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« Les Combats d’une Reine », d’après Grisélidis Réal. Adaptation, mise en scène Françoise Courvoisier. Et avec Elodie Bordas et Judith Magre. (14-09-2014, 17h00)+

14 Sep


Théâtre « La Manufacture des Abbesses »,
Celle qui fut si controversée se confesse.
Sous le poids des contradictions, elle s’affaisse.
Croyant servir la cause des femmes, ses fesses
« N’ont de compte à rendre à personne ». Et, sans cesse,
Maintient ses positions, sans aucune faiblesse.

Le temps file, sans une minute d’ennui,
Tout au long du récit de ses jours et ses nuits.
« Vaut-il mieux prostituer son cul ou son âme ? »
L’auteur a choisi sa vie, poursuivant sa trame.

Dès son premier « Journal d’une désespérée »,
Cette grande provocante et belle enragée
Milite et devient une écrivaine engagée,
Alliant stylo et micro contre préjugés.

Ici, le texte est porté comme un étendard
Dressé au-dessus d’une arène piquée du dard
Des guêpes qui, sa vie durant, l’ont pressurée,
Blessée, faisant, contre l’hypocrisie, jurer.

Elle a l’art de manier la plume et le pinceau
Avec l’énergie renouvelée d’un puceau.
Défendant sa vie, ses idées, jusqu’au tombeau,
« Sur ma tombe, je veux qu’on inscrive ces mots, »
« Écrivain, peintre et prostituée, en majuscules »,
Elle prône que, devant rien, elle ne recule.

Mise en scène soignée et sans débordement.
Les tableaux se succèdent dans l’enivrement
D’une vie bien remplie avec enfièvrement.
Écriture incisive, trempée de mordant.
Même en prison elle a su se faire les dents,
Continuant à lire et à peindre, pendant
La cuisante attente sur des charbons ardents.

Le fin et habile découpage des scènes
Fait que toujours les rôles s’imbriquent et s’enchaînent
Pour que les trois actrices, de trois tranches d’âge,
Mêlent les anecdotes avec bel avantage.

Tout est articulé, surtout l’élocution,
Ravissant nos oreilles sans ostentation.
Que l’on apprécie, ou non, l’œuvre et le travail
De Miss Réal, la transposition est sans faille.

A tous points de vue, c’est de la très belle ouvrage
Avec la mise en lumière de pas, pas sages,
Et un choix judicieux d’extraits et de passages
Se lisant avec émotion sur leurs visages.

Grâce à leur interprétation riche en nuances,
On comprend mieux Grisélidis et ses outrances.
Spectacle sans concessions, sans vulgarité,
Revendiquant une forme de liberté.

Esprit phénoménal,
Grisélidis Réal
Entasse les réals.
Mais est-ce à la loyale
Qu’un train de vie royal
Se conçoit libéral ?

Une vie de retaPe
Revue en trois étaPes ;
Trois Périodes en trois P
Pour rePoser en Paix.

Débuts en Prison,
Puis Prostitution.
Pronostic final :
Cancer infernal.

Trois dames luttent pour sauver leur « idéal ».
Dans ces trois « Combats » de Grisélidis Réal,
Trois comédiennes, comme des armes fatales,
Font revivre la vie et l’œuvre peu banale
D’une pseudo-reine aux conceptions marginales,
Comptées, racontées, de façon originale.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
http://bclerideaurouge.free.fr
https://bclerideaurouge.wordpress.com
Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

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Publié par le 14 septembre 2014 dans 3 Envie de théâtre

 

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