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« Le Peuple de la nuit ». Texte d’Aïda Asgharzadeh. Mise en scène Franck Berthier. Par la « Compagnie La Huitième Case. (Avignon, 17-07-2013, 17h30) ++ « Je trahirai demain », Lecture-spectacle-débat. (Chamonix, 10-01-2013, 18h00) ++

17 Juil


Au théâtre « Le Petit Louvre »,
C’est tout grand que leur cœur elles ouvrent
Et ces trois très justes comédiennes,
En haleine, toujours, nous tiennent.

Nous découvrons, avec « Le Peuple de la nuit »,
Une évocation de noirceur qui éblouit.
L’enfer de la dislocation, partout, sévit
Pendant qu’elles sont dépossédées de leur vie.

« Survivre est l’ultime sabotage »
Que les nazis dénoncent avec rage.
« Résister dans les camps nazis »,
« Résister, c’est rester en vie ».
Les « experts en torture » ont fui,
« C’est mon pays qui me trahit ».

Se souvenir à l’infini,
Pour ne pas tomber dans l’oubli
Qui tue une seconde fois
En privant le monde de voix.

« Le devoir de mémoire » ?
Peut-on encore y croire ?
Il va bien le falloir
Pour s’empêcher de choir,
Quand ils tuent la dignité et l’humanité
En faisant perdre tout jusqu’à l’identité.

« Sortir des livres (…) et raconter l’irracontable ».
Simplement, elles relatent l’incontournable
Déchéance imposée
Et officialisée,
Dans des temps de crise
Où les camps les brisent.

Dans les camps, l’être humain ne pèse pas bien lourd,
Surtout quand on ferme les yeux en restant sourd
A la vaste déportation et la résistance
Qu’on feint d’ignorer pour sauver sa subsistance.

Alors l’existence
Est mise en balance
Comme une évidence
De toute impuissance
A prendre conscience
D’humaines souffrances.

« Nées au mauvais endroit et au mauvais moment »,
Justifie-t-il un si précoce enterrement ?
Et l’extermination savamment programmée ?
« Vous êtes des animaux, vous allez crever ».
Chargées de tous les maux, elles sont achevées.

Quand « ils ont tondu leurs larmes avec leurs cheveux » …
Ils ont laissé, à la place des cœurs, un creux.
« Établir l’échelle de valeurs des malheurs »,
Nulle balance peut le faire sans erreur.

L’immonde souffrance ne peut se quantifier
Et aucune mesure permet de s’y fier.
C’est un texte bouleversant et densifié
Qui interpelle notre conscience horrifiée.

Avant de mourir, Mariane Cohn écrivit
Ce texte résonnant comme un hymne à la vie :
« Je trahirai demain, pas aujourd’hui ».
« Aujourd’hui, arrachez-moi les ongles »,
« Je ne trahirai pas. » (…)
« Il me faut la nuit pour me résoudre » (…)
« Pour trahir la vie, pour mourir. »

Cette lecture parcourut tout le pays,
S’arrêtant partout. C’est ainsi qu’à Chamonix,
La « Maison du Patrimoine et de la Mémoire »
Reçut celle qui témoigna de cette histoire,
Le dix janvier deux mille treize,
Ranimant le feu sous les braises.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
http://bclerideaurouge.free.fr
https://bclerideaurouge.wordpress.com
Copyright BCLERIDEAUROUGE – tous droits réservés

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