compositions surprenantes et angoissantes.

Récitante,
Résistante
Et battante.
Est partante
Pour l’attente
Imminente,
Accablante,
Aveuglante,
Insistante
Et tuante.
Séance tenante,
C’est la mort qui hante,
Glaciale et latente.

Les cris ne sortent pas, ils restent attachés,
Prisonniers des cordes vocales ébréchées.
Comment applaudir à l’issue d’un tel spectacle
Sans penser que l’on encourage la débâcle.
Un récit poignant, rendu sans ostentation,
Se fraye un chemin dans nos consciences de plomb.

Les mots sont dits avec pudeur,
Voilant à peine les odeurs
Laissées à l’imagination
Comme réponse à l’infection.

Interminable attente
Pour embrasser la neige
Dans un baiser de glace,
Dans un frisson tenace
Qui, le corps, désagrège.

Les bouches asphyxiées,
Les bronches pétrifiées,
La pluie, la chair brûlée,
La fumée du cramé
Et puis les barbelés
Toujours électrifiés.

Trente mille femmes
En carrés parfaits,
Des statues de drame,
Visages défaits,
Attendant la mort
Ou un autre sort,
Yeux écarquillés
Et cœur barbouillé ;
Luttant en silence,
Taisant les souffrances,
S’accrochant au souvenir
De la vue d’une fleur,
Se figeant à en périr,
Chérissant sa couleur.

« Théâtre L’Échangeur »,
Pas de cris, pas de pleurs,
Une vérité d’horreur
Indicible de frayeur,
Simplement exposée
Pour des vies explosées.

Charlotte Delbo, courageuse militante,
Rescapée d’Auschwitz aux cruautés dégradantes,
A livré, en trois tomes, la vie humiliante
Que les tortionnaires des camps rendent effrayante
Par leur volonté de destruction permanente.

Dans un bloc de cristal fait de neige aveuglante,
Soumises à la respiration de mort vivante,
Lumière d’astre mort qui abolit le temps,
« Le silence solidifié en froid » les prend.

Contractées d’une peur hors nature et hostile,
C’est quinze mille femmes qui restent immobiles,
Condamnées à être, sur place, pétrifiées,
Déshumanisées avant d’être sacrifiées.

« Murées dans la lumière glacée, le silence »,
Qui se souviendra à jamais de leur absence ….
Et qui rendra éternelle leur existence ?

« Ce point sur la carte, c’est Auschwitz, tache noire ».
« On sait cela, et pour le reste on croit savoir ».
Pour l’humanité, y a t-il encore espoir ?

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
https://bclerideaurouge.wordpress.com
http://bclerideaurouge.free.fr
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