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« Le Soldat ventre-creux », de Hanock Levin. Adaptation Jacqueline Carnaud et Laurence Sendrowicz. Mise en scène Véronique Widock. (19-09-2013, 20h30)+++

19 Sep

L’enfant bruit dans les feuilles mortes
Tandis que le grand vent emporte
Cinq ans de lutte où les soldats
Ont virevolté en combats.

Au « Théâtre de la Tempête »,
Quand boyaux et ventres s’infectent,
Qu’ils soient pleins, creux ou terre à terre,
Ils se déchirent en plein air.

Dans une danse singulière
Mimant les effets de la guerre,
La valse des corps et manteaux
En fait des débiles mentaux.

Ils ne sont plus qu’un difforme et unique NOM
Hurlant leur souffrance dans un immense NON,
Comme le cri insupportable, de la femme,
Qui se substitue à la parole du drame.

Ce sont « Sosies » transparents aux yeux de la femme
Qui, un peu de reconnaissance, lui réclament.
Décrivant des cercles où rien ne tourne rond,
Les personnages se cherchent pour de bon.

« En fait, chaque homme est plusieurs hommes »,
Ils sont tous identiques en somme.
Quand la guerre les rend informes,
Qu’ils soient gros ou bien filiformes,

Aux yeux des survivants, toutes les différences
Se sont fondues en véritables ressemblances.
Que l’un vaille l’autre, dans son imaginaire,
Ils deviennent égaux, tombant dans la poussière.

Moi « Sosie », « je suis encore plus toi que toi »
Et « en rêve, ce qui est creux se remplira ».
N’ayant « vu la guerre que par le trou du cul »,
« Je savais pas si je rêvais », n’y croyant plus.

Seul le plus fort se forge une identité,
A force de coups et de vulgarité.
Voulant faire preuve de virilité,
Il se ferme aux portes de l’humanité.

Très musclée, la femme porte en elle la terre,
Victime ravagée, puissance qui s’enferre.
Elle est forte de toute sa fragilité,
Enfantant les soldats qui vont la dévaster.

Tour à tour, dure et compatissante, violée …
Se battent pour elle, ceux qui l’ont bafouée.
Pleins d’un vide qui torture et anéantit,
Ils la convoitent, en défiant tous les nantis.

Quand les sujets
Pris pour objets
Sont un reflet,
C’est un pamphlet,
Qui tout étripe
Et prend aux tripes,
Qui est servi
En songe ou vie.

La Femme, cette survivante,
Terre secouée, plaie béante,
Absorbe le sang mêlé à l’eau.
« Quand trouverai-je enfin le repos ? »

« Tout est si fatiguant !
Que la vie est dure ! »
Un texte remuant,
Aux pensées qui durent.

Distribution sans faille,
Au cœur de la bataille.
Quand la raison déraille,
C’est la vie qui défaille.

La mise en scène soulève bien des barrières,
Laissant la porte ouverte aux diverses frontières.
D’un côté ou de l’autre atteint de cécité,
Survivre pour l’enfant devient nécessité.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge
http://bclerideaurouge.free.fr
https://bclerideaurouge.wordpress.com
Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

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Publié par le 19 septembre 2013 dans 3 Envie de théâtre

 

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